DÉSIGNATION DES MATIÈRES
Carbonate de potasse
^ de soude
Phosphate de potasse
Chlorure de potassium. . . . . .
Sulfkie do potasse
Matières insolubles
Eau et perte.. . .
TOTAI
Titre alealimélrique
Le salin est soumis à un lessivage méthodique, dans des lessivoirs semblables à ceux employés pour la soude et décrits précédemment. Ce lessivage est long et plus difficile que celui de la soude brute, à cause dupea de solubilité du sulfate de potasse et du chlorure de potassium ; on est obligé d'employer de Teau à 80** : au bout de 12 heures on fait passer k liquide de la première cuve sur une seconde remplie de salin, et ail moyen de six cuves on peut effectuer un lessivage méthodique qui doDoe des liqueurs de 25'' à 27'' Baume. Les résidus du lessivage, difficiles à épurer complètement dans les caisses, sont envoyés dans une chaudière
504 PRÉCIS DE CHINIE L\DIISTR1£LLE.
munie d'un agitateur méciinique qui les détaje dans de l'eau chaD<le, et la boue claire ainsi formée est passée au filtre-presse ; les lourleani «ditenus sont de nouveau traités de la même manière jusqu'à ce que les em marquent 0°. Toutes les eaux faibles ainsi obtenues serrent pour lessinr de nouvelles quantités de salin. Le résidu insoluble du lessivage de U potasse brute est formé surtout de carbonate de chaux, de charbon, d'iluminc, d'oxyde de fer, de silice et de phosphate de chaux.
Séparation des différents sels. — Les liqueurs à 25* on 27', wflant du lessivage, sont évaporées jusqu'à 40° Baume dans de grandes chaudières en tôle chauffées soit à feu nu, soit mieux à la vapeur. Pendail cette évaporation, la plus grande partie du sulfate de poiasse se dépue en très-petits grains cristallisés. La liqueur entreposée dans des btes laisse déposer une abondante cristallisation de chlorure de potassion, jusqu'à la température de 30° centigrades. Ce chlorure essoré est livre tu commerce. Si la température descend au-dessous de 50°, il se dépoge,eo même temps que le chlorure de potassium, du carbonate double de |» tasse et de soude, ce que l'on doit éviter avec soin. L'eau mère à 30* est envoyée dans des chaudières demi-cylindriques en tôle A (Gg. 163) de
Fig. 163 et 164. — Cfaindièrei en IbU ponr l'éinponlioD à ftu nu d» leuiTci [exf •* f*")-
2000 litres de capacité environ et concentrée à 46°. Pendant toute lidnrée de cette concentration, on pêche du carbonate de soude assez pur >" début, et qui devient de moins en moins riche à mesure que réfSjW* tion avance. L'eau mère arrivée à 46° Baume, abandonnée au Kbwdissement dans des cristallisoirg, donne du chlorure de 'polassiuc j"^ qu'à 30' centésimaux, et des cristaux de carbonate double de potasse el de soude, KO,CO' -1- 2NaO,CO*+ 12H0, si la température s'abaisseJOdessous de 50° centigrades.
La liqueur refroidie à 30° centigrades est remise en chauditoBetén-
POTASSE ET SELS DE POTASSE. bOh
poréeà 52* Baume. Pendant tout ]e temps de Tévaporation, il se dépose du carbonate de soude qu'on enlève à la drague au fur et à mesure, et qu'on purifie ensuite par dissolution dans t'(!au pure et concentration. les liqueors à 52*, étant abandonnées au refroidissement, laissent déposer encore du chlorure de potassium, jusqu'à 50" centésimaux; puis on les évapore à 57° dans les autres chaudières, afin de faire déposer les dernières parties du carbonate de soude, qui entraînent cette fois une cer* taioe proportion de carbonate de potasse, et on fait rentrer ce sel impur dans le travail. Les liqueurs à 57* sont envoyées sur la sole d'un four à réverbère et calcinées : elles donnent de la potasse carbonatée encore impure, à cause du fer provenant des sulfures doubles et des sulfocyanures que renferment toujours les lessives et qui, par oxydation, ont donné du sulfate de potasse et des composes de fer insolubles. Pour les usages industriels on doit raffiner cette potasse.
la première concentration des liqueurs de 25 ou 27 à 40* Baume se fait, comme nous l'avons dit plus haut, à feu nu et mieux à la vapeur. La conc«Dtration à feu nu est une opération qui demande beaucoup de soins de la part de l'ouvrier, à cause du dépôt de sulfate de potasse qui a lieu pendant toute la durée de l'opération. Aussi, dans beaucoup d'usines, on prèlère opérer à l'aide de la vapeur. La Rgure 1 65 représente l'élévation
et la coupe d'une disposition de chaudière usitée pour cette conoentntion : A est une chaudière en tôle munie d'un couvercle, sur lequel se trouve une porte a permettant d'entrer dans l'appareil; B est un serpentin de vapeur situé à moitié de la hauteur de la chaudière ; / est Tarrivée des lessives ; C est une cheminée d'évacuation des vapeurs produites par l'évaporation. Les lessives laissent déposer le sulfate de potasse^.qui se rassemble dans la partie demi-cylindrique de la chaudière et ne vient pas ainsi recouvrir le serpentin. Lorsque la liqueur est arrivée à 40*6., on la laisse reposer et on la fait écouler dans des cristallisoirs par le robinet d; la pâte de sulfate de potasse est extraite par le tampon e et se rend sur des filtres en tôle, où elle est lavée à Teau froide, puis essorée ; le sulfate de potasse est alors directement utilisable pour la fabrication de l'alun ou de la potasse par le procédé Leblanc. Le chlorure de potassium, qui se dépose par refroidissement des diverses liqueurs, est essoré et lavé à l'eau froide. Il est livré ensuite directement au commerce. Le carbonate de soude, qui se dépose pendant toute la durée de l'évaporation des lessives jusqu'à 46**, est redissous dans l'eau chaude de façon à obtenir une liqueur à 32° Baume que l'on évapore à part à 38**. Pendant cette évaporation, il se dépose du carbonate de soude qui est péché, égoutté et lavé avec une petite quantité d'eau froide; on le calcine ensuite dans des fours : on obtient ainsi du sel de soude i 90* alcalimétriques ; Teau mère de cette opération est réunie aux liqueurs à concentrer à 46** de l'opération première.
Le carbonate double de potasse et de soude, déposé accidentellement par refroidissement des liqueurs à 46** Baume, est redissous dans les mêmes liqueurs pour donner par évaporation du carbonate de soude, comme nous l'avons indiqué.