CUIVRE
contact de Tair à la température ordinaire; sa surface se recouvre d'une pellicule grise de sous-oxyde Hg*0, qui peut se dissoudre partiellement dans le métal, et s'attacher aux parois du verre.
L'oxydation du mercure se fait très-rapidement à la température de 350». Il se produit dans ces circonstances de l'oxyde rouge HgO (précipité per se). Cette propriété a permis à Lavoisier (67) de découvrir la composition de l'air.
Le chlore attaque le mercure même à froid, et forme avec lui un sous-chlorure, Hg'Cl, si le métal est en excès; il forme un chlorure, IlgCl, si le chlore domine.
Le soufre chauffé doucement avec du mercure donne un sulfure, HgS, qui se présente sous forme de poudre noire [éthiops minéral) j qui se sublime en beaux cristaux rouges [cinabre artificiel).
L'acide sulfurique n'a pas d'action à froid sur le mercure. A chaud et concentré, il agit en donnant de l'acide sulfureux (*06) et du sulfate de mercure. — L'acide chlorhydrique n'agit à chaud, ni à froid.
L'acide azotique ^ étendu et froid, donne du bioxyde d'azote et de l'azotate de sous-oxyde.de mercure Hg'OjAzO'^; à chaud, il produit de l'azotate d'oxyde de mercure HgO,AzO', en dégageant toujours du bioxyde d'azote.
346. Métalliirsie du mercure. — Le mercure se rencontre quelquefois à l'état natif en globules disséminés, dans des couches de bitume ; mais son minerai ordinaire est le cinabre ou sulfure de mercure. Les principales mines de cinabre sont celles d'Almaden, en Espagne, d'Idria, en lllyrie, et du duché de Deux-Ponts, en Bavière.
Dans les deux premières localités, on extrait le mercure du cinabre par un simple ginllage. On obtient du mercure en vapeur que l'on condense et de l'acide sulfureux qui se dégage.
HgS-t-20 = S02H-Hg
La seule différence que présentent les deux procédés employés consiste dans la disposition des appareils où se produit la condensation.
A Almaden, on place le sulfure de mercure dans la partie supérieure d'un fourneau [fiQ. 155), sous la voûte duquel on allume un feu de fagots. Sous l'influence de la chaleur et de l'oxygène de l'air qui passe par les ouvertures de la voûte, le sulfure de mercure est décomposé. L'acide sulfureux et le mercure pénètrent dans une série d'allonges [aludèles) emboîtées les unes dans les autres, et disposées sur deux plans a, b^ Cj inclinés en sens contraire. Le mercure condensé dans les aludèles se réunit dans une rigole, d'où il coule dans un réservoir. L'acide sulfureux entraînant encore des vapeurs mercurielles passe ensuite dans une chambre c, dans laquelle il est forcé de descendre jusque près du sol, à la surface d'une cuve d pleine d'eau où le reste du mercure se condense. L'acide sulfureux, après s'être refroidi dans cette chambre et y avoir abandonné tout le mercure, s'échappe par une cheminée d'appel.
VJ3 PllECIS DB CUIUIE.
A Idrij, Tappareil de condensation (fig. 156) est consUlné par deux séries de cliamhrps dans lesquelles l'ocide sairureui et les vapeura de mercure se refi'oidifsent compliileueiit.
Fi;. 1S3. — Eili'jction Uu m
Fig. 1S6. — Eilracliondu mercure 1 Idcia.
Dans le iacbé de Deux-Ponts, où le sulfura de mercure est niSlë de calcaire. Dn cbauffe le minei'ai avec sa gangue dans des cornues de terre munies d'allonges et placées les unes i cûté des autres dans le fourneau.
Le suirui'e de mercure esi décomposé par la chaux, et donne du mercure en mSme temps que du sutlure de calcium et du sulfate de chaux. 4HgS+4CaO=5CaS + CaOS0"-f-4Hg.
■49. IIsa|«s. — Le mercure est uiilisé pour ta consiruclion d'un grand nombre d'appareils deph;aii[ueoudechimie:ielsque baromètres,
ARGENT. i07
manomètras, thermomètres, cuves à mercure, etc. Il est employé dans rétamage des glaces. C'est surtout à l'extraclion de l'or et de l'argent qu'est appliquée la plus grande partie du mercure retiré du cinabre.
ARGENT (Ag) Équiv. en poids = 108
3418- Propriétés physiques. — L'argent est le plus blanc des métaux, c'est celui qui, par le poli, acquiert le plus d'éclat. Sa densité est 10,5. Il fond vers lOOO», et se volatilise à une température plus élevée en donnant des vapem^s vertes. — A l'état liquide, il jouit de la propriété de dissoudre 22 fois son volume d'oxygène et de laisser dégager ce gaz au moment où il se solidifie. Ce dégagement brusque détermine souvent la projection d'un peu de métal et la production d'une espèce de champignon à la surface du bouton métallique ; on dit alors que l'argent roche.
L'argent est très-ductile, très-malléable et assez tenace. Il est bon conducteur de la chaleur et de l'électricité.
349. Propriétés chimlciiies. — L'argent ne s'oxyde à l'air à aucune température; il se combine directement avec la plupart des métalloïdes à une température plus ou moins élevée.
L'acide azotique le dissout à froid, môme quand il est étendu et donne da bioxyde d'azote avec de l'azotate d'oxyde d'argent.
L'acide wlfurique ne l'attaque que lorsqu'il est concentré et bouillant.
L'acide ehlorhydrique ne l'attaque que superficiellement, parce qu'il se produit un chlorure insoluble qui protège le reste du métal.
L'acide sulfhyûrique le noircit en formant une couche de sulfure d'argent.
Les alcalis ne sont pas attaqués par l'argent, aussi se sert-on toujours de creusets et de bassines d'argent pour la préparation delà potasse (399), et de la soude, ainsi que pour l'attaque des silicates par ces alcalis.
3SO* Alliages* — Nous avons mdiqué (399) la composition des principaux alliages d'argent et de cuivre employés dans la fabrication des monnaies, des médailles, de la vaisselle d'argent et des objets de bijouterie. Pour déterminer le titre eiact de ces alliages, on peut avoir recours & deux procédés différents : la coupellation et la voie humide.
33 i. Essai des alliages par eoopeilatloii. — La coupelUition est fondée : 1* sur ce que l'argent chauffé et maintenu en fusion ne s'oxyde pas à l'air, tandis que les autres métaux, et notamment le cuivre, s'oxydent à cette température ; 2* sur ce que le plomb, en s'oxydant donne un oxyde (litharge) fusible, capable de pénétrer par imbi* bition dans les terres poreuses, et susceptible de dissoudre et d'entraîner
avec lui l'oxyde de cuivre infusible à la température à laquelle on opère.
La coupellation permet de retirer des traces d'argent du plomb argentifère. Cependant, employé pour essayer un alliage, elle ne donne pas un résultat rigoureusement exact, par suite de la vaporisation d'une très* faible quantité d'argent ou à la pénétration d'une petite quantité de ce métal dans la coupelle. L'erreur peut être quelquefois de 3 à 4 millièmes.
35S. Essai par voie humide. — Gay-Lussac a donné une méthode qui permet d'obtenir à un demi-millième près le titre d'un alliage de cuivre et d'argent.
Cette méthode repose sur ce fait qu'une dissolution d'un chlorure alcalin versé dans une dissolution d'un mélange d'azotate d'oxyde d'argent et d'azotate d'oxyde de cuivre, précipite tout l'argent à l'état de chlorure très-dense qui se réunit, laissant une dissolution parfaitement limpide qui retient tout le cuivre.
353. Métallargie de VwvgeaU — L'argent existe dans la nature, soit à l'état natif, soit à l'état de sulfure, de chlorure ou d'arséniure. Le sulfure d'argent est le principal minerai. Les mines les plus riches sont celles du Mexique et du Pérou, dans le nouveau monde, celles de Saxe et de Korwége dans l'ancien continent.
Quand le sulfure d'argent est intimement associé aux minerais de cuivre ou de plomb, on traite l'ensemble comme s'il ne contenait que le cuivre ou le plomb, et ce n'est qu'après l'extraction qu'on sépare l'argent de l'antre métal par coupellation.
Quand le sulfure et le chlorure d'argent sont libres ou mélangés à de petites quantités seulement de pyrite, on emploie généralement la méthode de cMoruration et amalgamation. Cette méthode consiste à faire passer tout l'argent à l'état de chlorure, que l'on dissout dans du chlorure de sodium, d'où l'on précipite ensuite l'argent à l'aide d'un autre métal plus chlorurable. L'argent pulvérulent agité avec du mercure se rassemble en formant un amalgame qui, décomposé par la chaleur, donne l'argent métallique.
Les moyens de chloiniration et d'amalgation varient avec les conditions de l'exploitation, de là deux procédés complètement distincts :
1* ProoEdé de Freibemg. — Le minerai formé de sulfure d'argent disséminé dans de la pyrite est bocardé et mêlé ensuite avec ^ de son poids de sel marin. On grille ce mélange dans un fourneau à réverbère ; les sulfures combustibles passent à l'état d'oxydes en dégageant de l'acide sulfureux ; il se forme en même temps de l'adde sulturique, qui réagissant sur le sel marin, fourait du sulfate de soude et de l'acide chlorhydrique. Cet acide transforme l'argent en chlorure. -^ La masse ainsi obtenue est pulvérisée, lavée et introduite avec 30 kil. d'eau et 6 kîlogr. de fer pour 100 kil. de matières dans des tonneaux qui peuvent tourner «utour d'un axe horiiontal ; aprèi Im BYoir fait tourner pendant une