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AIR ATMOSPHÉRIQUE

propagateurs des grandes et désastreuses épidémies sont transportés par l'air autour des foyers où Tinfcction domine habituellement, et jusqu'à d'énormes distances en certaines occasions. On peut admettre que c'est surtout dans les contrées mêmes où régnent habituellement ces fléaux qu'on doit les combattre : on parviendrait sans doute à les détruire en assainissant les lieux qu'infectent les masses de débris organiques, végétaux et animaux abandonnés à toutes les altérations favorisées par le concours de l'humidité et de la chaleur.

Outre les émanations des matières organiques capables de vicier l'air atmosphérique libre et l'air confiné, celui-ci peut devenir insalubre, asphyxiant, vénéneux ou explosif par diverses causes locales, notamment par les produits des combustions complètes ou incomplètes, avec ou sans excès d'air, etc., par des mélanges de diverses matières qui servent à l'éclairage et au chauffage des habitations.

Avant d'indiquer la nature de ces substances plus ou moins dangereuses à respirer, et les moyens d'éviter leur mélange ou de diminuer leurs proportions dans l'air confiné, nous devrons décrire les combinaisons du carbone et du soufre avec l'oxygène et l'hydrogène, les conditions usuelles du chauffage et les procédés d'éclairage par les corps gras et par les gaz pyrogénés de la houille (*).

S. Ozone.

M. Schœnbein ayant constaté dans l'air un instant en contact avec le phosphore humide ou récemment traversé par de nombreuses étincelles électriques (ce dernier phénomène avait été observé en 1785 par Van \Ianim, qui dès lors signalait l'odeur acquise par l'oxygrne, ainsi que la propriété de se combiner à froid avec le mercure), ou encore dans l'oxygène dégagé de Teau décomposée par la pile, une odeur spéciale et des réactions oxydantes énergiques, en a conclu la production d'un corps nouveau, qu'il nomma ozone (du grec oÇw, je sens). Le même savant a reconnu que l'ozone, en contact avec l'eau et l'azote, peut produire de I acide azotique et par conséquent des azotates; qu'il change les acides sulfureux et azoteux en acides sulfurique et azotique ; qu'il agit sur les métaux oxydables au point de les faire passer au maximum d'oxydation ; qu'il décompose les matières organiques ligneuses et les substances colorantes; qu'enfin il décompose l'iodure de potassium en rendant l'iode libre. Celte réaction lui a fourni le moyen de déceler des traces d'ozone

(*; Lassatgne et M. Félii Leblanc onl fait de nombreuses expériences et analyses sur l'air coofiné des salles do spectacle, amphithéâtres, hôpitaux ; on doit à M. Leblanc, parmi un ?nnd nombre de faits bien constatés à cet égard, l'observation importante de la propriété très- ««Hélère de l'oxyde de carbone, que peuvent répandre certains foyers dans les lieux habités.

f<)6 PRÉCIS DE CUIMIK USDUSTRIELLE.

dans i'air. En imprcgnant un papier blanc lustré d'un empois fait aTcc lOO d'eau et 10 d*amidon pour 1 d'iodure, on comprend que Toione soit signalé par la coloration bleue. MM. Marignac et de la Rive ont conclu de leurs expériences que Tozone n'est pas un corps simple, que SCS effets résultent d'une active énergie imprimée à l'oxygène par l'électricité. On a conservé dans la science le nom d'oxygène ozone depuis que MM. Becquerel et Frémy curent établi, par des expériences nombreuses et variées, que l'air ozone ne renferme pas un corps nouveau, mais bien une partie de son oxygène mis dans un état particulier d'élec* irisation qui lui donne des propriétés oxydantes bien plus énergiques^ analogues à celles de l'oxygène à l'état naissant. M. Andrews a constaté que l'ozone a toujours la même odeur, quelle que soit son origine, qu'il ne constitue pas un corps composé, que c'est l'oxygène lui-même dans un état particulier ou allotropique. Suivant M. Soret, Tozone serait absorbé par Tcssence de térébenthine, et la densité de l'ozone serait représentée par une fois et demie celle de l'oxygène.

M\{. Bineau, Béchamp, Pouriau, Cloëz et Houzeau, appliquant à des recherches nombreuses, soit le papier imprégné d'iodure de potassium et d'amidon, qui bleuit par l'iode mis en liberté dans l'air contenant de Toxygène ozoné^ soit le papier rougi de tournesol imprégné d'iodurede potassium et qui bleuit par une oxydation formant de la potasse (*), ont fait un grand nombre d'observations comparatives sur l'air, en différentes localités et saisons.

Ils ont vu (M. Ilouzeau surtout) que l'air est actif ou ozone dans les campagnes et dépourvu de ces propriétés dans les villes, et en ont déduit des conséquences qui intéressent les applications à la science, à Tindustrie, à l'agriculture : la fonnation de l'acide azotique aux dépens de l'ammoniaque, ou même par la combinaison directe de Tazote atmosphérique avec l'oxygène ainsi électrisé, la formation des azotates par le coucours de ces réactions en présence des bases, les influences salubres, ou contraires aux épidémies, de l'air dans les localités où il est habituellement pourvu d'oxygène ozone.

L'ozone atmosphérique est sans doute l'agent actif du blanchiment des toiles sur le pré.

Dans sa méthode ozonométrique, le réactif que M. Houzeau emploie pour constater la présence de l'oxygène ozone se prépare en plongeant la moitié d'une bande de papier à liltrc, préalablement teint en rouge

(•) Par de nouveaux faits relatifs à Tiodure de {ralassium, M. Payen a mcmlr^ que ce composé est très-rarement pur, et très-souvent plus ou moins ioduré, dans les laboratoires et chci les fabricants de produits chimiques; que, même à l'dtat de pureté, il devient instable en présence de l'air humide et de traces des acides faibles : ce* indications ont pu parfois èire inndèlcs. (Voyez les Cotnptet rendit» de V Académie des iciences des 18 et 25 septembre 1865.)

AIR \TUOSPU£l)lQli; 107

vineux par le tournesol, dans une solution aqueuse à 0,01 d'iodure de potassium rendue très- légèrement t^'t acide par l'acide sulfurique. jt ( Ij

L'air qui renferme de l'oiy- || /#*

gène oioné, oxydant une partie du potassium, met de l'iode en liberté en Tormant de la potasse, dont la réaction alcaline bleuit le papier, réaction que De produit pas l'orjgène dans son état ordinaire.

b moitié de la bande de papier teinte en rouge, mais non imprégnée d'iodure de potassium, sert de témoin pour prouver que li: changement de la couleur rouge en Lieu estdà à une formation de potasse ; car si l'ammoniaque dans l'air était cause de ce changement, la moitié non imprégnée d'iodure serait également bleuie.

D'ailleurs, sous plusieurs înilucnces indépendantes de l'osTgène ozone, les papiers indurés, amidonnés, se colorent en bleu indigo, et cette coloralion disparait dans l'air humide. (Voyez la note page précédente.) i

M. llouieau produit aisément l'état ozone ou naissant de l'oiygèneen déga;^eant ce eorps lentement du bioxjdc de baryum par l'acide sulfurique concentré ; aQn de rendre te dégagement graduel et modéré, on tient le vase plongé dans de

l'eau froide ; on recueille le gaz f'ï- '"■ - Ojnniseurs Je u. iiouieou.

sur l'eau dans un appareil ne contenant ni bouchons ni caoutchouc. 11 est bon de ne faire que de petites opérations ; M. Houzeau a étudié les conditions nécessaires pour obtenir avec une source d'électricité don-

née Tozone dans Tétai de plus grande concentration possible. Il a imaginé un appareil appelé ozoniseur^ qui permet d^obtenir de l'ozone d'une façon régulière et continue. Cet appareil (Gg. 19) se compose d'un tube de verre étroit et mince d'environ 0"*,40 de longueur; à l'intérieur de ce tube on dispose un fil de platine ; à l'extérieur, sa surface est recouverte d'une spirale métallique ou d'une gaine conductrice : on fait communiquer le fil de platine intérieur et l'ouverture extérieure du tube avec les deux rhéophores d'une bobine de RuhmkorfT, puis on fait passer un courant d'oxygène pur dans le tube avec une vitesse d'environ 1 litre à l'heure ; on peut constater à la sortie que le gaz est fortement ozone. Une autre disposition représentée 'à côté de la première permet d'opérer deux fois plus rapidement en donnant des produits aussi riches en ozone. Le gaz ozone obtenu par ces divers procédés agit non-seulement sur l'iodure de potassium, mais encore il peut oxyder une lame d'argent chauffée, que l'on met en contact avec lui. En versant de l'ammoniaque dans de l'air dont une partie de l'oxygène est ozonée, il y a formation d'azotate d'ammoniaque.

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