‹ Précis de chimie industrielleChapitre 181 sur 215 · RÉSULTAT · texte numérisé non relu

RÉSULTAT

Milliinètres.

Grammes.

Mètres.

iOO

Résista.

SOO

o.so

Se cassa. 1

Nous citerons encore quelques-uns des essais faits en Hollande sur divers objets en verre trempé.

Des assiettes d'une épaisseur de 0'°,002 résistèrcnl à une chute d'une hauteur de 4", 50.

Des Terres à lampe, chauffés durant une minute à une flamme de gai et plongés subitement dans l'eau froide, sifQèrent, mais ne cassèrent pas; un verre de lampe ordinaire, de meilleure qualité, se brisa à l'immersion après avoir été chauffé durant dix secondes à une flamme de

Des assiettes de verre trempé furent remplies d'eau froide et exposéei à la flamme d'une lampe à alcool. L'eau entra en ébullition.

Des assiettes de verre trempé, plongées dans l'eau bouillante, restèrent intactes.

Après avoir fait bouillir de l'eau pendant quelques minutes dans ces assiettes, on les plongea dans l'eau froide sans les briser.

Lorsque le verre trempé vient à se briser, il ne se fend pas, il vole en éclats, ce qui prouve une désorganisation complète de la masse.

Le diamant ne peut couper le verre trempé, cependant il le raye sans le briser. On peut user le verre trempé à la meule et le polir, ou le gra* ver par le procédé de Tilgham au sable projeté, ou par l'acide fluorhydrique.

Des glaces trempées ont pu être biseautées et ensuite polies, et on a constaté que la portion ainsi polie était même plus claire et plus brillante que les glaces ordinaires de même composition et travaillées de la même façon.

MM. de Luynes et Feil ont étudié le verre trempé au point de vue de

ses caractères physiques, et ont observé un certain nombre de faits fort curieux que nous allons exposer.

La cassure du verre trempé rappelle celle des larmes bataviqucs d'après la forme et la disposition des particules résultant de la rupture.

Lorsqu'on cherche à scier ou à percer une lame de verre trempé, on en détermine presque généralement la rupture ; cependant on peut réussir à coup sûr en opérant d'une certaine façon.

La trempe, en produisant dans le verre des changements d'élasticité dans diverses directions, y fait naître les phénomènes de la double réfraction, qui peut être constatée par les colorations qui se manifestent dans ce cas avec la lumière polarisée.

Lorsqu'on examine, à l'aide de la lumière polarisée, une plaque carrée de glace trempée deSaint-Gobain, on aperçoit une croix noire parallèle aux côtés du carré. L'expérience prouve qu'on peut scier la glace suivant les directions de la croix, sans la rompre, tandis qu'au contraire elle se brise toujours lorsqu'on cherche à l'attaquer en tout autre endroit.

Les bandes noires parallèles aux côtés correspondent à des couches dans lesquelles la double réfraction n'existe pas ; le verre serait, dans ces couches, à l'état ordinaire, c'est-à-dire non trempé. Si l'on regarde à la lumière polarisée les deux morceaux d'une plaque carrée de verre trempé, sciée en deux, on voit des bandes noires et des franges colorées dont la disposition montre que l'état moléculaire a été modifié par 1# sciage. En superposant directement les deux fragments, on fait disparaître les franges et les Landes noires, tandis qu'en les superposant en sens inverse, les franges et les bandes noires prennent Taspect qu'elles auraient avec une plaque d'épaisseur double. On voit, d'après cela, que tout est symétrique par rapport au trait de scie. En outre, on peut en conclure que, le verre trempé étant dans un état de tension semblable k celui qui existe dans les larmes bataviqucs, on pourra toujours le scier et le percer toutes les fois que les fragments résultant de ces opérations pourront se trouver dans un nouvel état d'équilibre stable ; on peut, à l'aide de la lumière polarisée, savoir comment il convient d'opérer pour cela.

Lorsque les objets en verre trempé ne sont pas taillés de manière à offrir des faces parallèles, l'observation directe des colorations qu'ils donnent avec la lumière polarisée devient plus difficile, à cause des spectres secondaires dus à la réfraction provenant de la forme du corps. M. Mascart a indiqué une méthode qui permet de résoudre facilement la question. M. Coulier ayant observé que l'acide phénique liquide avait à peu près la même réfrangibilité et la même dispersion que le verre ordinaire, de sorte qu'une baguette de verre plongée dans cet acide y devient presque invisible, M. Mascart profita de cette observation en introduisant les

pièces de verre trempé à observer dans des vases en verre à faces bien parallèles et remplis d'acide phénique. On se trouve alors dans le même cas que si le verre soumis à Texamen était taillé à faces parallèles, et l'observation devient facile.

Si on examine, entre deux prismes de Nicol tournés à TextinctioD, une règle de verre ordinaire, on n'observe aucun phénomène; mais, si on vient à faire subir une flexion croissante à cette lame, la lumière reparait : une bande noire se manifeste au milieu de la règle, puis les bords se colorent, et enfin des bandes colorées apparaissent sur les bords de la règle. Si on laisse la lame revenir à son état normal, tous les phénomènes d'éclairement et de coloration disparaissent.

On voit donc que la trempe produit, au point de vue optique, des eflets permanents analogues à ceux qui résultent d'une action mécanique telle que la flexion.

Une larme batavique étant placée dans un vase en verre à faces parallèles rempli d'acide phénique, et examinée à la lumière polarisée, laisse apercevoir des franges colorées sur les contours et dans la queue, et des bandes colorées à peu près parallèles à l'axe de la larme, semblables à celles que la flexion détermine dans une lame de verre.

On est donc conduit, par l'étude des propriétés optiques du verre trempé, à la même conclusion que celle qui a été tirée de l'examen de la cassure de ce verre.

Le verre trempé ne diffère pas par son aspect du verre ordinaire recuit, il est transparent, mais souvent on y observe des bulles qui attei* gnent un volume considérable.

L'expérience a démontré que ces bulles se produisent presque subitement au moment de la trempe dans du verre homogène en apparence et ne laissant voir aucune trace de bulles. Lorsqu'on recuit ces verres et que les bulles semblent avoir disparu, on aperçoit à la loupe des bulles très-petites à la place des bulles volumineuses qui se trouvaient dans le verre trempé. Le même verre étant soumis de nouveau à la trempe, les bulles reprennent leur volume primitif. Ce sont donc des bulles extrêmement petites qui éprouvent par la trempe une dilatation énorme. Au moment où le verre subit la trempe, sa densité diminue et son volume augmente, comme cela se produirait sous l'action d'une traction exercée sur sa surface. C'est sous l'influence de cette traction qu'a lieu la dilatation énorme des bulles gazeuses.

Des bulles à peu près sphériques acquièrent un diamètre environ 12 fois plus grand, ce qui correspond à un volume environ 1700 fois plus considérable.

On voit, par ce qui précède, que la trempe communique au verre des propriétés fort curieuses, et en particulier une solidité, une élasticité et

une résistance aux changements brusques de température bien supérieures à celles que possède le verre ordinaire recuit.

Cette invention, dont le mérite revient à M. de la Bastic, est certainement une des plus notables de notre siècle.

H n*est pas douteux que le verre trempé n'ait bientôt de nombreuses applications dans les arts et dans l'industrie.

Recuit du verre, — Le recuit a pour but d'annuler les effets de la trempe plus ou moins énergique et inégale que subissent les divers objets en verre par leur refroidissement à l'air, et qui les rend très-fra-

11 consiste à réchauffer ces objets et à les soumettre ensuite à un refroidissement lent. On les place, à cet effet, dans des fours spéciaux chauffés au rouge brun, et qu*on abandonne à un refroidissement prolongé après avoir fermé toutes leurs issues. Quelquefois le recuit a lieu dans de longues galeries, oii l'on place des caisses de tôle liées les unes aux autres par des crochets et rendues mobiles à l'aide de galets roulant sur un chemin de fer. La galerie est chauffée vers une de ses extrémités. Pendant le trajet, les caisses de tôle et le verre qu'elles contiennent éprouvent un refroidissement qu'on ralentit à volonté, en prolongeant le séjour des caisses dans la galerie. Cette disposition est la meilleure. En effet, une partie du four est chauffée constamment et le service est continu, méthodique et très-facile, puisque, d'un côté, on retire le verre recuit, et que, de Tautre, on enfourne à mesure le verre à recuire qui ne se refroidit que par son éloignement graduel des parties les plus chaudes. Le chauffage des galeries peut se faire au moyen de la flamme perdue des fours à fusion.

Le recuit du verre dans les fabriques est parfois insuffisant. On opère dans les laboratoires un deuxième recuit fort simple, mais qui serait trop coûteux en grand. Il consiste à placer les vases de verre dans une bassine, en ayant soin de les séparer par un peu de foin et de paille. On remplit d'eau les vases et la bassine, et l'on porte le liquide à l'ébullition; on laisse ensuite le tout refroidir lentement. Les vases, bien plus régulièrement refroidis que dans l'air des galeries, résistent mieux encore aux effets des changements brusques de température.

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