PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DES MÉT-AUX
l'oxydation marche rapidement, parce que l'oxyde poreux forme avec le fer une pile où le fer est l'élément électro-positif. Ce couple décompose Peau dont l'oxygène s'unit au métal. Quant à l'hydrogène, il s'en dégage une partie, tandis que l'autre se combine à l'azote dissous dans l'eau pour former de l'ammoniaque. Ce dernier composé existe en effet dans presque toutes les taches de rouille.
L'air agit donc ici à la fois par son oxygène, par sa vapeur d'eau et par son acide carbonique. Ces trois influences sont d'ailleurs nécessaires. Si on élimine, par exemple l'acide carbonique, rien ne se produit, comme il est facile de le constater , car le fer se conserve intact dans une dissolution alcaline même aérée.
)B9S. nioyeiM de préY«iilr l'oxydation. — On préserve le fer de l'oxydation en le recouvrant d'un métal moins oxydable, Vétain [fer étamé), ou le zinc (fer galvanisé). Le choix du métal protecteur n'est pas indifférent. Ainsi, l'étain protège bien le fer, tant que ce dernier métal n'est mis à nu par aucun de ses points ; mais, dès qu'il a le contact de l'air, il s'altère rapidement, parce qu'il forme avec l'étain une pile dans laquelle il est l'élément électro-positif, de sorte que, l'étain, au lieu de protéger le fer, devient une cause d'altération profonde. Le zinc, qui est électro-positif par rapport au fer, conduit à de bien meilleui^ résultats : si le fer est mis à nu par quelque point,* il tend encore à se former une pile, mais le fer électro-négatif restera intact. Quant au zinc, comme il donne naissance, en s'altérant, à une couche d'hydrocarbonate de zinc imperméable, son oxydation s'arrêtera promptement.
C'est également pour préserver de l'oxydation les métaux constamment exposés à l'air, qu'on recouvre de plusieurs couches de vernis ou de peinture les grilles des jardins et les ferinires de toute espèce.
t94. Action dn sonfre sec. — Le soufre sec n'agit sur aucun métal à la température ordinaire ; mais à une température élevée, il se combine avec presque tous les métaux. Cette combinaison du soufre avec les métaux est souvent une véritable combustion : le cuivre et le fer brûlent dans la vapeur du soufre avec le même éclat que dans l'oxygène.
Les seuls métaux qui résistent à l'action du soufre sont l'aluminium, le zinc, l'or, le platine et les métaux analogues.
Si le zinc, qui s'oxyde facilement, ne se sulfure pas directement, cela tient à ce que le soufre se volatilise avant la température à laquelle la combinaison pourrait s'effectuer.
MBS, Action du aouCre iinnilde. — Une petite quantité d'eau favorise l'action du soufre aussi bien que celle de l'oxygène. Pour le démontrer, on mélange dans un flacon 1 partie de fleur de soufre pour 2 de limaille de fer et un peu d'eau tiède ; si Ton ferme alors le vase avec un bouchon traversé par un tube ouvert aux deux bouts, on ne tarde pas à voir le mélange s'échauffer et noircir; il s'échappe de la vapeur d'eau et
fW PRÉCIS DE GHlMlË.
il reste dn solftire de fer. Cette expérience, fidte autrefois par Lémeri sur de grandes quantités de matières enfouies dans le sol, a conservé le nom de vidcan de Ijêmeri.
%9%. JlccImb ém dikire. ^ Le diknre se combine & froid avec ui grand nombre de métam. Souvent même la combinaison se fait avec cha leur et lumière, comme par eiemple avec Fantimoine ou le cuivre trèsdivisés. Noos avons déjà dit qu'on ne peut pas recueillir le chlore sur le mercure, perce que ce métal est attaqué.
Les métaux qui ne se combinent pas à froid avec le chlore brûlent dans ce gaz à une température plus ou moins élevée.
S9V. CSaaslflcaikMa pratique. — On a vainement essayé jusqu'ici de trouver pour les métaux une classification natureUe, analogueà celle que M. Dumas a établie pour les métalloïdes. Le problème ne pourra être abordé avec chance de succès que le jour où l'on connaîtra parfaitement les propriétés des métaux appelés rareSf et qui sont en général intermè* diaires entre les métaux communs.
Thenard a donné une classification artificielle fondée sur YafIMité des métaum pour Vùxygène. Si elle n'est pas complètement satisfaisante au point de vue théorique, elle a du moins le mérite de grouper les corp& d'après leurs propriétés les {dus importantes pour la pratique. L'affînitédes métaux pour Toxygène est appréciée par trois procédés distincts : -
1* Par l'action directe de l'air sec ou de l'oxygène;
2« Par l'action de la chaleur sur les oxydes métalliques;
3« Par l'action décomposante des métaux sur Peau aux différentes températures ou en présence des acides.
Le tableau ci-joint présente la classification de Thenard modifiée par U. Regnault.
CLASSIFICATION DES HËTAtlX.
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168 PUÉGiS DE CHIMIE.