AIR ATMOSPHÉRIQUE
1. CoinposîlioD. — 2. État naturel et causes d'insalubrilé. — 3. Ozone. •— 4. Analyse
de l'air. — 5. Applicalions.
i. CJomposUioii.
On croyait, presque jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, que i'air était un clément. Lavoisier démontra le premier que Tair est un mélange de deux gaz, et indiqua approximativement leurs proportions.
L air se compose principalement des deux gaz que nous avons précédemment examinés, et sensiblement dans le rapport de 79 d'azote et 21 d'oxygène en volume (*). SuivantMM. Dumas etBoussingault,le rapport est de 79,19 5 20,81 ; la proportion de l'oxygène dans le mélange gazéiforme, d'après des analyses subséquentes de MM. Regnault et Reiset, varie entre 20,88 et 21,00.
%, État natarcl et eaums d'iasalabiité.
L'air atmosphérique contient, en outre, des quantités variables d'acide carbonique, pouvant atteindre 5 à 6 dix-millièmes, mais représentant en moyenne 0,0004 de son volume. Les quantités de vapeur d'eau mêlées ' avec l'air sont bien plus variables encore, sans jamais atteindre les limites qui se rapprochent, soit de la siccité absolue, soit d'une saturation complète de vapeur aqueuse.
Divers gaz ou vapeurs, engendrés par les altérations des. matières organiques, et même une foule de corpuscules, se trouvent dans l'air libre en proportions si faibles, que l'analyse ne peut guère déterminer leur nature ou du moins leurs proportions.
Toutefois on y avait constaté depuis longtemps la présence de Tacide ^
azotique et la formation de cet acide sous l'influence des grands phénomèues électriques, ou d'une série d'étincelles électriques traversant l'air d'un espace clos (voyez plus loin, p. 110).
(*) A Taidede moyens et d'appareils très-remarquables pour Tépoque où ils furent exécu(é>', LiToisier en France etScheelc en Suède indiquaient plus de 0,27 d'oxygène, au lieu des 0,21 obicous depuis por leurs procédés ptïrrcclionni^s.
104 PRËaS DE CHIMIE INDUSTRIELLE.
Dans ces derniers temps on a fait de nombreux dosages de l'ammoniaque, dont la présence et les proportions dans Tair ont une notable importance, ainsi que les composés oxygénés de Tazote, dans la nutrition des plantes, par l'intermédiaire des eaux pluviales amenant tous ces composés à la surface du sol. Les premières expériences relatives à la présence de Tammoniaque dans l'air sont dues à Scheele. Th. de Saussure a confirmé ce fait; Graîger, Kemp, Frésénius, ont dosé Tammoniaque atmosphérique par différentes méthodes; MM. Boussingault, Barrais» Bineau, etc., se sont occupés avec un grand soin de déterminer les doses plus ou moins variables de Tammoniaque dans Tair, les eaux pluviales, les brouillards et la neige (voyez p. 110). M. Boussingault a constaté que les proportions d'ammoniaque sont beaucoup plus fortes au-dessus des villes qu'en rase campagne.
Th. de Saussure avait trouvé dans l'air une substance carbonée autre que Tacide carbonique ; M. Boussingault y a démontré la présence d'un corps hydrogéné et carboné (probablement l'hydrogène protocarboné, C'll\ ou gaz des marais).
L'air atmosphérique, tantôt en mouvement, tantôt presque complètement en repos, est le véhicule d'une foule de corpuscules dont il serait important que l'on pût déterminer la nature et les proportions, car parmi eux se trouvent les sporules de ces champignons microscopiques qui se développent partout où l'on expose à l'air les substances organiques dont la composition, l'état hygroscopique, etc., peuvent alimenter ces végétations et les ferments organisés. C'est à la même cause que l'on doit attribuer les nombreux champignons ou moisissures qui attaquent les végétaux malades ou morts, et même certaines épidémies végétales propageant les semences (spores ou sporules) microscopiques des champignons minimes, parasites vrais qui attaquent les plantes vivantes de toutes les dimensions (*) . Ce sont encore sans doute des émanations organiques qui occasionnent la maVaria des Maremmes en Toscane, et ces affections fébriles qui étrcignent les populations dans les localités où le sol, longtemps couvert d'eau, expose à l'air, en se desséchant, diverses substances organiques jusqu'alors submergées.
En observant ces maladies endémiques toujours développées dans les mêmes conditions, on est généralement disposé à croire que les germes
(*) Celle théorie de diverses maladies des plantes que M. Paycn a eu l'occasion de développer ainsi que les corollaires ci-oprès, en l'appuyant d'un grand nombre d'observations et d'annlyscs, lui a permis d'expliquer la plupart des faits bien observés relatifs aux maladies .«pécialcs de la pomme de terre et de la vig^ne.
La théorie des séminules transportés par l'air dans les directions changeantes des vents, qui propagent irrégulièrement certaines alTections endémiques, longtemps repoussée, est assez généralement admise aujourd'hui. Les beaux travaux de M. Pasteur, dans ces derniers temps, en ont souvent donné d'élégantes et positives démonstrations.