État naturel de l'aeide eiilfiiriqne libre et eonafelaé
L*acide sulfurique est composé de 1 équivalent de soufre, dont le poids 200, uni à 3 équivalents d'oxygène pesant 500, forme 500 d'acide, qui est susceptible de s'unir à 1 ou plusieurs équivalents d'eau HO=112,5 ou 2,3,4x112,5. Il se rencontre très-rarement à l'état libre dans h nature ; on le comprend sans peine, car s'il s'en forme une petite quantité, soit par la combustion rapide du soufre qui produit surtout de l'acide sulfureux, soit dans la combustion lente de l'acide sulfhydrique sous l'influence des corps poreux, l'acide formé est presque partout en présence de bases (chaux, potasse, soude et divers autres oxydes), dont il s'empare en déplaçant les acides moins énergiques auxquels ces bases se trouvent unies. L'acide sulfurique se rencontre dans les eaux de plusieurs contrées volcaniques. M. Payen a constaté sa présence, ainsi que celle du sulfate acide de chaux qu'il forme, dans les suffioni traversant les masses calcaires et les lagoni où 'se rassemble l'acide borique en Toscane {*). Ailleurs, l'acide sulfurique fait partie des sels à réaction acide, tels que les sulfates de fer, d'alumine, l'alun, etc. Les divers sulfates naturels sonty en outre, très-abondants parmi les terrains de plusieurs formations.
%. Sourees Batarellea.
L'eau acide d'un torrent appelé Bio Yinagre, originaire du volcan da Purau dans les Andes, renferme, pour 1000 pailies, acide sulfurique
(*] l\ se produit journellement aussi par la combustion lente deThydrogène tulfurédans ks tissus humides des établissements de bains sulfureux (Duoias).
AQDE SULFURIQUE. 279
1,11, et acide chlorhydrique 0,91, ce qui donnerait, d*après le volume et k vitesse des eaux mesurées par M. Boussingault, environ 15 millions de kilogrammes d'acide sulfurique, et près de 12 millions d'acide chlorhydrique par an, c'est-à-dire le quart environ des produits de ce genre fabriqués annuellement en France.
Une autre source abondante découverte par M. Dégenhart aux Cordillères centrales, dans le Paramo de Ruiz, à 3800 mètres de hauteur, ayant une température de 69*^,4, contiendrait des substances provenant du volcan de Ruiz, notamment de l'acide sulfurique, 5,181 pour 100, et de l'acide chlorhydrique, 0,881, libre et partiellement combiné avec plusieurs bases, suivant les analyses de Lewy.
s. Propriétés de I*aelde hydraté.
Les propriétés de l'acide sulfurique ont été soigneusement étudiées par les chimistes ; c'est surtout à l'état de combinaison avec 1 ou plusieurs équivalents d'eau qu'on le connaît dans les arts et qu'on l'emploie dans les laboratoires. Combiné avec 1 équivalent d'eau, il constitue l'acide concentré, liquide, blanc, qui pèse 1,845 à la température de 15*^ (l'eau sous le même volume pesant 1,000), qui bout i 325"* et distille sans altération ; exposé à 55^ au-dessous de 0^, il cristallise et se prend en masse. En s'unissant avec 2 équivalents d'eau, il développe beaucoup de chaleur, au point que la température ùu mélange peut s'élever jusqu'à 105"*. L'acide contenant 2 équivalents d'eau se congèle par un abaissement de température à 1 ou 2° au-dessus de 0*, et ne se fond ou résout en liquide qu'à la température de + 8»à8%5.
Le phénomène d'élévation de température se manifeste lorsqu'on ajoute encore 1 équivalent d'eau : ainsi donc plusieurs proportions d'eau se combinent à l'acide. On utilise cette propriété hygroscopique pour dessécher l'air et divers gaz, en les faisant filtrer au travers de la pierre ponce en fragments imbibés de cet acide concentré. On dessèche diverses substances, en les enfermant sous des cloches auprès de vases ouverts et pleins d'acide sulfurique. Cet acide peut, en effet, absorber dans l'air humide jusqu'à dix fois son poids d'eau.
L'acide concentré, ou à 1 équivalent d'eau, marque 66° à l'aréomètra dfi Baume (*); étendu jusqu'à 62° au même aréomètre, il contient 19,5
n Ce défloré indiquerait le maximum de concentration, si les aréomètres n'étaient souvent indues en marquant sur leur tige le 66* degré au point où l'immersion s'arréle dans Tacide ^ commerce; or celui-ci n*est pas exactement à 1 équivalent d'eau, comme on le voit par le» ovations de II. de Marignac.
d'eau pour 100 en sus de celle qui constitue Téquivalent d'eau unîi Facide anhydre et 80,5 d'acide concentré (*).
D'après de nombreuses expériences, M. de Marignac {Annales de Mmie^ octobre 1855) a reconnu que l'on ne pouvait obtenir directement l'acide sulfurique à 1 équivalent d'eau, en raison de la tendance d« l'acide anhydre à se dégager en minimes proportions, à la température élevée où la concentration s'achève ; il y aurait donc impossibilité de s'arrêter pendant la concentration à un point fixe correspondant à la for-
(*) Les dernières recherches de M. Bincau donnent enlre chaque degré Baume pour la péralure + 15* et la quantité d'acide i 66<* ou à un équivalent d*cau (HO,SO*) les relalioM suivantes :
RICHESSE DES DISSOLUTIOKS AQUEUSES d'aCIDE SULFURIQUE SUIVANT LEUR DEKSITé,
d'après m. BINEAU.