Historique des industries fondées sur remploi
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Le caoutchouc et quelques-uns de ses usages grossiers étaient connus depuis fort longtemps dans l'Amérique du Sud et dans l'Inde.
En 1736, la Condamine, de l'Institut de France, envoyé au Pérou avec Bouguer pour des déterminations astronomiques, adressa le premier échantillon de cette substance à l' Académie des sciences de l'Institut. Fresnau et Macquer adressèrent en 1751 et 1768 à l'Académie des sciences des échantillons du caoutchouc récolté à Cayenne.
Importé seulement vers la fin du siècle dernier en Angleterre, le caoutchouc y fut désigné sous le nom $ India-rubber . Pendant longtemps, on n'en fit guère, en effet, d'autre usage que pour effacer par le frottement les traces du crayon de graphite [mine de plomb) ; il fut nommé en France gomme élastique.
En 1790, on se servit des produits bruts découpés en lanières pour former des pelotes ou balles élastiques ; on en faisait des ligatures extensibles, des espèces de ressorts ; on parvenait à ramollir le caoutchouc et à l'étendre sur les tissus grossiers qu'on voulait rendre imperméables. Fourcroy parvint à le gonfler et à le dissoudre partiellement au moyen de l'éther.
En 1791, Grassart en confectionna des tubes au moyen de lanières découpées, contournées en hélice, soudées et moulées sur des tubes légèrement coniques en verre. On rendit à la fois résistants et régulièrement flexibles ces tubes en les formant comme une enveloppe continue autour de ressorts dits de bretelles en acier ou en laiton.
Nadler, en 1 820, trouva le moyen de découper le caoutchouc
(*) II paraît qu'une addition a ce suc de 0,25 d'ammoniaque liquide produit cet effet, surtout lorsqu'on enferme le mélange immédiatement en vase hermétiquement clos.
en fils propres à façonner divers "objets usuels et des tissus élastiques. Quelques années plus tard, Mackintosch perfectionna la fabrication des tissus fins, simples ou doubles, rendus imperméables par une couche de pâte de caoutchouc et d'essence de térébenthine interposée ; il donna une grande extension à la fabrication des manteaux confectionnés avec ces tissus et qui portent encore son nom.
Vers 1830, Raltier et Guibal appliquèrent la propriété du contrebandier de durcir, étendu au froid, pour tisser (comme chaîne) les fils roidisde caoutchouc, ils en ont' confectionné des lacets, qui , échauffés à + 40°, se contractaient et reprenaient leur élasticité primitive; ils obtinrent en ce genre des produits remarquables par leur perfection, encore fabriqués aujourd'hui, mais susceptibles de durcir au froid.
Le brevet d'Hayward, pris le 24 février 1839 par Goodyear, son représentant, signalait les changements opérés sous l'influence d'une minime quantité de soufre, mais il n'indiqua ni les proportions, ni la température utiles à la transformation.
En 1844, Goodyear décrivit les propriétés entrevues par lui dès 1839, que le soufre donne au caoutchouc en s'y unissant; on désigna dès lors cette opération sous le nom de vulcanisation ou de vulcanisation.
La même année Hancock parvint à vulcaniser le caoutchouc en se servant d'un bain de soufre.
MM. Rattier et Guibal améliorèrent les procédés de préparation et de sulfuration du caoutchouc. Parkes, en 1846, trouva le moyen de vulcaniser le caoutchouc en immergeant à froid les objets confectionnés, dans du sulfure de carbone contenant -^ (ou pour 100, 2,5) de protochlorure de soufre; M. Peroncel et plusieurs autres manufacturiers donnèrent à ce moyen diverses applications, et confectionnèrent une foule d'objets usuels pour les arts industriels, la chirurgie et l'économie domestique.
M. Guibal confectionna à l'aide de caoutchouc et de talc me-* langés en pâte des cylindres dans lesquels on découpe d'épaisses rondelles interposées dans les étoupes des Stuffing-boxes.
Récemment, M. Gérard a construit une ingénieuse machine découpant à la fois 150 fils prismatiques au lieu des 8 à 10 obtenus naguère (voy. p. 207).
M. Gillard est parvenu à former des ballons assez imperméables et légers pour être gonflés par l'hydrogène, et s'enlever dans l'air (vojr. plus loin la description de ce procédé).
Nous décrirons maintenant les principales opérations auxquelles le caoutchouc brut donne lieu dans plusieurs fabriques importantes qui transforment cette matière.
Lorsque les procédés d'extraction du caoutchouc aux contrées de production seront perfectionnés, on pourra sans doute obtenir directement des plaques épaisses et homogènes,- des cylindres exempts de corps étrangers. Il sera dès lors facile de transformer mécaniquement ces produits bruts, bien moins altérables, en lames minces, et fils fins, et d'en confectionner une foule d'objets plus résistants que ceux qui sont préparés en malaxant le caoutchouc, car alors la texture naturelle ne sera plus modifiée défavorablement par une température trop élevée.