‹ Précis de chimie industrielleChapitre 47 sur 215 · DISSOLVENT SOUFRE EN POIDS · texte numérisé non relu

DISSOLVENT SOUFRE EN POIDS

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Une solution bouillante de benzine saturée de soufre laisse en refroidissant cristalliser le soufre d'abord sous formes de prismes allongés, ensuite sous formes d*octaèdres qui se superposent à l'extrémité des prismes.

La solubilité du soufre dans les huiles grasses (indiquée p. 109 de la 3' édition) a été appliquée avec succès en Angleterre par Daine, pour imprégner et conserver les enduits de plâtre et les piejrres de construction, en employant l'huile de lin. A la température de 140** cette huile peut dissoudre 90 pour 1000 de son poids de soufre : elle en retient 9 après son refroidissement à + 15^, qui laisse déposer une partie du soufre sous la forme de prismes aiguillés, puis dé petits octaèdres, si Ton opère sur 1 litre de liquide de manière que la température s'abaisse lentement. L'huile qui contient cette faible dose de soufre dégage une odeur spéciale dépendante d'un composé sulfuré rendu sensible en suspendant pendant 24 heures un papier imprégné d'acétate de plomb au-dessus de la surface du liquide que contient par exemple un flacon d'un litre.

A 4- 120" l'huile dissout 0,050 de soufre, il en reste 0,0065 à 4- 15* et autant à 0°.

(*) On a constaté un phénomène curieux résultant de la ditîérence de solubilité du soufre dans le sulfure de carltone et l'éther : si l'on mélange rapidement et qu'on laisse en repos dans un tube ayant i*,25 de diamètre 1 centimètre cube de solution saturée de soufre dans le sulfure de carbone avec 5 cenliroètres cubes d'élher, le précipité de soufre cristallin en groupes iiTadiés de prismes très-fins occupera un Tolume d'environ 2,5 centimètres cubes«

Si l'on substituait à l'éther de l'alcool, en opérant de même, le yolume du précipité serait dix fois moindre ou occuperait seulement un volume de 0",25, les cristaux formés dans ce cas étant plus gros et plus courts.

Suivant M. Ch. Deville, le soufre oclaédrique naturel se dissout en totalité dans le sulfure de carbone. Toutes les autres variétés laissent un résidu.

(**) La solution saturée de soufre à -|- 55* éteodue de 4 volumes d'alcool reste limpide. Si l'on ajoute 4 volumes d'eau, elle se troublé, puis en deux ou trois jours il s'y forme des cristaux prismatiques. En passant de -+■ iOO** à + ^^ ^ 1^ solution dans l'acide phénique, saturée de soufre, laisse déposer des cristaux prismatiques que l'on décolore et que l'on débarrasse d'acide phénique par l'alcool.

SOUFRE. ibl

rceonaaltre les halles des graines de ernelféres et leors mélanges.

Certaines huiles, celles notamment des crucifères (colza, navetle, cameline, moutarde, etc.), contiennent du soufre naturellement. On en reconnaît la présence en faisant bouillir 25 grammes d'huile avec une solution aqueuse de 2 grammes de potasse caustique dans 20 grammes d'eau : si l'on jette le mélange dans un filtre mouillé, la solution aqueuse Gltrée teindra en noir un papier imprégné d'acétate de plomb ou d'azotate d'argent; ce liquide, traité par un excès d'acide sulfurique ou chlorhjdrique, donnerait lieu à un dégagement d'acide sulfhydrique facile à reconnaître et à doser ; les huiles de lin, de pavot (œillette), de noix, de sésame, d'arachide, qui ne renferment pas de soufre, ne produisent rien de semblable. Si Ton fait l'expérience dans une capsule d'argent, la coloration brune du vase est immédiate et permet de reconnaître le mélange d'un centième d'huile de crucifères dans les autres huiles.

D'après M. Berthelot, toutes les formes du soufre se réduisent à deux états essentiels : 1^ le soufre électropositif; amorphe, insoluble dans les différents réactifs ; 2^ le soufre électronégatif ou soufre octaédrique (et la variété prismatique), soluble dans les liquides ci-dessus; ce deuxième état est le plus stable.

Si l'on plonge dans iOOO parties d'éther anhydre une lanière de caoutchouc vulcanisé contenant un excès de soufre non combiné, qui représente 10 à 15 de soufre pour 100 de caoutchouc, on remarquera au bout de quelques jours qu'une partie du soufre extrait par ce dissolvant (s'il n'est en quantité trop grande) de l'intérieur de la lanière de caoutchouc vient se déposer à la superficie sous formes de cristaux octaédriques.

A la température de 250^ (*) le soufre, s'il est en contact avec l'air, s enflamme et brûle en répandant une lueur bleuâtre. Le produit de cetie combustion, ou combinaison vive du soufre avec l'oxygène, est l'acide sulfureux contenant des traces d'acide sulfurique, cl parfois des acides hyposulfurique et hyposulfureux (**). L'azote de l'air reste mêlé a^ec ces composés, sans avoir lui-même pris part à la réaction.

M. Payen a observé une singulière propriété du soufre, qui se manifeste lorsqu'on le chauffe en contact avec le caoutchouc à la température de 133 à 160^ : en même temps que le soufre se combine avec le caout-

D D'après robterration de M. Victor, Térifiée par N. Payen, c'est seulement en efTet à 250* (|i>e le soufre s*enflanime spontanénient à l'air, et non i 150*, romtne on l'avait indiqué «Tant lui.

(**) Âalrefob on connaissait seulement deux acides Tormés par le soufre uni à Toxygènc : Ticide sulfureux et racide sulfurique. On sait maintenant que, suivonl les proportions des parties

chouc, il se produit de Tacide sulfhydrique : le soufre en obsorbc à celle température une quantité notable. La plus grande partie se dégage pendant le refroidissement et la cristallisation du soufre; le gaz traversant lû soufre est bientôt emprisonné entre les cristaux et augmente le volume de la masse.

Dans cette curieuse expérience on peut donc obtenir une augmentation apparente du volume total ; mais elle n'est due qu'à Tinterposition des bulles gazeuses, offrant des cavités nombreuses lorsqu'on vient à rompre le soufre solidifié.

Le soufre projeté liquide très-chaud ou à l'état de vapeur sur un corps très-froid éprouve une sorte de trempe analogue à celle que produit le soufre mou (*) et qui modifie pendant quelque temps ses propriétés en le rendant partiellement insoluble dans le sulfure de clirbone.

On peut lui rendre i)romptement ses propriétés ordinaires ou le ramener à l'état normal en le chauffant à 100** par la vapeur d'eau.

D'après les dernières recherches expérimentales jointes aux anciennes observations entreprises sur le soufre, on admet six états distincts de ce corps : 1° le soufre jaune prismatique ; 2* le soufre jaune octaédrique; 5° le soufre jaune amorphe insoluble dans le sulfure de carbone ; 4® le soufre rouge insoluble dans le même réactif; 5*^ le soufre rouge soluble; 6^ le soufre noir mou visqueux, qui est insoluble dans le sulfure de carbone (**).

constituantes, le soufre et Toxygène peuvent former les sept acides difîérenls indiqués cidessous :

Acide sulfuriquc Sœ dont le poids équiv. 200 -t- 300 = 500

» hjposuirurique (ou dilhionique; SH)* > 400 + 500 = 900

* sulfureux S0« » 200 + 200=403

» hypo»ulfurique monosulfuré (ou trilbio-

nique) . . . S»0» . 600+500 = 1100 *

» hyposulfurique bisulfure (ou tétrathio-

nique) S*0» - 800 + 500=1300

m hyposulfurique trisulfuré (ou pentathio-

nique) S»0» . 1000 + 500 = 1500

» hyposulfureux S*0* » 400 + 200= 600

Les équivalents 500, 900, 400, 1100, 1300, 1500 et 600, indiquent les quantités en poids de chacun de ces acides, qui se combinent avec une quantité constante de base pour constîtaer uu sel neutre. Nous étudierons les propriétés, préparations, usages des acides sulfureux et sulfurique, les seuls de celte série qui soient employés dans les arts industriels.

(*) Le soufre mou retient une quantité de chaleur latente qu'on rend sensible en Timmergéant dans l'eau à 100" : changeant alors d'état pour devenir soufre dur, il se contracte et abandonne assez de chaleur pour déterminer rébullition de l'eau.

[**) C'est en chauffant le soufre plusieurs fuis à 300* et le refroidissant chaque fois brusquement dans Teau, qu'on lui fait prendre une coloration de plus en plus intense : devenu rouge brun après six opérations, il se fond en un liquide rouge. Sa dissolution dans le sulfure de carbone donne par évaporation des octaèdres jaunes, puis des cristaux rougeâtres laissant une masse visqueuse rouge foncé, iucristallisable directement.

Si on épuise successivement le soufre rouge-brun ci^iossus par le sulfure de carbone, il reste un résidu insoluble de 0,53 environ, mélange de soufre jaune et de soufre noir. Ghaufle i 10S*>, il se prend en masse brune donnant dans le sulfure de carbone un résidu insoluble;

Je rappellerai enfin une autre propriété du soufre (indiquée dans les éditions précédentes) qui parait jouer un rôle important dans la guérison de la vigne par la fleur de soufre : le soufre très-divisé jeté sur une surface chauETée de 45 à 100'' répand des vapeuri^ sensibles, et peut être entraîné dans Tair à l'état d'une extrême division.

L'expérience est facile à répéter en mettant en une couche mince de la fleur de soufre sur une assiette chauffée par la vapeur d'eau, et recouvrant avec un large entonnoir : on voit bientôt les parois internes de celui-ci se ternir par une fine poussière, à laquelle on reconnaît sans peine les propriétés caractéristiques du soufre (*). Le soufre en brûlant développe une puissance calorifique représentée par 2220 calories, ou moindre que le tiers de ce que produisent le charbon de bois et même la houille.

ceJui-ci chauffé quelque temps à 100*' laisse encore dissoudre une partie par le sulfure de carbone ; le résidu insoluble plus brun chaufTé à 300° et brusquement refroidi devient noir, visqueux, et se peut étirer en fils; chauffé à l'ébullition, il conserve sa couleur; mais par la <h$tiUatioo il donne du sourre jaune ordinaire, reprenant ainsi son état primitif.

Le soufre noir longtemps cliauffé a 130* peut se dissoudre ensuite dans le sulfure de carbone; la solution dépose successivement des cristaux jaunes, puis, de plus en plus rouge, elle devient épaisse, visqueuse, durcit très-graduellement et produit le soufre rouge compacte, qui ne se dissout plus dans le sulfure de carbone. Chauffé longtemps à 100*, il revient à Tétat de soufre jaune soluble.

ToQS ces étals du soufre sont compris entre les deux limites du soufre électronégatif (dans fa combinaison avec les métaux) et du soufre électroposiltf (dans ?a combinaison avec Toxygèoe, le cblore, le brome). Précipité par Teau du chlorure de soufre, puis lavé par le sulfure de (arbone, le soafie amorphe est insoluble, mais redevient électronégatif et soluble par un contact prolongé avec le sulfure de carbone.

Entre les deux états du soufre cristallisable et du soufre amorphe l'action dissolvante du sulfure de carbone sur le premier n'est pas la seule dilYérence ; la réaction de l'acide azotique c:si sussi renurquable : à la même température de lUO* elle est très-vive sur le soufre amorphe et signalée par le dégagement d'abondantes vapeurs rutilantes, tandis qu'elle ne se manifeste poiot dans le même temps sur le soufre cristallisable.

Serait-ce un indice d'une efficacité plus grande contre l'oïdium qui attaque la vigne? H serait Btile de s'en assurer par l'expérience; on a reconnu que dans l'effet de coloration brune des raisins soufrés, sous l'influence d'une forte insolation, il y a production d'acide sulfurique, <{Bi sans doute réagit énergiquement sur la végétation parasite.

liCOet si utile, dans ce cas, de la fleur de soufre serait iffbsi expliqué ; son application a dû toncoarir à Textensiun de la consommation du soufre en France, qui s'est élevée en 1857 à ^539656 kilogr., pour redescendre à 35 822 788 kilogr. en 1858, alors que l'on a moins soufré 1» ignobles.

En traitant la fleur de soufre ordinaire par le sulfure de carbone, le soufre cristallisé se dissout, tandb que le soufre amorphe demeure non dissous. Ce dernier se présente sous le "^^croicope en globules sphériques, opaques, réunis la plupart en chapelets.

V. Payen a remarqué une réaction singulière qui se passe lorsqu'on immerge ces globules pen- ^Dt quelques heures dans l'alcool anhydre, même à froid : ils changent déforme, deviennent <^oûles, irrcguljers, diaphanes : desséchés, ils se trouvent changés eu soufre cristallisable, soluble directement dans le sulfure de carbone.

(*) n snfBt de rassembler cette fine poussière avec une petite quantité d'une solutiou de fonde ou de potasse caustique, de faire bouillir le liquide trouble qui alors dégagera de l'hy- <^ène sulfuré si on le sature pnr un excès d'acide sulfurique ou chlorhydrique.

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