Fabrication des eorauea
On prépare, à l'aide d'un moulin à deux meules verticales, de la poudre grenue : 1° d'argile réfractaire calcinée, ou de débris de cornues exempts départies fondues; 2° d'argile crue que l'on mélange dans les proportions de 55 de la première, 40 de la deuxième et 5 de sable fin; on humecte le mélange et on le malaxe en le piétinant de façon à en former une pâte consistante homogène ; puis ensuite on façonne, cette pâte à l'aide de moules, par assises, comme pour les cornues à gaz (yoy. le chapitre de X Eclairage au gaz, fin du 2e volume); les cornues, lentement desséchées en trois, quatre ou cinq mois, sont cuites debout pendant 7 à 8 jours et mises dans les fours en marche, à la température rouge de la fin de leur cuisson, pour remplacer les cor- GBiifw mrosTR. i — kk
Ottfl FABRICATION DU BLANC DE ZINC.
nues qui se trouvent «n général hors de service au bout de
quinze jours.
Une usine suivant le procédé que nous venons de décrire, tel qu'il est installé par la compagnie de la Vieille-Montagne, dans le bel établissement sis à Asnières, employant, sauf les interruptions accidentelles, 20 cornues dans chaque fonr, les 2 fours contiennent 40 cornues qui, entretenues chargées, celles du bas de 40 kilogr., celles du haut de 60 kilogr., fournissent en 24 heures chacune 300 kilogr. d'oxyde vendable, et ensemble 12 000 kîlogr., ou, dans une année, en supposant 250 journées de travail effectif, 250X12000 = 3000000 de kilogr.; les produits se composent pour 100 de zinc en lingots :
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G. Procédé bbIvI d*M l'uBlae de Grenelle.
Un système particulier de fours caractérise ce procédé. Outre le moyen de lévigatîon à l'eau bouillante ci-dessus décrit, les vases daus lesquels la fusion et la vaporisation s'o- ; pètent sont des creusets en terre réfracta ire indiqués par les figures 171 et 172 ci-contre, ayant 10 centimètres de large à la partie supérieure, S centimètres de diamètre près du fond, supportés par un petit bloc d'argile réfractaire et fermés à volonté par un obturateur en argile semblable, offrant une ouverture D Fig. i7i. de 6 centimètres de diamètre. C'est par cette ouverture
Bque l'on recharge le creuset en y versant avec une cuiller en fer du zinc entretenu en fusion. La figure 172 est une coupe verticale suivant l'axe : A, support du creuset ou petit bloc cylindrique en terre réfractaire; B, creuset; C, couvercle en terre réfractaire; D, ouverture dans ce couvercle , par laquelle on verse le zinc et s'exhalent les vapeurs inflammables du zinc en ébullition.
Les figures 173 et 174 ci-dessous montrent les dispositions du four à réverbère dans lequel sont engagés sept creusets chauffés par un seul foyer.
On remarque dans la figure 173 un cendrier clos à volonté par une porte /", et recevant alors l'air chaud qui doit alimenter
la combustion par une ouverture f, à laquelle aboutît un car neau circulant dans la maçonnerie; la grille g est inclinée de Façon à porter plus directement le rayonnement et la flamme du combustible vers les creusets.
La flamme entoure les sept creusets h, A.... avant de se rendre par deux caraeaux latéraux n à la cheminée.
Les creusets, encastrés debout, portés sur leur support, sont recouverts rie leur couvercle percé; au-dessus de chacun des creusets se trouve une ouverture dans la deuxième voûte, assez large pour enlever les creusets hors de service et les remplacer; des cou- ■ vercles pleins h sont habituelle *' ' ment maintenus sur ces ouvertures.
Une parité du four, de b en c (fig. 173), est vue en élévation, afin de montrer les portes en tôle i et les petites portes y percées d'ouvertures servant à alimenter d'air atmosphérique la combustion de la vapeur du zinc.
On voit vis-à-vis de chaque creuset un carneau rectangulaire m dans la paroi postérieure, pour le passage du courant d'air et d'oxyde.
Les mêmes dispositions, vues sur une coupe transversale (fig. 174), sont indiquées par les mêmes lettres; on y voit de plus le carneau m vis-à-vis du creuset aboutissant à un passage, et un tube eu l6le mqr dirigeant les gaz et oxyde entraînés vers les tubes réfrigérants et les chambres à recevoir l'oxyde.
Sur le trajet de menyse trouvent deux cavités na dans la première desquelles se dépose ie mélange d'oxyde et de métal à épurer par lévigation ; la deuxième récolte de l'oxyde plus pur. Au bas du tuyau qr se trouve un registre que l'on ouvre lorsqu'on veut faire tomber l'oxyde accumulé en q, dans une caisse en tôle o.
•• Préparation des pointures an blane de zlne.
On sait que la préparation usuelle des peintures à l'huile exige Tcmploi d'huiles siccatives, qu'on se sert de l'huile de pavots dite (ï œillette pour les peintures très-blanches, et de l'huile de lin pour les teintes plus ou moins foncées; on est obligé de lithargirer ces huiles, de façon que la peinture soit sèche en 3 jours; il faut donc y faire dissoudre plus d'oxyde de plomb en lûver, parce que la dessiccation est moins facile en cette saison.
On comprend que l'usage des huiles lithargirées pouvait laisser subsister dans les peintures une partie des effets insalubres dus à la présence de l'oxyde jde plomb, et, en outre, l'inconvénient de se colorer en noir sous l'influence des émanations (gazlight), vapeurs des fosses d'aisances contenant de l'hydrogène sulfuré ; il fallait donc, pour résoudre le problème, rendre les huiles siccatives, sans y faire entrer d'oxyde de plomb.
Courtois et Guyton de Morveau n'avaient pas songé à cette difficulté; M. Leclaire l'a nettement abordée : il est parvenu à la résoudre, non-seulement en ce qui touche les huiles nécessaires pour délayer le blanc de zinc, mais encore dans la confection de couleurs où l'oxyde de plomb joue un rôle important : on peut actuellement y substituer d'autres composés métalliques; en complétant ainsi les moyens de fabrication et de l'emploi, il a, le premier, réalisé l'application industrielle du blanc de zinc.
M. Leclaire rend siccatives les huiles en les faisant bouillir pendant 8 heures avec ô pour 100 de leur poids de bioxyde de manganèse en poudre fine : ces proportions varient, un peu plus fortes dans la saison d'hiver et plus faibles en été; comparativement avec Temploi de la liiharge, on réalise, en moyenne, une économie d'environ 5 pour 100 (*).
La couleur jaune orangé s'obtient en broyant avec les huiles le sulfure d'antimoine; le jaune citrin se prépare avec le chromate de zinc; la couleur verte à l'aide du chroma te de zinc uni
(*) M. Chevreul a constaté, après de longues expériences, que les huiles exposées sur une grande surface an soleil deviennent siccatives en se décolorant ; que l'huile tenue pendant 8 heures en contact avec 5 pour 100 de manganèse à + 70° est rendue très-siccative; qu une cbullition durant 3 heures de rhuile en contact avec 0,15 de litharge acquiert la propriété siccative au maximum ; que le carbonate de zinc peut servir de siccatif au blanc de «ne; qu'un mélange d'buile siccative en double proportion avec l'huile non siccative communique à celle-ci sa propriété et peut déterminer une absorption
à quelques centièmes d'oxyde de cobalt (vert de Rithmann), les oxydes de fer, de manganèse, le bleu de cobalt, l'outremer, le noir de fumée et différentes couleurs dont le plomb ne fait point partie, s'emploient soit à l'huile, soit à l'eau avec l'oxyde de zinc.