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heure, on ajoute 5 kil. de mercure, et on fait tourner de nouveau pendant seize heures.

Le chlorure d'argent dissous dans Teau chargée de sel marin csf d'abord attaqué par le fer, qui donne du protochlorure de fer et de l'argent métallique très-divisé; le mercure s'amalgame ensuite avec l'argent pulvérulent. Cet amalgame, recueilli et filtré est soumis à l'action de la chaleur, le mercure se volatilise, l'argent reste.

2« Procédé américain. — Au Mexique et au Chili la rareté du combustible force à opérer à froid. Le minerai compose de sulfo-arséniure et de sulfo-antimoniure d'argent, mêlé de chlorure d'argent et d'argent natif, est réduit en poudre impalpable, puis mélangé avec 2 à 3 pour 100 de sel marin. On porte le tout dans une aire circulaire pavée de dalles inclinées, où on le fait piétiner par des mules. Quelques heures après, on ajoute au mélange environ 1 pour 100 de pyriie de cuivre grillée à l'air {magistral), consistant principalement en sulfate de cuivre, et on fait piétiner de nouveau. Il se forme alors du sulfate de soude et du chlorure de cuivre qui, par son action sur le sulfure d'argent, donne du chlorure d'argent et du sulfure de cuivre. On ajoute en môme temps du mercure qui, réagissant à la fois sur le chlore et sur l'argent du chlorure d'argent produit du chlorure de mercure et un amalgame d'argent. Au bout de quinze jours le mercure a dissous assez d'argent pour former une masse solide ; on fait une seconde addition de mercure, puis une troisième ; on continue ainsi jusqu'à ce qu'on ait employé environ huit parties de mercure pour une d'argent. Au bout de quelques mois, l'opérai ion est terminée ; on lave à grande eau ; les matières salines et terreuses sont entraînées : l'amalgame seul reste au fond des vases. On en retire l'argent par l'action de la chaleur, comme dans le procédé saxon.

OR (Au) Équiv. en poids = 98,2

•*4i» Propriétés. — L'or est un métal doué d'une belle couleur jaune caractéristique. Sa densité est 19,5. Il fond vers 120«, et se volatilise à une température plus élevée, en donnant des vapeurs vertes. — C'est le plus ductile et le plus malléable de tous les métaux ; on peut le réduire en feuilles de fôfoô ^^ millimètre d'épaisseur. — Ces feuilles laissent passer la lumière verte.

L'or est inaltérable à l'air à toutes les températures.

Le chlore et le brome sont les seuls métalloïdes qui l'attaquent à froid.

Le mercure le dissout facilement à toute température.

Les acides sulfurlque, azotique et chlorhydrique employés isolément cent sans action sur lui.

L'eau régale le dissout en donnant du sesquiclilorure d'or (Â*GP].

S5S. Essai par coopelIatloB — L'essai des alliages d'or se fait par la coupellation ; mais, pour arriver à des résultats exacts, il faut commencer par ajouter à l'alliage une quantité d'argent triple de celle de l'or qu'il est supposé contenir.

S5C. Essai an tonctaan. — L'essai des bijoux se fait en frottant l'objet sur une pierre siliceuse noire très-dure, nommée pierre de touche. De part et d'autre de la trace métallique laissée par l'alliage, on fait un trait avec des alliages en proportion connue et entre lesquels on suppose que le titre du bijou se trouve compris, puis on passe sur ces trois traits un bouchon de verre imprégné d'un mélange d'acide azotique avec trèspeu d'acide chlorhydrique. La couleur des traces permet à un essayeur expérimenté de reconnaître le titre à 1 centième près.

S5V. Métallarsie de For. — L'or est un des métaux les plus ré-^ pandus dans la nature, mais on ne le trouve toujours qu'en très-petites quantités; il existe tantôt à Tétat natif, tantôt en combinaison avec l'argent, le plomb et le cuivre. On le rencontre généralement sous forme de paillettes, disséminées, soit dans les sables d'alluvions anciennes, comme en Californie, dans les monts Durais et dans TÂustralie, soit dans les roches dont la désagrégation a produit ces sables d'alluvion. '

Pour extraire l'or des sables aurifères, on les soumet à un traitement mécanique qui consiste à éliminer, par un lavage, la plus grande partie des matières terreuses de manière à ne laisser que peu de sable avec l'or.

Le traitement chimique consiste à agiter l'or (mêlé d'un peu de sable) avec du mercure ou avec un amalgame de sodium (procédé Calvert) qui dissout l'or et laisse le sable.

L'amalgame ainsi obtenu est comprimé dans une peau de chamois. L'excès de mercure filtre à travers les pores de la peau, et il reste un amalgame solide que Ton soumet à l'action de la chaleur ; le mercure se vaporise, l'or reste dans la cornue.

Quand l'or est associé aux minerais de plomb, de cuivre ou d'argent on traite ces minerais comme si on voulait en extraire seulement le plomb, le cuivre ou l'argent ; Tor est entraîné avec le métal, on l'en sépare ensuite par coupellation.

PLATINE (Pt) Équiv. en poids = 98,S

958. Propriétés physiques. —Le platine est un métal d'un blanc gris&lre dont la densité est 22. Il est très-malléable, très-ductible eC très-tenace. 11 ne fond qu'aux feux de forge les plus violents ou à la température du chalumeau à gaz de l'éclairage alimenté par l'oxygène

PLATIKE. 201

Le platine fondu absorbe l'oxygène comme l'argent et roclie comme ce métal par refroidissement.

Porosité do platixe. — Le platine est très-poreux et s'échauffe en condensant les gaz. — Celte propriété est surtout remarquable dans la mousse ^ ou éponge de platine, que l'on obtient par la calcination du chlorure double de platine et d'ammoniaque, et dans le noir de platine qui se précipite quand on traite la dissolution de chlorure de platine par une dissohilution alcoolique de potasse. — Le noir de platine détermine l'oxydation de l'alcool absolu, et souvent avec inflammation.

Kous avons vu (8) que l'éponge de platine introduite dans un mélange de gaz oxygène et hydrogène y devient incandescente et détermine la combinaison des deux gaz avec explosion. Un courant d'hydrogène dirigé sur la mousse de platine dans l'air (44) y produit également une incandescence qui enflamme l'hydrogène [briquet à hydrogène).

Le platine forgé ou fondu présente encore ces propriétés, quoique à un moindre degré. A la température ordinaire, il ne paraît pas poreux; mais, à une température plus élevée, il condense les gaz en s'échauf- Tant, et détermine alors la combustion des gaz combustibles au contact de rah\ C'est ce que l'on constate de la manière suivante : on

suspend [fig. 157) une spi- Fig. 157. - Spirale du Fig. 158. - Lampe

raie de platine au-dessus platine sur g^^j flamme,

de la mèche d'une lampe la lampe à alcool.

à alcool, puis après avoir allumé la lampe de manière à rougir la spirale, on l'éteint en soufflant dessus, le til de platine reste lumineux, la vapeur d'alcool se combine dans les pores du platine avec l'oxygène de l'ab:, et cette combustion dégage assez de chaleur pour maintenir le métal à l'incandescence. Un phénomène analogue se produit quand on suspend [fig. 158), dans un verre contenant un peu d'éther et d'alcool, une spirale de platine préalablement portée au rouge. La spirale reste incandescente tant qu'il y a de l'air susceptible de brûler la vapeur d'éther.

859. FiisIoB dnplatliae. — MM. H. Sainte-Glaire Deville etDebray ont donné un procédé pour obtenir de très-grandes masses de platine fondu.

Ils introduisent peu à peu le métal en lames dans une grande coupelle de chaux vive [fig. 159), fermée par un couvercle de même matière. Un chalumeau à gaz de l'éclairage alimenté par de l'oxygène, pénètre dans la partie centrale de la voûte de cette espèce de fourneau à réverbère. — Le métal, une fois fondu, peut être coulé dans une lingotière en fer, re-* couverte de plombagine. — La chaux joue dans ces fours un rôle chimique

impoi'Laiit; elle agil sur toutes les icapuretés dont on a intérêt à débarrasser le p1atine.Ce n'est donc pas une simple fusion que l'on fait éprourer au platine, c'est un afiinage, et même un aflinage très-complet.

SttO. Propriété* eUmlqaea. — Le plaline ne s'oiyde i aucune température au contact de ro:iygéne ou de l'air. — Le soufre, le phos- > pliore, l'arsenic, le bore et le silicium peuvent se combiner directement avec lui.

Il faut éviter de chaufFer les creusets de platine au contact des charbons, car la silice que contient toujotu^ le charbon se réduit, sous la double iniluence du charbon et du platine qui ab»)rbe te silicium réduit.

Les acides chloi'bydrique, sulturique et aiotique , isolés , sont sans action sur le platine. Ce métal se. dissout dans l'eau régale, en doiuiant du bicblorure, PiCl*. — Le platine est facilement attaqué par les alcalis en présence de l'oxygène, avec lequel il forme un o\yde acide (PtO').

- Fntion du platine. Fig. IGO.— Com|irasian de

l'éponite de plalini'.

SSI. État MMtorcl. —Le platine exisie à l'état natif dans les sables d'alluvions anciennes. On le trouve en Colombie, dans la Nouvelle-Grenade , au Brésil , en Californie et dans les monts Ourals. Il se prégetite d'ordinaire en grains lugueui ou en paillettes mélangées avec de l'or el d'autres métani.

*•>. BBtrMUloH. — Pour extraire le platine de BOn loiacrai, on

OXYDES UÉTâLLIQUES. 203

sépare d'abord l'or par le mercure ou par Teau régale très-faible, puis on attaque la matière par l'eau régale à chaud. Le platine se dissout en laissant un résidu insoluble. La dissolution, traitée pai' le chlorhydrate d'ammoniaque, donne un précipité jaune de chlorure double dç platine et d'ammonium. Ce précipité lavé, séché et calciné au rouge, donne la mousse de platine. Jusque dans ces derniers temps, cette mousse, réduite en poudre et délayée avec de l'eau, était fortement comprimée (fig. 161) dans un cylindre creux de fer, jde manière à acquérir un peu de cohésion, puis chauffée au rouge blanc et martelée. MM. H. Sainte-Glaire Deville et Debray ont substituée ce mode d'agrégation long et pénible le mode de fusion dont nous avons parlé (359).

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