Éther bialcoolique, isomère du g. térébalcool
Citraconalcool normal (éther pyrocitrique, itaconique, citraconique). — C9H140*. — On l'obtient en éthérifiant l'acide citraconique au moyen de l'alcool et de l'acide hydrochlorique (Malaguti), ou bien en distillant un mélange d'alcool , d'acide citrique et d'acide sulfurique concentré, de manière à décomposer l'éther citrique, qui se produit en premier lieu (Marchand).
NEUVIÈME FAMILLE. ICg
Ces! on liquide incolore, amer, d'une densité de 1,040 à 18°5. Il bout à ±2y\ en se décomposant e» partie. Il se mélange en toutes proportions avec l'alcool et l'éther; d'une manière à peine sensible avec l'eau. Par un contact prolongé avec ce dernier liquide, il s'acidifie et régénère de l'alcool (Malaguti, Crasso).
Genre Térébalcool R-<04.
494. Ether unialcoolique , isomère du précédent. Térébalcool normal (éther térébique). — C9H,404. — On obtiendra sans doute cet éther avec l'acide térébique (425).
Genre Vé rat rate R~804.
495. Sel unibasique , trouvé par 31. Merck dans la graine de cévadille ( Veratrwn Sabadilla).
Vératrate normal (acide vératrique). — C9H10O (Schrœtter).— On se procure ce corps en épuisant la graine de cévadille (l) par de l'alcool mélangé d'acide sulfurique, et précipitant l'extrait par de l'hydrate de chaux ; il se produit alors un précipité de vératrine et de sulfate de chaux, qu'on sépare par le filtre; le V. calcique reste en dissolution ; on en chasse l'alcool par la distillation , et l'on ajoute de l'acide hydrochlorique ou sulfurique au résidu; le V. normal cristallise alors par le refroidissement du mélange ; on le purifie en traitant sa solution alcoolique par du charbon animal.
Il s'obtient , par l'évaporation spontanée , en aiguilles quadrilatères. A 100°, ces cristaux perdent de l'eau, et deviennent d'un blanc mat ; ils fondent , à une température supérieure , en un liquide incolore , et se subliment plus tard sans s'altérer. Il est peu soluble dans l'eau froide.
L'acide nitrique et l'acide sulfurique concentrés ne l'attaquent pas beaucoup.
Les V. à base d'alcali sont fort solubles dans l'eau et l'alcool , et cristallisables.
(1) MM. Pelletier et Caventou ont extrait de la graine de cévadille ud acide qu'ils appellent acide cévadique , et qui fond déjà à 20° et se sublime. L'analyse de ce corps n'a pas encore été faite.
Vératrate argent iejue. — C9(H9A<y)(K — Précipité blanc légèrement soluble dans l'eau.
Le V. plombique est insoluble dans ce liquide.
Genre Léeemorine R-,004.
Léeemorine normale (érythrine de Heeren?). — C9H8(X — Ce principe (1) a été extrait par 31. Schunck de différents lichens appartenant aux genres Lecanora et Variolaria; voici comment on se le procure. Après avoir réduit les lichens en poudre fine, on les épuise par l'éther dans un appareil de déplacement ; on chasse l'éther de l'extrait, et l'on obtient ainsi un résidu, qu'on recueille sur un grand entonnoir pour le laver avec de l'éther jusqu'à ce qu'il soit incolore; on l'épuisé ensuite avec de l'eau., et on le fait dissoudre et cristalliser dans l'alcool (Schunck).
Il est avantageux d'employer, dans cette préparation, de l'ammoniaque caustique pour traiter les lichens ; du moins c'est à l'aide de ce solvant que MM. Rochleder et Heldt sont parvenus à extraire ce corps de YEvernia pnmastri. Ces chimistes épuisent le lichen par un mélange d'ammoniaque et d'alcool, ajoutent à l'extrait un tiers de son volume d'eau , et le saturent par l'acide acétique. La L. se précipite alors en flocons gris, qu'on sèche à 100°, après les avoir lavés, et qu'on fait dissoudre dans une petite quantité d'alcool absolu et bouillant. Les cristaux s'obtiennent purs par de nouvelles cristallisations.
Ainsi obtenue, la L. est parfaitement blanche, et se compose d'aiguilles groupées en étoiles; elle est insoluble dans l'eau , peu soluble dans l'alcool froid , assez soluble dans l'alcool bouillant , fort soluble dans l'éther et dans l'acide acétique. Elle est très soluble dans les alcalis aqueux fixes, ainsi que dans l'ammoniaque; la solution récemment préparée donne , avec les acides , un précipité de L. non altérée; mais si elle a été abandonnée pendant quelques heures, les acides y déterminent une effervescence d'acide carbonique , et alors on trouve de l'orcine (447) dans le liquide (Schunck).
Bouillie longtemps avec de l'eau , la L. finit par s'y dissoudre ,
(1) La formule de ce corps est fort douteuse. ( Voyez, p. 50 , la note.)
NEUV1BMB FAMILLE. H l
mais alors elle se trouve aussi transformée en orcine. Cette métamorphose est très rapide Lorsqu'on t'ait bouillir la L. avec de l'eau de baryte; il se dépose alors du carbonate de baryte, et, par Tévaporation du liquide, on obtient des cristaux d'orcine.
La distillation sèche de la L. donne naissance aux mêmes produits; il distille alors de l' orcine, et le résidu ne noircit que si la distillation est trop brusque.
Abandonnée à l'air , en dissolution dans l'ammoniaque aqueuse, la L. prend peu à peu une couleur pourpre très belle.
Bouillie avec de l'acide nitrique, elle développe des vapeurs rouges, et fournit beaucoup d'acide oxalique.
Lorsqu'on fait passer un courant de gaz hydrochlorique dans une solution de lécanorine dans l'alcool absolu , saturée à l'ébullition , et qu'on chauffe ensuite le produit au bain-marie pour en chasser les parties les plus volatiles , l'eau sépare du résidu une masse résinoïde [pseudérythrine de Heeren , érytkrine de M. Kane, 22e fam.), qu'on obtient pure, en la faisant cristalliser dans l'eau bouillante. La L. donne le même produit quand on la fait bouillir avec un mélange d'alcool et d'acide sulfurique (Schunck, Rochleder etHeldt,).
Lécanorine calcique. — Une solution ammoniacale de L. normale donne , avec le chlorure de calcium , un précipité gélatineux, soluble en faible proportion dans l'alcool et l'eau; les acides précipitent, de la solution de ce produit, la L. normale en flocons blancs.
Lécanorine plombique. < — C9(H7P6)04. — Lorsqu'on ajoute une solution de L. normale dans l'alcool, il se produit un précipité (1) légèrement soluble dans l'alcool.
Genre Térétinate R— 405.
497. Sel bibasique? Au contact de la litharge , l'essence de térébenthine (10e fam.) s'oxyde et se dédouble en acide formique et acide térétinique :
CioHi6 l o7 = CH202 + C9Hl405.
(1) MM. Rochledei; et Heldt en représentent la composition par Ci8lIi608,P620 = G9(H8P6 04V2; ma formule s'accorde parfaitement avec leur analyse.
Térétinate normal ( acide térétinique). — OH140 ( Kolbe). — Quand on chauffe doucement de l'essence de térébenthine avec de la litharge, elle se colore en absorbant beaucoup d'oxygène ; peu à peu elle se décolore de nouveau , et alors on trouve au fond du vase un précipité jaune et volumineux (1). On jette celuici sur un filtre , et on l'épuisé par l'alcool bouillant , jusqu'à ce que ce liquide ne soit plus troublé par l'eau ; on dessèche le précipité , et on le décompose , dans un tube , par de l'hydrogène sulfuré ; l'alcool extrait alors du produit un corps résinoïde dont la solution réagit acide , et qui dépose , par l'évaporation spontanée au soleil, de petits groupes de cristaux blancs et déliés. Si l'on évapore trop promptement , on n'obtient qu'une masse brune et visqueuse, sans apparence cristalline (Weppen).
La solution alcoolique des cristaux précipite la plupart des solutions métalliques , et est également précipitée par l'eau ; un excès d'alcool dissout les précipités (2).
Genre Tartramylate R-206.
498. Sel copule unibasique , homologue des g. tartrométhyîate (360) et tartrovinate (385).
Les T. se convertissent , par l'ébullition de leur solution aqueuse , en amylol normal et en tartrates :
C9Hi6o6 -f h20 = C5HI20 + C4H606.
Tartramylate calcique. — Quand on traite l'acide tartrique par F amylol normal dans un appareil distillatoire, on obtient un résidu sirupeux qui , dans l'espace de vingt-quatre heures , laisse déposer une matière blanche qu'on peut priver, au moyen de l'éther , de la liqueur visqueuse au milieu de laquelle il s'est formé. Cette dernière est très amère ; traitée par le carbonate de chaux , elle donne un sel qui cristallise en lamelles nacrées , gras au toucher.
Tartramylate argentique. — C9(H15A#)06. — La dissolution du
(1) L'eau en extrait du formiate de plomb surbasique.
(2) II. Caillot a extrait de la térébenthine de Strasbourg , provenant du Pinus picea et abies , une matière résineuse et cristallisante , à laquelle il donne le nom d'abiétine (résine-gamma de Berzélius) , et qui présente quelque analogie avec le corps de M. Weppen.
RBUYISKB FAMILLE. 113
r. calcique, précipitée par une dissolution concentrée de nitrate d'argent, donne du T. argentique peu soluble et d'un aspect nacre (Balard).
(b) Combinaisons sulfatées.
Genre Sulfocumrnate R-6S03.
499. Sel copule unibasique, homologue des g. sulfobenzidate (391) , sulfobenzoénate (430) , etc. ; produit par l'accouplement du cumène normal (480) avec l'acide sulfurique.
Siilfueumpnote normal (acide sulfocuménique). — C9H12S03.
On verse dans un verre à pied environ 1 p. de cumène et 2 p. d'acide sulfurique de Nordliausen; on agite le tout avec une baguette de verre, jusqu'à ce que le cumène se soit dissous dans l'acide. En opérant sur de grandes quantités , on peut abandonner le mélange dans un flacon bouché ; la dissolution s'effectue alors peu à peu d'elle-même. Elle est d'un brun foncé ; quand on l'étend d'eau, la coloration disparaît entièrement, et la nouvelle dissolution est parfaitement incolore. Si l'on a laissé les deux corps assez longtemps en contact , tout le cumène demeure en dissolution (Gerhardt et Cahours).
Sulfocuménate barytique. — C9(HuB#)S03. — On sature la solution précédente par du carbonate de baryte , et si elle est assez étendue , on peut chauffer le mélange , afin que la réaction s'achève plus rapidement. Le sulfate ayant été recueilli sur un filtre , on a une solution de S. bary tique , qui se prend en masse parla concentration, en donnant de belles lames nacrées, très brillantes , semblables à des écailles de poisson.
La solution de ce sel ne se décompose pas par l'ébullition. Elle ne produit point de précipité dans les solutions de chlorure de calcium, d'acétate de plomb, de bichlorure de mercure , de chlorure de cuivre , de chlorure de nickel , de bismuth, etc.
MM. Gerhardt et Cahours ont décrit, sous le nom de rétinylate de baryte, un sel qu'ils ont obtenu avec l'acide sulfurique fumant et le rétinyle de MJI. Pelletier et Walter ; ce sel présentait la même composition que le S. ; toutefois il ne possédait pas toutà-fait les mêmes caractères physiques. Il était bien moins so-
lubie que le S. , et sa solution , concentrée par l'évaporation , ne se prenait pas en masse par le refroidissement, mais abandonnait peu à peu des croûtes cristallines , qui se rassemblaient à la surface du liquide, et n'offraient point l'éclat nacré du S. Le sel renfermait d'ailleurs quelques impuretés, et il est possible quelles l'aient empêché de bien cristalliser.
Genre Sulfocinnamate R-,0SO5.
500. Sel copule bibasique, produit par l'accouplement du g. cinnamate (484) avec l'acide sulfurique.
Sulfocinnamate normal (acide sulfocinnamique). — G9H8S05 -f 3 aq, — Lorsqu' on verse de l'acide sulfurique concentré sur de l'acide cinnamique en évitant un excès du premier, une partie de l'acide cinnamique se sépare de nouveau par l'addition de l'eau. Mais si l'on prend, pour 1 p. d'acide cinnamique, 8 a 12 p. d'acide fumant de 1,92 à 1,87 de densité, il ne s'en dépose presque plus rien. La dissolution s'effectue avec chaleur sans dégagement de gaz sulfureux. On sature par du carbonate de baryte le mélange étendu d'eau; après avoir filtré , on décompose le liquide par de l'acétate de plomb basique , et l'on traite le précipité par l'hydrogène sulfuré (Herzog).
Le S. normal se prend dans le vide en une masse amorphe , un peu hygroscopique , fort soluble dans l'eau et l'alcool. Par l'évaporation spontanée de la solution alcoolique, il se prend en prismes allongés contenant 3 éq. d'eau de cristallisation.
Il précipite les solutions de l'acétate de plomb surbasique, du protonitrate de mercure, et, au bout de quelque temps, celle du chlorure de baryum. La plupart des S. métalliques sont d'ailleurs solubles dans l'eau.
Sulfocinnamate bipotassique (sel neutre). — C9(H6K2)S05. — Obtenu par double décomposition , ce sel est amorphe , et fort soluble dans l'eau.
Sulfocinnamate potassique (sel acide). — C9(H7K)S05. — Lorsqu'on ajoute de l'acide hydrochlorique à la solution aqueuse du S. bipotassique, il cristallise un sel acide en aiguilles agglomérées.
Sulfocinnamate bibarytique (sel neutre). — O(H6Ik2}S05 + aq.
— 11 est presque insoluble dans l'eau ; lorsqu'on le chauffe dans un tube de verre , il dégage une légère odeur , semblable à celle de l'huile de cannelle.
Su/focinnamate barytique (sel acide). — O(H7Btf)S05 -f- aq. — Bouilli avec de l'eau aiguisée d'acide nitrique, le sel précédent dépose des aiguilles fort jolies de S. barytique. Ce sel est inaltérable à l'air, peu soluble dans l'eau et l'alcool ; il perd son éclat à 100°, en développant 1 éq. d'eau de cristallisation.
Lorsqu'on verse sur les cristaux une solution d'ammoniaque diluée , ils se dissolvent aisément , et déposent bientôt après des prismes qui, à l'air, dégagent de l'eau et de l'ammoniaque (Herzog).
Sulfocinnamate biargentiqae. — O(H6A#2)S05. — On ne peut l'obtenir ni en forme régulière ni sous forme de précipité ; mais on le prépare en décomposant le S. bibarytique par du sulfate d'argent, évaporant au bain-marie et dans le vide. Il s'y dessèche en une croûte grise amorphe et brillante. Si l'on opère à feu nu, il faut faire attention que le sel ne se réduise pas ; car, à une certaine concentration, le tout se prend subitement en une masse gélatineuse.
Genre Sulfocamphorate R— 2S06.
501. Sel copule bibasique, produit par réchauffement d'un mélange de camphoride normal (10e fam.) , en même temps que CO est éliminé :
C'°H"03 -f SH204 = C9Hi6S06 4- GO.
Sulfocamphorate normal (acide sulfocamphorique^. — C9H16S06 + 2 aq. — Si l'on introduit par petites portions du camphoride normal (acide camphorique dit anhydre) dans de l'acide sulfurique concentré et pris en excès , le camphoride se dissout , et la dissolution reste parfaitement limpide ; le mélange, étant étendu d'eau , précipite tout le camphoride inaltéré. Mais si l'on chauffe le mélange jusqu'à 65°, il s'effectue un dégagement fort tumultueux d'oxyde de carbone , sans acide carbonique ni gaz sulfureux ; dès qu'il a cessé , on étend d'eau , et on laisse reposer pendant quelque temps, afin qu'il puisse déposer le camphoride
1 1 1> BISTOIRE ET CLASSIFICATION.
qui n'aurait pas été attaqué. Filtré et exposé dans le vide, le liquide dépose bientôt des cristaux , quelquefois colorés en vert , qu'on fait égoutter dans un entonnoir bouché avec de l'amiante, et qu'on exprime ensuite entre des doubles de papier Joseph. On les fait redissoudre dans l'alcool , et on les fait cristalliser de nouveau jusqu'à ce qu'ils ne soient plus colorés (Walter).
Le S. normal cristallise en prismes à 6 pans , incolores et fort amers, fort solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther. Ils perdent dans le vide 2 éq. d'eau de cristallisation.
Cet acide fond entre 160 et 165°, et s'altère à une température plus élevée. L'acide nitrique le dissout à froid, mais avec lenteur; bouillant , il le dissout promptement , sans l'attaquer, et sans répandre de vapeurs rutilantes. L'acide sulfurique concentré le dissout, et finit par le charbonner.
Sulfocamphorate biammoniacal . — OHl6SO, 2 NH3 + aq. — Cristaux groupés en étoiles très solubles dans l'eau , et rougissant le tournesol.
Sulfocamphorate bipotassique . — ■ C9(H,4K2)S06. — Lorsqu'on abandonne à l'évaporation spontanée une dissolution aqueuse de S. normal sursaturée par de la potasse, on obtient, par l'évaporation , des aiguilles très fines , douées d'une saveur styptique et rafraîchissante. Ce sel est neutre au papier, très soluble dans l'eau, et fort peu soluble dans l'alcool. Quelquefois on obtient aussi des choux-fleurs qui paraissent constituer un sel acide.
Sulfocamphorate bibarytique. — C9(H»W)S06. — Il s'obtient sous la forme d'une masse gommeuse , incolore ou légèrement jaunâtre, rougissant très légèrement le papier de tournesol, très soluble dans l'eau , et peu soluble dans l'alcool.
Sulfocamphorate biplombique. — C9(H14P62)S06.— Masse amorphe, d'une saveur sucrée, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, et rougissant le papier de tournesol.
Sulfocamphorate biargentique. — C9(H14A#2)S06. — En saturant une dissolution de S. normal par l'oxyde d'argent , on obtient une dissolution incolore, qui, évaporée au ■ bain-marie , dépose des croûtes cristallines , solubles dans l'eau , peu solubles dans l'alcool à froid , et un peu solubles à chaud. Ce sel rougit aussi le tournesol.
Sulfocamphorate ruprn-barytique. — C9(Hl4C?/Brt)S06. — En
NFLMÈME FvMILl.E. 1 17
précipitant à froid du S. bibarytique par une dissolution de deutosulfate de cuivre, on obtient , a ce qu'il parait , un sel qui présente cette composition (Walter).
(c) Combinaisons azotées.
Genre Quinoléine R 11N (1).
502. Alcaloïde. Produit de l'action de la potasse fondante sur ta quinine , la cinchonine et la strychnine :
C2oH24\202 | 2H20 = 2C9H7.N -f 2CO'2 -f 7H2 C2oH24N20 4- 3H-'0 == 2C9H7N + 2C02 + 8H2 c«h-24N202 + blJ20 = 2C9H7> + 4C02 + HH2
Quinoléine normale (leucole). — C9H7N. — Pour obtenir ce corps , on chauffe quelques fragments de potasse caustique dans une cornue tubulée , avec très peu d'eau , et on y verse de la cinchonine en poudre par petites portions ; en chauffant ensuite plus tort, de manière à faire rougir l'alcaloïde, on voit bientôt se dé-
(1) Dans le mémoire que j'ai publié sur ce corps, j'avais calculé de mes analyses une formule plus compliquée qui se trouve aussi rapportée t. I, p. 127 et loi ; mais je viens de m'assurer, contrairement à ma première opinion , que la quinoléine distille sans altération et appartient à la classe des alcaloïdes volatils semblables à la conine , à l'aniline . etc. On a d'ailleurs dû remarquer que ma formule du chloroplatinate , où figuraient 2 éq. de bichlorure de platine , présentait une anomalie pour ces sortes de sels ; ma nouvelle formule la fait disparaître.
Le leucole de Runge, analysé récemment par M. Hofmann , me semble être le même corps : M. Hofmann pense qu'il y a une différence , parce que, dit-il, l'acide chromique précipite Ja quinoléine en beau jaune orangé, tandis qu'il convertit le leucole en une masse noire et résinoïde. Mais je viens aussi de constater que la réaction dépend de Ja concentration de l'acide chromique , et que la quinoléine obtenue par la dnchonine donne tout aussi bien une résine noire. Du reste , la substance analysée par M. Hofmann ne me semble pas avoir été bien pure , car l'hydrogène a oscillé entre 6,55 et 6,09.
M. Bromeis {Annal, der Chem. u. Pharm., t. LI, p. 136; , a lait deux analyses de la quinoléine libre qui lui ont donné : carbone (avec 75 ) 82,7 — 82,8 ; hydrog. 6,11 — 5,88 : il en déduit la formule C19H^-N2 qui exige : carbone 83,8 ; hydrogène 5,9. Ma nouvelle formule C9H7\ , d'ae- <;ord avec celles des autres alcaloïdes . me parait préférable : elle exige •Hibone 83,7; hydrogène 5,42.
velopper des vapeurs acres, accompagnées de gaz hydrogène , et qui se condensent dans le récipient avec de l'eau. De temps à autre il faut renouveler l'eau qui se vaporise avec l'alcaloïde. II est bon de ne pas employer trop de cinchonine à la fois , mais de l'y ajouter successivement. La quinine, et surtout la strychnine, sont moins avantageuses pour la préparation de cet alcaloïde (Gerhardt).
L'huile du goudron de houille renferme , suivant M. Hofmann, un mélange d'aniline et d'un autre alcaloïde, le leucole, que je considère comme identique avec la Q. obtenue par la cinchonine ; la description que ce chimiste en donne s'applique entièrement à la Q. ; la voici :
C'est une huile incolore , d'une odeur désagréable , rappelant celle de l'essence d'amandes amères , et d'une saveur fort acre. Elle bout à 239°, et brûle avec une flamme fuligineuse ; elle se résinifie à l'air. On ne peut la distiller sans qu'il reste dans la cornue un léger résidu jaune, c'est ce qui empêche de prendre la densité de la vapeur de ce corps. Sa densité à l'état liquide est de 1,081 à 10°.
La Q. est peu soluble dans l'eau , cependant elle s'y dissout un peu à chaud; l'éther l'enlève à sa dissolution aqueuse. M. Bromeis a analysé deux hydrates de Q. , mais ce n'étaient que de simples mélanges.
Sa solution aqueuse tue les sangsues. Elle ne se colore pas , comme l'aniline, avec l'hypochlorite de chaux. Elle produit, dans le sulfate de cuivre , un précipité bleu ; elle précipite aussi les sels d'or, de mercure , de platine.
Elle se dissout aisément dans tous les acides , en dégageant Vodeur du jus d'herbes; mais tous ses sels ne cristallisent pas avec facilité.
Le chlore la convertit en une résine noire. L'acide nitrique , même fumant, ne l'attaque qu'avec beaucoup de lenteur; par une action prolongée, on finit par avoir une matière résineuse. Le permanganate de potasse le convertit en acide oxalique et en ammoniaque. En général, les réactions de cet alcaloïde sont bien peu nettes (Gerhardt, Hofmann).
Qvinoléine hydroeh! crique (chlorhydrate de leucole). — A peinp peut-on l'obtenir cristallisée ; le mélange destiné à produire c^
m l se dessèche dans Le vide en un sirop épais. Si l'on l'ait arriver du gaz hvdroehlorique sec à la surface d'une solution de leucole dans l'éther, la combinaison se sépare en gouttes qui, se déposant au fond du vase , s'y réunissent en un liquide lourd et gluant , qui , après un temps très long , se prend enfin en une masse cristalline (Hofmann). Quand on fait passer du gaz hvdroehlorique sur de la Q. normale, il est vivement absorbé et la matière s'échauffe ; si l'on a soin de refroidir , il se produit un sel cristallin , mais qui absorbe encore plus de HC/ en se liquéfiant. Les cristaux tombent à l'air en déliquescence ( Bromeis).
Quinoléine chloro-plcd inique. — OffN, HC/, PtCl2. — C'est de tous les sels de Q. celui qu'on obtient le plus aisément à l'état de pureté. Le bichlorure de platine détermine une précipitation abondante dans la Q. hvdroehlorique; le précipité est presque insoluble dans l'eau froide et dans l'alcool ; mais il se dissout dans l'eau bouillante, et s'y dépose, par le refroidissement, à l'état cristallin. Si la dissolution hydrochlorique ne contient que fort peu de Q. , ou si elle est fort étendue, il ne se produit pas immédiatement de précipité; mais, du jour au lendemain , on voit s'y former de fort belles aiguilles aciculaires et jaunes , qui se composent du même sel. Lorsqu'on emploie de la Q. brute, telle qu'elle s'obtient avec la quinine , toutes les impuretés restent sur le filtre par la dissolution du précipité jaune dans l'eau bouillante ; une seconde cristallisation suffit alors pour l'obtenir entièrement pur. La pureté du sel se reconnaît quand, en se déposant par le refroidissement de l'eau bouillante , il se précipite au fond à l'état cristallin , et que le liquide surnageant reste limpide (Gerhardt).
Le Q. chloroplatinique est insoluble dans l'éther.
Quinoléine cldoromercurique ( bichlorure de mercure et de leucole) . — C9H7X, 2 UgCl. — C'est un précipité blanc cristallin qu'on obtient en ajoutant du sublimé corrosif à une solution alcoolique de leucole. Il faut se garder d'employer trop peu d'alcool pour cette préparation, parce que le sel s'attache alors sous la forme d'une masse graisseuse aux parois du vase ( Hofmann ).
Quinoléine sidfuriqw '(sulfate de leucole). — Sel cristallisable et déliquescent. '
Quinoléine nitrique (nitrate de leucole;. — C'est de tous les
sels de leucole celui qui cristallise le mieux ; on le prépare en abandonnant à lui-même , sous une cloche , un mélange de leucole et d'acide nitrique étendu. Après quelque temps, le sel se sépare de cette solution jaune d'ambre en aiguilles entrelacées et concentriques, qu'on obtient blanches en les exprimant entre des doubles de papier Joseph. Il est extrêmement soluble dans l'eau et l'alcool ; il cristallise aisément dans ce dernier. Il est insoluble dans l'éther. A l'air, il se colore promptement en rouge. Chauffés avec précaution , les cristaux fondent , et , à une température plus élevée , ils répandent un gaz incolore , qui se condense en étoiles (Hofmann).
(Juinoléine oxalique. — Sel qui cristallise difficilement.
Genre Hippurate,
503. Sel unibasique. Les H. (normal, sodique) se trouvent tout formés dans l'urine fraîche de l'homme et des animaux . tant carnassiers qu'herbivores (Liebig).
Par la putréfaction , ainsi que par les agents oxygénants , ils se convertissent en benzoates.
Hippurate normal ( acide hippurique). — C9IPN03. — Il résulte des expériences de M. Liebig que toutes les urines provenant d'individus dont la nourriture est mixte , contiennent , en même temps que de l'acide urique , une quantité aussi grande d'acide hippurique. Voici comment il a obtenu ce dernier avec de l'urine d'homme récente : on évapore celle-ci au^bain-marie à consistance de sirop, et, après y avoir ajouté un peu d'acide hydrochlorique, on l'agite avec un même volume d'éther qui dissout l'acide hippurique. Il arrive ordinairement que le mélange ne se sépare pas en deux couches , il faut alors l'abandonner pendant une heure , et y ajouter ensuite l/20e de son volume d'alcool ; la séparation s'effectue ainsi , et la couche supérieure retient l'acide hippurique en même temps que l'urée. On enlève cette couche éthérée à l'aide d'un siphon , et on l'agite avec de petites portions d'eau qui dissolvent l'alcool et l'urée , tandis que l'acide hippurique reste dissous dans l'éther. L'acide hippurique cristallise alors par l'évaporation ; on le décolore par du charbon animal
m:i vibmb famille. i-jï
L urine de cheval ou de vache est plus riche en il. que celL
d'homme; on la concentre a chaud avec la précaution de ue
pas la laisser entrer en ébullition : puis on y ajoute un léger i - d'acide hydrochlorique . et on l'abandonne. Le produit qui cristallise alors est colore; niais on peut l'avoir pur a l'aide du charbon animal , ou mieux encore en le traitant a chaud par un courant de chlore jusqu'à disparition de toute odeur et couleur ; on peut également employer pour cette purification du chlorure de chaux et de l'acide hydrochlorique ( Liebig).
Une fois putréfiées , ces urines ne donnent plus que de l'acide benzoïque.
L H. n. cristallise en prismes a quatre faces terminés par des sommets dièdres : les cristaux sont souvent assez gros , transparents et doués de beaucoup d'éclat. Ils ont une saveur légèrement amère et rougissent fortement le tournesol. Cet acide ne se volatilise pas a la température a laquelle l'acide benzoïque se sublime, mais il fond à une température plus élevée en un liquide rouge-brun , et donne a la distillation une huile colorée en rouge et douée d'une odeur de ï^\e> de Tonka, de l'ammoniaque, de l'acide benzoïque et un fort résidu de charbon Liebig).
Il est soluble dans 400 p. d'eau froide, et plus soluble dan^ l'alcool.
L acide nitrique le dissout à chaud et le convertit en acide benzoïque qui se dépose par le refroidissement ; il est probable qu'il se produit en même temps de l'acide oxalique et de l'ammoniaque , car on a :
C9H9N03 4 H20 j 02 . C'H602 -f- C2H204 -f NH3.
L'acide sulfurique concentré le dissout à une chaleur modérée sans se colorer ; mais le mélange noircit , si l'on chauffe davantage, et alors il se sublime de l'acide benzoïque en même temps que SO2 se dégage. L'acide hydrochlorique le dissout sans l'altérer.
A chaud, un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique le transforme en CO2, acide benzoïque et NH3. Chauffé avec du peroxyde puce de plomb , il se convertit en benzamide normale en développant de l'acide carbonique (161; Fehling) :
C^HANO3 4- O3 = H2o 4- 2C02 4- C:H7.\0.
Distillé avec de la baryte ou de la chaux caustiques , TH. normal donne de l'ammoniaque et du benzène normal ( voyez la note 1 , t. I, p. 127).
L'H. normal se dissout avec la plus grande facilité dans l'eau contenant du phosphate de soude ordinaire ; il en est de même de l'acide urique à chaud. Ces acides s'y dissolvent même en si grande quantité que le phosphate de soude perd sa réaction alcaline et devient acide ; cette circonstance explique la réaction acide de l'urine , à l'état récent , de l'homme et des animaux (Liebig).
L'H. normal dissout aisément la plupart des oxydes métalliques ; les combinaisons solubles précipitent les persels de fer en couleur de rouille, le nitrate d'argent et le protonitrate de mercure en flocons blancs et caséeux.
Les H. à base de sodium, de potassium, de magnésium et d'ammonium , sont très solubles et cristallisent difficilement.
Hippurate barytique. — En faisant bouillir de l'H. normal avec du carbonate de baryte , on obtient un liquide alcalin qui se prend en gelée par l'évaporation ; cette gelée se dessèche en une masse fusible semblable à la porcelaine.
Hippwate calcique. — C9(H8O)X03. — On l'obtient en chauffant l'H. normal avec du carbonate de chaux; il cristallise, parle refroidissement , en prismes rhomboédriques , et , par l'évaporation , en larges feuilles , brillantes , et qui ne renferment pas d'eau de cristallisation ( Liebig).
Hippurate plombique. — C9(H8P£)X03. — Cristaux feuilletés, doués d'un éclat nacré.
Hippurate cuivrique. — Le carbonate et l'hydrate de cuivre sont très solubles dans l'H. normal ; l'H. cuivrique cristallise en aiguilles bleu d'azur , réunies en forme de rayons. A une température élevée , il perd de l'eau de cristallisation en devenant vert.
Genre Théobromine R~8N602.
503 a. L'espèce normale est contenue dans les fèves de cacao.
Théobromine normale. — C9H,0N602. — Quand on épuise les fèves de cacao par de l'eau , et qu'on traite l'extrait par de l'acétate de plomb ajouté avec précaution , on obtient un précipite
NEIWEME FAMILLE. 123
qu'on sépare du liquide. Celui-ei, purifié de l'excès de plomb . fournit , par lévaporation , la T. normale qu'on fait cristalliser dans l'alcool bouillant ( Woskresensky ).
Elle se précipite alors à l'état d'une poudre cristalline , douce d'une saveur amère. Elle ne s'altère pas à l'air; à 100° elle ne perd que 0.81 de son poids ; à 250°, elle commence à brunir , et, à une température plus élevée, elle se volatilise en produisant un sublimé cristallin et en laissant un peu de charbon.
Elle est peu soluble dans l'eau bouillante ; elle est encore moins soluble dans l'alcool et dans l'eau. M les acides ni les alcalis ne la décomposent et ne forment de combinaison avec elle.
Le tannin donne avec elle une combinaison qui se dissout dans un excès d'acide , dans l'alcool et même dans l'eau bouillante.
La solution aqueuse de la T. produit , avec une solution étendue de perchlorure de mercure , un précipité blanc , cristallin . peu soluble dans l'eau et l'alcool.
FONCTIONS
RAPPORTS
RAPPORTS
GENRES
DE TRANSFORMATION
DE TRANSFORMATION
chimiques
entre les genres
entre les genres
de la
DE LA DIXIÈME
DES GENRES
et d'autres familles.
Amilène II.
Hydrocarbure.
Action de Tac. phosphoriquesuri'amy-
lol normal (5e f.).
Ciiréliydrène R.
Hydroc. halhyd.
Le camphène n. fixe 2HCJ ou 2HBr.
Téréhydrène R-2.
Ilydroc. halhyd.
Le camphène n. fixe HCJ ou HBr.
Menthène R-2.
Hydrocarbure.
Le menthol norm. éli-
mine H20.
Camphène R— 4.
Hydrocarbure.
Le bornéol norm. éli-
Dans beaucoup d'es-
mine H20.
sences naturelles.
Gymène R— 6.
Hydrocarbure.
Le camphol norm. éli-
Dans l'essence de cu-
mine H20.
min naturelle.
Naphtessarène
Hydroc. hyperhal.
Le g. naphtalène fixe
'Naphduène R— 10.
Hydroc. hyperhal.
Le g. naphtalène fixe Décomposition des g.
Naphtalène R-12.
Hydrocarbure.
Action de la chaleur
naphtessarène et
sur la benzoate cal-|
naphduène par les
cique (7efam.J, etc.1
alcalis.
Amyléther ll+20.
Pseudéther.
Décomp. de 2 éq. de valérène chloré (5e fam.) par (KH)O ou