‹ Précis de chimie industrielleChapitre 25 sur 215 · BIOXYDE D'HYDROGÈNE · texte numérisé non relu

BIOXYDE D'HYDROGÈNE

oxydes d'argent, de mercure, de platine et d'or, ainsi que le bioxyde de plomb, sont réduits.

Un grand nombre des matières de Téconomie, telles que l'albumine, la caséine, la gélatine, l'urée, n'exercent aucune action sur l'eau oxygénée ; mais d'autres, telles que la fibrine, et certains tissus, comme ceux des reins et des poumons, la décomposent rapidement avec dégagement d'oxygène.

H. Préjparatloii.

La préparation du bioxyde d'hydrogène est fondée sur ce fait , que cerlains peroxydes, mis en contact avec des acides étendus et à froid, laissent en liberté une partie de leur oxygène; celui-ci, retenu en combinaison par l'eau, ne prend pas la forme gazeuse. Les peroxydes de potassium, de strontium et de baryum offrent cette propriété. Le dernier fournit plus économiquement le bioxyde d'hydrogène pur, et voici comment on opère :

On réduit en poudre très-fine le peroxyde en le broyant dans un mortier à l'aide d'eau interposée, de manière à former une pâte fluide que Ton verse peu à peu dans de l'acide chlorhydrique préalablement étendu de 3 fois son volume d'eau et placé dans une capsule de porcelaine ; puis on agite le mélange; il convient d'entourer le vase de glace, pour éviter une élévation de température qui ferait décomposer en partie le bioxyde d'hydrogène formé.

Le bioxyde de baryum se dissout sans dégager de gaz; la réaction produit de l'eau, du chlorure de baryum et de l'oxygène qui reste combiné avec l'eau ; c'est ce que représente Téquation suivante, dans laquelle nous omettons à dessein l'eau en excès :

HCl-+-BaO*=BaClH-HO».

Lorsque l'on a versé une quantité de la pâte fluide suffisante pour que facide soit presque saturé, on ajoute de l'acide sulfurique qui élimine lebai^yum en formant du sulfate de baryt# insoluble, et régénérant l'acide chlorhydrique. Lorsque cette deuxième saturation est achevée sans qu'il y ait un excèv^'^cide sulfurique, on passe la liqueur sur une toile fine qui retient le sulfate de baryte, et l'on presse ce précipité pour extraire le liquide interposé. On peut charger la solution de deux fois plus de bioxyde d'hydrogène, en y versant de nouveau du bioxyde de baryum ius({u'à saturation de l'acide chlorhydrique, et en reprenant par l'acide sulfurique comme la première fois.

Après trois ou quatre séries de semblables opérations, la solution peut servir à certains usages ; pour d'autres, il convient d'enlçver l'acide chlor-

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hydrique ; c*est ce que Ton fait au moyen d^une soiutioD de sulfate d*argent : le chlorure d'argent formé se précipite (on doit laisser un léger excès d'acide chiorhydrique, afin de rendre le composé plus stable), il reste de Tacide sulfurique, facile à séparer à Taide d'une saturation exacte par la baryte dissoute. On filtre une dernière fois, et l'on peut employer la solution du bioxyde d'Iiydrogène ainsi obtenue. On pourrait la concentrer plus ou moins, l'amener même à Tétat de concentration ultime, en la maintenant dans le vide, sous le récipient de la machine pneumatique, au-dessus de l'acide sulfurique concentré, qui absorbe et retient l'eau à mesure qu'elle se répand dans la cloche. Le maximum de concentration se reconnaît par les moyens précités : le liquide renferme alors 475 fois son volume de gaz oxygène, sous la pression de 0*",76 de mercure et à la température de -+-14**.

11 est utile d'entourer de glace le vase qui contient le liquide acide pendant que Ton y fait dissoudre le bioxyde de baryum, afin d'éviter que le mélange s'échauffe; on doit d'ailleurs ajouter de temps à autre quelques gouttes d'acide chiorhydrique pour compenser les pertes qui ont lieu pendant les manipulations.

On peut, en certains cas, rendre la préparation plus économique en ajoutant dans le premier mélange (de bioxyde de baryum et acide chiorhydrique étendu) de l'acide chiorhydrique pur (non étendu d'eau), puis saturer, à très-peu près, avec du bioxyde de baryum. Alors le chlorure de baryum se trouve dans le liquide en proportion suffisante pour se séparer par cristallisation à l'aide d'une basse température que procure un mélange de glace et de sel. Après avoir séparé les cristaux de chlorure de baryum par la décantation du liquide, on peut répéter dans celui-ci les additions d'acide chiorhydrique concentré et de bioxyde de baryum, de façon à obtenir un liquide très-chargé de bioxyde dÛiydrogène qui ne contient toujours que la portion de chlorure de baryum non cristallisée par une très-basse température. On élimine cette quantité de chlorure de baryum par le sulfate d'argent, qui précipite à la fois les deux corps, engages dans des composés insolubles nouveaux : sulfate de baryte et chlorure d'argenf. Le précipité mixte ainsi formé étant séparé par filtration, on concentre le liquide à froid dans le vide sous le récipient de la machine pneumatique.

M. Pelouze prépare le bioxyde d'hydrogène en ajoutant une bouillie de bioxyde de baryum à une dissolution d'acide fluo^iliciquo et filtrant. On recueille du fluosilicate de baryte insoluble, tandis que la dissolution de bioxyde d'hydrogène filtre.

Récemment M. Thomson a modifié, de la manière suivante, le procédé de Thénard, décrit précédemment : On dissout le bioxyde de bar ryum en poudre fine dans l'acide chiorhydrique jusqu'à neutralisation

BIOXYDE D'HYDROGENE. <j»

presque complète; on filtre et on ajoute au liquide refroidi de Tcau de baryte pour précipiter les oxydes métalliques et la silice, et déterminer le commencement de la précipitation du bioxyde de baryum hydralé. On fîllre de nouveau et on ajoute un excès d'eau de baryte saturé. Ou obtient un précipité oliydrate de bioxyde de baryum, qu'on recueille et qu'on lave jusqu*à ce que les eaux de lavage ne renferment plus d\*)cide chloi hydrique. On peut conserver longtemps à l'état humide Thy- (Irate de bioxyde de baryum sans qu'il s'altère.

Pour obtenir le bioxyde d'hydrogène, on traite ce bioxyde de baryum par l'acide sulfurique étendu (i d'acide sulfurique à 66° et 5 d'eau), de Façon à saturer presque complètement ce dernier. On sépare alors par iiltration le sulfate de baryte.

M. Ilouzeau concentre la dissolution de bioxyde d'hydrogène en la refroidissant au moyen de l'appareil Carré; il fait ainsi congeler l'eau, qu'il est facile alors de séparer.

s. Usage».

Le bioxyde d'hydrogène a été employé avec succès, suivant le conseil de Thénard, pour blanchir les tableaux : il agit dans ce cas en transformant, par l'oxygène qu'il cède, le sulfure noir de plomb en sulfate blanc d*oxyde de plomb. On a pu blanchir de cette façon des tableaux peints à l'huile, en employant de l'eau qui contenait seulement 2 pour 100 de son volume de bioxyde d'hydrogène. On pourrait s'en servir pour opérer le blanchiment de diverses substances végétales, si son prix n'était trop élevé.

Depuis quelque temps on a introduit dans la pratique médicale Tusage du bioxyde d'hydrogène (*) : on l'administre surtout en lotions à l'extérieur. On remploie également pour communiquer aux cheveux noirs la couleur blonde; il constitue la préparation connue sous le nom d'eau de$ blondes,

MM. Tessié du Motay et Maréchal ont proposé l'emploi du bioxyde d'hydrogène pour le blanchiment, en traitant les tissus de lin ou de chanvre par le permanganate de potasse, puis en les trempant dans l'eau oxygénée.

(*) LamaifionlioptoiiielWiliiains» de Londres, livre au commerce des dissolulions conlenaiit dis i TÎugt fois leur volume d'oxygène à l'ctut de bioxyde d'iiyirogc'ne el se cuoservanl l0ii|^« temps sans altérai ion.

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