‹ Précis de chimie industrielleChapitre 48 sur 215 · Extraetion · texte numérisé non relu

Extraetion

La plus grande partie du soufre employé dans les arts est tirée des mélanges terreux que l'on trouve aux environs des volcans, des solfatares et dans les anciens cratères des volcans éteints; souvent en amas parmi les marnes bitumineuses, les couches de sulfate et carbonates de chaux de la formation crayeuse ; les plus importantes exploitations (celles de la Sicile) se trouvent sur ce gisement.

Les principales exploitations se trouvent dans les provinces de Caltanizetta, Catane, Girgenti et Palerme. Jusqu'ici le mauvais état des routes (*)j le manque de capitaui, d'un bon système d'exploitation des mines et d'élimination de la gangue, n'ont pas permis d'obtenir assez économiquement ni en assez grande quantité les produits de ces riches gisements. Mais l'insuffisance même et la cherté relative du soufre ayant suscité une concurrence redoutable dans l'emploi des pyrites, on a du s'occuper des moyens d'améliorer les exploitations de la Sicile. Nous indiquerons brièvement ici l'état des choses dans cette contrée, les premiers perfectionnements introduits et quelques innovations projetées dans le même but. L'exploitation des minières est encore fort arriérée et sans règles certaines ; on n'y pratique pas les méthodes de boisage, de fonçage des puits ni d'épuisement économique des eaux ; le terrain est creusé en galeries (de 1",50 à 1",75 de haut et 1 mètre à 1",50 de largeur), auxquelles on arrive par des gradins ou escaliers de 50 à 100 marches (scale) que descendent et remontent très-péniblement des enfants (caruzzi) de 7 à 16 ans (les plus nombreux ont de 12 à 14 ans), exposés à de continuels dangers (**) ; ils exécutent ainsi un travail trèspénible et insalubre pour aller chercher dans des paniers (ou des sacs pour les menus fragments) le minerai abattu au pic par les ouvriers [picconieri). La profondeur des mines en exploitation est d'environ 19 à 20 mètres. *

Jusqu'en 1 851 le traitement du minerai en roche s'eiTectuait dans des fourneaux ouverts, dits calcarelles, contenant environ 2 mètres cubes ou de 4000 à 4500 kilos, au moyen d'une sorte de haut-îourneau, four coulant ou vase conique en briques ou pierres dures E (fig. 23). Au fond de ce fourneau, on allumait le soufre impur, et l'on ajoutait successivement les fragments de minerai qui, brûlant à la surface, laissaient couler le soufre fondu par la chaleur de la combustion. Des ouvreaux /; jT, /*, à

(*) Le» transports se font en général à dos de mulet, sauf snr quelques routes praticables pour les charrettes.

(**) Les dangers sont encore plus imminents toutes les fois que l'on fait usage de la poudre en Tue de hâter le travail de Tabat^gc.

différentes hauteurs, fournissaient l'air utile à cette coniliustiou super- Gcielle, tandis que le soufre en excès, s'écoulant au-dessous, sortait à la parlic inférieure du fourneau par un ajutage g, reçu dans des vases en bois ou en lôle A, où il se solidifiait. Alors la Tégétalion aux alentours était détruite par les continuelles émanations d'acide sulfureux qui rendaient très-insalubres les habitations à plusieurs centaines de mètres. Afin d'amoindrir ces graves inconvénients, le brûlage fut interdît depuis le mois de juillet jusqu'en décembre.

Après diverses tentatives faites en vue fli;. s.— FoiircouiunipourreitrBc d'éviter les plus fortes déperditions, on a mr umii .

généralement adopté l'usage des fours circulaires et peu élevés {calearone), dont les dimensions agrandies varient, pour les plus petits, de 50 à 80 cassas (100 à 160 mètres cubes); les plus grands sont les meilleurs ; leur contenance de 400 à 500 cassas correspond à 800 et 1000 mètres. Les fours de 800 mètres cubes ont un diamètre de 20 mètres, établis sur une sole en pente fortement battue ; leur mur d'enceinte a de i^iOS à 2 mètres de hauteur ; à la partie antérieure' la plus déclive est pratiquée une embrasure de 1 mètre à 1°°,05 de hauteur, dite la moTlCy o\x se pratiquent les coulées, et devant laquelle est un avantcorps pour le soutirage. On charge le four en disposant au bas de grosses pierres calcaires en pieds-droits et toutes sèches, laissant de larges interstices; on accumule ensuite les morceaux de gangue en ménageant toujours des intervalles suffisants, on continue la charge qui doit remplir le four et s'élever en un cône tronqué, ayant en hauteur du cinquième au quart du diamètre, que l'on recouvre avec le mioerai en menus morceaux [pantume)^ puis avec de la matière terlense sèche, formant la chemise, d'une épaisseur seulement suffisante pour empêcher les fuites de gaz sulfureux. On boucbc alors l'embrasure ou la morte avec du limon argileux, enduit de plâU-c, Alors on introduit dans les vides de la partie supérieure du tas conique de petits paquets d'herbes sèches soufrées et allumées, au-dessus desquelles on place des fragments de minerai ; au bout de quelques minutes on recouvre ces portions de terre sècbe semblable à celle fornunt ta chemise, de façon à retenir la fumée, ou du moins à en modérer l'issue. Au bout de six à dix jours, suivant les dimensions du four, on perce la morte pour laisser écouler le soufre (s'il ne venait pas encore ie soofre liquide, on boucherait le trou); le coulage s'effectue dans des petits baquets en bois mouillé {gravife), que l'on remplit successsive-

ment. Lorsque récoulement s'arrête, on pratique un trou au-dessous du premier.

La durée de Topération, depuis la mise en montage du calcarone jusqu'à la coulée du dernier pain de soufre, varie avec la nature du minerai, les circonstances atmosphériques, etc. :

Pour un ralcarone de 50 à 60 cassas on compte 30 à 35 jours (').

Avec un calcarone de 500 cassas, on ne peut guère opérer qu'une fusion par an, car l'opération complète, en y comprenant le temps nécessaire pour le refroidissement, exige 4 mois, et ce n*est qu'en été qu on peut trouver une période de temps aussi longue à peu près sans pluie. Un calcarone moyen de 200 à 250 cassas peut opérer trois fusions; un de 100 cassas peut en opérer sans difficulté 6 à 8 par an. Les calcarones de petites dimensions sont beaucoup plus profitables que les grands, bien que les frais de leur construction soient relativement plus élevés.

Un calcarone de 500 cassas permet de fondre 500 casses par an.

En Sicile, le nombre des soufrières en cours d'exploitation atteint 250, qui livrent au commerce, chaque année, 170 000 tonnes de soufre brut.

Le tableau ci-dessous, emprunté au rapport dressé par M. Parodi en 1873, donne une idée de Timportance de la production de ces mines et la répartition des produits entre les diverses nations :

EXPORTATION EN TONNES DU SOUFRE DE StClLB.

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