‹ Précis de chimie industrielleChapitre 85 sur 215 · TOLFA · texte numérisé non relu

TOLFA

(Klaproth)

DONGRIE (Klaprolh)

llOiXTIOiNK

(Descolils)

UO>T DORE (Cordier)

Adde ïttirnriquc. . • .

Altunine

hHZKt

Eaa

Silice

OiTdederer

Perle

. I/alunite impure est amorphe, rougeàtrc ou jaunâtre; pure, elle est blanche et cristalline. Exposée à la chaleur, elle perd son eau à une

cHargéj d'acide sulfureux sont amen''s par dos chcminrcs sur les plateaux Fu)rali>ants; ce sont ^ iurdces recouvertes d'un réseau de canaux horizon taux dccouverls, que l'on remplit de terre rouge, et qui ont plusieurs kilomètres de développement.

L'acide sulfureux est absorbé en totalité par les schistes, tandis que les gaz inertes s échappent à travers la niasse poreuse des terres.

^vent on superpose plusieurs de ces surfaces sulfa lisantes, et, au bout de quelques années, on obiiont des masses énormes sulfatisées, qu*on exploite à la pioche pour les soumellre au iewtage.

(*) Les alunites de la Tolfa occupa ni 600 i 700 ouviicrs; la première description de leur exploitation est due k Casalsini d'Âreuo, médecin naturaliste du seizième siècle. Jusqu'au milieu dn quinzième siècle, Talun fut exclusÎTement fabriqué à ConstantioO|>le, à Alep et à Hooca, près de Smyrne» au moyen de l'alunite.

température inférieure au rouge brun. Au rouge, le sulfate d'alumine se décompose en alumine qui reste, et en acide sulfureux et oxygène qui s'exhalent. A la température blanche, le sulfate de potasse se décompose lui-même en acide sulfureux et oxygène, la potasse se combinant avec Talumine ou la silice. L'eau est sans action sur l'alunite ; mais, dès qoe celle-ci est déshydratée par la calcination, l'eau l'attaque aisément et dissout l'alun. Si l'alunite avait été trop fortement chauffée, l'eau ne pourrait plus l'attaquer.

Il est donc facile d'expliquer le traitement de l'alunite pour en extraire l'alun : le minerai divisé en fragments est calciné en tas, ou dan» les foui*s à réverbère; dans ce dernier cas, on la casse en morceaux plus menus.

La calcination présente une difficulté que Ton ne peut guère lever qu'en faisant usage d'un four à réverbère : la pierre doit être assez chauffée pour perdre son eau, et non au point où le sulfate d'alumine se décompose. Dans le grillage en tas ou en fours coulants, on est forcé d^employer la pierre en assez gros morceaux, ce qui ne permet aux parties centrales d'être portées à la température convenable qu'autant que les parties extérieures sont chauffées au rouge. De là une perte qu'on évile dans les fours à réverbère, en opérant sur l'alunite en poudre qu'où remue fréquemment.

L'alunite calcinée est étendue sur une aire battue, entourée d'une rigole aboutissant à un récipient. On arrose les couches d'alunite et l'on en forme un tas plus ou moins considérable. La masse peu à peu se délite et se réduit en pâte ; au bout d'un ou de deux mois, on la soumet au lessivage, qui donne des solutions saturées d'alun et un résidu boueux. Les solutions évaporées dans des chaudières en plomb donnent de l'alun octaédrique, cubo-octaédrique ou cubique, suivant les circonstances de température. Dans les premiers moments de la cristallisation, l'alun est en octaèdres, il passe ensuite au cubo-octaèdrc et enfin au cube, à mesure que la liqueur se refroidit.

On conçoit, d*après les observations de Leblanc et celles de Darcol, que l'alun de Rome, dissous à froid en présence d'une grande quantité d'alumine, doit être de l'alun cubique.

Il serait donc facile, en ajoutant à l'alun ordinaire un peu d'alumine en gelcc, ou de carbonate de potasse, comme nous l'avons dit plus haut, de le transformer en alun cubique, pourvu que la solution fût chauffée seulement à 40^, et que l'évaporation s'opérât à celte température. Dans la plupart des opérations ci-après indiquées, I alun ordinaire peut remplacer l'alun cubique, comme Thcnard et Roard Font prouvé par de nombreux essais comparatifs ; cependant le préjugé favorable à Talun de Rome ne put être vaincu que par un stratagème : ce fut alors une

source de béné6ces considérables pour le fabricant qui en eut le premier ridée.

De même qu'à des époques plus rapprochées la potasse factice et le borax obtenu de toutes pièces durent emprunter les formes des produits exotiques pour être accueillis par les consommateurs, de même alors, pour faire admettre dans le commerce Talun épuré, on imita la teinte rosée que des traces de peroxyde de fer donnent aux cristaux de l'alun de Rome, en saupoudrant le produit français avec quelques millièmes du même oxyde (colcotar). On parvint sans peine à compléter l'apparence due aux frottements durant le voyage, en faisant tourner lentement le mélange dans un tonneau à demi plein : alors les arêtes vives des cristaux furent usées, arrondies; la poudre blanche qui en résulta, mêlée à de l'oxyde rouge, offrit la teinte voulue, et l'alun, vendu sans peine de 90 à 120 fr. les 100 kilogrammes, fut trouvé bon par les consommateurs, et par ceux-là mêmes qui l'avaient refusé lorsqu'on leur offrait le même alun en cristaux purs, incolores et nets, au prix de 60 fr.

Depuis 1868 M. Faure, ancien élève de l'École centrale, traite à Clermont-Ferrand l'alunite de la vallée du mont Dore dont Cordier signala l'existence en 1826. Il retire non-seulement environ 50 pour 100 d'alun de potasse très-pur, mais en vue de ne pas perdre, comme en Italie, l'alumine qui reste, il traite le résidu par l'acide suKurique. Voici comment est pratiquée l'opération :

L'alunite extraite du ravin de la Craie, à la base du pré de Saucy, est transportée à Clermont ; on la. concasse, puis on la calcine au rouge dans des cornues en fonte, afin de recueillir l'acide sulfureux qui se dégage et qu on dirige dans des chambres de plomb. La matière calcinée est mise daas des bacs en pierre inattaquable aux acides, et arrosée d*acide sulfurique à hy. Après plusieurs semaines de contact, l'alumine est trans- Fonnéeen sulfate; on lessive la masse à l'eau chaude et par le repos les liqueurs obtenues donnent des cristaux d'alun, tandis que les eaux mères retiennent le sulfate d'alumine représentant 160 pour 100 du poids de l'alunite. On convertit facilement ce sulfate en alun par addition de sulfate de potasse ou de sulfate d'ammoniaque.

Dans la plupart de leurs applications, les aluns ainsi que le sulfate d'alumine, agissant en raison de l'alumine qu'ils contiennent, il semblait que le sulfate d'alumine dût être préférable aux aluns, car son prix est moins élevé puisque l'on n'emploie ni potasse ni ammoniaque pour le former; il contient au moins autant d'alumine, et il pourrait en contenir 5 pour 100 de plus. On lui donne, en effet, la préférence dans certains usages, tels que le collage du papier ; mais, dans la plupîirt des i^utrescas, l'excès d'acide, qui s'élève de 4 à 6 pour 100 du poids de ce sulfate, et l'irrégularité de sa composition rendraient les dosage

incertains. On pourrait éviter cet inconvénient en faisant cristallisa le sulfate d'alumine en solution moins rapprochée, et en le soumettant i une pression énergique qui éliminerait une partie de Texcès d'acide; on y parviendrait plus sûrement encore si l'on saturait l'acide en excès par de l'alumine en gelée ou poreuse (obtenue par la calcination d'une partie du sulfate).

On comprend que les aluns aient sur le sulfate d'alumine l'avantage d'une composition constante résultant de leur cristallisation régulière et nette, cristallisation qui facilite leur séparation soit des eaux mères, soit des eaux de lavage.

L'alun à base d'ammoniaque contenant un peu plus d'alumine aurait un léger avantage sur l'alun de potasse ; il est évidemment préférable pour préparer l'alumine pure, car une simple calcination élimine l'acide sulfurique et l'ammoniaque, tandis que le sulfate de potasse reste dans l'alun de potasse calciné à la température rouge.

s* CSomposItliNBS eomparatlvcs et applieatloBS des alans et d« mmàimtt

d'aloniliie erlatallisé»

Voici la composition des aluns et des sulfates d'alumine :

AOBB

ALUMINB

POTASSB

AX3I0SUQCB

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