‹ Précis de chimie industrielleChapitre 125 sur 215 · ACIDE CARBONIQUE ET EAUX GAZEUSES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

ACIDE CARBONIQUE ET EAUX GAZEUSES ARTIFICIELLES

que nous avons décrits, des eaux minérales gazeuses^ du blanc de ceru$e, des vins mousseux^ à la décomposition du sucrate de chaux dans rexlraction du sucre des betteraves, des hypochlorites dans le blanchiment, de la solution d'aluminate de soude pour en extraire l'alumine, etc.

t. Orif lae et débvts de Im fobrleatlon de« eaam i^Asciiaes artllleielles.

A la fln du siècle dernier, on se proposa de reproduire artificiellement certaines eaux minérales gazeuses, et, eu particulier, Teau de Seltz.

Plus tard, en raison de la difficulté d'imiter dune façon assez complète cette eau minérale, on se contenta de préparer de l'eau simplement rendue gazeuse par l'acide carbonique dissous sous pression dans l'eau ordinaire. Malgré la dilTérence entre le produit ainsi fabriqué et le produit naturel, on continua de donner le nom d'eau de Seltz à cette boisson, qu'il est plus exact de désigner sous le nom d'eau gazeuse.

Sans faire l'historique complet de la fabrication des eaux gazeuses artiGcielles, nous donnerons néanmoins un aperçu des essais industriels faits dans celte voie. Vers 1780, Bergmann, profitant des travaux faits par Venel et par Priestley en 1768, donna plusieurs méthodes pour fabriquer de l'eau gazeuse. Plus tard, Duchanoy indiqua un procédé qui, malgré ses imperfections, donna un certain essor à cette industrie. Il décomposait la craie par l'acide sulfurique dans un flacon, et l'acide carbonique dégagé se rendait dans l'eau qu'on voulait saturer; une agitation favorisait la dissolution du gaz, et divers sels dissous dans l'eau donnaient un produit plus ou moins analogue aux eaux minérales naturelles de Seltz, de Spa, etc. Plus tard, on enferma l'eau à saturer dans un vase métallique résistant et muni d'une pompe de compression qui permit d'aspirer le gnz carbonique recueilli sous l'eau dans des cloches et de le refouler dans l'eau à saturer.

C'est donc d'après les indications de Bergmann et de Duchanoy qu'on fabriqua, au commencement de ce siècle, une certaine quantité d'eau minérale artificielle gazeuse.

Dès 1800, Pierre Figuier fabriqua à Montpellier des quantités notables d'eau de Seltz par ce procédé.

Vers la même époque, cette fabrication avait pris un certain dévelo[)pement en Suisse, et deux pharmaciens, Paul et Gosse, construisirent un appareil dit de Genève, fort remarquable pour l'époque, quoique trèsimparfait. Il donnait une eau gazeuse qui s'affaiblissait au fur et à mesure que le tirage ai^ançait, et de plus l'opération élait intermittente, la charge d'eau étant introduite dans le saturateur au début de l'opération et le gaz étant refoulé seul pour effectuer la saturation.

Ea 1824, Cameron, chimiste anglais, produisit l'acide carbonique par la décomposition du carbonate de chaux par Tacide suifurique dans un vase en fonte doublé de plomb et assez résistant pour qu'il pût, parla réaction chimique, s'y établir la pression qu'on était obligé de donner au gaz au moyen de la pompe dans les appareils précédents.

Sur le même principe, Barruel et Vernaut, en 1830, établirent un appareil intermittent, à pression chimique et à cylindre oscillant; cet appareil présentait de nombreux inconvénients. Il fut simplifié et modi6é par Savaresse, et put entrer en rivalité avec l'appareil de Genève. Pendant ce temps, Bramah, en Angleterre, construisait, vers i 830, son remarquable appareil continu qui seul pouvait servir à une grande production. Ce n'est qu'en 1832 qu'on commença à introduire cet appareil en France.

Le système de l'ingénieur anglais Bramah est presque le seul qui subsiste aujourd'hui dans Tindustrie en France, mais modifié plus ou moins profondément, de façon à constituer les appareils nouveaux connus sous le nom de divers inventeurs.

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