Appareil de Bramah
Nous cxaminero:is d'abord Pappareil de Bramah, afin de juger des modifications profondes qu'on lui a fait subir.
Il se compose de deux parties, dont l'une a pour but la production cl l'épuration des gaz; l'autre, la dissolution et le soutirage de l'eau gazeuse.
La planche XI (fig. 1) représente ces parties en coupe ; la première de A en L, la deuxième de E en u'. A, vase en bois, doublé de plomb intérieurement, dans lequel on verse l'acide suifurique par une tubulure a, que l'on bouche ensuite. Un tuyau de plomb b permet de faire couler à volonté, par le robinet b\ l'acide dans le vase B, qui communique par sa partie supérieure avec le haut du vase A au moyen d'un tuyau en plomb aa^ qui établit constamment l'égalité de pression cotre ces deux capacités. Le vase B, en fonte doublé de plomb, reçoit par une tubulure b'^ la craie délayée dans l'eau. Ce vase est muni d'un agitateur à manivelle extérieure, qui met en mouvement la craie et favorise l'action de l'acide suifurique, qui arrive graduellement parle tube 6.
L'acide suifurique met en liberté l'acide carbonique du carbonate de chaux, qui se dégage et passe par le tube ce dans Teau du laveur C et de là dans le gazomètre E. A mesure que ce dernier s'emplit de gaz, il s'élève,' mais, suivant que la consommation du gaz acide carbonique, par la deuxième partie de l'appareil, la vide plus ou moins, elle s'abaisse, et l'on fait, en conséquence, couler plus ou moins vite l'acide suifurique sur la craie.
ACIDE CARBONIQUE ET EAUX GAZEUSES AHTIFiCIËLLES. 527 -
Le gaz est aspiré du gazomètre El pac une pompe E', mue à Taide d'une manivelle F et de l'excentrique A. Un volan( F' entretient l'uniformité du mouvement. L'acide carbonique* Mt^ainsi dirigé par le deuxième tube à double courbure ee vers le robinet p, qui le laisse passer dans la pompe E'. Celle-ci le refoule par le tube à robinet pp\ dans le vase condensateur H; la même pompe E' aspire par une deuxième ouverture du robinet p et refoule simultanément dans le vase II l'eau qu'elle puise dans le baquet /'par un tube f; la clef du robinet |i, sui-* vaut la position qu'on lui donne, laisse à l'eau et au gaz des passages égaux ou augmente l'un en diminuant l'autre. Il en résulte qu^à volonté^ on peut injecter plus ou moins d'acide carbonique dans Peau. Cette dis-^ position de la pompe constitue la grande invention de Bramah ; elle a permis de tourner la difficulté que Ton rencontrait lorsque la pression, étant déjà faite dans le vase condensateur, on voulait y injecter une nouvelle quantité de gaz. Dans ce cas, le gaz n'entrait plus, pour ainsi dire, pour deux raisons : la première était qu'à haute pression les pistons joi-. gnenl mal; ensuite que la chaleur -dégagée, par le gaz Iprs.de sa compression, n'ayant pas le temps d'être absorbée par les corps environnants, réagissait sur le gaz logé dans les espaces nilisibles lorsque le piston remontait. Le gaz se comprimait et se dilatait alternativement sans sortir du piston lorsque la pression était forte.
Pour obvier à ces inconvénients, Bramah renversa la pompe, y adapta un cuir embouti comme ceux des presses hydrauliques, et fît aspirer en même temp^Teau et le gaz. L'eau vint ainsi humecter constamment le cuir et empêcher les fuites, rafraîchir le gaz comprimé et remplir les espaces nuisibles à la fîn de la course du piston.
La dissolution du gaz est favorisée par un agitateur à palettes «, s, s, qui reçoit le mouvement en même temps que la pompe et du même axe qui fait tourner la manivelle F, le pignon s^étant commandé par la roue d'engrenage à la suite de l'excentrique II. •
On se rend compte de la pression dans l'appareil au moyen du manomètre r. Si la pression baissait pendant le tirage, on tourneraitje robinet/), de façon à augmenter l'aspiration du gaz; si, au contrarie, la pression devenait trop forte, on le tournerait en sens inverse, de façon à faire affluer plus d'eau et moins de gaz.
Le soutirage s'opère en introduisant successivement chaque bouteille/: dans une enveloppe demi-cylindrique qui garantit l'ouvrier des éclats de verre accidentels. La bouteille est appuyée contre un disque en caoutchouc, dans le centre duquel un petit entonnoir vient affleurer les bords uu goulot. Un bouchon humecté et assoupli / est posé chaque fois dans une cavité /', au-destus du conduit d'eau gazeuse. On ouvre alors le roometm, Teau s'écoule dans la bouteille, tandis que l'air sort par un
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robinet n, ((ue Ton ottyre ^ji^n * estant à plusieurs reprises. Anssilôt qu'une bouteille esf reiDplie«jusquIà la naissance du goulot, on ferme le robinet m^ puif on ^(iufe sur tRi levier qui presse le boychon /; celai-ci se rétréci en passant dans le petit entonnoir et entre sans difGculté dans le goulot, où il se gonfle et fermé hermétiquement le passage. - La bouteille est alors retirée en laissant baisser la pédale N; onit pose entre deux branches de fer oo' fixées sur un établi (fig. 2), où le bouchon est solidemeat maintenu à l*^ide de la pression qu'exerce noe pédite pendant que Ton serre la ficelle qui doit le fixer.
Les divers types d'appareils à production continue, actuellement en » usage pour la fabrication des eaux gazeuses et qui ne sont que le système de Bramab modifié, peuvent se résumer en trois : 1* l'appareil Ozouf; ^ l'appareil Hermann-Lachapelle et Glover ; 3^ l'appareil MondolloL le type de Genève, malgré ses perfectionnements, a été complètement abandonné:, ia fabviCatioQi. iQtermjttente ne «répondant plus à la consommation des boissons gazeuses^
. Quaift auxiippareilsà nr^ion chimique, malgré toutes leurs modifications ils ont été presque abandonnés en France, à cause de l'intermittence de la production, du mauvais rendement et des dangers qu'ils présentent entre les mains d'ouvriers imprudents ou inexpérimentés. Cependant en Amérique on fabrique les eaux gazeuses presque unique ment en employant les appareils à pression chimique.