Applications
Une des plus utiles préparations de ce gaz, indiquée par Ebelmen, consiste à l'obtenir par le traitement des houilles ter-
reuses trop pauvres en charbon, et trop irrégulières dans leur composition pour être employées directement dans les divers foyers des fabriques. On comprend que de pareils charbons, brûlés sous l'influence d'un courant d air traversant un excès de combustible dans des fourneaux (*), produisent du gaz oxyde de carbone, d'une composition constante, facile à diriger et à distribuer sous une pression fixe, à l'aide de tuyaux et de robinets, dans les divers locaux, sous des chaudières, etc.; ce gaz, enflammé partout où l'on veut utiliser la chaleur de sa combustion, produit des effets réguliers applicables à un grand nombre d'industries.
Depuis quelques années, M. Siemens a construit des fours spéciaux en vue de produire avec des houilles lignites, coke ordinaire ou de mauvaise nature ou à bas prix en certaines localités, du gaz oxyde de carbone, dirigé à la rencontre des courants d'air échauffés dans deux massifs de maçonnerie à claire-voie, où, par des jeux de registres, on fait alternativement descendre l'excès de flamme qui a servi au chauffage, puis monter Fair destiné à brûler le gaz.
Les longues flammes ainsi développées s'appliquent avec succès dans différentes usines , notamment les verreries , cristalleries, fabriques de gaz d'éclairage, etc.
Les observations de M. Le Play et d'Ebelmen ont établi le rôle de l'oxyde de carbone comme agent réducteur dans les hauts fourneaux où il amène le fer oxydé à l'état métallique. M. Gillard essaye d'appliquer le même gaz à réduire le fer qu'il a fait d'abord servira décomposer l'eau pour en extraire l'hydrogène [voy. à la fin du 2e volume Y Éclairage au gaz) (**).
M. F. Leblanc a fait remarquer que le protochlorure de cuivre ammoniacal ne peut servir à doser l'oxyde de carbone contenu dans le gaz d'éclairage, parce qu'il absorbe le gaz oléfiant et plusieurs hydrocarbures; que cependant ce réactif peut être employé avec succès dans l'analyse de certains mélanges gazeux,
(*) Agent réducteur de l'oxyde de fer, l'oxyde de carbone cependant oxyde rapidement le potassium et le sodium lorsque la température' n'est ni très-haute ni très-basse {yoy. plus loin la fabrication du sodium et de I'alumhium).
(**) On peut faire l'analyse de l'oxyde de carbone en brûlant dans un tube courbe ce gaz par le bioxyde de cuivre CuO, chaufte au rouge ; l'acide carbonique est ensuite absorbé par la potasse hydratée, et la diminution de volume indique le volume d'oxyde de carbone brûlé.
qu'ainsi on absorbe successivement l'acide carbonique parla potasse, l'oxygène par l'acide pyrogallique, l'oxyde de carbone par le protochlorure du cuivre ammoniacal ; que s'il reste de Y hydrogène et de l'azote , on les détermine par la détonation à l'aide d'une addition d'oxygène et d'une étincelle électrique.
1. CONSOMMATION DU SOU PRE EN FRANCE. — 2. ÉTAT NATUREL. — 3. PROPRIÉTÉS. — 4. PROCÈDE POUR RECONNAÎTRE LES HUILES DES GRAINES DE CRUCIFÈRES. — 5. EXTRACTION. — 6. RAFFINAGE. — 7. SOUFRE EN CANONS. — 8. FLEURS DE SOUFRE ET APPLICATIONS DU SOUFRE RAFFINE. — 9. EXTRACTION DU SOUFRE DES PTR1TB8. — 10. APPLICATIONS. — 11. SOUFRAGE DE LA VIGNE.
f. Consommation du souffre en Franee.
La grande consommation du soufre dans les arts chimiques date de la fondation même de ces industries en France, et de leur propagation chez les nations étrangères. Or, le soufre étant la base de la fabrication de l'acide sulfurique, à l'aide duquel on prépare presque tous les autres acides commerciaux, les sulfates, et la soude, base alcaline la plus usuelle, on peut dire que la consommation du soufre, au delà des quantités destinées aux anciens usages, donne la mesure de l'état ou de l'importance de la chimie industrielle chez les peuples.
On verra quels ont été, sous ce rapport, les progrès effectués en France, en comparant la consommation du soufre à diverses époques.
Le tableau ci-après montre la progression rapide depuis 1792 de nos industries chimiques, qui elles-mêmes peuvent être considérées comme offrant la mesure de toutes les industries manufacturières : car il en est bien peu parmi celles-ci qui n'empruntent le secours des produits ou des applications de la chimie.
En 1792, on pouvait évaluer la consommation du soufre d'après les quantités indispensables à la préparation de la poudre de guerre, dédiasse, de mines et des feux d'artifice, à la fabrication des allumettes et des mèches soufrées, enfin aux usages de la pharmacie et aux scellements dans les constructions.
Depuis cette époque, nos états de douane fournissent des données bien plus exactes ; nous leur emprunterons les chiffres suivants que nous compléterons pour 1863, en y ajoutant les quantités de soufre représentées par les pyrites employées tous les
ans, depuis 1862, à fabriquer environ les 0,85 de l'acide sulfurique annuellement consommé chez nous.