DE LA NEUVIÈME
DES GENRE S
« t d'aulrca familles.
Térélinate R-405.
Sel l)ibasique.
L'essence de térébenthine (10e f.) se dédouble par l'oxyde de plomb en térélinate et formiate.
Tartramylate
Sel copule unibas.
Accouplem. de l'acide
tartriq. (Zie f.) avec l'amvlol n. (5e f.).
Sulfocumcnate
Sel copule unibas.
Le eu mène n. s'ac-
n-6so3.
couple avec l'acide sulfurique.
Sulfocinnamate
Sel copule bibasiq.
L'acide cinnam. s'ac-
Il-1<'SO\
couple avec l'acide sulfurique.
Snlfocampliorate
Sel cop dé bibasiq.
Le campiioride norm.
(10e f.) se dissout
clans SH20* en éli-j
minant GO.
Quinoléine Il-9\.
Action de la potasse sur la quinine , la cinchonine , etc.
Hippurate
Sel unibasique.
Dans l'urine.
(a) Combinaisons non azotées.
Genre Élaïlène R+2.
477. Hydrocarbure, homologue des g. éthérilène (222) , butyrilène (296), etc.
Élaïlène bicldorê (chlorure d'élaïle). — C9H18C/2. — L'élaène normal se combine a froid avec le chlore, en produisant de l'E. bichloré , qui est huileux, plus pesant que l'eau , et d'une odeur assez agréable , qui ressemble beaucoup à celle de l'essence d'anis (Frémy).
Genre Élaène R.
478. Hydrocarbure , homologue des g. ethérène ("225), butyrène (297) , paramilène (344) , oléène (366), etc
L'hydroléate normal (18e fam.) , soumis a la distillation sèche, donne de l'acide carbonique, de l'eau . de l'éthérène , de l'oléène et de l'élaène normal :
a»H36()3 = co2 -f H20 + &H* + C6H12 + C9H'8.
Élaène normal. — C9H18. — Pour être entièrement débarrassé d'oléène, l'E. normal doit avoir été exposé pendant longtemps à une température de 100° , ensuite distillé plusieurs fois. Il retient ordinairement de petites quantités d'une huile empyreumatique, qu'on enlève par la distillation sur la potasse (Frémy).
LÉ. normal est incolore, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et i'éther. Il a une odeur pénétrante; il brûle avec une belle flamme blanche , bout vers 110°, et est plus léger que l'eau. La densité de sa vapeur a été trouvée , dans deux expériences ,
égale à 4,488—4,071; la formule ^1 exige 4,338.
L'acide sulfurique concentré ne parait pas exercer d'action sur lui. Le chlore le convertit en élaïlène bichloré.
Geme Ccanpholène R— 2.
479. Hydrocarbure, produit par l'action de l'acide phosphoanhydre sur le campholate normal (10e fam.).
CiOHiSQ* = H20 -f CO + CW6.
NJiUYUiMB FAMILLE. 95
Çwnpholènê normal. — C9H16. ■ — Liquide qui bout a i'Ao°. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 4,353 = 2 vol. (Delalande
Genre Cumène R-*>. '
480. Hydrocarbure, homologue des g. benzène (361») , benzoène (405), etc.
Le cuminate normal (10e ta m. élimine CO2 sous l'influence de la baryte ou de la chaux caustique :
cioHi202 = co2 -f C9H12.
Cumène normal . — C9H12. — Lorsqu'on soumet à la distillation sèche un mélange intime de G parties d'acide cuminique cristallisé (10e fam.), et 24 parties de baryte caustique, on voit passer un liquide parfaitement incolore , d'une odeur suave fort agréable , et volatil sans altération. Son point d'ébullition est constant à l5l°,4; la densité de sa vapeur a été trouvée égale a 3,96. Il est insoluble dans l'eau, fort soluble, au contraire, dans l'alcool, l'éther et les huiles essentielles.
L'acide nitrique ne l'altère pas à froid ; mais a chaud, lorsqu'il est concentré , il produit une huile plus pesante que l'eau ; en prolongeant l'ébullition , on obtient un corps cristallin. Avec l'acide sulfurique fumant, il donne de l'acide sulfocuménique (Gerhardt et Cahours).
MM. Pelletier et ^Yalter ont décrit , sous le nom de rétinylène , un hydrogène carboné qui se produit , dans les usines a gaz, par la distillation des résines, et qui présente ia même composition et les mêmes caractères que le G. normal. Lorsqu'on distille la colophane à la chaleur rouge, dans des appareils à gaz, il passe, outre les hydrocarbures gazeux, environ 30 p. c. d'une huile brune ou noire , et qui est connue dans le commerce sous le nom de brai m:. Ce produit, soumis a des distillations fractionnées, donne plusieurs hydrogènes carbonés; entre 130 et 160°, on relie un produit qui a reçu des fabricants ie nom de vive es- , et qui contient, outre le rétinaphte (405) , le rétinylène de MM. Pelletier et Walter. Ces chimistes décrivent ce dernier comme une huile parfaitement limpide , d'une densité de 0,87,
bouillant a 150°, et renfermant C'-'H'2; la densité de sa vapeur a été trouvée égale a 4,244 , qui est un peu plus forte que celle que
C9H12 nous avons observée pour le C. normal (la formule correspond à 4,12), mais cela tenait peut-être à la présence d'une petite quantité d'un autre hydrocarboné, que la distillation seule ne pouvait pas éloigner d'une manière complète.
Genre \ Clé roi te RO.
480". Acétone, homologue des g. acétone (3e fam.), butyrone (7e fam), etc., produit de la distillation sèche du valérate calcique (348) :
2C5(H9Cfl)02 = C02,Ccc'O -f C9HlsO.
Valérone normale. — C9H180. — M. Lœwig a obtenu ce corps en soumettant à la distillation sèche de l'acide valérianique avec un excès de chaux. On l'obtient pur en le rectifiant sur de la chaux caustique.
La V. normale se présente sous la forme d'un liquide incolore d'une odeur éthérée agréable, qui rappelle un peu celle de l'acide valérianique. Elle est plus légère que l'eau et ne s'y dissout pas ; elle se dissout très bien dans l'éther et l'alcool (Lœwig).
Genre Péruvine R 80.
481 . La potasse liquide convertit le cinnamol normal en cinnamate potassique et en péruvine normale (Frémy ) :
2C41SO + (KH)O = C9(II7K)02 -f C9Hî0O.
Péruvine nom/oie. — C9H,0O (l). — Quand on met le cinnamol normal (cinnaméine) en contact avec une dissolution très concentrée de potasse , elle ne tarde pas à changer d'aspect, elle
(1) MM. Frémy et Plantamour me paraissent avoir opéré sur de la péruvine encore -humide ; de là leur excédant d'hydrogène (leur formule est C9il120). Ma formule se déduit des analyses faites par M. Mujder (Répcrt. de chim., t. [II, p. 20) sur le produii de l'action de la potasse sur P huile de cassia et de cannelle.
5 épaissit et devient peu à peu solide ; la réaction se fait sans dégtgemenl de gaz; pour avoir une décomposition complète, il faut prolonger le contact des deux corps pendant vingt-quatre heures; si , après ce temps, on traite la masse par l'eau, la plus grande partie se dissout à l'état de cinnamate potassique , et il surnage de la P. normale (Frémy). On peut aussi employer une dissolution alcoolique et concentrée de potasse; le mélange donne un savon qui se dissout dans l'eau; l'acide hydrochlorique en sépare des flocons d'acide cinnamique, mélangés de P. huileuse, qui vient se rendre à la surface par réchauffement; mais la P. est ordinairement mélangée d'éther cinnamique, plus pesant que l'eau et bien plus volatil que la P. normale (Plantamour).
Ce corps est plus léger que l'eau, et s'y dissout en petite quantité; il est soluble dans l'alcool et l'éther, et a une odeur assez agréable.
L'acide nitrique l'attaque facilement , en formant un peu de benzoïlol normal (Frémy ).
Genre Cinnamol R-10O.
482. Aldéhyde ; il se rencontre tout formé dans les essences de cannelle et de cassia, et, selon toute vraisemblance, dans les baumes du Pérou et de Tolu ; il s'oxyde avec facilité, en se transformant en cinnamate, en benzoate ou en benzoïlol.
Le commerce fournit deux huiles de cannelle faciles à distinguer : l'essence de Chine est d'une odeur désagréable , rappelant celle de la punaise ; elle est moins estimée que celle de Ceylan , qui coûte aussi bien plus cher. Toutes deux cependant renferment les mêmes principes , seulement en proportions différentes ; on y distingue surtout deux principes huileux (1), le C. normal, plus pesant que l'eau et ayant la propriété de se concréter avec l'acide nitrique concentré, et une substance plus légère que
(1) Lorsqu'on agite l'huile de cannelle avec de l'eau de baryte, celleci s'empare de l'huile pesante (cinnamol n.), tandis que l'huile plus légère vient surnager et peut en être séparée par la distillation (Blanchet et Sell). L'huile brute a été soumise à l'analyse ; elle bout à 220° ; M. Mulder y a trouvé de 81,5 à 82,7 carbone , et de 6,9 à 7,4 hydrogène : il en calcule la formule C20H22O2, qui n'a évidemment aucune valeur , puisqu'il s'agit d'un mélange.
il. 7
l'eau qui parait appartenir au genre camphène ( 10e fam.) ; cette dernière, toutefois , en petite quantité. Outre ces deux principes, l'huile de cannelle renferme de l'acide cinnamique et de la résine, provenant tous deux de l'action de l'air sur les matières huileuses.
Les baumes du Pérou et de Tolu paraissent renfermer les mêmes corps, seulement la résine y prédomine ; la cinnaméine de M. Frémy (l) est évidemment du C. normal plus ou moins impur; le tolène de M. Deville (2) est l'hydrogène carboné çiojjits (lu genre camphène. La résine qui entre dans la composition de ces baumes résulte très probablement de l'oxydation lente, au contact de l'air et de l'humidité, du C. normal qui y était primitivement contenu ; nous la décrirons dans la 18e fam. sous le nom de tolurétine; elle renferme, suivant M. Deville, C18H20O5, c'est-à-dire 2 éq. de C. normal, plus 2 éq. d'eau et i éq. d'oxygène :
2[G9H80 -f- H20] -f- 0 = Cl8H20O5.
Cinnamol normal (huile de cannelle oxygénée, hydrure de cinnamyle, essence de Tolu, cinnaméine). — C9H80. — Pour l'obtenir entièrement pur , on met à profit la propriété que possède ce corps de se concréter avec l^acide nitrique concentré ; on mélange donc peu à peu l'huile de cannelle brute avec cet acide, et l'on abandonne la masse à l'abri de l'humidité ; on la laisse ensuite égoutter sur des papiers , afin d'en imbiber l'huile hydro-
(1) Voici les analyses de cette cinnaméine :
FRÉMY. PLAXTAMOUR. DEVILLE.
( anc. poids at.) (anc. poids at.) (nouv. poids at.)
Carboné. 78,7 — 79,5 80,8 79,96 — 81,12
Hydrog. 6,1 — 6,5 6,2 7,62 — 8,83
La formule C9H80 exige : carbone 81,8 , hydr. 6,1. Aucun de ces chimistes n'indique si la cinnaméine se concrète ou non avec l'acide nitrique.
(2) M. Deville admet pour ce corps la formule C24H36; mais elle n'est pas contrôlée par la densité de la vapeur, ni par l'analyse d'un produit de décomposition. Ct0H16 exige : carbone 88, à , hydr. 11,6 ; M. Deville a obtenu : carbone 88,58 — 88,62; hydr. 11,35— 11,30 ; il n'avait, d'ailleurs , que fort peu de substance à sa disposition.
carbonée. Los cristaux décomposés par l'eau fournissent le C.
normal parfaitement pur : celui-ci se prend immédiatement en niasse par l'acide nitrique, tandis que les huiles de cannelle du commerce ne se solidifient jamais tout-à-fait et mettent souvent pour cela plusieurs heures (Dumas et Péligot).
Si. comme je le suppose, les baumes du Pérou et de Tolu renferment le même corps ( cinnaméine ) , on pourra l'en extraire par le procédé de M. Richter : on agite le baume avec une lessive de potasse ( 1 p. de baume, 1 p. de potasse et 1 p. d'eau) ; il se produit ainsi un savon solide qui se dissout complètement dans l'eau ( 2 p.) et se sépare , au bout de quelques minutes , en deux couches, dont la supérieure renferme l'huile en question (l).
Le C. normal est un peu plus dense que l'eau ; il est incolore à l'état de pureté , mais il jaunit rapidement au contact de l'air en se résinifiant et en devenant acide; l'oxygène gazeux est rapidement absorbé par lui , surtout quand il est humide ; il se produit alors de l'acide cinnamique :
C9R80 + 0 = CWO2.
C'est le même acide qui prend naissance dans l'huile de cannelle ancienne, ou dans l'eau de cannelle exposée à l'air.
M. Plantamour indique le point d'ébullition de l'essence de Tolu à 305° ; la matière passe sans altération ; toutefois l'ébullition s'établit plus tôt , et ne demeure constante qu'au degré indiqué.
Quand on le soumet à l'action de l'acide nitrique à chaud , il se développe beaucoup de benzoïlol normal, et quand on épuise l'action de l'acide, on trouve dans le résidu du benzoate (Dumas et Péligot ). L'oxyde puce de plomb donne, à peu de chose près, les mêmes réactions que l'acide nitrique (Frémy ).
Bouilli avec une dissolution de chlorure de chaux , il se produit du benzoate (Dumas et Péligot).
Le chlore agit d'abord en donnant un composé liquide , qui se
(1) C'est la cinnaméine ainsi préparée qui a donné à M. Plantamour des nombres qui se rapprochent sensiblement de la composition C9H80. L'hydrogène obtenu à l'analyse cadre parfaitement ; le charbon est un peu trop faible, mais M. Plantamour n'avait pas complété sa combustion par un courant d'o\ygène.
prend en masse par une dissolution concentrée de potasse ; cette propriété disparaît à mesure que l'action du chlore se prolonge et qu'il se forme du C. quadrichloré (Dumas et Péligot). Par l'influence simultanée de la chaleur et du chlore, on obtient aussi du benzoïlol chloré (Frémy).
Quand on abandonne de l'eau de cannelle à 0° avec de l'iode et de l'iodure de potassium, il se produit, selon Apjohn, une combinaison cristallisable , renfermant OHsO + 6J + KJ ; ce corps cristallise dans l'alcool et l'éther ; mais l'eau le décompose en mettant le C. normal en liberté.
L'ammoniaque gazeuse convertit le C. normal en cristaux d'hydrocinnamide normale (Karls, Dumas et Péligot, Laurent) :
3C9H80 -f 2NH3 = 3H20 -f- C27H24N2.
Une dissolution de potasse ou de baryte dissout le C. normal; il s'en sépare sans altération par l'acide sulfurique affaibli (Blanchet). Quand on met le C. normal (cinnaméine) en contact avec une dissolution très concentrée de potasse , il se produit du cinnamate potassique soluble dans l'eau , et une huile insoluble , appelée péruvine par M. Frémy (48 1). Voici comment je conçois cette réaction :
2C9H80 -f (KH)O = C9(H7K)02 -f- C9H10O.
La réaction paraît s'établir encore mieux par la potasse alcoolique (Plantamour). Si on fait fondre le C. normal avec de l'hydrate de jetasse, il se produit du cinnamate, avec dégagement d'hydrogènp :
C9H80 -f- (KH)O = C9(H7K)02 -f H2.
Le C. normal absorbe beaucoup degazhydrochlorique(l éq.), en prenant une teinte verte, et en s'épaississant (Dumas et Péligot). L'acide sulfurique agit sur le C. normal même à froid, et le transforme en une matière résineuse renfermant C9H1002, c'està-dire C. n. plus 1 éq. d'eau (l).
On sait que l'huile de cannelle brute se concrète à quelques degrés au-dessous de 0° , et ne se fluidifie ensuite qu'à -f 5 ou
(1) Suivant M. Frémy , C5'H60O12 = 6C9H10O2.
même plus tard ; ce caractère est probablement dû au C. normal. M. Frémy a observé dans la cinnaméine la présence d'une petite quantité d'un corps cristallisé, qui se dépose quand on la soumet à l'action d'un grand froid; il l'appelle métâcinnaméine ; c'est probablement une modification polymère formée par la réunion de plusieurs molécules de C. normal; d'ailleurs, il renferme aussi C9H80, et est converti, par la potasse, en cinnamate (l).
483. Cinnamol nitrique (nitrate d'huile de cannelle). — C9H80, NHO3, ou peut-être C9(H7X)0 + aq. — Il s'obtient en prismes obliques à base rhomboïdale , qui ont souvent deux ou trois pouces de long. Ces cristaux égouttés peuvent se conserver quelques heures ; mais la moindre chaleur, l'humidité atmosphérique les détruisent bientôt. Traités par l'eau, ils laissent déposer du G. normal pur, car celui-ci cristallise instantanément par l'acide nitrique, et se prend en masse (Dumas et Péligot).
Lorsqu'on conserve ce composé dans des flacons mal bouchés, il donne, au bout de quelques jours , une liqueur rouge , qui exhale l'odeur caractéristique du benzoïlol normal. L'ammoniaque gazeuse donne naissance à du nitrate d'ammoniaque et à une résine rouge. L'acide sulfurique concentré le dissout; l'eau précipite de la solution de l'acide cinnamique (Mulder).
Cinnamol quadrichloré (chloro-cinnose). — O(H4C/4)0. — Lorsqu'on distille à plusieurs reprises le C. normal dans le chlore gazeux , on finit par obtenir de longues aiguilles blanches , tout-à-fait volatiles. Ces cristaux fondent à une douce chaleur, et se subliment sans s'altérer ; ils se dissolvent dans l'alcool. L'acide sulfurique concentré et bouillant ne les altère pas. Ils peuvent être volatilisés dans un courant de gaz ammoniac sec sans subir de décomposition (Dumas et Péligot).
La formation de ce corps est précédée de celle de plusieurs substances liquides, dont l'une se concrète avec une lessive de potasse.
Genre Benzalcool R-»02.
484. Éther unialcoolique , homologue des g. benzométhol (8e fam.), cumiméthol (11e fam.) , cuminalcool (12e fam.) , etc.
(1) M. Planlamour n'a pas obtenu de métâcinnaméine , même en refroidissant son produit jusqu'à — 12 .
On en obtient l'espèce normale par les procédés d'éthérification ou par l'action du benzoïlol chloré (408) sur l'alcool normal :
c7(H5C0O -f C2IIG0 = ml -f G9H10O2.
Benzalcool normal (éther benzoïque, benzoate d'oxyde d'éthyle), — C9H1002. — On le prépare en distillant un mélange de 4 p. d'alcool ordinaire, 2 p. d'acide benzoïque cristallisé ,- et 1 p. d'acide hydrochlorique concentré ; on peut éthérifier presque tout l'acide benzoïque en cohobant le produit plusieurs fois ; on change de récipient dès que le liquide qui passe se trouble par l'addition de l'eau. On purifie le produit par des lavages à l'eau et au carbonate de soude ; la purification se complète par une rectification sur la litharge.
Il s'obtient aussi en chauffant à une douce chaleur un mélange de volumes égaux d'alcool absolu et de benzoïlol chloré.
Le B. normal est incolore , et possède une odeur aromatique fort agréable; sa densité est de 1,0539 à -f 10°, 5. Il bout à + 209°, et distille sans altération ; la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 5,407 (Dumas et Boullay).
Il est insoluble dans l'eau froide, mais il s'y dissout un peu à chaud. Il se dissout dans l'alcool en toutes proportions.
Il dissout beaucoup d'acide benzoïque, et , quand il en est saturé, il se fige à + 21°.
La potasse caustique le convertit peu à peu en benzoate potassique et alcool normal.
Distillé sur du chlorure de zinc fondu, il dégage beaucoup de gaz acétène chloré (éther hydrochlorique), et donne du benzoate zincique , qui se décompose à son tour quand on élève davantage la température, en donnant de l'acide benzoïque mélangé de benzène normal (Gerhardt) :
C9Hi°02 -f ZnCl = C2(U5C/) + C7(Ii5Zn)02.
Quand on y fait passer du chlore à une température de 60 ou 70°, il se dégage beaucoup deHC/ et d' acétène chloré, et l'on obtient un liquide chloré, ainsi que du benzoïlol chloré (Malaguti). Ce dernier est sans doute un produit secondaire , né sous l'influence de HC/ , car :
C9H10Q2 | 2HC/ = H20 -f C7(H5Cf)0 -f C^Ci).
re Cinnamate R— lû(V.
48ô. Sel unibasique, produit de l'oxydation directe du g. cinnamol (48-2 :
C9HsO + 0 = C9H802.
Distillé avec de l'acide nitrique, les C. développent des vapeurs rutilantes, ainsi que du benzoïlol normal.
Cinnamnte normal (acide cinnamique). — C9H802. — Les vieilles essences de cannelle déposent souvent des cristaux prismatiques d'un grand volume, qui ne sont autre chose que ce corps On le prépare en traitant l'huile de cannelle par de la potasse fondue , et précipitant le C. potassique par un acide. On peut aussi dissoudre l'huile de Tolu ou du Pérou dans une solution alcoolique dépotasse, évaporer à siccité, reprendre le résidu par l'eau bouillante, et précipiter le C. normal par de l'acide hydrochlorique. On le purifie par de nouvelles cristallisations dans l'eau ; comme il est moins soluble que l'acide benzoïque, il se dépose toujours dans les premières portions qui se précipitent par le refroidissement de la solution.
Il s'obtient en lamelles nacrées parfaitement incolores, ou en prismes souvent très volumineux. Il fond à 120°, et bout à 293°, en distillant sans aucune altération. Il est' fort peu soluble dans l'eau froide ; l'alcool le dissout fort bien (Dumas et Péligot )..
L'acide nitrique concentré le convertit en C. nitrique , si l'on a soin d'éviter réchauffement du mélange ; autrement il se développe des vapeurs nitreuses, et l'on obtient de l'essence d'amandes amères, et, en épuisant l'action , de l'acide benzoïque ou nitrobenzoïque (Mulder, Marchand).
L'acide sulfurique fumant le convertit en acide sulfo-cinnamique (500). Le chlore et le brome l'attaquent également (Herzog).
Distillé avec un excès de baryte caustique ou de chaux , il se métamorphose en cinnamène normal (Gerhardt et Cahours).
C9HS02 C02 j C8H8.
Chauffé avec du peroxyde puce de plomb , il développe une
odeur d'amandes arriéres, et donne du benzoate ptombique- (Stenhouse).
Distillé avec un mélange de bichromate de potasse et d"acide sulfurique , il donne de l'huile d'amandes amères (E. Simon).
Cinnamate plombirjue. — Poudre cristalline et grenue.
Cinnamate or g critique. — C9(H7A#)02. — Flocons presque insolubles dans l'eau (Dumas et Péligot).
Les C. à base alcaline sont très solubles dans l'eau (1).
486. Cinnamate nitrique (acide nitro-cinnamique)— C9(H7X)02. — Pour obtenir ce corps , on broie du G. normal avec de l'acide nitrique, exempt d'acide hyponitrique , et assez refroidi pour que le mélange ne s'échauffe pas au-dessus de 60° . On verse de l'eau sur le produit , de manière à enlever l'excédant d'acide nitrique, et on dissout le résidu dans l'alcool bouillant; le C. nitrique s'en sépare presque complètement par le refroidissement. On le purifie par des lavages à l'alcool froid (Mitscherlich).
LeC. nitrique est blanc ou légèrement jaunâtre; ses cristaux sont si petits, qu'il est difficile d'en déterminer la forme. Il fond vers 270°, et se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline ; chauffé au-dessus de 270° , il entre en ébullition et se décompose.
Il est presque insoluble dans l'eau froide; l'eau bouillante ne le dissout qu'en petite quantité; dans l'alcool , il est bien moins soluble que le C. normal.
Il décompose les carbonates avec effervescence.
Cinnamate nitro -potassique. — Cristaux mamelonnés, fort solubles , neutres au papier, et qui font explosion par réchauffement.
Cinnamate nitro- magné sique. — Groupes mamelonnés fort solubles.
LesC. solubles donnent, avec d'autres solutions métalliques, tels que ceux d'argent et de plomb , des précipités pulvérulents.
Cinnamate nitro-orgentique. — C9(H6XA#)02. — Précipité pulvérulent très peu soluble dans l'eau. Si on le chauffe avec pré-
(1) M. Ilerzog a publié une espèce de monographie des cinnamates {Ârc'nv der Pharm., t. XX , p. 159) ; mais, comme il n'en donne pas d'analyses , nous ne saurions nous servir de ses résultats.
caution , il se décompose d'une manière instantanée , en laissant de l'argent métallique pur (Mitscherlich).
Genre Coumarine R 1202.
487. Ce g. n'a pas encore été produit artificiellement; on en rencontre l'espèce normale dans les fèves de tonka (Dipterix odorat a , Willsdr.) , et en petite quantité dans les fleurs de mélilot ( Mdilotus officinal is ).
Coumarine normale. — C9H602? — Pour l'extraire , il suffit de couper les fèves de tonka en petites tranches , et de les soumettre à froid, cà un lavage par l'alcool à 36°. On évapore la liqueur jusqu'à consistance de sirop , et on l'abandonne au refroidissement. La C. normale cristallise alors en petits prismes jaunâtres, qu'on purifie par une nouvelle cristallisation.
Ainsi obtenue, elle est d'une blancheur parfaite; elle fond à 50° c. , et bout à 270°, sans s'altérer sensiblement. Elle possède une odeur aromatique très agréable et une saveur brûlante; sa vapeur exerce une action très énergique sur le cerveau. Ses cristaux sont durs et craquent sous la dent (Delalande).
Elle est à peine soluble dans l'eau froide ; l'eau bouillante en dissout une assez grande quantité, qu'elle abandonne, par le refroidissement, en aiguilles très fines (1).
Elle se dissout sans altération dans les acides étendus , même bouillants. L'acide sulfurique concentré la charbonne sur-lechamp. L'acide nitrique concentré la convertit en C. nitrique ; par une ébullition prolongée , il la transforme en phénate trinitrique (374).
Elle ne précipite pas l'acétate de plomb. Le chlore et le brome agissent sur elle , en donnant des composés blancs cristallisés; l'iode en dissolution alcoolique la transforme en une matière cristalline, d'un vert bronzé, avec un reflet doré.
Le perchlorure d'antimoine agit sur elle en donnant naissance à des cristaux jaunes , qui contiennent, outre la matière organique, du chlore et de l'antimoine.
(1) Delalande exprime la coumarine par C18H1404= C9H702 ; l'hydrogène trouvé à l'analyse a élé de k,k — 4,7 — 4,8 — 4,7 ; la formule de Delalande exige 4,8 ; la nôtre, 4,1.
Une dissolution de potasse la dissout rapidement en lui faisant perdre son odeur; les acides l'en précipitent intacte. Une lessive de potasse concentrée et bouillante la convertit en coumarate (490); la potasse en fusion la convertit en salicylate avec dégagement d'hydrogène (Delalande); il est probable que , dans ce dernier cas, il se produit en même temps de l'oxalate, car :
C9H602 + H20 = CJW)3
C9H803 + ZiH20 = C7H603 -f C2H204 -f ÛH2.
Coiemarine nitrique (nitro-coumarine). — C9(H5X)02? — Si Ton projette peu à peu la C. normale à froid dans de l'acide nitrique fumant , elle s'y dissout presque instantanément sans dégagement de gaz. Par l'addition d'une grande quantité d'eau, il se dépose une matière floconneuse , blanche comme de la neige. Ce produit semble capable de se volatiliser sans décomposition ; il se dissout dans l'alcool bouillant, et y cristallise en petites aiguilles blanches et soyeuses. La potasse les colore, à froid, en rouge foncé ; par réchauffement du mélange , il développe de l'ammoniaque, et se fonce de plus en plus (Delalande).
Genre Anisométhol R-803.
488. Éther unialcoolique, homologue du g. anisalcool (10e f.), isomère du g. salialcool (489).
Anisométhol normal ( anisate de méthylène). — C9H10O3. — Éther parfaitement neutre, qu'on obtient avec l'acide anisique et l'esprit de bois (Cahours).
Genre Salialcool R-803.
489. Éther unialcoolique, homologue du g. saliméthol (450). Salialcool normal (éther salicylique). — C9H10O3. — Cet éther
s'obtient facilement en soumettant à la distillation un mélange de 2 p. d'alcool absolu, 1 1/2 p. d'acide salicylique cristallisé, et 1 p. d'acide sulfurique à 66°. C'est un liquide incolore, d'une odeur suave, plus pesant que l'eau , et bouillant vers 225°. Il est peu soluble dans l'eau ; avec la potasse et la soude , il forme des combinaisons cristallisées, solublesdans l'eau. La baryte anhydre
l'attaque vivement , et donne, par la distillation sèche, un liquide particulier, homologue sans doute de l'anisol normal (407). Le chlore et le brome agissent vivement sur le S. normal, en donnant naissance à des produits cristallisés dérivés par substitution. L'ammoniaque ne le dissout qu'à la longue, en le transformant en salicylamide normale (435) et en alcool normal.
L'acide nitrique fumant le convertit en :
Soi iaicuol nitrique (éther indigotique). — C9(H9X)03. — Il cristallise en aiguilles soyeuses, que les alcalis bouillants convertissent en alcool normal et en salicylate nitrique. L'ammoniaque le convertit à la longue en salicylamide nitrique et en alcool normal Cahours).
Salialcool bibromê [éther salicyliquebibromé). — C9(H8Br2}03. — Traité par un excès de brome, le S. normal développe de l'acide hydrobromique-, et donne du S. bibromé, qui cristallise en larges écailles nacrées. Elles fondent par une douce chaleur, et se volatilisent h une température élevée. La potasse les dissout (Cahours).
Genre Coumaroie R~1003.
490. Sel unibasique , produit par la fixation de H20 sur le g. coumarine.
Coumorate normal, (acide coumarique). — C9H803. — Quand on fait bouillir la coumarine avec une dissolution concentrée de potasse , il se produit un sel de potasse ( avec dégagement d'hydrogène (1), Delalande) qu'il suffit de dissoudre dans l'eau et de précipiter par un acide. Le C. normal s'en précipite en lamelles transparentes qui possèdent un grand éclat et se distinguent aisément de la coumarine , en ce que cette dernière cristallise dans les mêmes circonstances en aiguilies blanches et soyeuses. Cet acide se dissout dans l'eau et cristallise par le refroidissement ; il possède un goût amer , rougit le tournesol et sature parfaitement les bases.
Quand on le chauffe , il répand des vapeurs acres ; toutefois
(1) Ce dégagement d'hydrogène peut venir d'une action secondaire, ayant pour résultat la formation d'une certaine quantité de salicylate (487).
il n'est pas volatil sans décomposition , et paraît se décomposer par la chaleur en une huile volatile et en une résine qui reste pour résidu ; l'huile semble se combiner avec la potasse et rougit les persels de fer (Delalande).
Coumarate argentique. — C9(H%)03. — En faisant bouillir une solution aqueuse de G. normal avec de l'ammoniaque jusqu'à ce que la liqueur soit neutre , et ajoutant ensuite du nitrate d'argent, on obtient un précipité jaune qui présente la composition indiquée ( Delalande).
Genre Piméliméthol R-20».
491. Ether bialcoolique , homologue des g. oxalcool, oxaméthol, succinalcool , etc.
Piméliméthol normal (pimélate de méthylène). — C9H,60«. — Cet éther n'a pas encore été préparé.
Genre Pyrotartr alcool R-2CM.
402. Ether bialcoolique, homologue et isomère du g. précédent.
Pyrotartr alcool normal (éther pyrotartrique). — C9H1604. — - On l'obtient en éthérifiant l'acide pyrotartrique (356) par l'alcool et l'acide hydrochlorique. C'est un liquide incolore, transparent , d'une odeur aromatique et d'une saveur amère. Sa densité est de 1,016 à 18,5° ; il bout à 218°, en se décomposant en partie. 11 se dissout en toutes proportions dans l'alcool et l'éther; l'eau en dissout fort peu. Le contact de l'eau l'acidifie peu à peu en régénérant de l'alcool (Malaguti).
Genre Citraconalcool R-<(X