‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 56 sur 129 · Sel unibasique · texte numérisé non relu

Sel unibasique

Nous avons vu, t. I, p. 179, que les huiles grasses siccatives contiennent un glycéride qui a la propriété de se résinifier promptement au contact de l'air, et qui diffère de l'oléine des huiles non siccatives en ce qu'il ne se concrète pas au contact de l'acide liyponitrique pour former de l'élaïdine. Nous appellerons Btide îinoléique l'acide gras huileux qu'on obtient par la saponification d'une de ces huiles siccatives, l'huile de lin (2).

Linoléate normal (acide oléique de l'huile de lin). — C15H2*02? — Pour obtenir cet acide, on saponifie l'huile de lin par de la litharge ; on traite ensuite le savon par l'éther , qui ne dissout que le L. plombique, et laisse le margarate à l'état insoluble. On décompose le L. plombique par l'hydrogène sulfuré ; on dissout le L. normal dans l'éther, et on laisse évaporer la solution aussi promptement que possible à l'abri du contact de l'air.

C'est un liquide très fluide, d'un jaune clairet sans odeur, qui possède d'ailleurs toutes les propriétés de l'acide oléique ordinaire. *

(1) M. Bromeis y a trouvé : carbone 74,8 (anc. poids at.) — hydrog. 12,8.; ma formule exige 74,3 (nouv. poids) — hydrog. 12,4. Celle de M. Bromeis (C31H6204) n'est pas exacte.

(2) Il résulte des expériences de M. Sacc que l'huile de lin se compose d'un mélange de margarine et d'un glycéride huileux, celui-là même qui communique à l'huile la propriété d'attirer si promptement l'oxygène de l'air; elle ne se concrète pas par le froid.

M. Sacc a obtenu à l'analyse de l'acide Iinoléique : carbone 75,5 — 75,6, hydrogène 10,6 — 10,7 ; il en déduit la formule C<6fF806, qui exige : carbone 76,0 , hydrogène 10,7. Comme cette formule ne se trouve contrôlée ni par l'analyse d'autres sels ni par l'examen de quelques réactions, on peut admettre tout aussi bien ma formule, dont je suis loin d'ailleurs de garantir l'exactitude.

Traité par l'acide nitrique, il se rés initie en se boursouflant considérablement ; les eaux-mères renferment de l'acide subérique. La résine onctueuse qui se forme dans ces circonstances paraît contenir C8H1402, et finit par se convertir elle-même en acide subérique par l'action prolongée de l'acide nitrique (Sacc).

Toute l'histoire de ce corps est encore à faire.

Linoléate plombique. — La solution étliérée du L. plombique se résinifie promptement par l'évaporation de l'éther. Il se dépose une poudre blanche, pendant qu'il surnage un sel gélatineux et brun , dont l'odeur rappelle celle de l'huile de lin. Quand on répand cette solution sur du bois , le vernis qui reste n'est pas souple comme celui de l'huile de lin brute , mais il s'écaille comme la gomme, ce qui prouverait que c'est à la margarine ou à l'acide margarique que les vernis à l'huile doivent leur souplesse (Sacc).

Genre Aathracol R-20O2.

619. Produit de l'action de l'acide nitrique sur l'anthracène n. ou nitrique :

Gi5Hi2 + 03= H20 + C,5Hl0O2.

Aathracol normal. — C15H10O2. — Il n'a pas encore été obtenu.

Anthracol nitrique ( nitrite hydraté d'anthracénose ). — C15(H9X)02. — Lorsqu'on maintient en ébullition l'anthracène avec l'acide nitrique jusqu'à ce que la dissolution soit complète, et qu'on laisse refroidir la liqueur , elle se remplit , au bout de quelques heures, d'aiguilles fines , transparentes et presque incolores.

Ce corps est insoluble dans l'eau , plus soluble dans l'alcool et l'éther. Il est fusible , et cristallise , par le refroidissement , en aiguilles. Lorsqu'on le maintient en fusion , il laisse dégager une matière (1) floconneuse et cristalline (anthracénme) , et donne un résidu de charbon. Chauffé brusquement dans un tube, il se décompose avec explosion (Laurent).

(1) M. Laurent y ayant trouvé : carbone 79,8 — 79,4 ( anc. p. at.) , hydrog. 3,U — 3,5, représente ce corps par C30HHO5, mais ces analyses correspondent plutôt à C12HG02 (caib. 79,1 nouv. p. atom. ; hydr. 3,3).

QUINZIÈME FAMILLE. 2'Jj

Le g. anthracol semble être au g. anthraeène ce que le g* naphtalol est au g. naphtalène (10° l'ara.).

Genre Anémonine R-,806.

G-20. L'espèce normale se rencontre dans les feuilles d'Anémone Puisât il la , pratensis et nemorosa (Vauquelin, Heyer).

Anémonine normale. — C15H1206 (Fehling). — L'eau distillée d'anémone laisse déposer, après quelques semaines, une matière blanche , qui possède les propriétés suivantes : elle est sans odeur, se ramollit avant 150°, sans fondre complètement, et dégage, à 150°, de l'eau et des vapeurs acres ; le résidu est solide, jaune, et se décompose au-dessus de 300°, en laissant un résidu de charbon. On purifie l'A. par des cristallisations réitérées dans l'alcool bouillant (Fehling).

Les cristaux ont la forme d'aiguilles ; à froid , ils sont peu solubles dans l'alcool ; de même , l'éther et l'eau n'en dissolvent que peu , même à la température deTébullition ; les solutions sont neutres.

L'acide sulfurique concentré les noircit promptement. L'acide hydrochloriqueles dissout sans les altérer sensiblement.

Dans les alcalis aqueux , elles se dissolvent aisément avec une couleur jaune, et en se transformant en anémonate. Elles éprouvent la même métamorphose en présence de l'oxyde de plomb et du carbonate d'argent.

Avec un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique, elles développent de l'acide formique.

Le chlore les attaque aisément à chaud , en produisant UCl et un corps huileux et volatil.

Genre Anémonate R-,G07.

G2l. Sel bibasique ? produit par l'action des alcalis sur le g. anémonine :

Cl5fll206 L. B20=C|5H14O7.

Anémonate normal (acide anémonique). — OHl407? — Quand on ajoute un acide à la dissolution de l'anémonine dans un alcali ,

il s'en précipite une substance jaune et gommeuse, très soluble dans l'eau (Fehling).

Anémonate biplombique ( combinaison d'anémonine et d'oxyde de plomb). — CI5(H12P62)07 (Fehling). — Quand on fait bouillir l'anémonine avec de l'eau et de l'oxyde de plomb , il se produit une combinaison qui cristallise aisément dans l'eau ; on la purifie de l'anémonine non décomposée à l'aide de l'alcool bouillant , qui n'attaque pas l'A. biplombique.

Bouillie avec du carbonate d'argent, l'anémonine donne aussi une combinaison cristallisable.

Ce sujet exigerait une étude plus approfondie , car les expériences de M. Fehling et de MM. Lœwig et Weidmann sont loin de s'accorder.

Genre Fœniculide R-6N4(K

622. Combinaison de l'essence de fenouil amer avec le bioxyde d'azote.

Fœniculide quadri - oxazotique . — C,5H24N404. — Lorsqu'on fait arriver un courant de bioxyde d'azote dans la partie la plus volatile de l'essence de fenouil amer (521), elle s'épaissit, se trouble, et l'alcool de 0,80 détermine la précipitation d'une matière blanche , soyeuse , qu'on purifie par des lavages réitérés à l'aide de ce véhicule.

Cette matière est solide , blanche , cristallisée en fines aiguilles. Elle s'altère à 100°, jaunit, et se détruit complètement à une température plus élevée. Elle est à peine soluble dans l'alcool de 0,80, un peu plus soluble dans l'alcool absolu , plus soluble dans l'éther, soluble dans une solution concentrée de potasse caustique; les acides la précipitent de cette dissolution (Cahours).

SKl/.lKMK FAMILLE.

FONCTIONS

RAPPORTS

RAPPORTS

DE TRANSFORMATION

DE TRANSFORMATION

GENRES

chimiques

entre les genres

enire les penrrs

de la

DE LA SEIZIÈME

DES GENRES

Bt d'autres fmaaiïli >.

alêne R+2.

Hydrocarbure.

L'éthal n. élimine I120 et fixe HCZ sous l'influence du perchlorure de phosphore.

;ne R.

Hydrocarbure.

L'éthal n. élimine H^O.

rêne 11-8.

Hydrocarbure.

Le cédrol n. élimine

Dans l'essence de cèdre

naturelle.

noie R-16.

Hydrocarbure.

Distillât, des résines, i

stérène R-18.

Hydrocarbure.

Distillât, des résines, i

Alcool.

Action de la potasse sur la cétine n.

ne RO.

Aldéhyde.

Dans le blanc de ba-

leine.

•ol R-60.

Dans l'ess. de cèdre naturelle.

tlate KO2.

Sel unibasique.

Distillation sèche de la

cétine; action de la potasse sur l'éthal normal.

stalcool RO2.

Éther unialcooliq.

Ethérificat. de l'aride | myristique (10e f. .

:édanine

Dans la racine de

Peucedanum offrir] noie.

<iatoxyline

Dans le bois de cam-

pé che.

• atéine

Action simultanée de

Dans le bois de cam-

Pair et de l'ammoniaque sur l'hématoxyline.

pèche.

i citrate

Sel bibasique.

Dans le quercitron.

Jtcétate

Sel copule unibas.

L'éthal n. s'accouple

avec l'acide sulfu-

obenzile

rique.

Combinais, de l'acide

prussique avec le benzile (14e f.).

;ogène

Action des substances i

réductrices sur l'indigo (8e f.).

ieR-20N2O2.

\ction de la potasse sur le g. isathyde.

FONCTIONS

RAPPORTS

RAPPORTS

DE TRANSFORMATION

DE TRANSFORMAI

GENRES

chimiques

entre les genres

entre les genres

de la

DE LA SEIZIEME

DES GENRES

et d'autres famillei.

H vd l'incline

Action de la potasse

R-is.\202.

sur le g. indine.

Isathyde R-20N2O2

Action de Phydrog?

sulfuré sur Tisat.

Imasaline

Amide.

Act. de l'ammoniac

sur Tisatine.

Isaraate R-19 N304.

Amide, sel unibas.

Idem.

Isamide R-18N403.

Amide.

Idem.

Sulfopurpurate

Sel copule unibas.

Accouplement de 1'

digo (8e f.).

(a) Combinaisons non azotées.

Genre Éthalène R+2.

623. Hydrocarbure, homologue des g. formène, acétène, valérène, etc.

Éthalène chlorr' (chlorure de cétyle, chlorhydrate de cétène). — Gl6(H33C/). — Quand on mêle dans une cornue à peu près volumes égaux d'éthal n. et de perchlorure de phosphore , l'un et l'autre en fragments, il s'établit bientôt une réaction vive, les deux corps fondent , s'échauffent , une ébullition se manifeste , et il se dégage une grande quantité d'acide hydrochlorique. En chauffant ensuite la cornue, on obtient du protochlorure de phosphore, et enfin de l'É. chloré. On purifie ce dernier par une nouvelle distillation avec un peu de perchlorure de phosphore; on le lave à l'eau bouillante, et on le dessèche dans le vide. S'il contenait encore de l'acide hydrochlorique , il faudrait le distiller sur une petite quantité de chaux éteinte , récemment rougie (Dumas et Péligot).

Genre Cétène R.

6-24. Hydrocarbure, homologue des g. éthérène, butyrène, amilène, oléène, élaène, etc.

L'espèce normale se produit en même temps que l'acide éthalique, par la distillation sèche de la cétine :

2[Cl6H320] = ClCH32 + C,6I13202.

On l'obtient aussi en déshydratant l'éthal par l'acide phosphorique anhydre :

C16H3iO = I120 -f- C16H32.

Cétène normal. — G16H32. — Pour obtenir ce composé, on distille à plusieurs reprises de l'éthal avec de l'acide sulfurique anhydre (Dumas et Péligot). On peut aussi distiller tout simplement de la cétine, et traiter le;produit par la potasse , qui saponifie l'acide éthalique, tandis que le C. normal vient surnager (Smith).

C'est un liquide incolore , huileux et tachant le papier. Il bout vers 275°, et distille sans altération; la densité de vapeur a été

, , , , C16H32 trouvée égale a 8,007 =

Il est insoluble dans l'eau , très soluble dans l'alcool et l'éther, et sans réaction sur les papiers. Il n'a pas de saveur propre. Enflammé, il brûle à la manière des huiles grasses, avec une flamme blanche très pure (Dumas et Péligot).

Dans la distillation sèche des sulfovinates , on obtient une matière huileuse (huile douce de vin ou huile de vin pesante) d'où l'eau sépare une huile hydrocarbonée (huile de vin légère) dont le point d'ébullition est sensiblement le même que celui du C. normal ; si on la soumet à l'action d'un grand froid , il s'en sépare des cristaux (stéaroptène de V huile de vin) , qui présentent encore la même composition R. Il est probable que ces deux produits appartiennent à même série homologue , et que l'un d'eux est du G. normal (302).

En distillant de l'amylol n. avec du chlorure de zinc , M. Balard a obtenu, outre l'amylène n. C5H10 et le paramilène n. CI0H20, un autre hydrogène carboné [métamilène), d'une odeur aroma-

tique agréable , et qui bouillait entre 240 et 280° ; ce point d'ébullition est à peu près celui du C. normal (l).

Genre Cédrène R— 8.

625. Hydrocarbure, homologue du g. cinnamène (441); se rencontre naturellement dans l'essence de cèdre, et se produit aussi par l'action de l'acide phosphorique anhydre sur le cédrol normal :

Cédrène normal. — C16H2*. — On l'obtient aisément en traitant dans une cornue le cédrol n. fondu par l'acide phosphorique anhydre, en ajoutant ce dernier par petites portions , pour éviter une trop grande élévation de température. L'acide phosphorique se colore en noir, et se change en une masse poisseuse, en même temps que le C. normal vient surnager. On le purifie par quelques nouvelles distillations sur l'acide phosphorique anhydre.

Ce liquide a une odeur aromatique particulière , qui ne ressemble en rien à celle de l'essence de cèdre cristallisée ; sa saveur est d'abord faible, mais bientôt elle se développe , devient persistante et poivrée. 11 bout à 248° ; sa densité est de 0,984 à 14°,5 ; à l'état

de vapeur, elle a été trouvée égale à 7,9 = La partie li-

quide qu'on obtient en exprimant l'essence de cèdre possède sensiblement les mêmes caractères que le C. normal : seulement, son odeur est un peu plus suave (Walter).

Genre Rétinole R-16.

626. Hydrocarbure produit de la distillation sèche des résines.

Rétinole normale. — C16H16. — La colophane, exposée à la chaleur rouge dans des appareils à gaz , donne , outre des hydrogènes carbonés gazeux , plusieurs huiles , dont il y en a une qui bout à 238°. Celle-ci est limpide, sans odeur ni saveur, douce

(l) Voyez aussi, dans la Vingtième fa mille, le g. hévéène.

M toucher, el d'une densité de 0.9. La densité desa vapeur a été

Cl6Hk; trouvée égale à 7. il =

Elle produit sur le papier une tache grasse. Le chlore la brunit et la rend épaisse. L'acide nitrique la convertit en un liquide huileux très coloré (Pelletier et Walter).

Genre Rétistérène R-18.

627. Hydrocarbure et produit de la distillation sèche des résines.

Rétistérène normal (métanaphtaline). — Cl6Hu. — Le produit qui passe en dernier à la distillation des résines , dans des appareils à gaz , a reçu des fabricants le nom de matière grasse , et se compose en plus grande partie d'un hydrogène carboné solide.

Il est blanc , cristallin , sans saveur, et d'une légère odeur de cire. Il fond à 67°, et bout à 325°. Il est entièrement insoluble dans Teau, peu soluble dans l'alcool à froid, très soluble à chaud dans l'alcool absolu. L'éther, le naphte et l'essence de térébenthine le dissolvent encore mieux.

L'acide sulfurique le charbonne à chaud. Le chlore l'attaque déjà à froid en produisant une matière résinoïde. L'acide nitrique le convertit aussi en une matière jaune résineuse (Pelletier et Walter).

Genre Éthal R+2(j.

628. Alcool, homologue des g. méthol, alcool, amylol. L'espèce normale s'obtient , en même temps que de l'éthalate, si l'on fait agir de la potasse hydratée sur le blanc de baleine.

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