Fleur de «oufre'ei appUeatioiM da moutte rafllné
Le même appareil peut servir à la préparation du soufre en fleur; mais, dans ce cas, il faut éviter que la température ne s'élève dans la chambre jusqu'à ll5**,5, température qui liquéfierait l'espèce de tieige de soufre qu'on veut obtenir. Pour arriver à ce résultat, on réduit le nombre des distillations à deux en vingt-quatre heures, dans chacune desquelles on distille 150 kilogrammes, ou dans les deux cornues 500 kilogrammes en vingt-quatre heures.
Lorsque la fleur de soufre est amoncelée à une hauteur de 50 à 60 centimètres dans la chambre, on l'enlève à la pelle en s'introduisant par l'ouverture ou porte Q, que l'on démaçonne à cet effet.
La fleur de soufi*e sèche est emballée soit dans des tonneaux doublés de papier, soit dans des sacs en toile serrée (*).
On comprend que la fleur de soufre doive se vendre plus cher que le soufre en'canons, puisqu'on en obtient 6 fois moins dans le même temps aîecles mêmes appareils, et que, par conséquent, il y a une plus grande perte de chaleur, d'intérêts de fonds, etc. Sous cette forme, le soufre s'allume plus vite et se prête aisément à tous les mélanges avec des so Udes ou des liquides ; mais il est moins pur que le soufre en canons, car il retient toujours quelques matières interposées, des traces d'humidité, d'acides sulfureux et sulfurique, et même d'un hydrocarbure.
Le soufre en canons est préféré dans les applications où la pureté est très-importante, et lors même qu'il faut, comme dans la fabrication de la poudre, le pulvériser pour s'en servir.
Les innovations ci-après indiquées dans les formes et les dimensions des vases distillatoires, ainsi que dans les dimensions des chambres, ont permis de réaliser de plus grands bénéfices tout en diminuant les prix détente des produits, c'est-à-dire la différence entre les cours du soufre brut et du soufre raffiné.
L'accroissement considérable que la consommation de la fleur de soufre a éprouvé, par suite du succès de son application au traitement des^ignes attaquées par l'oïdium, a fait chercher d'abord les moyens de rendre plus économique le raffinage du soufre sous cette forme ; on y est pffrenu en augmentant la surface des cylindres, et plus encore la capacité des chambres, que l'on a portée jusqu'à 600 mètres cubes, ce qui a permis de doubler à peu près la production dans le même temps. Us figures 7 et 8 de la planche P montrent les dispositions à l'aide
n QœlcjQcs parties restées humides auprès de la porte où la vapeur d'eau se condense ^veat être lavées et séchées i Fair avant d'élre emballées.
desquelles M. Bailly, modifiant des dispositions adoptées par M. Dujardiu, a réalisé les avantages précités et quelques autres' encore.
Le vase dislillatoire en fonte E, au lieu d'être cylindrique, présente une large panse à deux cols relevés, l'un habituellement clos par un obturateur, l'autre servant au dégagement de la vapeur de soufre dans la chambre.
Cette disposition évite le contact du soufre liquide et sa pression sur le joint de l'obturateur comme sur le joint de la bride, et par conséquent la principale cause des friites accidentelles de soufre par les joints de l'obturateur et de la bride des anciens cylindres.
Le foyer 111 , formant avant-^orps, évite le rayonnement direct du combustible sur les parois extérieures, qui ne sont échauffées que par la flamme et les produits gazéiformes de la combustion.
D'ailleurs ces produits passent sous la chaudière à fondre le soufre A, qui dépose les matières étrangères lourdes dans la rigole annulaire c, tandis que la partie liquide décantée est à volonté dirigée en soulevant la soupape b dans le vase dislillatoire. Cette décantation s'effébtue ainsi sans qu'on soit obligé d'adapter un tube mobile, comme dans l'ancien système.
Le registre FF' destiné à intercepter la communication entre la chambre et le vase distillatoire, lorsque l'on débarrasse celui-ci des résidus sableux pulvérulents, est plus facile à manœuvrer que dans l'ancienoe disposition ; car, adapté sur le trajet du conduit, il est moins élevé et plus à la portée de l'ouvrier.
Quant à la chambre, elle n'offre rien autre de spécial que sa grande dimension; on lui donne 10 mètres de large sur 12 de long, et environ 5 mètres de hauteur moyenne, pourvu qu'en somme elle ait une capacité de 600 mètres cubes. Sa construction d'ailleurs est faite avec les mêmes soins et en employant les mêmes matériaux que ceux indiquer ci-dessus.
Le vase distillatoire, dans sa section transversale, présente une lar" geur de 85 centimètres, et une hauteur de 55 centimètres, mesure a l'intérieur. Sa longueur totale de la bouche à la bride est de 1",94* ^ capacité, bien plus grande que celle des anciens cylindres, permet a y introduire une charge de 750 kilogrammes.
On comprend que les frais généraux, la main-d'œuvre et le cowbn^' tible n'étant pas accrus dans la même proportion que le produit qui est plus que doublé, le bénéfice soit au moins double dans le même temps.
Une modification plus récente encore, introduite par le même manufacturier, a changé le vase en lui donnant une forme lenticulaire, e le mode de chauffage en dirigeant d'abord la flamme sur la partie supérieure enduite d'une couche d'argile réfractaire, puis faisant circuler j
ces produits de la combualion au-dessous du vase ea foute pour regagner la cheminée, soil directement, soit après avoir circulé autour d'une cfaaudîèrc supérieure où s'effectuent, comme dans les appareils prcccdeots, la fusion et la dessiccation du soufre.
Les 6gures 28, 29, 50, indiquent deux coupes verticales et une coupe boriiontale. rensenri>le et les détails de cette construction : B foyer en
lig. a, £9 II 30. — N'vnx;! apprcil pour le rafniiBge du lourrc.
STant-corps; B' B", C" C, passage de h fumée; D, registre à papillon, les dimensions intérieures du vase lenticulaire A sont de l^.OO de dinmclre, hauteur au milieu O'.IS ; la porte en avant a 24 centimètres de lai^ et J8 de haut, fermée par un ohturateur que maintient une barre tnnsTersalc à coin (*). La section du col jusqu'à son embouchure dans Il chamhre est de 78 centimètres de large et 45 de haut; le tube ]I abdactcur du soufre a 22 centimètres de diamètre. Les dimensions de la
Cl Un pelil trou de 5 à 6 inillimclrM, linbUuclJcnicnt tenni par un bauilion cii fer, wl • awstater, lorsqu'on l'ouTrc, pjr le jel de Diminc qui en sorl plus ou moini rajHdc ou 1^'. U foraiation de U tapeur de aoufre, et guide l'omrier dans la coniluilc du feu. Vn aulrc ™™w eu fer du 3 cent, do diamètre, sur le lr»jot du tube abducteur, «:rt i dégorger avec "* "ife en fer cliaulTéc la iourre qui parfois obsUiie ce lube.
166 PRÉCIS 1)E CHIMIE mOUSTRlELLE.
chaudière elliptique supérieure E sont : 1"*,10 grand diamètre, 66 centimètres petit diamètre et 66 centimètres de profondeur (*).
Dans une chambre à raffiner le soufre en canons, de 500 mètres cubes, deux vases semblables donnent, en quatre opérations de chacune 600 kilogrammes, 4800 kilogrammes en 24 heures; la chambre à fleur ayant 600 mètres cubes reçoit dans le même temps, d'un seul yase, les produits de quatre opérations, ou en totalité 2400 kilogrammes.
Si Ton recherche les causes qui ont amené ces changements peu â peu depuis 1825 (époque à laquelle M. Michel, très-habile manufacturier de Marseille, introduisit la distillation pour le raffinage du soufire en canons), on constate que la pratique conduisit par degrés à diminuer la profondeur des vases distillatoires, à augmenter la surface liquide du soufre, à élever davantage la température de la partie supérieure de ces sortes de cornues. Ainsi aux chaudières profondes succédèrent les cylindres, puis des cornues plus larges, enfin les vases lenticulaires; il semble que les effets graduellement plus favorables dépendent de la faible chaleur latente de la vapeur du soufre qui laissait retomber dans le liquide en ébullition une grande partie de la vapeur condensée à peu de distance au-dessus de la surface, ce qui évidemment occasionnait des pertes de temps et de combustible que Ton a peu à peu amoindries par les modifications heureuses précitées.