ExtraetioD dh «cl conteon dans l'can de la mer
La plus ^[rande partie du sel est extraite de l'eau de la mer. On opère cette extraction par trais grocé^g; différents suivant les contrées : l^.par révaporatioa à Tair dans les marais salants; 2^ par évaporation en chaudières au moyen de combustible ; 3^ enfin beaucoup plus rarement par congélation.
Marais salants. — L'extraction du sel par l'évaporation de Teau de mer à Tair libre dépend essentiellem^t du climat et des circonstances atmosphériques. Les pays tropicaux, qui sembleraient au premier abord si propres à l'établissement des salines, n'en possèdent cependant que de peu importantes : c'est dans les régions chaudes et tempérées de l'Eu% rope que se trouyent les principales installations de ce genre. En France, nous ayons des saUnes sur les bords de l'Océan et sur ceux de la Méditerranée.* Les salines de l'Océan sont petites et nombreuses ; elles sont situées dans les départements de la Charente-Inférieure, de la Loire-In- Krieure, de la Vendée et du Morbihan. Le département d'Ule-et- Vilaine en possède sur les côtes de la Manche, mais elles sont peu importantes. Ces salines sont moins fayorisées par le climat que celles du Midi. Elles sont exploitées par une classe d'ouvriers appelés sauniers^ qui opèrent soit pour leur propre compte, soit pour le compte de propriétaires dont ils sont les fermiers.
Les surfaces où doit s'opérer l'évaporation des eaux sont nivelées, et les terres provenant de ce nivellement, transportées aux environs, constituent un sol artificiel appelé bosses, qui est consacré à la culture. La toiture des bosses et l'extraction du sel pendant l'été sont pratiquées par les sauniers. L'eau de la mer est amenée par grandes masses dans de castes bassins appelés vasières, où elle laisse déposer les matières en suspension, puis on la fait couler dans des bassins plus petits, où elle se concentre jusqu'à 25^ Baume, et enfin dans d'autres très-peu profonds appelés tables salantes. Le sel qui se dépose par suite de l'évaporation est enlevé tous les deux ou trois jours et mis en dépôt sur les banquettes servant à limiter les divers compartiments de la saline. On reprend ces tas pour en faire de plus gros, qu'on recouvre d'argile battue à la fin de la saison, pour le laisser s'égoutter et se débarrasser des eaux mères chargées de sels déliquescents, sans être dissous par l'eau de la pluie. Le sel ainsi obtenu est souillé par quelques centièmes de terre et porte le nom de sel gris. Ces salines de l'Ouest, divisées entre de nombreux propriétaires, et par cela même livrées à la routine, tendent à s'amoin-
drir devant Textension toujours croissante des S3lines du Midi : celle»€i, réunies depuis longtemps par des syndicats, appartiennent pour h majeure partie à de puissantes compagnies qui ont fait profiter leur m> dustrie de tous les nouveaux travaux de la science.
Les marées étant presque* nulles stir le^ côtes de la Méditerranée, il convient d'établir les salines à un niveau inférieur au niveau moyen delà mer, afin que l'eau puisse y arriver naturellement. Cette condition est difficile à réaliser, et le plus souvent les salines sont au-dessus du niveas de la mer ; on est alors obligé d'élever l'eau avec des machines mues par la vapeur. L'e^u est amenée de la mer dans un vaste bassii servant de réservoir, et dans lequel les eaux se clarifient en laissant di> poser les matières étrangères eir suspension. On utilise pour cet usage les étangs qui vont d'Hyères à Port-Vendrcs. Les eaux de ces étanp s^écoulent successivement et lentement dans une série de bassins recUn* *gulaires peu profonds, appelés partènements extérieurs, ou bien cUm sont puisées par des machines, si le salin est à un niveau trop élevé.
Ces bassins communiquent tous les uns avec le^ autres, et les eaux, après les avoir parcourus, se rendent dans un canal qui les conduit à de grands puits que Ton appelle puits 'des eaux vertes : les eaux marquent alors 20° Baume. Elles ont successivement déposé : 1® de l'oxyde de fer (sesquioxyde hydraté) et du carbonate de chaux ; ^ du sulfate de cbaoi cristallisé (CaOSO», 2H0), depuis 15 jusqu'à 20* Baume (*).
Des machines élèvent ces eaux dans un canal latéral qui les amène dans de nouveaux bassins d'évaporation plus petits que les précédents, appelés partènements intérieurs ou chauffbirs intérieurs. On règle l'écoulemeDl des eaux de manière que, lorsqu'elles arrivent dans le dernier bassin appelé la pièce maîtresse, elles soient à 25*^ Baume, c'est-à-dire au d^ de concentration auquel elles vont commencer à déposer du sel. Oo les fait couler alors dans de nouveaux puits, appelés puits des eaux en sel. Des pompes élèvent ces eaux et les dirigent au moyen de canaux vers de nouveaux bassins d'évaporation plus petits, dressés avec le plus grand soin, et qu'on appelle tables salantes. Les banquettes de séparation des
('] Le tableau ci-dessous indique le poids et la composition des dépôts qui se séparent de l'eau de mer à mesure qu'elle se concentre depuis 5*> Baume jusqu'à 25** :
Degrés Baume. Dépôts. Pour 10 litres d'eau de mer.
*, .^ I Of',672 carbonate de chaux.
' '*"• • • • I 0 ,031 oxyde de fer. 4 A» '?:; f ^ >^^ carbonate de chaux et trace de carbonate de magnésie.
10, /o.. . . I g ,G00 sulfate de chaux cristallisé. 20»,50. , ... 5 ,600
Ces nombres résultent des expériences directes faites par H. TlsigUo en soumettant les solutions h une évaporation lente par une température do 40<^ centésimaux.
Ubies sont maintenues par du bois, afin d'éviter que Targile ne soit mise en suspension dans les eaux par les vagues occasionnées par le vent.
Au fur et à mesure de Tévaporation, les eaux saturées laissent précipiter du sel marin en cristaux : la diminution de volume est compensée par rintroduction de nouvelles solutions à 25^. Les premières tables reçoivent ces eaux à 25^, qui se renouvellent et qui sont les plus riches en sel, tandis que les eaux qui ont donné une partie de leur sel sont refoulées successivement dans les dernières tables : moins riches alors, elles déposent du sel graduellement moins pur. Le sel qui se dépose dans leâ eaux de 28 à 52^ est en cristaux moins gros et moins transparents ; il est moius pur; les qualités des sels se maintiennent donc uniformément graduées dans la série des tables.
Le tableau ci-dessous indique la nature et les proportions des sels dans les dépôts qui se forment successivement pendant la concentration :
DEGRÉ m
l'AUÉOlitBB »EUDMi
10 UTR£S
EAU DB MBR RE- DUITS aprSs LK8 DipdTS A