V. Sonflre en eanons
Voici comment on prépare cette variété de soufre raffiné dans l'appareil que nous venons de décrire. Pour une première opération, on charge chacun des deux cylindres B, B' de 300 kilogrammes de soufre brut, le plus sec et le moins impur possible ; on ferme et on lute les obturateurs avec de Targile ; on allume le feu sous l'un des cylindres, et, lorsque la distillation du soufre y est à demi opérée, on chauffe l'autre cylindre. Les produits de la combustion des deux foyers élèvent la température de la chaudière D où l'on a mis 750 à 800 kilogrammes de soufre ; celui-ci se fond et s'épure par le dépôt des matières lourdes (sable, sulfure de fer, carbonate de chaux, etc.)^ par la volatilisation de l'eau, enfin par la séparation des corps légers (débris ligneux, etc.) qui surnagent.
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Dès que It distillation est finie dans le premier cylindre, on le charge de nouveau, mais cette fois en décantobt par le robinet le soufre liquide qui passe de la chaudière dans le cylindre au moyen du tuyau F, qu'on vient d*adapter d'un bout au robinet et d'introduire par l'autre bout dans le trou de l'obturateur. Lorsque l'abaissement du niveau dans h chaudière montre que 150 litres environ se sont foulés, on ferme le robinet, puis on ôte le tube et on bouche le trou de l'obturateur par un tampon de poterie garni d'argile.
Pendant les opérations, une soupape H, formée d'une plaque de tôle mince tenue presque en équilibre par un contre-poids, permet à l'air, brusquement dilaté, de sortir sans grand effort et sans compromettre^ par conséquent, la solidité des parois de la chambre. .
Chaque distillation dure huit heures ; on charge ainsi alternati^emenl un des cylind^es, de quatre en quatre heures, et les six opérations en vingt-quatre heures représentent 1890 kilogrammes de soufre distillé. Cette quantité suffisant pour maintenir dans la chambre la température au-dessus de HO**, le soufre y reste liquide; lorsque le niveaif s'élè?cà 12 ou 18 centimètres, on commence à soutirer dans la petite chaudière (*), et on règle l'écoulement de façon qu'un ouvrier puisse le suivre «n remplissant avec la cuiller (fig. 5) les moules en bois (de buis tourné) P, P'(fig. 6).
Afin d'accélérer le moulage, qui se fait à l'attache et de jour, un enfant retire d'avance un des moules plongés dans Teau du baquet tournantM (fig. 3) et M' (fig. 4), le vide et le présente à l'ouvrier, qui le remplit et le range dans une des cases. Chaque case est ainsi successivement garnie de moules pleins, et par ce moyen le refroidissement et la cristallisation (d'abord en fines aiguilles prismatiques, dirigées de la périphérie au centre), puis la prise en masse et le retrait s'opèrent dans une case tandis que les autres se garnissent.
Pour retirer le soufre des moules les plus froids^ il suffit de frapper sur un billot avec le tampon conique 0, CK (fig. 6) ; celui-ci s'enfonce dans le moule et soulève le cône de soufre, qui sort sans difficulté. La -cristallisation confuse s'achève dans le bâti N, où l'on empile les canons de soufre. Leur nuance, légèrement orangée, brune, translucide, pass^ ^peu à peu à la couleur jaune citron opaque du soufre commercial (**)•
Le soufre en canons s'expédie en tonneaux de bois blanc, revêtus de j)apier à l'intérieur.
(*) La tige conique est ordinairement alors empêchée de se mouvoir par du soufie pn' ^ . masse auprès de la plaque ; mais on détruit Tobstacle en chauffant à Textérieur celte tige fer, dont la conductibilité est assez grande pour que la chaleur ainsi transmise fass^ fondre . soufre en contact avec la portion engagée dans l'intérieur de la chambre. ,
[**) Le soufre en canons, après son entier refroidissement, se brise en faisant entendre décrépitations lorsqu*ou le plonge dans Teau bouillanle.