Couleurs usuelles au blanc de sine
Le tableau suivant indique les mélanges à l'aide desquels on prépare les principales couleurs au blanc de zinc ; on emploie pour 100 parties en poids de blanc de zinc :
i d*indigo qui donne le. • .= blanc azuré.
1 de charbon = gris de perle.
100 d*oxyde gris (de zinc) = gris ardo'se.
2,5 de chromate de zinc ou de plomb = jaune paille.
6 d'ocre jaune = couleur pierre.
3 d'ocre jaune, plus 3 de vermillon = chamois.
10 de tene de Sienne « = chamois- foncé.
2,5 jaune de chrome, plus 2,5 bleu de Prusse. . « . . = citron.
10 jaune dû chrome. = jaune d'or.
0,0 bleu de Prusse, plus 0,2 laque de garance = ton bleu azuré.
8 bleu de Prusse = vert d'eau.
100 jaune de chrome, plus 8 bleu de Prusse = vert pré.
50 ocre jaune, plus 12 noir = vert olive.
< 1 I ( 6 bleu de Prusse
lanne de chrome, plus < « . — vert bronzé.
* "^ ( o noir
On emploie également, pour obtenir des nuances pures ou mélangées, l'outremer, le bleu de cobalt, le rouge de Prusse, les noirs d'ivoire, d'os et de fumée, l'oxyde de manganèse, etc.
iO. Appllcutlons des pelutures A Thnlle sur des objets en siue.
On parvient à faire adhérer fortement les peintures à l'huile sur divers ustensiles en zinc métallique, à l'aide d'un procédé qui oxyde et rend rugueuse la superficie du métal : on plonge dans un bain contenant 5 d'acide sulfurique dans 100 d'eau ; après un contact de quelques minutes, on expose les objets tout humides pendant deux jours à Tair; on étend une couche d'essence qu'on laisse sécher, puis on applique une ou plusieurs couches de peinture.
Lorsqu'on veut augmenter l'adhérence et la solidité, comme pour les formes à sucre, on applique trois couches de peinture, et Ton fait dessécher à l'étuve.
Le blanc de zinc pur, ou mélangé avec les couleurs précitées, s'em^ ploie comme la céruse dans la confection des couleurs dites à Vesprit-devin et au vernis.
On fabrique également, comme avec la céruse, des papiers et cartons glacés à la gélatine et au blanc de zinc pour cartes de visite, adresses, etc. Ces objets ne présentent pas les dangers d'empoisonnement auxquels se sont parfois trouvés exposés les enfants qui portent machinalement a la bouche ces divers objets enduits de céruse.
if. Prix de revient comparés eu blanc de sine et de la cérase.
Voici comment on peut établir les prix comparés des peintures au blanc de zinc et à la céruse, en tenant compte l"* des cours commerciaux; S"" des proportions d'huile ; 5^ des surfaces couvertes :
Céruse. . . . lOOkilogr à 72 fr. = 72 fr. Uuilc 30 • liO = 4:î
1 30 coûtent 1 14 fr., d*où 100 kilo^r. coûteront 87 fr. 67 c.
Blanc de zinc. 100 72
Huile <>0 kilogr. à 140 fr. = 84
160 coûtent 150 fr., d*où 100 kilogr. coûteront 97 fr. 50 c.
La peinture au blanc de zinc coûte donc plus cher, à poids égal ; mais cette peinture couvre plus. 100 kilogr. couvrent la même surface que 150 kilogr. de céruse ; ainsi, pour couvrir autant de surface qu'en employant 100 kilogr. de peinture au blanc de zinc qui coûtent 97 fr. 50 c, il faut 130 kilogr. de peinture à la céruse, qui, à 87 fr. 67 c. les 100 kilogr., coûtent 113 fr. 97 c.
On voit que la peinture au blanc de zinc offrirait une certaine économie, mais il est probable que la concurrence de ce nouveau produit fera baisser le cours du blanc de plomb, et que les prix des deux peintures se nivelleront bientôt, que peut-être même la différence s'établira en sens contraire, surtout si l'on ne peut se procurer, sans en élever le prix, du zinc assez pur et en assez grande quantité pour fabriquer le beau blanc de zinc dont la consommation s'accroît.
Voyons donc quels sont les avantages de la peinture nouvelle à prix égal.
iS. SalalirKé dans les vsbies et dans remploi*
Un des principaux avantages de la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb réside dans la salubrité de Tair des ateliers où l'on fabrique et manipule ces produits, comme dans les bâtiments où les peintres emploient ces préparations ; il faudrait du moins un grand excès d'oxyde de zinc pour produire quelque efTet nuisible sur la santé.
Sans doute l'insalubrité ou plutôt l'intoxication saturnine a beaucoup
moins d'importance depuis qu'on fait usage des appareils clos, qui mettent les ouvriers à Tabri des poussières plombeuses, mais il reste toujours des chances d'accidents par suite des défauts de soin ou de surveillance ; les peintres peuvent difficilement se garantir de tout contact de la céruse ; enfin les objets usuels (cartes glacées, cartonnages) enduits de carbonate de plomb peuvent laisser des craintes d'empoisonnements accidentels, surtout lorsque ces objets se trouvent entre les mains des enfants.
iS. AppUcatloBS.
Le blanc de zinc, tel qu'on l'obtient directement au sortir des chambres à trémies, se délaye à l'huile et à l'essence sans atlcun lavage ni broyage. Cette peinture seule ou mêlée avec divers oxydes ou composés colorants s'applique sur les bois et enduits extérieurs et intérieurs des bâtiments, sur les toiles à tableaux ; on s'en sert en diminuant les doses d'huile pour la préparation d'un mastic qu'on interpose sur des cartons entre les joints des tuyaux et brides des chaudières à vapeur, etc.
On emploie le blanc de zinc à la colle (de peau ou de pâte) pour enduire les cartes glacées et dans les manufactures de papiers peints pour les fonds et bases des couleurs fines ; on peut l'appliquer au lavis à la gouache et aux diverses peintures en détrempe ; il peut encore servir dans les compositions blanches propres à donner un apprêt aux dentelles, sparteries, etc. Dans toutes ces applications, il offre toujours l'avantage d'être exempt de la coloration brune que produisent les émanations sulfurées (acide sulfhydrique et sulfhydrate d'ammoniaque).