‹ Précis de chimie industrielleChapitre 49 sur 215 · TI · texte numérisé non relu

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Grâce aux modifications introduites dans la construction, le chargement et le soutirage, les fours (calcarone) actuels ont assez amoindri le dégagement de l'acide sulfureux pour permettre de moins éloi-

(*) 1 cantara = environ O^^OS représentant 100 kilogr. de soufre; i cassa = 40.cantare.

gncr ces fours des habitations; le rendement a été d'ailleurs porté à 60 au lieu de 50 pour 100 des (juantîtés contenues dans le minerai.

En moyenne, pour obtenir un quintal de soufre brut, il faut 7 quintaux de minerai, qui valent 5 fr. 57 c. : la fusion représente 55 c, les frais généraux 1 fr., la redevance au pi-opriétnire du sol 1 fr. 50; le prix de revientdu quintal de soufre est de 6 fr. 60 surplace. En résumé, malgré les inconvénients qu'il offre, le procédé des calcaroni est encore le plus expéditif et h moins coûteux de tous.

Dans ces derniers temps, on a essayé plusieurs pnxiédés nouveaux où la fusion du soufre est obtenue à l'aide de combustible ordinaire, mais les résultats n'ont point offert d'économie sur les calcaroni; le plus remarquable est celui de MM. Emile et Pierre Thomas, fondé sur l'emploi de la vapeur chaufrcc à 150°, comme agent de transmission de la chaleur, engendrée par un combustible ordinaire.

Ce procédé fut essayé à Paris il y a neuf ans, et en janvier 1 868 fonclionnait déjà à Palerme un appareil construit par la Société privilégiée pour la fusion du soufre eu (lalie. Depuis celle époque, la Société a installé ses appareils dans un certain nombre de mines, où elle se charge de la fusion du minerai, moyennant un prélèvement d'environ 50 p. 100 sur le produit brut. Ces 50 p. 100 représentent l'augmcnlation du rendement obtenu par la nouvelle méthode sur les calcaroni.

Les figures "24 et 25 ci-dessous indiquent les dispositions adoptées

par les inventeurs. Dans un cylindre en tôle {enveloppé de bois), de 80 centimètres à 1 mètre de diamètre, de 4 à 6 mètres de longueur, on a fixé deux bandes de raiis. sur lesquelles on amène facilement les chariots chargés de minerai en fragments de grosseur à peu près régulière. Ce minerai est maintenu par une enveloppe en tôle Irouée parallèle aux parois du cylindre. Celui-ci étant chargé, on enlève le bout des rails dépassant le cylindre, que l'on ferme hermétiquement au moyen de bou-

Ions articules fixés autour de la bride ; alors par le tube t, communiquant avec le générateur chauITé sous la pression de 4 à 5 atmosphères, on fait arriver en jets nombreux la vapeur d'eau qui expulse l'air, par le robinet a, puis on laisse une fuible issue à la vapeur et à l'air par le robinet F (en cas d'engorgement de ce robinet, vers ta Bn de l'opération, on rétablit le faible courant par le robinet F'j. Bientôt la température intérieure f s'élève à 130* : on la vérifie par la pression correspondante qu'indique le manomètre S ; le soufre fond, quitte la gangue et s'écoule dans le récipient conique eu tôle W (fig. 25). Au bout d'une heure ou une heure et demie le minerai est sensiblement épuisé.

On ouvre le robinetV, qui dirige

Fig. ffi. - llecipienl conique. . . i 'J , 1

toute la vapeur excédant !a pression atmosphérique dans un deuxième cylindre semblable, en chasse l'air et préparc une deuxième opératton. On démonte le récipient D qu'on laisse reposer sur ses rails, on le roule au magasin, où l'on verse le soufre solidiQé en levant et retournant le vase conique en tdle D', Les chariots chargés de minerai épuisé sont relirez du cylindre, puis remplacés par des chariots charges de minerai neuf. ., ,

La fusion revient encore avec ces appareils à un prix élevé, 2 fr. 50 c. par quintal de soufre obtenu, à cause de la cherté des combustibles résultant des transports. Ces frais se trouveront réduits d'environ moilîé par l'ouverture du réseau projeté de voies ferrées , reliant les lieux d'extraction avec Catane, Terranova, Licata, Porto-Empiarle, Palei-me.

Aux Bagnoli, près de Nâples, on traite les minerais de soufre par le sulfure de carbone, qu'on prépare sur place. Le minerai de soufre est placé dans des corbeilles qu'on dispose dans des cylindres en fonte de 2 mètres de hauteur environ, et qu'on peut fermer d'une façon hermétique ; on épuise méthodiquement le minerai par lavage au moyen du sulfure de carbone, et on arrive rapidement à une dissolution complète de tout le soufre. Le sulfure de carbone sort de la batterie des cylindres saturé de soufre, qu'on lui fait abandonner par la distillation ; le soufre résidu de l'opération est ensuite coulé et fondu. Le procédé est Irèsrationnel, mais il y a des pertes en sulfure de carbone qui le rendent

Dans certaines localités, lorsque la matière première est très-riche, «ose contente de la faire fondre dans une chaudière en fonte B {fig. 26), ehauiïée par un foyer A. On remue avec un ringard, puis on laisse déposer en maintenant In température en-

Ire 120 et 150", mais sans l'élevw jus- .s**'"*'^

qu'à 250°, précaution qu'il convient de c*****^

prendre pour éviter l'inDammation toutes les fois que l'on fait fondre du soufre à l'air libre (*) ; on décante alors le soufre liquide à l'aide d'une cuiller C, et on le verse dans un baquet préalablement trempé dans l'eau, ou dans une auge en lùle D. fiés que le soufre est i retourne le vase, et le bioc, qui a éprouvé va retrait en se prenant en mas^e, tombe sur le sol; on le brise alors à coups de merlin en quelques morceaux, et on l'espédie soit en vrague, soit dans des tonneaux de bois blanc.

Les résidus terreux tirés de la chaudière, après que l'on a puisé le soufre liquide, peuvent être, suivant les circonstanc-'s locales ou commerciales, rejetés ou traités par l'un des procédés indiqués ci-dessus.

Le procédé eu usage principalement pour le traitement des sables de la solfatare de Pouzzolcs, prè^ de Naples, permet de traiter les matières pauvres qui contiennent cDTJron 12 p. 100 de soufre, il consiste en une distillation grossière opérée dans des creusets A (Bg. 27), engagés, au nombre de 12 ou 16, dans un fourneau en Torme de voûte ' prolongée. Entre les deux rangées de creusets il reste un es- .» „ , , , •

Fig. 11. — Eitnclioa du Murm par dluilltlion. |iace libre dans lequel brûle le

bois de chauffage. Chaque creuset reçoit 25 kilogrammes de matière; an disque en terre, luté avec de l'argile, le recouvre, et un ajutage E fait communiquer la partie supérieure de chaque creuset avec un deuiième vase B qui reçoit et condense la vapeur de soufre. Le produit liquide s'écoule par un orifice C, dans un récipient analogue à ceux iécrils ci-dessus. 12 pots contenant ensemble 300 kilogrammes exigent o^e combustible 70 kilogrammes de bois et produisent environ 96

ri Si te aouTre B'eaOïiniiiiU iccidentcliement dîna la chaudière, on l'clelnilralt r«cilcilicilt "> '»«nt écouler suu prqjcctÎQn une mince couclie d'eau à 11 sujierficic.

kilogrammes de soufre par opération durant sept heures. Trois opérations en vingt-quatre heures produisent pour un fourneau 288 kilogrammes de soufre distillé.

On fait usage aussi, mais plus rarement, pour opérer cette distillation première du soufre, d'un véritable appareil distillatoire en fonte, dans lequel on met la matière brute; le soufre distille et vient se condenser dans un vase en fonte disposé à côté de la chaudière. Ce procédé est coûteux et ne peut s'appliquer qu'à des minerais riches.

Ces opérations laissent souvent passer, avec le produit, des substances étrangères entraînées par le boursouflement lorsque TébuUition est trèsvive ; aussi le soufre recueilli est-il, comme le produitdes autres procédés siciliens, plus ou moins impur, et arrive-t-il dans le commerce sous le nom de soufre brut, contenant de 5 à 10 p. 100 de corps étrangers. Ces différences dans les proportions des impuretés permettent d'établir quatre sortes commerciales, que l'on désigne sous les noms de deuxième, troisième, belle quatrième et quatrième. On constate les proportions des matières minérales par une incinération dont on pèse le résidu ; il vaut mieux déterminer la proportion du soufre pur qui peut être extraite par distillation complète, en chauffant une quantité pesée, dans un tube de verre coudé ; on prend ensuite le poids du soufre distillé qui s'est solidiûé sans sortir de la deuxième branche du tube (*).

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