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Composition et propriétés. — 2. Préparation. — 3. Usages

i* Comjpoaliloii et propwiéêém*

En 1818, Thénard découvrit un composé dans lequel l'oxygène enlrc en proportions doubles de celles que renferme l'eau : propriété remarquable à plus d'un titre, et qui met à notre disposition un liquide prêt à produire les réactions dues à l'oxygène pur, assez faiblement retenu pour se dégager sous certaines conditions, peu à peu, à l'état naissant. Le bioxyde d'hydrogène est donc représenté par la formule HO* ; son poids équivalent (l'oxygène étant pris comme unité) est égal à 212,5.

Ce composé, quand il est aussi concentré que possible, est liquide, incolore, sirupeux, pesant presque moitié plus que l'eau, c'est-à-dire 1,453, le poids de l'eau étant égal à 1,000. C'est un liquide très-peu stable : à la température de 15 à 20^, il se décompose et exhale de l'oxygène. Dès que l'on élève la température, la réaction s'effectue si rapidement, qu'elle donne lieu parfois à une explosion. Le bioxyde d'hydrogène devient moins instable lorsqu'il est dissous dans leau ordinaire; on peut cependant alors le décomposer en chauffant le mélange jusqu'à 45 ou 50^. C'est le moyen dont on fait usage pour constater la quantité d'oxygène en excès sur celle qui constitue l'eau simple. Afin d'opérer le dégagement complet, on porte la température jusqu'à Tébullition.

Cet essai peut se faire dans un petit ballon auquel s'adapte un tube à quadruble courbure, et dont le bout recourbé s'engage sous une cloche ou éprouvette graduée pleine de mercure : le volume du gaz tnesuré donne directement l'indication cherchée. Un moyen plus simple de faire cet essai consiste, après avoir rempli d'abord sur la cuve à mercure une cloche ou éprouvelte graduée, à introduire avec une pipette courbe un "volume de la solution qu'on mesure en voyant les divisions qu'elle occupe ; on fait alors passer sous les bords de la cloche un peu de bioxyde de manganèse en poudre fine enveloppé dans du papier non collé : le petit paquet, en arrivant dans le liquide aqueux, se mouille et laisse la poudre en contact avec le bioxyde, qui se décompose sous son influence ;

bientôt le gaz, mis en liberté, occupe un volume qu'il est facile de constater en observant la graduation de la cloche : il suffit de comparer le volume du gaz au volume du liquide employé pour apprécier le degré de saturation de ce liquide.

On peut déceler la présence de Teau oxygénée au moyen d'une dissolution d'amidon additionnée de quelques gouttes d'iodure de potassium et d'une goutte de sulfate de fer. L'iodure d'amidon se forme immédiatement s'il y a la moindre trace d'eau oxygénée. Une dissolution d'acide chromique au -^ passe de la couleur jaune au bleu par l'addition dune petite quantité d'eau oxygénée par suite de la formation de Tacide perchromique. Si on n'emploie que des traces d'eau oxygénée, la coloration bleue est à peine perceptible ; mais, en agitant le mélange avec de l'éther, l'acide perchromique se dissout dans ce dernier liquide et lui communique une magnifique couleur bleue. Une dissolution de permanganate de potasse est décolorée par l'eau oxygénée : il se dégage do l'oxygène et il se dépose de l'oxyde brun de manganèse.

La chaleur décompose l'eau oxygénée pure à une température d'autant plus basse qu'elle est plus concentrée. La présence des alcalis facilite sa décomposition ; la présence des acides énergiques lui donne au contraire de la stabilité. L'eau oxygénée concentrée se décompose rapidement quand on l'agite avec de l'air ou un gaz inerte. Elle décolore le papier de tournesol.

L'action de l'eau oxygénée sur les divers corps peut se rapporter à l'un des cas suivants : 1^ Un certain nombre de corps, au nombre desquels figurent le fer, l'étain, Tuntimbine, le soufre et le tellure, sont sans action sensible sur l'eau oxygénée ; il en est de même de l'alumine, de la silice, du bioxyde d'étain et du sesquioxyde de chrome. 2® Certains corps provoquent sa décomposition sans éprouver aucune altération ; tels sont l'éponge de platine, l'osmium, le palladium, le rhodium, l'iridium, l'or, l'argent, le plomb, le bismuth, le carbone, le peroxyde de manganèse, le peroxyde de fer et le protoxyde de plomb à l'état de poudre. Lorsque les métaux sont en lames, l'action est trèslente. M. Gemez rend compte de ce phénomène par l'existence dans ces corps d'une atmosphère d'air qui permet le dégagement de l'oxygène comme cela a lieu lorsqu'on agite l'eau oxygénée avec de l'air. Tous ces corps d'ailleurs perdent vite leur propriété décomposante. 3^ Certains corps, tels que le magnésium, lé silicium, l'arsenic, décomposent l'eau oxygénée en s'oxydant eux-mêmes. Les protoxydes de baryum, de strontium, de calcium, de fer, de cobalt, d'étain et de cuivre, passent au maximum d'oxydation ; les sulfures de plomb, de cuivre, de fer et d'antimoine, s'oxydent également. 4^ Enfin, certains composés décomposent l'eau oxygénée en revenant à l'état métallique ; c'est ainsi que les

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