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V. Ép«r«tloB des potasses

On peut séparer des potasses, obtenues comme nous venons de Tindi quer, la plus grande partie du sulfate de potasse et du chlorure de potassium qu'elles contiennent : il suffit de les traiter par Tcau bouillante de façon à obtenir une liqueur marquant AT Baume; la plus grande partie du sulfate', peu soluble dans cette liqueur, reste non dissoute ; par le refroidissement, une certaine quantité de chlorure de potassium se dépose également ; la liqueur claire obtenue est évaporée, soit en chaudières plates, soit sur la sole d'un four à réverbère, et calcinée.

On obtient ainâi un produit renfermant de 95 à 97 pour 100 de carbonate de potasse pur.

La potasse carbonatée, économiquement épurée par ce moyen, est employée dans la fabrication du cristal et dans quelques autres applications exigeant du carbonate plus pur que la potasse ordinaire du commerce. On peut s'en servir pour préparer la potasse à la chaux ou à

(*) On trouTera dans les Mémoires de la Société d'açriculttare de Valeneiennet, pour 1845, un mémoire trè»-intéic$$ant sur les essais des soudes et potasses, par M. Pésier, et un ÎDgémeux moyen pour déterminer les proportions de soude dans une potaJsse naturelle ou falsifiée, en constatant la densité que donne la soude transformée en sulfate i une solution ssr tarée de sulfate de potasse ; c'est au moyen de son natromètre que H. Pésier a déterminé les quantités de soude contenues dans les potasses commerciales.

Valcool, obtenue caustique et plus pure encore en opérant comme nous l'indiquerons plus loin.

Le carbonate de potasse provenant de la betterave et épuré comme nous venons de l'indiquer renferme souvent une certaine quantité de phosphate de potasse qui peut, dans certains cas, aller à 2,6 et même 3,7 pour 100, ainsi que Ta constaté récemment M. Peligot pour des potasses raffinées da Nord. La présence des phosphates dans la potasse a permis à M. Peligot de remonter à la cause d'accidents qui se produisaient dans la fabrication du cristal ; on obtenait avec ces potasses riches en phosphates un verre laiteux et opalin, au lieu d'avoir un produit transparent et incolore. Le phosphate de potasse exerce probablement sur le verre un effet analogue à celui du phosphate de chaux qu'on emploie pour fabriquer le verre opale à reflets rougeâtres. Il est donc nécessaire d'éliminer complètement les phosphates, des potasses destinées à la fabrication du cristal; M. Lagrange a proposé le procédé suivant pour arriver à ce résultat.

Les vinasses neutralisées par le carbonate de baryte en excès étant portées à l'ébuUition, l'acide sulfurique se précipite à l'état de sulfate de baryte, et si l'on prolongeait l'ébuUition, les sulfates et les phosphates se décomposeraient peu à peu. Mais cette opération difficile peut être rendue plus rapide et plus sûre en ajoutant, après la neutralisation par le carbonate de baryte, une petite quantité d'hydrate de baryte. On obtient ainsi une élimination complète de l'acide sulfurique et de l'acide phos* phorique, tout en augmentant le titre alcalimétrique de la potasse. Les vinasses sont ensuite évaporées et transformées en salins, qui sont traités comme à l'ordinaire.

Il serait plus économique de n'appliquer ce procédé qu'aux liqueurs de raffinage des potasses, car on n'aurait qu'une petite quantité de sulfate et de phosphate à décomposer, ce qui restreindrait l'emploi coûteux de la baryte et rendrait le procédé plus pratique.

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