Siccatifs du blanc de mlac
On suit plusieurs procédés pour préparer des siccatifs capables de donner, aux peintures ou couleurs au blanc de zinc à l'huile, la propriété de sécher ou plutôt de se solidifier à l'air.
On chauffe ensemble 100 parties en poids d'huile de lin, préalablement cuite, épurée, et 5 de bioxyde de manganèse en poudre fine, grenue, pendant 10 à 12 heures, sans porter la température à l'ébullition de l'huile et en ayant le soin d'agiter fréquemment, ou bien en plaçant l'oxyde dans un sac de toile claire, afin de le tenir suspendu et d'éviter qu'il ne se précipite au fond du vase. On laisse refroidir, puis on soutire au clair.
L'huile siccative ainsi obtenue, mêlée à la dose de 3 à 5 pour 100 de peinture à l'huile à base d'oxyde de zinc, suffit pour rendre ces couleurs aptes à se dessécher promptement à l'air.
L'oxyde de manganèse resté dans la toile ou au fond du vase, exposé à l'air, acquiert une propriété plus énergique que la première fois; on peut donc s'en servir indéfiniment en ajoutant une faible quantité d'oxyde neuf pour compléter la dose.
M. Sorel a, le premier, préparé un siccatif pulvérulent qui donne à l'oxyde de zinc la propriété de faire sécher les huiles ; il Ta ainsi composé :
Chlorure de manganèse (débarrassé de fer par le prassiate). . . < ) .. Oxyde de zinc ou sulfate de baryte en poudre impalpable. . . < 9 j
2 parties de ce mélange suffisent pour donner la qualité siccative à 100 parties de blanc de zinc pulvérulent, ce qui correspond à 1 de chlorure de manganèse pour 1000 d'oxyde de zinc. La peinture, à l'aide de ce siccatif, sèche en 36 heures.
d'oxybène de l'air s'élevant à 2 pour 100. On voit que le phénomène utile produit durant la dessiccation des peintures est une fixation d'oxygène solidifiant l'huile. Il s'y joint une véritable évaporation lorsqu'on ajoute de l'essence de térébenthine ou divers hydrocarbures volatils. Os corps en *' évaporant laissent une plus grande surface de peinture exposée à l'air; mais si eur proportion est très- forte, la dose d'huile se trouve d'autant amoindrie et a peinture perd beaucoup de sa résistance.
La société anonyme de la YieillerMontagne emploie un sicca- ///'pulvérulent pour mêler au blanc de zinc et rendre cet oxyde capable de faire sécher les huiles de lin ou d'oeillette, avec lesquelles on le délaye. Voici la composition du siccatif :
Blanc de zinc ordinaire 980 ,00
Sulfate de manganèse 6,66 • j «^
Acétate de manganèse 6 , 66 [
Sulfate de rinc 6,68 ) I
On mélange bien intimement ces composés en poudre, dont £ kilogr. suffisent pour rendre siccatifs 100 kilogr. d'oxyde de zinc.
Nous devons ajouter que les siccatifs pulvérulents ont, dans certaines circonstances, perdu leur propriété spéciale au bout de quelques mois, sans que Ton ait encore pu découvrir la cause de cette altération; l'emploi des huiles rendues siccatives par l'oxyde de manganèse donne des résultats plus assurés.
D'ailleurs, l'huile de lin, exposée à l'air jusqu'à formation d'une pellicule superficielle, peut être employée directement pour délayer l'oxyde de zinc et fournir une peinture siccative.
M. Chevreul a constaté que le mélange de 4 parties d'huile de lin ordinaire avec 1 partie d'huile de lin manganésée, comme il est dit ci-dessus, est dix fois plus siccatif que la somme des pouvoirs siccatifs des deux liquides pris isolément.