‹ Précis de chimie industrielleChapitre 86 sur 215 · G6 11,59 15.f0 liil · texte numérisé non relu

G6 11,59 15.f0 liil

On emploie l'alun, dans la teinture et les impressions^ comme mordant, pour fixer les couleurs sur les tissus ; en précipitant l'alumine avec le bleu de Prusse^ on dégrade ce Lieu jusqu'aux nuances les plus pâles. L'alun s'emploie aussi dans ce but à la préparation des coulew*s destinées aux papiers peints.

C'est en précipitant, par le carbonate de soude, l'alumine dans les solutions des matières colorantes, notamment de la garance, que l'on obtient les différentes laques. On a maintes fois essayé l'application de l'alumine en gelée, ou de l'alun précipité par les bases alcalines ou par (a chaux, pour décolorer les sirops ; mais on est presque toujours revenu à l'emploi du charbon d'os.

Darcet a fait appliquer l'alun en poudre (0,02) pour la désinfection des unnes à Yichy, On emploie l'alun dans la proportion de 1/4 de

millième pour clarifier les eaux limoneuses de la Seine et du Nil : il se forme, sous l'influence du carbonate de chaux, de Talun alumine, qui entraîne en se précipitant les matières en suspension (*). L'alun ajouté pendant la distillation de l'eau de mer prévient, en partie, l'altération des matières organiques et l'odeur désagréable de cette eau distillée. L'alun est indispensable au collage de la pâte des papiers soit par les savons résineux, soit par la gélatine ; on l'emploie pour empêcher Valtération des colles fortes^ surtout des colles au baquet^ sur lesquelles il agit comme dans la préparation dite cUunage des peaux avec leurs poilSj des cuirs hongroyés et dans la taxidermie. L'alun forme alors avec le tissu cutané une sorte de combinaison qui peut se défaire, car ces peaux et cuirs peuvent donner de la gélatine par ébuUition, après des lavages à l'eau de chaux, tandis qu'aucun moyen n'a permis d'obtenir de la gélatine des cuirs tannés.

On clarifie les suifs par Valun^ qui crispe et précipite les débris membraneux très-divisés tenus en suspension dans la matière grasse. L'alun s'emploie comme astringent en médecine. Après l'avoir desséché à une température ménagée, qui le boursoufle en vaporisant l'eau de cristallisation, on s'en sert en chirurgie pour ronger les chairs boursouflées, amollies : il est alors connu sous le nom d'a/un calciné. On fait usage de l'alun de potasse pour préparer un pyrophore^ pour fabriquer les plâtres durs^ enfin pour mettre les bijoux en couleur en les passant au feu dans une composition formée d'alun, 2 kilogr. ; azotate de potasse, 2 ; sulfate de fer, 1 ; et couperose, 1 : mêlés et dissous à 100'' dans 5 lit. d'eau.

A. Aloiulnate de sonde.

L'aluminatc de soude se prépare industriellement depuis quelques années pour les besoins de la teinture et de l'impression des tissus. Il fut d'abord fabriqué en grand simultanément par Tissier et parThomsen, de Copenhague, au moyen de la cryolithe (fluorure double de sodium et d'aluminium). Le premier faisait bouillir la cryolithe pulvérisée avec de la chaux : il se produisait ainsi de Taluminate de soude qui restait en dissolution, et du fluorure de calcium insoluble. Thomson opérait par ^oie sèche, et calcinait la cryolithe avec de la craie ; le produit lessivé donnait de l'aluminate de soude en dissolution et du fluorure de calcium

nV. Jeunet a clarifié les eaux bourbeuse; d'Algérie arec (^,1 de sulfate d'alumine par litre. Uinilani^ étant agité TÎTeaient, il se Formo du sulfate de chaux; l'alumine se précipite, enliaioant l'argile, le carbonate calcaire en suspension et des matières organiques (ulmiques); l'na devient limpide et potable eu moins de 17 minutes; il n'y reste aucune Irace de sulfate d*i)unûne«

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insoluble. En France et en Angleterre on fabrique de grandes quantités d'aluminate de soude dans un état complet de pureté au moyen de la bauxite (voyez page 571); on opère soit par voie humide, soit surtout par voie sèche : dans le premier cas, on fait bouillir la bauiilc réduite en poudre avec une lessive de soude : il se forme une dissolution d'aluminate de soude; dans le second cas, on chauffe au four à réverbère un mélange de 1 partie de sel de soude sec et 2 parties de bauxite en poudre. Le minerai doit être choisi aussi exempt de silice que possible, sans cela il se formerait un silice- alumina te de soude insoluble, ce qui entraînerait une perte notable d'alumine et de soude. Li masse frittée est traitée par Tcau, qui dissout un produit de composition constante qui jusqu'ici n'a pu être obtenu cristallisé ; le liquide, cclairci par le repos et décanté, est évaporé à sec, et donne une matière pulvérulente, sèche au toucher, qui constitue Taluminate de soude conuuercial, dont la composition est :

Alumine . 48

Somle 4»

Sel marin et sulfate de soi.d.- 8

L'aluminate de soude se dissout dans Teau froide avec facilité. Eiposé à Tair, il absorbe un peu d'humidité et d'acide carbonique, qui met en liberté une quantité correspondante d'alumine ; c'est à cause de cela que le produit exposé quelque temps à l'air donne, lorsqu'on le dissout dans Tcau, un liquide trouble par de l'alumine en suspension.

L'aluminate de soude est employé, comme nous l'avons dit, en teinture comme mordant, pour In préparation des laques, pour le collage de la pâte à papier, pour la fabrication des savons.

V. Composition, propriétés da ■alfato de ferf préparatioa et appU"

«atlons dos sulfates do fer da eommereo.

Le sulfate de protoxyde de fer en solution chaude saturée cristallise par le refroidissement à la température ordinaire ; ses cristaux contiennent dans ce cas 7 équivalents d'eau : FeO,SO"*-4-7HO; à -h 15% 100 parties d'eau peuvent en dissoudre 70, tandis qu'à lOO"" il s'en dissout plus de 300 parties. Aussi cristallise t-il avec abondance par le refroidissement. On peut le dessécher aisément en le chauffant à l'air libre. Toutefois il faut élever la température jusqu'à 300' environ pour éliminer toute l'eau. Par la dessiccation, sa couleur change :de vert clair elle devient blanche.

Le sulfate de protoxyde de fer obtenu par la cristallisation des sol:i-

tious alumiaeuses (voyez plus haut) retient toujours un peu d'alun ; il diflerc, en cela surtout, de la couperose préparée directement (par l'acide sulfurique et la ferraille). Les qualités des composés dépendent d'ailleurs de leui's usages. On comprend que, pour les teintures en noir, on préfère les couperoses qui contiennent du sulfate de sesquioxyde de fer : elles ont ordinairement une couleur vert foncé, tandis que les couperoses fabriquées de toutes pièces ont une faible nuance \ert bleuâtre ; elles doivent contenir les plus fortes proportions de sulfate de protoxyde, et convenir comme agent de désoxydation (cuve d'indigo, etc.) . L'excès d'acide dans quelques couperoses est un motif de défaveur; cnGo, les menus cristaux se vendent à plus bas prix que les cristaux volumineux; toutefois il y a dans les prix des couperoses certaines différences inexplicables, qui tiennent probablement encore à d'anciens préjugés.

Voici le tableau de la composition et des prix comparés des couperoses commerciales :

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