‹ Precis de chimieChapitre 35 sur 152 · FLAMME · texte numérisé non relu

FLAMME

3* Enfin l'enveloppe extérieure c, mince, peu colorée, jaune vers le haut,l)leue vers le bas en dd'; c'est la partie la plus chaude.

La constitution de ces coucbes est facile à expliquer; la bougie fond par le rayonnement de la flamme ; la matière fondue qui monte par capillarité dans la mèche y est décomposée par la chaleur. Les gaz combustibles qui en résultent constituent la partie obscure a de la bougie; ils n'y brûlent pas, faute d'oxygène. — Dans la partie intermédiaire b la combustion commence, mais comme il y a excès de combustible, l'hydrogène brûle seul d'abord et porte à l'incandescence le charbon réduit, qui donne ainsi de l'éclat à la flamme. Dans l'enveloppe extérieure c, la combustion se complète au contact d'un excès d'oxygène; il y a donc là plus de chaleur que dans la couche intermédiaire î mais comme les produits de la combustion (acide carbonique et vapeur d'eau) sont gazeux, la flamme y est peu brillante. La partie inférieure ddf de cette couche extérieure est bleue, parce qu'elle est formée par la combustion de l'oxyde de carbone et du protocarbure d'hydrogène, premiers produits de la décomposition de la bougie sous l'influence d'une température peu élevée.

Lorsque l'air en contact avec la flamme n'est pas en quantité suffisante pour fournir l'oxygène nécessaire à la combustion complète de l'hydrogène et du carbone, l'élément le plus combustible, l'hydrogène, brûle le premier avec une partie seulement du carbone dont le reste se répand en flocons dans l'atmosphère ; on dit alors que la flamme fume.

La flamme du gaz de l'éclairage et celle des lampes à huile ont la même constitution; on en augmente ordinairement l'éclat en déterminant la combustion dans des becs annulaires à double courant d'air et à cheminée de verre. La flamme peut dans ce cas être considérée comme la réunion d'une série de flammes dont les mèches, placées au contact, forment un grand anneau. La cheminée de verre, qu'on peut abaisser ou élever, sert, par la position de sa partie rétrécie par rapport à la flamme, à régler le tirage ; s'il est très-actif, c'est-à-dire si la partie étroite de la cheminée est descendue très-près du niveau de la mèche, la combustion est elle-même très-active, mais comme les gaz brûlent presque au sortir de la mèche, la flamme est peu étendue et peu éclairante. Si le tirage est trop faible, c'est-à-dire si la partie étroite de la cheminée se trouve beaucoup au-dessus de la mèche, le côue s'allonge, mais la température ' est alors trop peu élevée pour maintenir le charbon à l'incandescence, la flamme devient fumeuse et peu éclairante. On a le maximum d'éclat en réglant le tirage de manière à donner à la couche brillante le plus d'étendue possible, tout en déterminant une combustion complète.

tS5. ChalnmeMi* — On augmente beaucoup la chaleur d'une flamme quand on dirige dans son intérieur un courant d'air. 11 active la combustion des gaz hydrocarbonés, et brûle les corps solides qui, pour

se maintenir à Tincandescence, absorbaient une partie de la chaleur. la flamme ainsi modifiée peut être employée pour faire des soudures ou^pour produire des phénomènes d'oxydation ou de réduction.

Le courant d'air est amené par un petit instrument appelé chalumeau* Cet instrument consiste [fig. SI) en un tube conique ÀB, muni d'une embouchure en ivoire ou en corne F. Son extrémité B pénètre dans une chambre G, destinée à condenser l'humidité de l'air insufflé. Le bout du tube latéral D, par lequel l'air s'échappe, est recouvert à frottement par un bec en platine qui présente une très«-petite ouverture E. Il faut un peu d'habitude pour souffler avec la bouche de manière à obtenir un courant d'air continu et d'une vitesse convenable : si l'on souffle trop

doucement l'effet est insuffisant; si l'on souffle trop fort, l'excès d'air refroidit la flamme et peut même l'éteindre. Quand le courant d'air est convenable, il fait infléchir la flamme, qui se termine alors par un cône incliné présentant trois couches distinctes a, b, c [fig. 82). La couche intérieure est bleue vers son extrémité, la combustion y est complète; elle présente un maximum de température vers sa pointe, où il n'y a plus excès d'air. La zone brillante If est encore trèsHïhaude, mais il y a excès de carbone' Enfin, la couche extérieure et pâle c présente encore une combustion complète avec maximum de température à la pointe d.

Fig. 81.

Chalumeau.

Fig. 82. — Flamme modiliée par l'air du chalumeau.

Pour faire une soudure, on placera la pièce dans la pointe bleue de la couche intérieure. — Si on veut réduire un composé oxygéné, on le placera un peu au delà de ce cône bleu, au commencement de la zone brillante; cette partie constitue le feu de réduction, --^ Vomt oxyder ou griller les corps, on les chauffera à l'extrémité d de la couche extérieure, où il y a à la fois .température élevée et excès d'air ; c'est le feu d'oxydation.

On obtient des effets plus intenses en remplaçant l'air insufflé des poumons par un courant de gaz oxygène; on parvient alors à fondre les *

PLiNNE, SS

carpi les pla« réftvetairei, ainst que tioas le ferron* à l'occasion du plais*. M«7«i d'MelaAre nae OwaiNe. — Quand on rcMdJi une manière quelconque les gax qui brûlent dans une flamnte, on peut ire cesser la coniliustion.

Si, par etemple, l'air est mélangé d'une trop forte quantité d'un gar. inerte comme l'acide cariMnique, ce gu prend pour lui une partie de 1» chaleur dégagée par la combustion, et on Toit la bougie s'éteindre, bien que les animaux 'j puissent encore respirer.

L'inauCflation d'une Irop grande quantité d'air ou d'oiygéne éteint de même une bougie, par suite de l'abaissement de température qui résulte de l'absorption d'une partie de la chaleur par le gaz en excès.

Davy. a tramé dans la conductibilité des toiles métalliques un moyen trés-efBoace pour refroidir les gai combustibles d'une damme et faire cesser leur combustion. Si on abaisse une toile métallique sur une flamme Ifig. 83), on aperçoit k travers la toile un cène tronqué présentant les trois couches des flammes ordinaires, mais la lumière s'arrête EOUE U toile; les gaz et te carbone en eicés traversent les mailles, mais leur température a été assez abaissée pour qu'ils ne brûlent plus. Ils n'ont cependant rien perdu de leurs propriétés, car si on approche une bougie allumée un peu audessus de la toile, ils s'enflamment de nouveau. La toile n'a donc ùîl que refroidir les gaz en disséminant sur toute sa surface la chaleur dégagée dans la conibua-

Les toiles métalliques sont d'autant plus ' efficaces qu'elles sont A mailles plus serrées et d'un métal plus conducteur. ^* *^ — ^'^ "l" '■>"«•

Davy a utilisé, vers 1815, cette impôt- méiam^ie^

tante prainiété dans la construction de la lampe de tàreU, destinée ù éclairer les mineurs, tout en prévenant rei|>losion terrible du feu grittm.

■SI, Laiape de sAreté. — Elle se compose, comme le montre la figure 84, d'une lampe à huile A, dont U flamme est entourée dune toile métallique B fixée sur le réservoir à huile par ta cage C, qui la garantit de tout choc. Un ûl de fer D recourbé traverse le réservoir et permet d'élever ou d'abaisser la mèche. Dès que te grisou se mêle à l'air, même entrès-pelite proportion, le mineur en est averti par l'augmentalion du Tolume de la flamme. Qurr^Kl le gaz forme le ^ du lolume de

Si PRËCIB DB CHiHlE

Tsir, bKit te cjHndro ce remplit d'une Homme bleu paie. Celle flamme devient éclatante quand ce gai forme le J de l'air, enlln M y a eiploûon et la Qamme s'fteint quand te gai rorme le J de l'atmosphère

La lampe de Dsvy avait l'inconiénient de donner peu de lumière, l'éclal se tronvant consid érablement atfaibti par la toile ■ métallique qui entouri flamme. Il . Combes a ( rigé ce défaut toutenc servant les avantages du ■.

modèle primitif.

La flamme (fig 85) entourée d un cylindre de ~ cristal épais surmonte !

d'une cheminée de cui destinée à activer le rage, et garnie dune loilc | métallique Des ouv tures munies également | de toiles métalliques per mettent k 1 air de pené trer par la partie infé rieure. Une spir^e de plaUne est comme lou Jours suspendue dans la flamme.

Les explosions peuvent | Être évitées gr&ce àl em ploi de ces appareils mais comme les mmenrs commettent souvent 1 im prudence d enlever la par- I lie supérieure de 1 lampe, on compte en(__.

un grand nombre d'acci- ("'"'^'« primitif), dents. Les explosions ne seront CMnplélement évitées que lorsqu'à l'ili sage des lampes de sûreté, se joindra l'habitude d'un bon système d'aérage capable d'assainir toute l'étendue des galer os.

Fie. bS.

Lampe de sAreté (modèle Combes;.

PROTOXYDE D'AZOTB. 85

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