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VERRES

et cassants. — Chauffés, ils se ramollissent, passent par tous les états de viscosité, et peuvent alors être travaillés comme de la cire.

Les verres sont des silicates doubles résultant de l'union d'un silicate alcalin [de potasse ou de soude) avec un silicate de chaux pour les verres ordinaires, ou un silicate de plomb pour le cristal. Le silicate alcalin seul serait fusible, soluble dans l'eau, et partant, très-altérable ; en le mêlant à du silicate de chaux on a un mélange peu fusible, qui n'a plus la solubilité du silicate de potasse, ni la tendance à la cristallisation du silicate de chaux. Le silicate de plomb augmente la fusibilité du verre et lui communique un pouvoir réfringent qui le fait rechercher pour beaucoup d'usages.

Trempe. — Le verre chauffé et refroidi brusquement se trempe et devient très-cassant. L'extrême fragilité du verre ainsi trempé se démontre à l'aide des larmes bâtaviques (fig. 194). Ce sont des larmes de verre terminées par une queue effilée; on les obtient en laissant tomber dans l'eau froide des gouttes de verre fondu. — Si on vient à casser la pointe de ces larmes, toute la masse se réduit en poussière. Cet effet provient de ce que les molécules superficielles s'étanl brusquement refroidies, le retrait du verre n'a pu se faire, et les molécules intérieures sont restées écartées d'une manière anormale. Cet équilibre instable se détruit dès que la résistance extérieure cesse en un point quelconque. — Les fioles philosophiques ou flacons de Bologne (fig. 195) qui sont fort épais et dont le refroidissement a été brusque, se réduisent de même en poussière, quand on laisse tomber dans leur intérieur un corps dur capable de les rayer.

On évite les inconvénients de la trempe en recuisant le verre.

50S. Propriétés chimiques. — Les verres maintenns longtemps à une température voisine de celle de leur fusion perdent peu à peu leur transparence, ils se dévitrifient. Cette propriété est surtout trèsdéveloppée dans le verre à bouteilles. Il devient rapidement opaque, blanc, très-dur et à peu près infusible ; il ressemble alors à de la porcelaine ; de là le nom de porcelaine de Réaumur, qu*on lui donne souvent.

L*oxygène et l'air secs n'ont pas d'action sur le verre.

Les corps réducteurs, comme le charbon^ n'ont d'action que sur les verres à base de plomb.

L'eau froide agit à la longue sur le verre et lui enlève de l'alcali^ Teau bouillante agit plus rapidement^ aussi peut-on facilement constater

Fig. 194.

larme batavique.

Fig. 193.— Fiole philosophique.

une réaction aicaUné dans l'eau que l'on a fait bouillir quelques inslanls avec du verre pulvérisé. — L'air humide agit à la longue sur le verre, ainsi que le prouve l'altération des vitres dans les vie;:;x bâtiments.

Les alcalis agissent lentement : ils dissolvent la silice du verre ordinaire. Les acides s'emparent des alcalis du verre et mettent en liberté de la silice gélatineuse. L'attaque du verre par l'acide fiuorhydrique est utilisée dans. les arts pour la gravure (!I61).

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