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Préparation des elments hydrauliques

Les ciments hydrauliques (dits ciment romain, plâtres-ciments) se préparent en Angleterre et en France avec le même calcaire argileux, compacte, à grains fins, dur, pesant de 2,2 à 2,59, dont les énormes bancs ont été en partie disloqués, et dont les fragments, roulés par les eaux de la mer, ont pris, dans plusieurs parages, les formes arrondies des galets. Un calcaire très-convenable pour la préparation du ciment hydraulique a été découvert près de Pouilly, par M. Lacordaire, ingénieur. Un calcaire analogue s'exploite maintenant pour les mêmes usages en Russie.

Ces ciments, après avoir éprouvé le degré de calcination convenable, doivent être réduits en poudre, passés au tamis et con-

serves en barils bien clos. Ils se distinguent des chaux hydrauliques, et à plus forte raison des chaux grasses, non-seulement par la grande proportion d'argile qu'ils renferment, mais aussi par leurs propriétés d'absorber l'eau sans presque s'échauffer ni augmenter de volume; de se gâcher comme du plâtre, de faire alors une prise solide, et de former des masses plus ou moins considérables qu'on peut immerger dans l'eau. C'est ce qui explique la forme pulvérulente qu'on leur donne pour faciliter leurs importantes applications dans les grandes constructions hydrauliques (*).

Pouzzolanes. — On désigne ainsi des argiles qu'on trouve aux environs de Pouzzoles : elles sont poreuses, parfois sous forme d'arènes, qui ont subi, dans les phénomènes volcaniques, une certaine calcination. Les pouzzolanes sont très-propres à donner, avec les chaux grasses, des mortiers hydrauliques. On peut obtenir artificiellement des pouzzolanes de bonne qualité, avec des argiles plastiques contenant de la chaux (environ 2 centièmes); leur calcination doit d'ailleurs être convenablement ménagée.

Calcinées dans des fours à courant d'air où la température est plus uniforme, les pouzzolanes artificielles semblent d'autant meilleures qu'elles présentent la silice et l'alumine divisées et simplement déshydratées au point convenable pour mieux réagir sur l'hydrate de chaux et former surtout le silicate de chaux dont les particules se soudent et fixent autour d'elles une certaine proportion de chaux hydratée.

?. Mortier» et bétons.

Les mortiers de chaux grasse et sable (non hydrauliques) se préparent en éteignant la chaux dans une cavité formée au milieu d'un tas de sable ; on ajoute l'eau peu à peu, mais sans longue interruption , jusqu'à ce que l'hydratation soit complète et donne une bouillie molle représentant de 3 à 4 fois le volume de la chaux employée ; on mélange alors cette pâte avec du sable humide qui, s'il est fin et exempt de terre, doit représenter 3 fois

(*) On obtient une sorte de plàtre-ciment de qualité inférieure en mettant en poudre les morceaux de calcaire à chaux grasse incomplètement cuits; la substance pulvérulente fait avec Peau une prise notable dépendante de la combinaison entre 1 équivalent de chaux hydratée et 1 équivalent de carbonate de chaux. «

le volume de la chaux , et ensuite avec un égal volume de sable gros. Le mortier ainsi obtenu peut s'employer directement pour cimenter les moellons ou les pierres siliceuses. Si Ton veut en composer une assise sous une fondation, on y ajoute 2 fois son volume de cailloux gros qui, s'appuyant les uns sur les autres en même temps que leurs interstices se trouvent remplis de mortier sableux, constituent une masse solide appelée béton.

Les mortiers et bétons de chaux grasse acquièrent lentement une dureté très-grande lorsqu'ils restent humides,' comme cela a lieu dans les fondations, les caves et les murs jusqu'à 1 mètre au-dessus du sol : dans ces circonstances la chaux absorbe par degrés l'acide carbonique ambiant et forme un carbonate de plus en plus compacte : c'est une sorte de pierre calcaire régénérée.

Si ces mortiers étaient au milieu de l'air sec, ils pourraient devenir pulvérulents ou se désagréger; enfin, s'ils étaient en présence d'un excès d'eau, la chaux se dissoudrait et le mortier serait encore désagrégé. Pour résister dans ce dernier cas, les mortiers doivent être confectionnés avec la pouzzolane ou avec la chaux hydraulique.

Mortiers hydrauliques. — Les bonnes pouzzolanes donnent, avec la chaux grasse, des mortiers dans lesquels se constituent des silicates capables de fixer l'hydrate de chaux et de bien résister à l'eau. On obtient des effets analogues en mélangeant avec la bouillie toute récente de chaux grasse, des tessons de vases en poterie de grès (bombonnes, bouteilles à sublimation, etc.) pulvérisés. Cette sorte de mortier, fortement comprimé dans les joints des moellons ou des briques, puis lissé avec la truelle en fer, prend une dureté remarquable.

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