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divers modes d'Intoxication saturnine

Le carbonate de plomb se forme parfois dans des bassins et tuyaux , surtout lorsque ce métal contient des alliages irréguliè-

(*). On désigne sous le nom de bains sulfureux les solutions de sulfures alcalins. On peut préparer économiquement le sulfure de sodium en décomposant dans un four à réverbère semblable à celui que Ton emploie dans la fabrication de la soude, le sulfate de soude par 10 à 12 centièmes de son poids de charbon.

rement disséminés et que l'eau aérée renferme de l'acide carbonique et des traces d'acide acétique : dans ces circonstances l'eau peut contenir des quantités sensibles de carbonate et d'acétate de plomb, et devenir insalubre au point d'occasionner des effets toxiques. Les boissons légèrement acides : le cidre , la bière, la piquette, attaquent, oxydent et peuvent ainsi dissoudre le plomb qui forme les réservoirs, tubes, etc.; ce métal est aussi parfois attaqué par les eaux potables lorsque ces eaux proviennent des pluies (rassemblées sur les toits, terrasses, ou s' écoulant sur un terrain sableux); en un mot, elles sont presque aussi pures que l'eau distillée. C'est ce qui est arrivé, en 1850, dans une circonstance où presque toute une famille et les personnes qui habitaient avec elle le château de Claremont (en Angleterre) faillirent être mortellement empoisonnées. Les eaux potables qui contiennent même en faibles quantités (25 à 30 cent-millièmes) des sels en solution, notamment des sulfate et carbonate de chaux, n'attaquent pas les vases de plomb où elles séjournent. Toutefois, j'ai reconnu que, si l'on frotte avec une brosse ou un corps dur le plomb en contact avec ces eaux, le métal est attaqué : sous l'influence de l'air et de l'acide carbonique contenus dans ce liquide, il se produit de l'oxyde de plomb hydraté, puis du carbonate de plomb, l'un et l'autre doués d'action vénéneuse. Dans toutes ces circonstances, l'intoxication saturnine est d'autant plus dangereuse que souvent elle se prépare trèslentement par une accumulation quotidienne de l'agent délétère dans l'organisme, puis tout à coup, lorsque la dose atteint un certain terme , l'empoisonnement se déclare avec un ensemble de phénomènes morbides, dont il est parfois difficile d'enrayer la marche et de prévenir la terminaison fatale.

1. HISTORIQUE ET FABRICATION DU BLANC DE ZINC. — 2. NOUVELLES DISPOSITIONS DES USINES. — 3. SYSTÈMES DE LEVtGAÎTON. — 4. FABRICATION DES CORNUES. — 5. PROCÉDÉ SUIVI DANS L'USINE DE GRENELLE. — 6. PREPARATION DES PEINTURES AU BLANC DE ZINC. — 7. SICCATIFS DU BLANC DE ZINC. — 8. COULEURS A L'OUILB EN PÂTE ET PEINTURE PRÊTE A EMPLOYER. — 9. COULEURS USUELLES AU BLANC DE ZINC— 10. APPLICATIONS DES PEINTURES A L' HUILE SUR DES OBJETS EN ZINC. — H. PRIX DE REVIENT COMPARÉS DU BLANC DB ZINC ET DE LA CÉRUSE. — 12. SALUBRITÉ DANS LES USINES ET DANS L' EMPLOI. — 13. APPLICATIONS. — 14. DURÉE. — 15. NOUVELLES PEINTURES ÉCONOMIQUES.

4* Historique et fabrication du blâme de sine*

Bien que les perfectionnements que nous venons d'indiquer eussent, dans ces derniers temps, considérablement amoindri les dangers de la préparation de la céruse , il restait encore des causes d'insalubrité dans la fabrication ainsi que dans l'emploi et le grattage des peintures. Courtois, préparateur au laboratoire de l'Académie de Dijon, dès 1780, aVait proposé la substitution de l'oxyde de zinc au carbonate du plomb. Guyton Morveau, en 1783, dans une dissertation (Mémoires de V Académie de Dijon), établit les avantages de la peinture au blanc de zinc sous le rapport de l'hygiène comparativement avec la peinture à la céruse. Il avait dès lors préparé l'oxyde de zinc par voie humide et par combustion du métal à l'aide d'un creuset couché dans l'échancrure d'un four à réverbère; il séparait les fleurs de zinc (oxyde) des parcelles métalliques au moyen d'un lavage à l'eau. Sa fabrication fut établie en employant des fourneaux assez convenables , et plusieurs applications à la peinture furent réalisées.

En 1796, Atkinson, de Liverpool, prit une patente pour la même industrie, qui fut entravée en France comme en Angleterre par diverses causes. Ces divers essais étaient tombés dans l'oubli , lorsque M. Leclaire , ancien ouvrier , entrepreneur de peinture, s'en occupa de nouveau en 1849 avec plus de succès : on lui doit la fondation définitive de l'industrie du blanc de zinc et des couleurs ayant cet oxyde pour base.

L'industrie du blanc de zinc est remarquable tout à la fois par sa grande importance et son extrême simplicité.

Le zinc métallique en saumon constitue sa matière première et il suffit d'échauffer le métal an point de le volatiliser, puis

d'enflammer sa vapeur pour obtenir dans le courant d'air une poussière fine d'oxyde blanc qui forme le produit fabriqué (Zn -+- O : - ZnO) , l'équivalent du zinc étant de 406,6, l'oxyde de zine est de 506,6, et 100 de zinc produisent théoriquement 125 de blanc de zinc.

On voit (fig. 153 à 159) les premiers ustensiles, fours et appareils au moyen desquels on a réalisé ces opérations.

Les vases distillatoires (fig. 153 et 1 54) offrent des dispositions

analogues à celles des rctortes à gaz : ce sont en effet des cylindres déprimés en terre à creusets de verrerie, dont les coupes (fig, 153) et l'élévation (fig. 154) montrent la forme; leur longueur est d'environ 70 centimètres, la largeur de 25 centimètres, la hauteur de 16 centimètres, l'épaisseur des parois de 3 centimètres; une embouchure b, large de 10 centimètres, liaute de 5 centimètres, sert à charger les saumons et laisse exhaler la vapeur de zinc.

Ces sortes de cornues sont disposées au nombre de huit ou dix sur deux rangs, adossés (6g. 155, 156 et 157) dans un four

à réverbère que chauffe un foyer G; la flamme passe en C autour et au-dessus des cornues, s'introduit par les carneaui e, e, e, au-dessous en f, f, g..., et gagne la cheminée centrale A, h' (*). Lorsque la température est élevée au rouge blanc, on introduit trois ou quatre saumons de zinc dans chaque cornue ; le métal fond, entre bientôt après en ébultition, se réduit graduellement en vapeur qui se dégage par l'orifice b des cornues.

Un courant d'air échauffé à 300° environ dans des tubes en fonte ou en argile, par la chaleur perdue, sort sous l'embouchure des cornues et détermine la combustion de la vapeur de zinc.

L'oxyde formé au moyen de cette combustion est entraîné par le mouvement des gaz, passe dans les tubes K, K', qui

(*) Cet cornues pourraient être chauffées c houille de* usines d'éclairage au gaz.

surmontent les embouchures. La matière blanche pulvérulente se dépose ensuite dans les chambres /,... qu'elle parcourt successivement du haut de l'une au bas de l'autre, alternativement à l'aide des ouvertures de communication entre elles.

Les figures 158 et 159 montrent ces dispositions générales : A, fourneau des huit cornues; B, tubes coudnisant aux chambres.

«HZ.

La dernière ouverture M... de chaque série est recouverte d'une toile métallique tendue sur un châssis en fer et assez large pour laisser passer les gaz tout en retenant l'oxyde ; on peut ajouter dans les conduits G, G, qui ramènent l'air dans la cheminée H, deux autres toiles semblables, en ménageant un regard vis-à-vis chacune d'elles, afin de vérifier de temps à autre si les mailles s'engorgent par les particules d'oxyde, les nettoyer et les changer au besoin.

Le blanc de zinc est de belle qualité dans toutes les chambres lorsque le métal employé ne contient que des traces de métaux étrangers; il ne se trouve de qualité inférieure que dans le premier récipient o (fig. 155), immédiatement au-dessous de l'embouchure , parce que quelques oxydes étrangers s'y mêlent , entraînant des parcelles de zinc condensé à l'état métallique ; on doit tamiser et laver ce produit pour le consacrer aux peintures communes.

L'oxyde de zinc étant 6xe ne peut qu'être entraîné mécaniquement par le mouvement des gaz ; on comprend donc comment il se fait que les particules adhérentes par contact aux bords des embouchures des cornues en retiennent d'autres, et sous diverses formes irrégulières , tubulaires parfois , obstrueraient bientôt le passage, si Ton ne dégageait fréquemment ces embouchures à l'aide d'une tige de fer.

L'oxyde de zinc déposé dans les autres parties de l'appareil est facilement recueilli, car il suffit de placer sous les trémies qui terminent le fond de ces chambres, un sac ou un baril, puis d'ouvrir le registre pour qu'aussitôt le récipient se remplisse; il convient d'envelopper l'embouchure de la trémie et l'ouverture du tonneau d'une toile serrée , afin d'empêcher la déperdition de la poussière d'oxyde qui se répandrait dans l'air de l'atelier.

Lorsque l'oxyde est recueilli, on doit le comprimer pour réduire son volume , diminuer ainsi le prix relatif des emballages et rendre les chargements moins volumineux ; on y parvient sans peine, soit en le piétinant dans le baril (*), soit en présentant à tour de rôle chaque baril ouvert sous une presse à vis en fer, terminée par un boulon qui tourne librement au milieu d'un disque ; on remplit et l'on presse à plusieurs reprises de façon à faire tenir la plus grande quantité possible du produit avant de foncer le baril.

Trois appareils, dont chaque four contient huit cornues, peuvent ensemble produire (à 300 kilogr. d'oxyde de zinc chacune) 300X24 ou 7200 kilogr. par jour; si l'on n'éprouvait de déchets, 100 kilogr. de zinc donneraient (dans le rapport de 406,6 équivalent du métal à 506,6 équivalent de l'oxyde) 124,58 de blanc de zinc; mais on n'en recueille que 112 environ.

&. Nouvelles dispositions des usines.

Le système de fours à foyer transversal et à cornues disposées horizontalement et chauffées par la flamme réverbérant sous une

(*) L'ouvrier qui doit tasser ainsi l'oxyde se tient debout dans le baril, «'appuyant sur un pilon en bois et piétinant le produit à mesure qu'un autre ouvrier ajoute de nouvelles quantités d'oxyde.

Les pieds peuvent être enveloppés de plusieurs doubles de linge, afin de rendre le piétinement plus efficace et moins pénible pour l'homme qui l'effectue.

voûte , semblable à celui que nous venons de décrire, s'emploie en France (à Tours), à Liège et à Borbeck, en Prusse.

Les fours que nous allons décrire maintenant sont construits d'après la méthode silésienne. Leur foyer est situé longitudinalement dans Taxe du four, entre deux doubles rangées de dix cornues chacune, disposées par paires, Tune superposée à l'autre dans une espèce de niche.

Les figures 160 et 161 ci-dessous montrent une des cornues par deux coupes verticales, la première suivant sa longueur, la seconde suivant sa largeur; les dimensions à l'intérieur sont

Fig. 160.

Fif. 161.

de 1 mètre 6 centimètres de long, 32 centimètres de large, 10 centimètres de haut. Les dimensions extérieures des cornues sont 1 mètre 10 centimètres et 40 centimètres ; l'épaisseur du fond ou sol de la cornue est de 3 centimètres ; l'épaisseur du haut ou fond supérieur est de 2 centimètres; elle pèse desséchée 45 à 48 kilogr. (les cornues de la deuxième rangée supérieure n'ont qu'une épaisseur de 2 centimètres à 2 centimètres et demi); l'embouchure a, par laquelle on charge les saumons et qui laisse sortir la vapeur de zinc, présente une section de 24 centimètres de largeur sur 4 centimètres de hauteur.

La figure 1 62 indique, par une coupe verticale en avant des cornues, la disposition des cornues a, a par paires; chaque cornue est supportée en avant et en arrière <!e façon à laisser la surface de son fond en contact avec la flamme qui doit envelopper toute la cornue. On a modifie dernièrement les supports en brique de chaque cornue supérieure : au lieu de faire porter le poids sur la première cornue, on a construit des briques formant un arc de voûte dont les pieds-droits reposent sur la sole du four, laissant entre ***• 162# eux un passage libre pour la cornue in-

férieure; en sorte qu'il devient facile de retirer ou de remplacer celle-ci sans être obligé de soulever la cornue qui se trouve audessus.

La même figure montre la coupe de deux des guérites, en avant des cornues : on voit que la première case i, directement correspondante aux deux cornues, peut recevoir à sa partie inférieure, dans un vase en tôle, l'oxyde lourd et les parties métalliques échappées à la combustion ; tandis que l'oxyde léger, entraîné par le courant d'air, s'élève vers l'embouchure d des conduits coniques en argile, auxquels s'adaptent les tubes en tôle réfrigérants figurés plus loin.

La partie supérieure b des guérites, ainsi que les conduits coniques, sont inclinés, afin que tout l'oxyde qui , après s'être élevé au-dessus du petit mur vertical, entre b et c, peut retomber, soit recueilli à part, dans un récipient en tôle £, à la partie inférieure du conduit formé entre le petit mur et la paroi extérieure de la guérite voisine ou du fourneau; l'avantage de cette disposition consiste à fractionner le produit, de telle sorte que la portion retombée en c, exempte de zinc métallique, soit recueillie séparément, au lieu de se mêler avec celle qui se rassemble en b et que l'on est obligé de soumettre à des lavages, pour la débarrasser des portions métalliques ou incomplètement oxydées, qui tombent directement de la bouche des cornues.

Chacune des guérites, en avant de la niche qui renferme deux cornues, est munie d'une porte en fonte à gonds sur une forte armature en fer ; cette porte, assez grande pour livrer passage aux cornues à remplacer, s'ouvre rarement (environ une fois en huit ou quinze jours, les cornues pouvant durer quinze jours environ); deux petites portes y sont pratiquées, correspondantes à l'embouchure des cornues, et servant à les charger d'heure en heure avec des saumons plats de zinc qui remplacent le métal volatilisé. Au milieu de ces petites portes, une ouverture sert à observer la combustion de la vapeur de zinc et à passer un ringard à l'aide duquel on nettoie l'embouchure des cornues des bavures et formations tubuleuses métalliques.

Chaque cornue du bas doit être entretenue chargée environ de 40 kilogr. de zinc; celle du deuxième étage, recevant 60 kilogr. en moyenne, on ne doit pas attendre qu'une charge soit volatilisée pour en introduire une autre, car il importe d'éviter an trop fort refroidissement au moment des charges; ces cornues peuvent fournir chacune à la distillation et à la combustion 300 à 350 kilogr. en 24 heures, la consommation du combustible étant de 40 à 45 kilogr. de houille pour 100 kilogr. de zinc

distillé et brûlé. On voit que la combustion du zinc en vapeur s'effectue dans chacune des guérites correspondantes à une paire de cornues.

La figure 1 63 ci-dessous indique, par une coupe longitudinale au milieu des grilles, la disposition générale du fourneau.

A, cendrier voûté dans lequel un ouvrier, garanti de la réverbération du feu par un chapeau à très-larges bords, débarrasse, à l'aide d'une pique on tisonnier, la grille des cendres et menuesscories obstruant le passage de l'air.

A l'une des extrémités prolongées de la voûte et du cendrier, on remarque la porte du foyer et le cendrier et l'un des fours destinés à la cuisson des cornues; près de ce four, comme à l'autre extrémité , se trouvent les portes vitrées communiquant avec la chambre également sous le sol, qui contient les premiers ré-

cipients de l'oxyde et des parties métalliques émanées des cornues.

Au-dessus du cendrier se trouvent les grilles des deux foyers et les portes b, b par lesquelles l'ouvrier chauffeur jette la houille ; l'adresse que cet ouvrier acquiert par un exercice habituel est si grande qu'il parvient à charger d'une manière égale la grille sur toute son étendue de 3 mètres.

Au-dessus de chaque grille, on voit le massif de maçonnerie sur lequel s'élèvent les cinq niches c, c, c, c,c, renfermant chacune deux cornues superposées, autour desquelles la flamme circule pour se rendre par des carneaux sous la partie antérieure de chaque comme inférieure, dans la cheminée centrale B.

On peut encore remarquer, sur la même figure, les conduits coniques en terre et les tubes en tôle d! qui les surmontent et aboutissent à un conduit commun en tôle d, d.

Ce conduit est muni, à sa partie inférieure, de larges trémies par lesquelles tombent, dans des récipients spéciaux, les parties lourdes d'oxyde précipitées du courant. Quant à la portion d'oxyde plus léger qu'entraîne le courant d'air, elle passe dans les deux conduits latéraux d? , également munis de trémies et de récipients intérieurs et communiquant avec la suite des tubes réfrigérants circulant autour des chambres.

Ces tubes, accolés à l'un des murs latéraux desdites chambres, sont indiqués dans la figure 164 ci-dessous, ainsi que plusieurs parties ci-dessus décrites, vues ici au bout du fourneau.

A, cendrier et son prolongement voûté ; B', cheminée centrale des deux fourneaux ; B, portion du four contenant le massif des niches et cornues; c c , conduits dirigeant vers les récipients inférieurs l'oxyde lourd et vers la partie supérieure l'oxyde léger entraîné dans le conduit commun d (au bas duquel sont une trémie et un récipient d'oxyde précipité), puis, par le gros tube d recourbé vers les trémies closes e\ e , é" , ek , munies chacune d'un tube inférieur fermé par un sac (ouvert à volonté) et communiquant entre elles par les tubes recourbés en siphon *f , d'\ <P ,rf* ; la dernière dirigeant par un tube f la portion de l'oxyde encore entraîné par le courant d'air vers l'extrémité des chambres les plus éloignées du fourneau.

On doit remarquer, dans cette disposition générale, que tous les tubes et conduits assemblés entre eux et les trémies, à angles aigus, offrent une pente assez rapide pour que 1 oxyde qui s'y dépose ne puisse s'accumuler ni les obstruer, mais

tombe continuellement dans le» trémies d'où on le retire trèsfacilement.

Les tubes en siphon d", d'" — peuvent être disposés par paire,

s'assemblant dans chaque trémie afin d'augmenter la surface de refroidissement et de contact ou de frottement qui hâte le dépôt et la chute de l'oxyde.

On peut suivre la marche de l'air chargé d'oxyde en jetant les yeux sur la figure 1 65 ci-contre, montrant, par une coupe, l'intérieur des chambres.

Nous ferons remarquer d'abord les dispositions déjà décrites que cette figure rappelle : A, cendrier du fourneau distillatoîre; on voit, dans le massif en briques de ce fourneau, la section du conduit qui règne sous la partie antérieure des cornues, et dans lequel aboutit le carneau pratiqué sous chacune de ces cornues afin de répartir également la flamme qui se dirige par le conduit horizontal vers la cheminée centrale B. On voit aussi les tubes

c', c* adaptés aux guérites conduisant vers le bas l'oxyde lourd, et vers le haut l'air et l'oxyde léger, qui cheminent par le conduit commun d pour se rendre autour de la chambre, dans les trémies et puires de tubes en siphon dessinés sur la figure précé cède «te.

C'est après ce parcours dans lesdits tubes réfrigérants que l'air, encore chargé d'oxyde de zinc, arrive à l'extrémité des chambres, vers la façade opposée au fourneau, et qu'alors la température s'est abaissée à + 50* centigr.; la dernière trémie/' (fig. 165), qui reçoit cet air par la dernière paire de tubes en siphon, le dirige par une ouverture pratiquée à la muraille dans le premier compartiment g d'une chambre tapissée de toile pelucheuse de

coton et séparée en deux par une toile semblable tendue verticalement.

Le courant d'air, suivant les plus libres et larges passages, s'élève au-dessus de ce diaphragme en toile, descend dans l'es-

pace opposé pour s'introduire dans une deuxième chambre où il s'élève de même, de l'ouverture pratiquée au bas de la cloison, dans l'espace g* pour passer au-dessus de la toile et redescendre dans l'espace g% ; la circulation du courant , alternativement ascensionnel et descendant, continue de la même manière dans les huit chambres suivantes; arrivé à la huitième, il passe dans une deuxième rangée de huit chambres semblables, en suivant une direction inverse, qui de nouveau le reporte vers le mur de la façade opposée aux fourneaux ; là, il trouve une troisième et dernière rangée de chambres disposées de même, et les parcourt en montant et descendant dans chacune d'elles, autour des diaphragmes en toile pelucheuse de coton. On comprend que, durant ce long parcours, il dépose la presque totalité de l'oxyde de zinc entraîné, et cependant, afin de l'en dépouiller plus complètement, on lait passer alors le courant d'air au travers d'une toile métallique présentant une surface égale à celle de la paroi de la chambre entière, c'est-à-dire de 90 mètres carrés, avant de se rendre dans la cheminée gi% .

La partie inférieure de chaque chambre se termine en une trémie dans laquelle l'oxyde de zinc se rassemble spontanément à mesure qu'il est entraîné par son poids sur toutes les parois verticales où il s'était graduellement accumulé. Au bas de la trémie se trouve adapté un large tube en bois ou en zinc, fermé à volonté par un manchon de toile et une ligature ; il suffît d'ouvrir ce manchon, après avoir placé au-dessous un baril, pour faire la récolte du blanc de zinc.

lia figure 166 (page 684) montre, par une coupe faite horizontalement, la disposition générale du fourneau à deux grilles longitudinales, l'emplacement des dix niches et de vingt cornues pour un foyer, de chaque côté de la cheminée centrale. Chaque niche correspondant à une guérite où arrivent les produits du zinc vaporisé dans chaque paire de cornues et qui brûlent en développant d'abondantes émanations d'oxyde entraîné (quoique fixe) mécaniquement par le courant d'air vers les conduits b, c, puis les trémies et doubles tubes rf, d', d*f d"\ eP, d*,d*, £p,(P. Là, l'air avec l'oxyde qu'il charrie, provenant de dix cornues, passe dans la première série de sept ou huit chambres, puis dans la deuxième et la troisième série, d'où il se rend à la cheminée.

On voit que la portion du fourneau contenant dix cornues envoie des produits gazéiformes entraînant de l'oxyde et parcourant d'abord les tubes et trémies externes, puis trois rangées de

chacune sept ou huit chambres séparées en Jeux compartiments par un diaphragme eu toile.

Les quarante cornues qui remplissent le fourneau à deux foyers correspondent donc à quatre-vingt-quatre chambres; celles-ci ayant une hauteur de 1 5 mètres et représentant prés de deux fois cette longueur à parcourir de bas en haut et de haut en bas, on voit que le parcours, dans les chambres, des gaz correspondants à quarante cornues est de 84 X 30 = 2520 mètres; en y ajoutant la longueur des lu lies- siphons, ou 960, la longueur totale est de 3480 mètres, ou de 870 mètres pour chaque appareil de 10 cornues.

Le cube total des 84 chambres (ayant chacune 2 mètres en carré sur 15 mètres de haut) =84X60 M* =5040 M'.

On brûle en 24 heures dans les 40 cornues, au moins 40X300 ou 12000 kilogr. de zinc, ce qui représente dans le cours d'une année de 250 jours (chômages déduits pour réparations) 250X12 000 = 3 000 000 de kilogr.

Dans cet appareil, la production et la récolte de l'oxyde ont lieu, comme nous t'avons dît plus haut, relativement au four réverbère et au premier système des chambres. Cependant quelques particularités présentées par le nouveau système sont de nature à offrir ici quelque intérêt.

Il se produit dans ce dernier appareil deux sortes de blancs distincts :

1° Un mélange d'oxyde lourd et de métal interposé dans l'oxyde également trop lourd pour s'élever plus que de 20 centimètres au-dessus de l'embouchure de la cornue; ce premier pro-

duit ainsi mélangé tombe donc spontanément dans le récipient, immédiatement au-dessous de chacune des guérites, et il doit subir une épuration que nous indiquerons plus loin;

2° De l'oxyde plus léger emporté par le courant d'air et se déposant dans les récipients latéraux, puis successivement dans toutes les parties de l'appareil réfrigérant. Cet oxyde représentant un poids à peu près égal à celui du zinc employé, l'oxyde se refroidit dans les tubes en tôle jusqu'à 50° avant d'entrer dans les chambres où il se dépose à peu près complètement, en raison de son long parcours et des surfaces pelucheuses très-étendues sur lesquelles il s'arrête, et de la toile de 90 à 100 mètres carrés qu'il traverse en se tamisant avant de passer dans la cheminée qui exerce une aspiration sur cette toile.

On récolte le blanc chaque jour au bas des trémies, sans suspendre les opérations.

Une grande différence se remarque entre les produits récoltés au commencement du trajet et ceux qui se déposent plus loin et vers l'extrémité des chambres; les premiers sont plus lourds, plus blancs; ils ont plus d'éclat. Les blancs déposés dans les dernières chambres sont plus légers, plus fins, mais généralement ils présentent des teintes étrangères.

Tous les matins on ouvre les trémies pour recueillir les blancs rassemblés dans les 24 heures; ces blancs offrent toujours des nuances différentes; on les mélange dans une grande caisse afin d'obtenir la nuance homogène qui convient aux peintres. La masse ainsi mélangée sans tassement représente 2500 kilogr.; on l'essaye aussitôt en délayant un échantillon avec de l'huile et l'étendant en une couche, de manière à le comparer avec le blanc type, et de s'assurer qu'il a la nuance voulue. Ce n'est qu'alors qu'on le tasse dans les barils en le piétinant, comme nous l'avons expliqué.

Afin de régulariser le commerce de ce blanc, la compagnie de la Vieille-Montagne emploie des tonneaux de dimensions calibrées, et d'une contenance qui représente exactement 50, 100, 150, 200, 250 et 300 kilogr.

L'intérieur du baril est garni de feuilles de papier qui empêchent le blanc de passer par les joints ou fentes entre les douves. Une notice imprimée sur papier de couleur (*) collé sur le papier

(*) Le papier employé pour caractériser le blanc de neige est -vert, pour le blanc n° 1 la couleur est rouge, pour le blanc n° 2 la couleur du papier est

d'emballage indique la quantité du blanc contenu dans chaque baril ; toutes ces précautions et quelques autres sont destinées à prévenir les fraudes.

Les blancs de zinc que nous venons d'indiquer sont ceux qui se récoltent dans toutes les trémies; quant aux blancs mêlés de zinc métallique tombés au-dessous des embouchures des cornues, ils doivent être épurés par des lavages et lévigations; on y emploie les moyens, appareils et ustensiles suivants :

« S. Systèmes de lévlgation.

L'appareil de lévigation dessiné ci-contre (fig. 167) se compose d'un réservoir a muni d'un robinet A, à l'aide duquel on arrose et l'on immerge le mélange d'oxyde et de métal placé dans une caisse c à compartiments dans lesquels circule le liquide tenant en suspension une assez grande quantité d'oxyde de zinc, avant de passer au travers d'un tamis vertical c' pour se déverser dans une série de bassins de repos.

Pendant que l'eau coule sur le mélange, on remue celui-ci avec un martelé t ou racloir d pour faciliter la séparation de l'oxyde. On peut achever le lavage ou la séparation de l'oxyde resté adhérent aux gramilles en traitant celles-ci par l'eau bouillante.

Du récipient à compartiments ce le liquide blanchâtre s'écoule dans le vase de repos e; à mesure que de nouveau le liquide arrive, ce premier vase déverse dans un deuxième e*; celui-ci dans un troisième e4, puis dans un quatrième e9.

En se déposant d'un vase dans l'autre, le liquide passe sous des traverses ou chicanes e , ë" , el '. Une semblable chicane fait infléchir et remonter le liquide jusqu'à un trop-plein qui le laisse couler dans un caniveau ou rigole fg. Celle-ci est garnie de bondes en bois fermant des trous situés au-dessus de cuviers à repos A, A', A", hm .

Afin de remplir successivement tous les cuviers, on ouvre la bonde correspondante à chacun d'eux.

Chaque cuvier doit être laissé en repos huit jours, afin que le dépôt de l'oxyde blanc s'y fasse dans de bonnes conditions; au bout de ce temps, des bondes, à deux hauteurs, permettent de décanter le liquide éclairci par le dépôt de l'oxyde. Le liquide

jaune, enfin la couleur grise est destinée à caractériser le blanc grisâtre dit de pierre.

provenant de la décantation s'écoule de chaque cuvier, à tour de rôle, dans un caniveau qui le dirige vers une citerne en maçon-

nerie I. Un nouveau dépôt d'oxyde fui a lieu lentement dans cette citerne; on lui donne le temps de s'y former en l'y laissant séjourner un an. Les dépôts de blancs contenus dans les vases de décantation e, e", e* , e*, ainsi que ceux formés durant huit jours dans chacun des huit ou dix cuviers A, k' , A", A'", en sont retirés, après avoir décanté les eaux surnageantes. On porte ces dépôts sur des filtres formes de toile de coton, fixés dans un bâti en bois au-dessus d'un dallage ou d'une aire bitumée offrant une pente suffisante pour l'écoulement des eaux d'egouttage hors de l'atelier.

La figure 108 ci-dessous indique cette disposition : on voit que chacun des filtres, sortes de poches, a, n, a, recevant une charge d'oxyde pâteux ou demi- fluide, laisse écou-

ler l'eau, ne retenant

que

Fi*' 1M- le liquide interposé.

Lorsque cet égouttage est complet, qu'il ne se sépare plus d'eau, la pâte d'oxyde est devenue très-consistante; il s'agit d'enlever ce qui reste d'eau interposée par une dessiccation à l'aide de la chaleur.

Cette dessiccation doit s'effectuer très-rapidement; car si on l'opérait lentement, l'oxyde de zinc prenant un retrait régulier, . deviendrait consistant au point de résister aux moyens ordinaires de broyage. On parvient à réaliser la condition utile d'une rapide* dessiccation qui laisse remplies d'air les cavités que l'eau remplissait, et rend ainsi l'oxyde spongieux et facile à diviser, en

étendant en couches de 8 à 10 centimètres la pâte, bien égouttée, sur des plaques en fonte, ou mieux en tôle zinguée, chauffées par une cheminée traînante utilisant la flamme perdue des fours à combustion du zinc, ou par un foyer spécial, comme l'indiquent les figures 169 et 170 ci-dessous.

Fig. 170.

Fig. 169.

A (fig. 169), foyer dont la porte et le cendrier s'ouvrent au dehors de l'atelier, afin d'éviter que les cendres puisseut être entraînées par l'air et se déposer sur les blancs en cours de fabrication. De A en B, les flammes et la fumée se dirigent vers la

cheminée.

Le vase en fonte ou tôle b (fig. 170) a une largeur de 1 mètre, une longueur de 1 5 mètres et une profondeur de 20 centimètres ; il repose sur une maçonnerie mince en briques, afin de répartir uniformément la chaleur.

Un couvercle ce, en tôle galvanisée, à charnières, garantit le blanc en voie de dessiccation des poussières qui pourraient le salir; ce couvercle aboutit à une rigole d (fig. 169), dans laquelle s'écoule l'eau de condensation; il est, d'ailleurs, divisé en pièces rectangulaires séparées, afin qu'on puisse à volonté lever chacune de ses parties pour examiner l'oxyde, le remuer, l'enlever lorsqu'il est sec et le remplacer par de la pâte égouttée.

Le blanc bien sec est facile à écraser à l'aide d'une batte en bois. On peut, après l'avoir tamisé, le livrer directement à la consommation pour être mélangé avec le blanc des chambr.es.

La méthode de lavage que nous venons de décrire est en usage dans plusieurs usines. Un autre système est employé dans l'usine de M. Latry, à Grenelle. D'après une observation faite par le directeur, ayant remarqué que le mélange d'oxyde et de zinc métallique, projeté dans l'eau bouillante, occasionne une effervescence par suite de laquelle l'oxyde se sépare du métal et vient surnager quelques instants, on a fondé sur ce fait un autre système rapide de lévigation : le mélange en question est projeté dans

une chaudière munie d'une bavette à déversement, remplie d'eau maintenue à Pébullition ; la séparation indiquée ci-dessus a lieu : le zinc métallique tombe au fond, tandis que l'oxyde, entraîné par de nombreuses bulles gazeuses, vient en écume à la surperficie et se déverse aussitôt sur la bavette, et tombe avec l'eau ajoutée en excès dans un bassin de repos et à déversement; de celui-ci, le liquide passe successivement dans une série de bassins étages. On comprend sans peine que, durant les charges successives dans la chaudière (dont on extrait chaque fois, à l'aide d'une pelle courbe trouée, le zinc métallique), les bassins se remplissent et laissent déposer l'oxyde; on prolonge d'ailleurs le repos dans les récipients et même dans deux grandes citernes alternativement (chacune remplie en six mois et déposant pendant six mois), comme nous l'avons exposé plus haut. L'oxyde déposé est recueilli, après décantation des eaux claires, égoutté sur les filtres, séché, enfin écrasé et tamisé comme suivant la première méthode.

Les résidus de zinc métallique mêlés d'oxyde, grenus, provenant des deux sortes de lavages ou lévigation, soumis à un broyage et à un nouveau lavage, donnent un blanc à reflet grisâtre, vendu sous la dénomination de gris de perle. Ces parties métalliques restant après le dernier lavage, peuvent être refondues et remises en lingot, si l'on ne trouve à les placer pour la fabrication du chlorure de zinc ou du sulfate de zinc, utilisés dans une peinture spéciale (yoy. fin de ce chapitre), dans la désinfection des matières animales et la conservation des bois (yoy. ce chapitre dans le 2e volume).

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