Injeetion des eadavres
2 à 3 litres de sulfite de zinc (mélange de sulfite et hyposulfite Zn0,S0*-|-ZnO,S'O'), bien saturé par un séjour sur des lames de zinc oxydées, en solution marquant 24** à l'aréomètre de Baume, suffisent pour Vinjection d'un cadavre et pour permettre les études anatomiques à l'aide de dissections durant dix à quinze jours, même par les temps chauds. Cette application évite les inconvénients d'une putréfaction rapide, et même les dangers très-graves des virus putrides inoculés par des blessures accidentellement reçues du scalpel.
(*) H. CaWert a fait, en 1855, une application utile de l'acide sulfureux employa à la dose ifvo millièine (d*acide réel ou d'un centième d'acide à 0,1) pour prévenir la coloration des silops pendant la cuile (après la Bltration eur le noir) dans une grande raffinerie établie a Manc^ter, où l'oa traite des sucres bruts de mélasse des colonies.
VX. Périer et Possoz emploient avec succès le sulfite neutre de soude pour traiter le jus des csiui, surtout dans les usines coloniales qui ne sont pas munies d*appareib évaporant à Taide <ia vide (voyez II* volume, article Sucai).
CHIMU IHDUSTR. I* — 18
5t MjpomàÈÊMm de «oadet de ehanz.
Hyposulfite de soude S*0*,Nao-»-5H0. — Ce sel, dont Tusage industriel a augmenté considérablement depuis quelques années, peut se préparer par plusieurs procédés ; on l'obtient :
1** En traitant le sulfite de soude par un excès de soufre;
2^ En soumettant le sulfure ou un polysulfure de sodium à l'action de l'acide sulfureux ;
3^ En traitant l'hyposulfite de chaux par le carbonate ou le sulfate de
soude. •
Le premier procédé consiste à traiter le sulfite neutre de soude, obtenu, comme nous l'avons vu précédemment, par un excès de soufre pulvérisé : on porte à Tébullition dans une chaudière en fonte la dissolution du sulfite, et on y ajoute peu à peu du soufre jusqu'à ce qu'il ne s'en dissolve plus; on laisse alors reposer la liqueur pour séparer le soufre en excès, puis on abandonne au refroidissement dans des marmites en fonte. Lorsque la cristallisation est terminée, on fait écouler l'eau mère et on fait égoutter les cristaux, qu'on purifie par une seconde cristallisatioD.
La réaction qui s'accomplit dans cette préparation peut être représentée par l'équation
SO',NaO-»-S=S*0*,NaO.
Dans la seconde méthode, on prépare d'abord du sulfure de sodium, puis on le traite par l'acide sulfureux.
On peut obtenir le sulfure de sodium par plusieurs procédés : on peut faire un mélange de 4 parties de sulfate de soude sec avec 1 partie de charbon de bois en poudre, et calciner pendant 6 heures environ dans un four à flamme réductrice : en traitant par l'eau la masse ainsi obtenue, on a une dissolution de sulfure de sodium.
M. Gélis prépare le sulfure de sodium en traitant le sulfure de baryum en dissolution par le nitrate de soude ; on obtient ainsi du nitrate de baryte et du sulfure de sodium :
BaS ■+-NaO,AzO»=NaS-|-BaO,AzO».
Le nitrate de baryte cristallise facilement, tandis que le sulfure de sodium, qui est déliquescent, reste dans les eaux mères après plusieurs concentrations successives.
On peut enfin prendre les eaux jaunes à polysulfures de calcium, provenant du lessivage, après exposition à l'air, des charrées de soude, et les précipiter par le carbonate ou le sulfate de soude; on obtient ainsi une liqueur renfermant du sulfure et des polysulfures de sodium.
iCIDE SULFUREUX, SULFITES ET HTPOSULFITES. 275
Le sulfure de sodium obtenu par l'un quelconque de ces procédés étant soumis à l'action de l'acide sulfureux, donne de l'hyposulfite de soude et un dépôt de soufre :
2NaS4-3S0«=S+2 (SW,NaO).
Le procédé le plus économique, et qui tend à être appliqué généralement, consiste à préparer l'hyposulfite de chaux au moyen des charrées de soude, ainsi que nous le verrons plus loin, et à le décomposer par le sulfate ou le carbonate de soude ; il se précipite alors du sulfate ou du carbonate de chaux, et l'hyposulfite de soude reste en dissolution.
HyposiUfite de chaux. — On doit à Ë. Kopp une méthode de préparation de l'hyposulfite de chaux, qui a été ensuite perfectionnée par Schaffner à Aussig.
Le procédé de E. Kopp consiste à faire bouillir un lait de chaux avec un excès de soufre ; on filtre la liqueur qui est essentiellement composée de polysulfure de calcium, et on la traite par l'acide sulfureux.
On prépare plus économiquement maintenant la liqueur de sulfure de calcium en exposant à l'air la charrée de soude et la soumettant ensuite à un lessivage. La liqueur ainsi obtenue se décompose suivant l'équation suivante :
2 CaS»+5S0*-H Aq=2 (CaO,S*0*) +S*«-*-t-Aq.
Si on laisse plus longtemps la charrée de soude exposée à Fair en facilitant son oxydation, elle donne peu à peu de l'hyposulfite de chaux, qu'on obtient par un lessivage. L'hyposulfite de chaux ainsi obtenu renferme toujours une quantité plus ou moins grande de polysulfures, et il est nécessaire de le traiter par l'acide sulfureux.
L'un des appareils qu'on emploie pour cette opération est dû à M. E. Kopp. 11 est composé de deux caisses en bois, rectangulaires, doublées de plomb, disposées en contre-bas l'une par rapport à l'autre ce (fig. 74), et communiquant par en haut au moyen d'un tube A', et par en bas au moyen d'un robinet R. Dans chacune de ces caisses se trouve une roue à palettes Y, Y', mise en mouvement par une machine, et qui projette le liquide en pluie dans l'intérieur de l'appareil, de façon à assurer le plus de contact possible entre le liquide et le gaz sulfureux qui arrive par le tuyau A. Des cloisons verticales en plomb dirigent le mouvement du gaz et le forcent à venir dans la zone d'action des agitateurs. L'acide sulfureux qui n'est pas absorbé dans la première caisse passe dans la seconde, disposée de la même façon, et achève de s'y condenser ; les gaz inertes s'échappent par le tuyau T dans l'atmosphère. Le départ de ces gaz est activé par réchauffement d'une partie de ce tuyau au moyen de la grille C. Sous l'influence de l'acide sulfureux, les polysulfures se
276 PRÉCIS œ GHIHIE LfOUSTRIELLE.
transFormenl en hyposulilte avec élévation, de température, ea même temps qu'il se dépose du soufre. Au moyen du robinet R, on essaye de temps en temps le liquide de la première caisse, et, aussitôt qu'il maoi-
Fi;. 71. — Appmil ds H. E. Kopp pour l> fibriutian d«i hjpuuINta «u mojta in luUoro-
feste une réaction acide, on le fait écouler au dehors, car tout le sulfon alcalin est transformé en hyposulfite. On fait écouler le liquide de U caisse V dans la caisse V, et on remplit V avec de la liqueur nouvelle chaînée de polysulfure, au moyen de l'ouTcrture K. On voit donc qne l'opération est continue et méthodique.
La liqueur extraite de la caisse V étant abandonnée au repos, laisse déposer le soufre qu'elle tenait en suspension; traitée par une suIutioD de carbonate ou de sulfate de soude, comme nous l'avons dit précédemment, elle donne de l'hyposulfite de soude.
s. Propriété* «( asjise* de* bTpoBalBte*.
L'hyposulfite de soude est incolore, inodore, inaltérable à l'air, trèssoluble dans l'eau. Il cristallise facilement en grands prismes rhoinboïdaux terminés à chaque eitrémité par une face oblique. Chauffé, l'hyposulfite fond d'abord dans son eau de cristallisation et se solidifie par refroidissement: à une température élevée, il se décompose en sulfate de soude et pentasulfure de sodium. On a utilisé cette propriété pour fermer les tubes détonants que l'on emploie pour tirer des mines sihis l'eau. L'hyposulfite de soude dissout le chlorure d'argent en formant nn hyposulfite double soluble, ce qui le fait employer en photographie et dans l'extraction de l'argent. Le chlore et les hypochlorites font passer à l'état d'acide sulfurique tout le soufre coatena dans les hyposulfites.
AQDE SULFUREUX, SULFITES ET HYPOSULFiTES. 277
Cette propriété fait employer, sous le nom d'antichlore, Thyposulfite de soude dans la fabrication du papier, pour éliminer les traces de chlorure décolorant que des lavages à Peau n'enlèveraient que très-difficilement.
L'hyposulfite de soude dissout l'iode en grande quantité; il se forme de riodure de sodium et du tétrathionate de soude :
2 (NaO,S*0')H-I=Nal-f-NaO,S*0».
Cette réaction permet d'employer l'hyposulfite de soude dans les procédés iodométriques.
L'acide chlorbydrique et l'acide sulfurique étendus décomposent les hyposulfites en dégageant de l'acide sulfureux, et il se forme un dépôt de soufre qui souvent met quelques instants à apparaître.
L'hyposulfite de chaux cristallise facilement en prismes incolores; sa dissolution se décompose facilement par la chaleur en sulfate de chaux et en soufre. L'eau froide dissout environ son, poids d'hyposulfite de chaux.
Ce sel ne s'altère pas à l'air à la température ordinaire ; mais il sVffleurit vers 40*-
On emploie des quantités considérables d'hyposulfite de chaux pour préparer le vermillon d'antimoine ou sulfure d'antimoine ayant une nuance rouge très-belle.
On obtient ce produit en faisant réagir des dissolutions de protochlo* rare d'antimoine et d'hyposulfite de chaux. Il se forme un précipité blanc qui rougit peu à peu. Le vermillon d'antimoine est applicable à la fabrication des toiles peintes et des papiers peints ; il est inaltérable i l'air, à la lumière et aux émanations sulfureuses.
ACIDE SULFDRIQCE
i . État naturel de Tacide sulfuriqae libre et comhiné. — 2. Soarces natarelles. — 3. PnK priét^s de Tacide hydraté. — 4. Fabrication de Tacide sulfurique usuel. — 5. Conccntntion. — 6. Épuration de Tacide suirurique usuel dans les laboratoires. — 7. Chambres de plomb; soudure autogène. -^ 8. Fabrication de l'acide dit de Nordhaasen. — 9. Âdde fumant du bisulfate de soude. — 10. Principales applications de Tacide sulfurique. — il. Importance de la production de l'acide sulfurique. — 12. Utilisation des résidas des pyrites grillées.