BOULEVARD SAINT-GERMAIN, N
Les quatre précédentes éditions de cet ouvrage ont reçu, de la part des hommes qui s'occupent de la science et de ses applications, un bienveillant accueil.
Nous avons cru répondre aux témoignages honorables de leur approbation en élargissant, pour cette cinquième édition, le cercle des industries que nous avions précédemment traitées.
Nous nous sommes attaché à faire connaître les perfectionnements remarquables introduits dans plusieurs fabrications importantes. Parmi les industries nouvelles que nous pouvions comprendre dans notre cadre, nous avons choisi celles qui réunissent au mérite de l'invention manufacturière un caractère d'utilité générale.
Plusieurs progrès remarquables viennent encore d'être réalisés dans F extraction et le raffinage du soufre; la fabrication et les applications du sulfure de carbone; C extraction des huiles des marcs a* olives et des tourteaux de graines oléagineuses ; la préparation des fils, des tapis gaufrés et des courroies de caoutchouc; la nouvelle industrie des meules artificielles; la fabrication de t acide sulfurique par le soufre et les nouveaux fours à pyrites; raffinage de Vor et de V argent; la préparation de la soude brute et des sels de soude; les perfectionnements dans C extraction et les applications de t aluminium; la fabrication des glaces; la conservation des bois, par injection de sulfate de cuivre et par carbonisation superficielle; C assainissement des cales de navires; la confection des bâches imperméables; les sucreries indigènes et coloniales; le raffinage du sucre; les distilleries annexées aux exploitations rurales; le collage à la gélatine et le séchage mécanique du papier; la fabrication et t épuration du gaz a" éclairage; les appareils pour appliquer ce gaz au chauffage dans les laboratoires et les appartements ; la préparation et les applications des carbures d'hydrogène liquides et solides ; la fabrication des mastics bitumineux et des houilles agglomérées; la transformation des coprolithcs en superphosphate de chaux {engrais commercial composé principalement de bipltosphate et de sulfate de chaux).
Nous avons décrit certaines industries fondées récemment et d'autres plus anciennes, mais non encore complètement décrites dans les traités de chimie manufacturière.
Les travaux des arts chimiques ne peuvent être réalisés dans les
CHIMIB IHDUSTB. I 1
fabriques sans le secours d'appareils variés ou de machines spéciales; afin de faciliter l'intelligence de ces machines et appareils, nous avons multiplié les figures intercalées dans le texte, au point de doubler et au delà leur nombre.
L'ensemble des faits nouveaux que nous présentons aujourd'hui nous semble justifier mieux encore ce que nous dirions au moment de publier la première édition de cet ouvrage, sur l'étude, si attrayante, des applications usuelles de la science.
En effet, les applications de la chimie sont tellement nombreuses de nos jours, elles ont acquis une telle importance, qu'il ^devient utile de faire entrer des notions positives à leur égard, dans l'instruction générale.
Ces notions forment un complément indispensable de l'enseignement théorique, elles donnent à celui-ci plus d'intérêt, et servent à mieux fixer dans la mémoire les données scientifiques sur lesquelles reposent les procédés des arts industriels les plus avancés.
Si l'industrie manufacturière doit à la science ses plus remarquables progrès, la science reçoit à son tour un nouveau lustre des brillantes découvertes qui surgissent autour d'elle et qui permettent de rappliquer aux besoins et aux jouissances de l'homme.
En faisant connaître les principales industries chimiques et leur importance, nous avons eu soin d'indiquer les divers usages, ainsi que les quantités et la valeur approximative des produits commerciaux que ces industries introduisent dans la consommation ; nous avons désigné en peu de mots les caractères et les moyens d'essais les plus simples, qui annoncent ou constatent leur pureté.
Il était impossible d'apporter dans l'exposé de ces faits pratiques une méthode rigoureuse; nous avons donc adopté l'ordre suivi dans les cours de la Faculté des sciences, de l'École polytechnique, ainsi qu'en deuxième et en troisième année à l'École impériale centrale des arts et manufactures, et dans l'enseignement public au Conservatoire impérial des arts et métiers. Procédant, autant que possible, du simple au composé, nous avons traité dans deux grandes divisions : d'abord des arts chimiques qui exploitent les substances minérales, et ensuite des industries qui s'exercent principalement sur les matières organiques ou les débris de l'organisme végétal et animal. Nous avons cru devoir grouper ensemble les industries qui dérivent naturellement les unes des autres, lorsqu'elles opèrent, sur une matière commune, des transformations ou des combinaisons successives.
PRÉCIS
DE