Procédé suivi dan» TiislBe de Ctrencllc
Un système particulier de fours caractérise ce procédé. Outre le moyen de lévigatioii à Teau bouillante ci-dessus décrit, les vases dans lesquels la fusion et la vaporisation s'opèrent sont des creusets en terre réfractaire indiqués par les Ggures 244 et 245, ayant 10 centimètres de large à la partie supérieure, 8 centimètres de diamètre près du fond, supportés par un petit bloc d'argile réfractaire et fermés à volonté par un obturateur en argile semblable, offrant une ouverture D de 6 centimètres de diamèti^c. C'est par celte ouverture que Ton recharge le creuset en y versant avec une cuiller en fer du zinc enti'etenu en fusion. La figure 245
FABRiaTION DU BLANC DE ZINC. 813
est une coupe verticale suivant l'axe : A, support du creuset ou petit bloc cylindrique en terre réfractairc; B, creuset; C. couvercle en terre réfractaire; D, ouverture dans ce couvercle, par laquelle on vei'sc le zinc et par où s'exhalent les *
vapeurs inilam niables du zinc en ébullition.
Les fîgures 246 et 247 montrent les dispositions du four à réverbère dans lequel i^^^ sont engagés sept creusets chaulTés par un seul ^^|fl foyer. HH
On remarque dans la ligure 246 un ccn- Fig.îii. tig.ia.
drier clos à volonté par une porte f, et recevant , alors l'air chaud qui doit alimenter la combustion par une ouverture f, à laquelle aboutit un carneau circulant dans la maçonnerie; la grille g est inclinée de façon à porter plus directement le rayonnement et la flamme du combustible vers les creusets.
La flamme entoure les sept creusets /i, h.., avant de se rendre par deux carneaux latéraux n à la clicminée.
Les creusets, encastrés debout, portés sur leur support, sont recouverts de leur couvercle percé ; au-dessus de chacun des creusets se trouve une ouverture dans la deuxième voûte, assez large pour enlever les creusets hors deser\ice et les remplacer; des couvercles pleins A sont habituellement maintenus sur ces ouvertures.
Une partie du four, de/) en c (fig. 246), est vue en élévation, alin de montrer les portes en tôle i et les petites portes j percées d'ouvertures servant à alimenter d'air atmosphérique la combustion de la vapeur du zinc.
fig. MB. Fig. S17.
Fig. ne el Ul. — Four i sepl creu»li. Je ruriite de d'émue, |>our la nporiuiiDn et l'Dijdaiion du liiic
On voit vis-à-vis de chaque creuset un carneau rectangulaire m dans la paroi postérieure, pour le passage du courant d'air et d'oxyde.
Les mêmes dispositions, vues sur une coupe transversale (fig. 247), sont indiquées par les mêmes lettres; on y voit de plus le carneau m vis-à-vis du creuset aboutissant à uu passage, et un tuba en tôle mqr
dirigeant les gaz et oxyde entraînés vers les tubes réfrigérants et les chambres à Recevoir l'oxyde.
Sur le trajet de m en q se trouvent deux cavités nn dans la première desquelles se dépose le mélange d'oxyde et de métal à épurer par lévigation; la deuxième récolte de l'oxyde plus pur. Au bas du tuyau qr se trouve un registre que Ton ouvre lorsqu'on veut faire tomber l'oxyde accumulé en g, dans une caisse en tôle o.
•• Préparation des peintures an lilane de sine.
On sait que la préparation usuelle des peintures à l'huile exige remploi d'huiles siccatives, qu'on se sert de l'huile de pavot dite à^ œillette pour les peintures très-blanches, et de l'huile de lin pour les teintes plus ou moins foncées ; on est obligé de lithargirer ces huiles, de façon que la peinture soit sèche en trois jours; il faut donc y faire dissoudre plus d'oxyde de plomb en hiver, parce que la dessiccation est moins facile en cette saison.
On comprend que l'usage des huiles lithargirées pouvait laisser subsister dans les peintures une partie des effets insalubres dus à la présence de l'oxyde de plomb, et, en outre, l'inconvénient de se colorer en noir sous l'influence des émanations (gaz-light), vapeurs des fosses d'aisances contenant de l'hydrogène sulfuré; il fallait donc, pour résoudre le problème, rendre les huiles siccatives, sans y faire entrer d'oxyde de plomb.
Courtois et Guyton de Morveau n'avaient pas songé à cette difliculté ; M. Leclaire l'a nettement abordée : il est parvenu à la résoudre, nonseulement en ce qui touche les huiles nécessaires pour délayer le blanc de zinc, mais encore dans la confection de couleurs où l'oxyde de plomb joue un rôle important. On peut actuellement y substituer d'autres composés métalliques; eu complétant ainsi les moyens de fabrication et d'emploi, il a, le premier, réalisé l'application industrielle du blanc de zinc.
M. Leclaire rend siccatives les huiles en les faisant bouillir pendant 8 heures avec 5 pour 100 de leur poids de bioxyde de manganèse en poudre une : ces proportions varient, un peu plus fortes dans la saiso» d'hiver et plus faibles en été; comparativement avec l'emploi de la litharge, on réalise, en moyenne, une économie d'environ 5 pour iOO (*).
(*) M. Chevreul a constaté, après de longues expériences, que les huiles exposées sur une grande surface au soleil deviennent siccatives en se décolorant; que l'huile tenue pendant 8 heures en contact avec 5 pour 100 de minganèse à + 70*' est rentue très-siccative; qu^une ébullUion durant 3 heures de l'huile en contact avec 0,15 de litliarge acquiert la propriété siccative au maximum; que le carbonate de zinc peut servir de siccatif au blanc de zinc; qu'on mélange d'huile siccative en double proportion avec Thuila noj siccative communique à c«lleci sa propriété el peut déterminer une absorption d'oxyi^ène de l'air s'éievant à 2 pour 100. On
La couleur jaune orangé s'obtient en broyant avec les huiles le sulfure d'antimoine ; le jaune citrin se prépare avec le chromate de zinc ; la couleur verte, à l'aide du chromate de zinc uni à quelques centièmes d'oxyde de cobalt (vert de Rithmann); les oxydes de fer, de manganèse, le bleu de cobalt, l'outremer, le noir de fumée et différentes couleurs dont le plomb ne fait point partie, s'emploient soit à l'huile, soit à l'eau avec l'oxyde de zinc.
9*1Siceatlfti da lilanc de sUie.
On suit plusieurs procédés pour préparer des siccatifs capables de donner aux peintures ou couleurs au blanc de zinc à l'huile la propriété de sécher ou plutôt de se solidifier à Pair.
On chauffe ensemble 100 parties en poids d'huile de lin, préalablement cuite, épurée, et 5 de bioxyde de manganèse en poudre fine, grenue, pendant 10 à 12 heures, sans porter la température à TébuUitiou de l'huile et en ayant le soin d'agiter fréquemment, ou bien en plaçant l'oxyde dans un sac de toile claire, afin de le tenir suspendu et d'éviter qu'il ne se précipite au fond du vase. On laisse refroidir, puis on soutire au clair.
L'huile siccative ainsi obtenue, mêlée à la dose de 5 à 5 p. 100 de peinture à l'huile à base d'oxyde de zinc, suffit pour rendre ces couleurs aptes à se dessécher promptement à l'air.
L'oxyde de manganèse resté dans la toile ou au fond du vase exposé à l'air acquiert une propriété plus énergique que la première fois; on peut donc s'en servir indéfiniment en ajoutant une faible quantité d'oxyde neuf pour compléter la dose.
M. Sorel a le premier préparé un siccatif pulvérulent qui donne à l'oxyde de zinc la propriété de faire sécher les huiles ; il l'a ainsi composé :
Chlorure de manganèse (Jébarrassé de fer par le prussiale) • • • 1 Oxyde de zinc ou sulfate de baryte en poudre impalpable. ... 19
lô"
2 parties de ce mélange suffisent pour donner la qualité siccative à 100 parties de blanc de zinc pulvérulent, ce qui correspond à 1 de chlorure de manganèse pour 1000 d'oxyde de zinc. La peinture, à l'aide de ce siccatif, sèche en 56 heures.
volt que le phénomène utile produit durant la dessiccation des peintures est une fixation d*oxy{rène solidifiant Thuile. U 8*y joint une véritable évaporation lorsqu'on ajoute de lessenco de térébenthine ou divers hydrocarbures volatils. Ces corps en s*évaporant laissent une plus grande surface de peinture exposée à Tair ; mais, si leur proportion est très-forte, la dose d'huile se trouve d'autant amoindrie et la peinture perd beaucoup de sa résistance.
GHIMIB I1IDD8TR. ^ I. — 52
La Société anonyme de la Vieille-Montagne emploie un siccatif^nUérulcnt pour mêler au blanc de zinc et rendre cet oxyde capable de faire sécher les huiles de lin ou d'oeillette, avec lesquelles on le délaye. Voici la composition du siccatif :
Blnnc de zinc ordinaire 9S0,00
Sulfate de manganèse 6,66
Acétate de manganôse ^ 6,66
Sulfate de zinc 6,68
On mélange bien intimement ces composés en poudre, dont 2 kiiogr. suffisent pour rendre siccatifs 100 kiiogr. d'oxyde de zinc.
Nous devons ajouter que les siccatifs pulvérulents ont, dans certaines circonstances, perdu leur propriété spéciale au bout de quelques mois, sans que Ton ait encore pu découvrir la cause de cette altération ; l'emploi des huiles rendues siccatives par l'oxyde de manganèse donne des résultats plus assurés.
D'ailleurs l'huile de lin, exposée à l'air jusqu'à formation d'une pellicule superficielle, peut être employée directement pour délayer l'oxyde de zinc et fournir une peinture siccative.
M. Chevreul a constaté que le mélange de 4 parties d'huile de lin ordinaire avec 1 partie d'huile de lin manganésée, comme il est dit cidessus, est dix fois plus siccatif que la somme des pouvoirs siccatifs des deux liquides pris isolément.
8« Couleurs A l*halle en pAte et peinture prête ëk être emplojée.
Dans la préparation du blanc de zinc à l'huile en pâte on emploie, pour 100 de blanc de zinc, 48 d'huile de lin (ou d'un mélange à parties égales de cette huile avec l'huile blanche d'œillette, c'est-à-dire de pavot), et 4,8 de siccatif; la peinture prête à être employée se confectionne en broyant ensemble (à la machine à rouleaux, ou broyeur Hermann) 100 d'oxyde de zinc avec 76 d'huile, 4,8 de siccatif et 8 d'essence de térébenthine. 1 kiiogr. de blanc de zinc couvre, en première couche, 10 mètres carrés; en deuxième et en troisième couches, 16 mètres.
Lorsque la surface à peindre est très-absorbante, comme le plâtre ordinaire, on augmente la dose d'huile jusqu'à 3 fois le poids de l'oxyde dans les premières couches ; on ajoute parfois de l'essence jusqu'à former moitié du mélange, et, dans les dernières, 1/3 à 3/4. Ces doses sont trop fortes : l'essence, disparaissant à peu près tout entière après une longue exposition à l'air, peut laisser la peinture presque pulvérulente ; les fortes proportions d'essence de térébenthine ont, en outre, l'inconvé-
nient grave de rendre longtemps les appartements inhabitables, ou de causer des indispositions, d'exercer même, sur les personnes exposées à ses émanations, une action délétère que Ton a souvent à tort attribuée à la peinture elle-même ou à la céruse qui en fait partie. Il convient donc de ménager le plus possible les doses de cette essence ou de la remplacer par la benzine, qui s'évapore plus vite et ne se résinifie pas.