KO,SO') 4- (A W,3S0') -I-24HO
tandis que l'excès d'alumine et le peroxyde de fer se déposent dans des chaudières en plomb. La solution concentrée à la température de 4- 40** centésimaux laisse par le refroidissement cristalliser l'alun sous forme de cristaux cubiques.
Ces cristaux ont ordinairement une teinte rosée due à de légères proportions de peroxyde de fer, qui ne peut nuire, parce qu'il est in-
soluble : il contribue plutôt à augmenter la valeur commerciale de ce produit, qu'il caractérise aux yeux des acheteurs par sa coloration rougeâtre.
On parvient sans peine à imiter artificiellement Talun de Rome en ajoutant 1 ou 2 centièmes de carbonate de potasse à l'alun ordinaire en solution ; on forme ainsi un précipité de sous-sulfate d'alumine qui se redissout par l'agitation, et détermine au bout de quelques jours la précipitation du sesquioxyde de fer. On peut, en concentrant le li* qnide à basse température (40^), obtenir une cristallisation d'alun cubique ; mais, afin de lui donner, en outre, l'apparence de l'alun exotique, on y ajoute quelques millièmes de peroxyde de fer que l'on répartit à la superficie des cristaux en faisant tourner sur son axe un tonneau à demi plein de ce mélange.
La formation du sous-sulfate d'alumine et d'un peu de sulfate de chaux résulte encore de l'emploi, pour dissoudre l'alun ordinaire, des eaux naturelles contenant du carbonate de chaux, et explique la perte éprouvée, dans ce cas, par le fabricant d'alun ou par le teinturier consommateur.
Alun ammoniacal. — La formule de sa .composition est semblable à celle de l'alun ordinaire ; il contient en centièmes plus d'alumine en raison du poids équivalent plus faible du sulfate d^ammoniaque (^). Cet alun a d'ailleurs à peu près toutes les propriétés de l'alun de potasse ; l'action de la chaleur portée au rouge vif produit toutefois sur lui un effet différent, en ce qu'elle fait disparaître l'acide sulfurique et le sulfate d'ammoniaque : il reste de l'alumine pure ; cependant, lorsqu'on prépare en grand de l'alumine par ce procédé, il y reste 2 ou 3 centièmes d'acide sulfurique (voyez plus loin Isl Fabrication de r aluminium). On distingue aisément l'alun ammoniacal pur ou uni en proportions diverses à l'alun de potasse : il suffit, en effet, de le broyer avec de l'hydrate de chaux pour qu'il se dégage de l'ammoniaque qui est mise en liberté. On pourrait même déterminer la proportion de cet alun dans le sel essayé, en chauffant le mélange de chaux, recueillant l'ammoniaque dans un volume connu d'acide titré en excès, puis constatant par une saturation complémentaire avec de la soude en solution titrée la proportion de l'acide que l'ammoniaque aurait elle-même saturée (voyez les Essais alcalimétriques).
Alun de soude. — Cet alun serait plus économique que les deux autres, quant au sulfate alcalin qui forme sa base, si sa plus grande solubilité (que l'industrie utiliserait seulement dans quelques cas) ne s'op-
n Le lolbte d'ammoniaque (AxIP,HO,SOS) pèserait 825» tandis que l'équivalent du lolfate de potasse KO,SO> est égal i i087,5.
368 PRÉCIS DE GHOOE mDUSTKŒLLE.
posait à son extraction des eaux mères impures (voyez plus loio les AppliccUions de F alun). L'âlun de soude est foimé, comme les deux autres, de 1 équivalent de sulfate alcalin, plus 1 équivalent de sulfate d'alumine, unis ensemble, et 24 équivalents d'eau de cristallisation.
Voici quelle est la composition comparative des aluns purs en centièmes :
ALUN ALCI
I>B POTASSE. AMHOKUCiL.
Potasse 10,82 Ammoniaque 3,89
Alumine 9,94 il ,90
Acide sulfariquo. .. 33,77 36,10
Eau 45,47 .J8,11
La plupart des aluns commerciaux contiennent, outre ces principes constituants, des proportions variables de sulfate de fer, sel qui est nuisible quand on veut donner aux étoffes des nuances délicates par la teinture ; Talun de Rome en renferme moins d'un demi-millième ; on en a trouvé le double dans l'alun de Liège.
Il est cependant possible de puriGer entièrement l'alun, comme nous l'avons vu, plus haut : alors on le vend plus cher, sous la dénomination d'alun épurée à l'épreuve du prussiate.
s» État natarel» extraetloa*
L'alun consommé en Europe nous est venu du Levant jusqu'au quinzième siècle. Cet alun, dit de rocher était fabriqué à Rocca^ aujourd'hui Edesse. Jean de Castro, Génois, qui avait observé la fabrication de l'alun en Syrie, fut conduit à rechercher à la Tolfa le minerai d'alun, qu'il y découvrit. La fabrication de l'alun fut dès lors acquise à l'Italie. Dans le seizième siècle, on parvint à préparer l'alun au moyen des schistes pyritcux; enfin, pendant la Révolution française, les progrès de la science conduisirent à faire l'alun de toutes pièces. Chaptal fut le fondateur de cette industrie en France.
Dans les pays volcaniques, on rencontre l'alun formé, sans doute par la réaction de l'acide sulfurique sur les laves qui renferment de la potasse et de l'alumine, l'acide sulfurique étant produit par la combustion du soufre en contact avec Tair humide ; cet alun peut, en outre, provenir de la calcination modérée du minerai (alunite), calcination que la chaleur du volcan opère. L'alun tout formé se rencontre à la Solfatare; on en trouve en Auvergne; la grotte d'alun du cap de Messine, près de Naples, le produit en efflorescences sur les parois de la caverne.
A la Solfatare, l'alun s'efilcurit à la surface du sol ; on augmente ees
effloresceoccs en formant, avec le terrain, des murs, des grottes et diterses autres dipositions qui multiplient les surfaces. Pour extraire Talun, on lessive les portions du terrain qui en paraissent assez chargées. Les solutions sont évaporées d^ns des chaudières en plomb, encaissées dans le sol, dont la température est d'environ 40''. Par une première cristallisation, on se procure ainsi des cristaux d*alun pur, que ToQ dissout et que Ton fait cristalliser de nouveau.
Ce procédé ne fournit pas des quantités considérables d'alun. La plus grande partie de Talun du commerce résulte des procédés suivants.