C16H320] + (KU)O = C16(H31K)02 -|- C16H
Éthal normal (hydrate d'oxyde de cet vie). — OH340. — Nous avons déjà indiqué (75) la manière dont MM. Dumas et Péligot obtiennent ce corps.
Il constitue une masse blanche , solide et cristalline , qui fond aa-dessus de 48°, et se solidifie a 48°. Par un refroidissement lent, il cristallise en lamelles brillantes. Une dissolution alcoolique, faite à l'ébullition, le dépose sous forme cristalline. Il n'a ni odeur ni saveur, distille sans altération , et passe même avec
les vapeurs d'eau. 11 est insoluble dans l'eau, et se mêle en toutes proportions avec l'alcool et Téther (Chevreul).
Chauffé avec de la chaux potassée à une température élevée , il se convertit en éthalate avec dégagement d'hydrogène :
Ci6H34o 4. (KH)O = C16(H3lK)02 + H4.
Distillé avec du perchlorure de phosphore , il donne de l'éthalène chloré (623).
Avec de l'acide phosphorique anhydre, il se dédouble, sous l'influence de la chaleur , en eau et cétène normal :
Il se dissout dans l'acide sulfurique concentré , en donnant une combinaison copulée (g. sulfocétate).
Sous l'influence simultanée du sulfure de carbone et de la potasse, l'É. se convertit en carbocétate bisulfuro-potassique : Ci6H340 4- CS2 4- (KH)O = H20 4- C17(H33K) (OS2).
Genre Cétine RO.
629. Aldéhyde, homologue des g. acétol, butyrol, cérine, etc. , renfermé dans le blanc de baleine.
Cétine normale (éthalate d'éthal). — G16H320. — Les vastes cavités de la tête du cachalot (?) renferment, en dissolution dans une huile particulière , une substance blanche connue sous le nom de blanc de baleine ou de spermacéti , qui est constituée en plus grande partie de C. normale; l'huile de dauphin en renferme aussi.
Pour obtenir ce corps à l'état de pureté , on traite le blanc de baleine , réduit en poudre , par l'alcool , afin d'enlever les matières huileuses ; puis on fait cristalliser le résidu dans l'alcool absolu et bouillant. On l'obtient ainsi en paillettes nacrées, qui n'ont ni saveur ni odeur, fondent à 49°, et se prennent , par le refroidissement , en une masse radiée.
100 p. d'alcool bouillant de 0,821 en dissolvent 2,5 parties, qui se reprécipitent en grande partie par le refroidissement ; l'alcool absolu et l'éther en dissolvent davantage ; il en est de même de l'essence de térébenthine et des huiles grasses.
A 360 ', elle se volatilise sans altération ; mais si Ton en distille
brusquement de plus grandes quantités, la C. normale se décompose complètement en éthalate et cétène normal :
2lC»W0] - C*H3202 -f C»6H32.
Ces deux produits sont accompagnés de quelques produits se condaires , tels que l'eau , l'acide carbonique , l'oxyde de carbone et le gaz oléfiant. Ils n'apparaissent que vers la fin de l'opération, et proviennent évidemment d'une décomposition ultérieure des premiers produits.
Il résulte des expériences de M. Smith que la C. cristallisée est entièrement exempte de margarine et d'oléine.
Traitée par la potasse hydratée, elle donne de l'éthal n. et de l'ethalate potassique, et comme l'éthal n. se convertit lui-même en éthalate, sous l'iniluence de la potasse, il est probable qu'en soumettant le mélange à une température fort élevée, on n'obtiendrait que de l'ethalate et du gaz hydrogène :
C16H320 -j- (KII)O = Ci6(U3iK)02 + H2.
L'acide nitrique attaque la C. avec lenteur, en développant des vapeurs nitreuses; si l'on entretient la réaction pendant plusieurs jours, on obtient une masse onctueuse qui a l'odeur du beurre rance, et qui finit par disparaître elle-même. Il se produit, dans ces circonstances, les mêmes acides (azoléique, adipique, pimélique, etc.) que ceux qu'on obtient avec le suif, la cire, et en général les matières grasses.
Genre Cédrol R-60.
630. Cédrol normal ( essence de cèdre concrète). — Cl6H260. — L'essence de cèdre solide brute se présente sous l'aspect d'une masse cristalline, blanche, légèrement colorée en rouge par la matière colorante du bois de cèdre de Virginie. On la débarrasse des matières étrangères en la soumettant à la distillation , et exprimant le produit dans un linge ; par ce moyen , on parvient à séparer la plus grande partie de l'essence liquide. Cependant il faut encore faire cristalliser le produit dans l'alcool ordinaire , qui dissout bien plus facilement l'essence liquide . de façon que celle-ci reste dans les eaux-mères ( Walter).
LeC. normal se présente sous la forme d'une masse cristalline d'une beauté et d'un éclat remarquables ; son odeur est aromatique , et rappelle celle des crayons Conté ; sa saveur n'est pas trop prononcée. Il fonda 74°, et bout à 282°; la densité de sa
ri6J|26A
vapeur a été trouvée égale à 8,4 ==
Il se dissout très peu dans l'eau, et beaucoup dans l'alcool , où il se précipite , par le refroidissement, en aiguilles cristallines d'un éclat soyeux.
Distillé avec de l'acide phospliorique anhydre , il se dédouble en eau et cédrène normal :
ci6H260==H20 + C16H2*.
Quand on y fait agir du perchlorure de phosphore, on obtient un corps aromatique qui n'a pas encore été analysé.
L'acide sulfurique concentré se colore fortement avec lui , et produit une huile ambrée (Walter).
Genre Èthcdate RO2.
631. Sel unibasique, homologue des g. formiate, acétate, butyrate, valérate , caproate, margarate, stéarate, etc.
Il se produit par l'action des alcalis sur les g. éthal (6*28) et cétine (629).
Il se forme aussi , en même temps que de l'acétate et du gaz hydrogène , si l'on fait fondre de l'acide oléique ou élaïdique avec de l'hydrate de potasse :
CiSfi3<02 + 2(KH}0 = C16(H31K)02 + C2(H3K)02 -j- H2.
Ethcdate normal (acide éthalique , palmitique ou cétylique ) . — C,6H3202. — Cet acide se rencontre souvent, à l'état libre, dans l'huile de palme, surtout quand elle est fort âgée. On se le procure artificiellement par différents moyens.
Quand on mêle 1 p. d'éthal avec 5 ou 6 p. de chaux potassée, tt qu'on chauffe le mélange à 210 ou 220° environ , dans un bain d'alliage fusible, il se développe de l'hydrogène , et il se produit de l'éthal. Quand on opère sur une vingtaine de grammes d'éthal . le dégagement de gaz se prolonge pendant quelques
heures. On dissout l'éthalate dans l'eau, et l'on précipite l'É.
normal par l'acide hydrochlorique. Pour l'avoir plus pur, on le tait bouillir avec de l'eau de baryte, on évapore a siccité, on reprend par l'alcool . afin d'extraire l'ethal qui aura.it échappé à la réaction, et l'on décompose de nouveau l'É. barytique par l'acide hydrochlorique (Dumas et Stass .
Un autre procédé consiste a soumettre lacétine à la distillation sèche , à saponifier le produit par la potasse, à séparer l'huile hydrocarbonée surnageante, et à décomposer Je savon par l'acide hydrochlorique ( Smith).
Voici comment on se le procure au moyen de l'acide oléique : on chauffe cet acide dans une capsule d'argent, avec un léger excès de potasse caustique et quelques gouttesd'eau, de manière a le saponifier; ensuite on y ajoute une nouvelle quantité de po- . environ deux t'ois le poids de l'acide oléique employé, et l'on chauffe doucement le tout de manière à faire tondre la po- On fait bien de verser de temps a autre quelques gouttes d'eau sur le mélange, afin qu'il ne s'échauffe pas trop. Si l'on opère avec soin, la masse ne noircit guère et ne prend qu'une teinte jaune. Dès que tout le mélange se trouve porté à la température de la potasse tondante, il se manifeste un dégagement d'hydrogène, qui dure jusqu'à ce que l'opération soit terminée. On enlève rapidement le feu. et l'on jette la masse encore chaude dans de l'eau , qui dissout une grande partie de la potasse libre. Si l'on n'emploie pas trop d'eau, la lessive osi tellement concentrée que le savon surnage sans se dissoudre; on l'enlève, on le dissout complètement dans l'eau, et on le sépare de nouveau à l'aide du sel marin. Finalement, on décompose la solution par de l'acide hydrochlorique (Warrentrapp).
S'agit-il enfin de le préparer à l'aide de l'huile de palme, on la saponifie avec de la soude ou de la potasse caustique, et l'on décompose le savon par l'acide hydrochlorique ou tartrique. On dissout dans l'alcool chaud le mélange d'acide oléique et d'acide éthalique, et on l'abandonne à la cristallisation. On exprime les cristaux entre des doubles de papier Joseph, et l'on répète cette opération plusieurs fois, jusqu'à ce que l'acide oléique reste complètement dans les eaux-mères (Frémy, Stenhouse).
L'huile de palme renferme souvent jusqu'à 1/3 de son poids h. 20
d'acide éthalique libre, et son acidité augmente par l'âge; c'est le glycéride qu'elle renferme (la palmitine) qui s'altère peu à peu au contact de l'air et de L'humidité, et alors la glycérine et l'acide éthalique deviennent libres (1).
L'É. normal est un corps solide, incolore, inodore, insipide, plus léger que l'eau. Fondu par une douce chaleur, il se solidifie à 55°, et se présente alors sous la forme d'aiguilles fines et brillantes , réunies en groupes radiés. Il est insoluble dans l'eau , et se dissout abondamment , au contraire , dans l'alcool et l'éther bouillants. Ces dissolutions concentrées se prennent en masse par le refroidissement. Quand elles sont étendues , elles le laissent cristalliser en aiguilles fines , pareilles à celles qu'on obtient par le refroidissement lent de l'acide fondu. Lorsqu'il a été chauffé à 250°, il cristallise dans l'alcool . en petits cristaux très durs (Frémy). Soumis à l'action de la chaleur dans une petite capsule, il bout et se volatilise sans laisser de résidu (Dumas et Stass).
Tous les É. sont insolubles dans l'eau, excepté ceux à base de potasse, de soude et d'ammoniaque.
Un prépare les É. insolubles en précipitant les sels métalliques dissous dans l'alcool par une dissolution alcoolique d'É. potassique ou sodique.
Éthalate ammoniacal (palmitate d'ammoniaque). — C16H3202, NH3 (Frémy). — Ce sel est insoluble dans l'eau froide.
Et Italate potassique. — C16(H3iK)(X — En fondant de l'acide éthalique sur du carbonate de potasse, l'acide carbonique se dégage, et il se produit de l'É. potassique. En reprenant la masse
(i) Suivant les observations de M. Stenhouse , l'huile de palme ne renferme que quelques centièmes de palmitine. Celle-ci élant presque insoluble dans l'alcool bouillant , peut être séparée , par ce solvant , des acides libres contenus dans l'huile. Elle fond à 48" c. et se prend en une masse diaphane qui , refroidie , possède l'aspect de la cire. L'éther la dissout en toutes proportions.
A la distillation sèche, elle donne de l'acroléine, mais point d'acide sébacique. Elle renferme G35H6604 et donne par la saponification :
C35ij6604 4- 2(KH)0 4- H20 = 2[C16(H31K)02] -f C3H803.
Le même corps constitue, suivant M. Rochleder, la matière grasse contenue dans les graines de café. ( Revue seientif., t. XVI, p. 308.)
par l'alcool bouillant, ou obtient une dissolution d'É. potassique qui, en refroidissant , dépose ce sel a l'état cristallisé.
Ce sel est blanc, très nacré. L'eau Le décompose quanti elfe est .ai quantité suffisante; mais il peut se dissoudre dans une petite quantité d'eau. L'alcool le dissout complètement. L'éther ne lui enlève rien et ne le dissout pas. Il peut éprouver la fusion sans s'altérer (Dumas et Stass).
Ethalate sodique. — II cristallise en larges lames nacrées, et K décompose plus facilement par l'eau que le sel précédent.
Ethalate ban/tique. — Précipité blanc.
Étkalate plombique. — Précipité blanc, très fusible.
Ethalate argenttquè (palmitate d'argent). — C,e(H3,A#)02. — Précipite blanc, peu s. .lubie, qui s'altère avec beaucoup de facilité.
Ethalate foadricfdvrê (acide chloropalmitique).— Cl6(H28C/4 ( )-. — Quand on fait agir du chlore sur IL. normal, en faisant intervenir successivement l'influence de la chaleur et de la lumière, on obtient uiie série d'acides ; chlorurés, dont la basicité parait Être la même que celle de l'E. normal. Les premiers acides sont liquides à la température ordinaire; les derniers sont durs et transparents comme une résine. Le composé le plus stable, e qu'on obtient toujours en taisant passer un courant de chloi dans l'É. normal fondu, c'est l'É. quadrichloré (Fréim
Genre Myristalcool RO2.
632. Éther unialcoolique, isomère du g. ethalate, homologue des g. formométhol, formalcool, acéméthol, acétalcool , butyralcool, margaralcool , stéar alcool, etc.
Myjnstalcool normal (éther myristique). — C,6H3202. — On obtient cet éther par le procédé ordinaire , en faisant passer de l'acide hydrochlorique dans une dissolution bouillante d'acide myristique (593) dans l'alcool. C'est un liquide transparent . incolore ou légèrement jaunâtre et huileux ; sa densité est de 0,864. Il est soluble à chaud dans l'alcool et l'éther, et se décompose par les alcalis comme tous les éthers (Playfair).
Genre Peucédanine R-1G0*.
633. Produit naturel dont les relations chimiques ne sont pas
connues.
Peucédanine normale. — C18H160< (Erdmann , Zœppritz). — Quand on épuise par l'alcool la racine de Pêucedanum officinale ,
on obtient un extrait qui dépose des prismes transparents, incolores, légers, brillants et groupés en faisceaux. Ce corps fond à 60°; il est insoluble dans l'eau à froid et à chaud; à froid, il est peu soluble dans l'alcool, et s'y dissout mieux à l'ébullition. La solution est d'une aereté persistante, et n'agit pas sur les couleurs végétales.
La P. est fort soluble dans l'éther, ainsi que dans les huiles grasses et volatiles. Elle se dissout dans les alcalis aqueux, et les acides la précipitent de cette dissolution (Erdmann).
Peudanine cuivrigye. -C16(H15(V)0*. - La dissolution alcoolique de P. normale est précipitée par quelques sels métalliques , entre autres par l'acétate de plomb et l'acétate de cuivre. Le précipité produit par ce dernier a donné à M. Erdmann 45,3 — 44,2 p. c. d'oxyde de cuivre (l).
Genre Hématoxyline R-l806.
634. L'espèce normale se rencontre toute formée dans le bois de Campêche ( Hematoxylon campechianwn ).
Hématoxyline normale (hématine). - CWO* + 2 aq. (2). -
fi) Ma formule correspond à 44,2 p. c. d'oxyde de cuivre.
(2) M. Erdmann donne, pour rhématoxyline sèche et cnstellisée, des formules qui ne me paraissent point exactes : C<°I13*0", C ff *t> + 8aq., et C40H34O15 + 3 aq. Les formules que j'admets exigent les nombres suivants :
Hémat. séchêe à 100". Hémat. Uhydralée. Hémat. monohydratée.
Calcul. Analyse. Calcul. AnaUs,. Calcul. Analyse.
Carbone 63,6 - 63,5 55,0 - 53,8 60,0 - 59,7
Hydrog. 4,6 - 4,7 5,3 - 5,8 5,0 - 5,0.
Mes formules de l'H. sèche et monohydratée s'accordent parfaitement avec les expériences de M. Erdmann ; TH. est d'ailleurs fort difficile a brôler.
Pour obtenir oe corps, on pulvérise l'extrait du huis de Gampêche tel que le fournit le commerce , et, après l'avoir mélangé avec icoup de sable quartzeux pour éviter l'agglomération delà .mu l'abandonne pendant quelques jours avec 5 ou 6 fois son volume d'éther, et on l'agite de temps à autre. L'éther se charge alors de l'H. . ainsi que d'une certaine quantité d'autres substances, et se colore en jaune brunâtre. On décante la solution; on enlève l'éther par la distillation, jusqu'à ce que le liquide ait pris une consistance de sirop, et, après avoir mélangé 'du avec de l'eau, on l'abandonne dans un vase légèrement couvert. Sans l'addition de l'eau, le liquide se dessécherait en une masse gommeuse; mais, si l'on en a pris assez, l'H. cristallise au bout de quelques jours. On lave les cristaux à l'eau froide, et on en sépare l'eau-mère en les exprimant entre du papier Joseph. L'eau-mère, réunie aux eaux de lavage, fournit, par l'évaporation spontanée, une nouvelle portion de cristaux (Chevreul . Erdmann .
'L'H. normale cristallise en prismes rectangulaires à quatre pans, dont les arêtes latérales sont régulièrement tronquées, et qui sont terminés par des faces disposées symétriquement. Les cristaux renferment 16.5 p. c. = -2 éq. , qu'ils perdent par la dessiccation dans le vide. Lorsqu'on laisse refroidir, dans un flacon bouché, une solution d'H. saturée à l'ébullition , cette substance se dépose, au bout d'un temps assez long, en cristaux grenus, réunis en croûtes dures et non déterminables ; ces cristaux renferment 6.5 == 1 éq. d'eau de cristallisation.
La couleur des cristaux d'H. varie, suivant leur grosseur, depuis le jaune paille jusqu'au jaune de miel; en poudre, cette substance est blanche ou jaunâtre. Elle ne se dissout que lentement et en petite quantité dans l'eau froide ; l'air ou l'oxygène n'altèrent pas cette solution , mais il suffit de la moindre trace d'ammoniaque dans l'air pour qu'elle se colore en rouge jaunâtre; il se produit alors de l'hématéine biammoniacale :
Oli^O6 -f 0 + 2NH3 = H20 + Ci6fp20c;o\-n3.
Elle est soluble dans l'éther, ainsi que dans l'alcool ; si la solution ethérée est anhydre. l'H. reste, après l'évaporation du
solvant, sous tonne gommeuse. La lumière jaunit aussi la solution.
Chauffée, l'H. fond dans son eau de cristallisation; à une température plus élevée, elle se charbonno complètement.
Les acides hydrochlorique et sulfurique étendus ne l'altèrent pas beaucoup.
L'acide nitrique l'attaque à froid avec une vive effervescence , et produit de l'acide oxalique.
Le chlore la convertit en une substance brune non cristallisable.
L'eau de baryte donne, avec la solution d'H. dans l'eau privée d'air, dans les premiers moments, un précipité blanc ou d'un bleu pâle, mais qui devient bientôt , à l'air, d'un bleu foncé , et plus tard d'un rouge brun.
La potasse communique à la solution de l'H. une teinte violacée; mais si l'air y a de l'accès, cette couleur devient peu à peu pourpre, puis jaune-brunâtre, et enfin d'un brun sale. Une solution alcoolique d'H. donne, avec une solution de potasse dans l'alcool absolu, des flocons bleu foncé.
L'acétate de plomb, neutre ou surbasique , donne un précipité blanc, qui bleuit très rapidement à l'air. Le nitrate d'argent est réduit presque instantanément, même à une température basse; le perchlorure d'or est dans le même cas (Erdmann).
Genre ffématéine R-20O.
635. Produit de l'action simultanée de l'air et de l'ammoniaque sur l'hématoxyline.
Hématéine normale. — G16H12O6. — Lorsqu'on place l'hématoxyline sous une cloche où se trouve déjà une capsule avec de l'ammoniaque liquide , elle prend une teinte pourpre foncé, mais la métamorphose n'est pas complète. Il y a plus d'avantage à opérer de la manière suivante : on arrose une vingtaine de grammes d'hématoxyline dans une capsule avec assez d'ammoniaque pour la dissoudre, et l'on agite continuellement; tant qu'il y a un grand excès d'hématoxyline, on peut, sans inconvénient , favoriser la dissolution par un échauffement modéré. On abandonne le tout au contact de l'air, en remplaçant l'amm.o-
SSIZ18MI FAMILLE. 31 1
oiaque de temps en temps: cependant il ne tant pas non plus prendre celle-ci en excès La dose d'ammoniaque étant convenable, le liquide prend une teinte cerise, de sorte que, vu en masse, il paraît noir. Bientôt il dépose des cristaux grenus d'H. biammoniacale ; on Les sépare rapidement à l'aide d'un filtre, et on les lave à l'eau froide. On précipite L'eau-mère par fort peu d'acide acétique pour en extraire l'H. normale (l). Lorsqu'on abandonne à l'air l'eau-mère d'où l'H. biammoniacale s'est dé- . elle finit par se dessécher en une masse vert noir, à éclat métallique, et qui n'est aussi que de l'H. normale, ayant perdu toute L'ammoniaque (Erdmann ).
Récemment précipitée, l'H. normale se présente sous la forme d'un précipité volumineux, brun-rouge, comme le peroxyde de. fer hydraté. La «Kssiccation le rend vert foncé, et lui donne de l'éclat métallique; en couche mince, la poudre en est rouge.
Elle ne se dissout que lentement dans l'eau froide ; l'eau bouillante la dissout mieux. Lorsqu'on évapore brusquement une solution préparée a l'ébullition , elle se couvre de feuillets verts et brillants, qui s'enfoncent par l'agitation, et sont remplacés peu a peu par d'autres. Quelquefois aussi elle se prend en une masse gélatineuse, qui donne des lamelles micacées et cristallines quand on la délaie dans l'eau.
L alcool la dissout aussi; l'éther ne la dissout que fort peu.
Elle se charbonne par la chaleur.
La potasse la dissout avec une teinte bleue , qui brunit à l'air. L'ammoniaque la dissout avec une belle teinte pourpre, qui
(1) Je ne puis pas admettre la formule de M. Erdmann pour ce corps. Voici les résultats obtenus par ce chimiste, et mis en regard des nombres exigés par mes formules :
Ht' mat. norm. Hémat. Mammon. Hémal, quadriplombique.
Calcul. Analyse. Calcul. Analyse. Calcul. Analyse.
Carbone 64,0 - 62,7 57,4 — 56,3 31,5 — 31,4
Hydrog. 4,0 — 4,2 5,3 — 5,2 1,3 — 1,8.
On remarque que l'hydrogène cadre parfaitement partout, et il n'y a que le carbone qui soit un peu trop faible dans les analyses de l'H. normale et de TH. biammoniacale ; mais ces différences s'expliquent par la combustion difficile de ces corps.
312 Histoire et classification.
brunit également à l'air. Les acides minéraux la dissolvent aussi avec une coloration rouge brun ; l'acide acétique la dissout moins bien.
L'hydrogène sulfuré décolore TH. , niais ne la convertit pas en hématoxyline (Erdmann).
Hématéine biammoniacale (hématéate d'ammoniaque). — ^i6H'-06.'2XH3. — Cette combinaison paraît . à l'œil nu, sous la l'orme d'une poudre noir violacé. Examinés au microscope, les grains se présentent à l'état de prismes tétragones, violets et transparents.
Dans l'eau, TH. biammoniacale se dissout aisément avec Une couleur pourpre intense ; avec l'alcool , elle donne une solution rouge brun, qui devient pourpre par une addition d'eau.
Chauffée à 100', elle perd de l'eau et de l'ammoniaque; on ne peut donc la dessécher qu'à la température ordinaire sur l'acide snlfurique , et même, dans ce cas , elle se décompose quelquefois. Abandonnée dans le vide sur l'acide sulfurique, sa solution perd toute l'ammoniaque, et ne laisse que de l'H. normale.
L'H. biammoniacale donne des précipités colorés avec le plus grand nombre des solutions métalliques : avec l'acétate de plomb, un précipité bleu foncé; avec le chlorure de baryum, une coloration pourpre foncé, qui devient bientôt à l'air d'un brun sale; avec le nitrate d'argent , réduction à l'état métallique ; avec le deutosulfate de cuivre, précipité bleu violacé ; avec le protochlorure d'étain, précipité violet. Elle n'agit pas sur le bichlorure de mercure.
La potasse dissout l'H. biammoniacale en expulsant l'ammoniaque.
Hématéine quadriplombique. — Cl6(H8P64)06. — Lorsqu'on mélange de l'acétate de plomb neutre avec une solution d'H. biammoniacale , il se produit un précipité bleu foncé, et la liqueur devient acide. Si on lave longtemps le précipité au contact de l'air, il finit par s'altérer (Erdmann).
Genre Quercitrate R-l4010.
636. Sel bibasique , contenu dans lecorce du Quercus nigra , L.
Quercitrate normal (acide quercitrique , quercitrin , jaune du
qoercitron). — OH180>û (Bolley). —On L'obtient . suivant M. Chevreul , *mi épuisant l'écorce par de l'alcool de 0,84 , dans un appareil de déplacement , précipitant le tannin par de la chaux ou de la gélatine, et évaporant le liquide filtré. On le purifie par quelques cristallisations dans l'alcool.
Il se présente sous la forme d'une poudre cristalline, d'un jaune de chrome, sans odeur, légèrement amère, et d'une réaction acide.
Il se dissout dans -iCO p. d'eau bouillante , et dans bien moins d'alcool absolu. La solution brunit peu à peu à l'air. Elle sature les alcalis.
Sous l'influence de la chaleur, il donne un sublimé jaune, ainsi qu'un résidu de charbon. Avec un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique , il donne de l'acide formique.
(y////v/V/v/^/y//,A, ,//y/////r.Ci6(H,6Pô2)010 (Bolley). —On l'obtient en précipitant une dissolution alcoolique de Q. normal par une dissolution également alcoolique d'acétate de plomb.
Genre Sulfocétate II— Suc
637. Sel copule unibasique ; homologue des g. sulfométhylate . sulfovinate, sulfamilate, etc.; produit de l'accouplement de l'éthal (628) avec l'acide sulfurique.
Sulfocétate normal (acide sulfocétique , bisulfate d'oxyde de cétyle). — C,6H34S04. — L'éthal, mis en contact à froid avec l'acide sulfurique ordinaire, n'agit pas sur lui; mais en chauffant au bain-marie, et agitant très souvent la masse, les deux corps se combinent , et il se forme du S. normal.
Sulfocétate potassique. — O(H33K)S0«. — Quand on dissout le produit précédent dans l'alcool , et qu'on le sature par de la potasse également dissoute dans de l'alcool, il se forme du sulfate de potasse qui se dépose , et du S. potassique qui demeure dissous aussi bien que l'excès d'éthal qui ne serait pas accouplé. La liqueur, filtrée et évaporée, laisse cristalliser le produit. En le dissolvant dans l'alcool absolu , on en sépare quelques traces de sulfate de potasse , puis on évapore l'alcool , et l'on fait cristalliser une seconde fois. Le nouveau produit renferme le S. potas-
sique , contenant encore un peu d'éthal , dont on le débarrasse au moyen de l'éther (Dumas et Péligot).
Le S. potassique cristallise en paillettes nacrées d'une blancheur parfaite.
(b) Combinaisons azotées.
Genre Cyanobenzile R-20N2O2.
638. Produit de la combinaison de l'acide prussique avec le benzile normal (597, modif. a) :
ci4Hio02 j OGHN = C16II,2.N202.
Cyanobenzile normal ( hydrocyanate de benzile). — C*6HI2N2(K — Lorsqu'on dissout du benzile dans l'alcool bouillant, et qu'on y ajoute à peu près un poids égal d'acide prussique presque anhydre , le mélange dépose peu à peu des tables rhombes , d'une blancheur éclatante , assez volumineuses , et d'un aspect vitreux. Les cristaux fondent par la chaleur, en se décomposant et en laissant du benzile normal. Ni l'eau bouillante ni l'acide hydrochlorique concentré et bouillant ne les altèrent. Chauffés avec de l'ammoniaque aqueuse ou avec, de l'acide nitrique , ils laissent du benzile normal (Zinin).
Lorsqu'on ajoute à la solution alcoolique de ces cristaux une solution alcoolique de nitrate d'argent, il se précipite du cyanure argentique, et le liquide restant donne des cristaux de benzile normal. La solution alcoolique du C. normal, chauffée avec du bioxyde de mercure, donne du mercure métallique, et l'on remarque en même temps fort distinctement l'odeur de l'éther benzoïque.
Genre Indigogène H-2UN202.
639. Produit de l'action des substances réductrices sur L'indigo normal (463).
Le suc de différentes espèces des genres Indigo fera , JSerium , Isatis, Polygonum, etc., renferme en dissolution une substance incolore, qui a la propriété de se décomposer au contact de l'air
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en devenant bleue, et à laquelle ces plantes doivent leurs propriétés tinctoriales. En Amérique et dans les Indes orientales, or/ récolte les feuilles des indigotiers, et on les abandonne, dam l'eau, a la fermentation; de cette manière, la substance incolor et soluble, en devenant bleue et insoluble, se dépose dans I liquide, en société de plusieurs autres substances étrangères : c'est ce produit qu'on rencontre dans le commerce sous le nom d'indigo.
fndigogène normal (indigo blanc, désoxygéné ou réduit). — Cl6H,2N202. — Ce corps n'avait jamais été analysé , quand M. Dumas en fit connaître la composition, il y a quelques années. Pour l'obtenir assez pur pour les analyses , ce chimiste a été tore.- de mettre en usage une série de précautions que nécessitait la facilité extraordinaire avec laquelle ce corps bleuit et se convertit en indigo.
Sans décrire ici les détails de l'opération (l), nous nous bornerons a dire que, pour obtenir l'I. normal, on met l'indigo bleu, sous l'influence d'un mélange réducteur de chaux et de sulfate de fer, dans un petit tonneau d'où l'accès de l'air se trouve complètement exclu. Dès que la réduction est effectuée, on précipite le liquide, avec les mêmes précautions, par de l'acide hydroehlorique étendu et bouillant, et, après avoir lavé le produit avec de l'eau longuement bouillie, on le dessèche dans le vide d'une bonne machine.
L'I. normal , ainsi préparé , étant exposé à l'air, y bleuit bientôt a la surface ; il faut néanmoins plusieurs jours pour que la masse mtière soit bleue. Chauffé à l'air, il passe très vite au bleu , en dégageant des vapeurs pourpres ; dans le vide , les vapeurs pourpres apparaissent aussi (Dumas).
Il est sans odeur ni saveur, sans action sur les couleurs végétales , insoluble dans l'eau et les acides étendus , fort soluble dans les liquides alcalins, sans qu'il les neutralise. 11 se dissout , avec une teinte jaune, dans l'alcool et dalis l'éther.
Toutes les solutions de l'I. normal déposent, au contact de l'air, de l'indigo sous forme de poudre bleue.
C16H12\202 | o = H2o -f 2C*H5NO.
(1) Voyez Annal, de cliim. et de pliys. Nouvelle série t. II, p. 208.
640. fndigogènes métalliques; — Les solutions alcalines de l'I. normal sont précipitées par les solutions métalliques; les précipités, quand ils sont incolores, bleuissent à l'air. Quand on les chauffe à l'état sec, ils donnent des sublimés cristallins (Berzélius, Runge).
Il est probable que les I. à métaux très réductibles donnent, dans ces circonstances , de l'indigo normal; on sait du moins (pie l'I. à base de cuivre et de plomb dégagent, à la distillation sèche , des vapeurs pourpres.
Genre Incline R-*>j\2Q2
641. Isomère du g. indigogène; il se produit, en même temps <pie le g. isatine ou isatate , par l'action de la chaleur ou de la potasse sur les espèces du g. isathyde (643) :
3[C16H12iN204] = C16H12]N202 j 4C8H5\02 + 21I20.
Incline normale (acide indinique). — OH'2N202. — Pour obtenir ce corps , on met de l'isathyde bisulfure dans un mortier , puis on y verse une dissolution concentrée de potasse , de manière à former une pâte , que l'on triture pendant quelque temps ; on ajoute peu à peu quelques gouttes de potasse, et lorsque la teinte commence à devenir rosée , au bout de cinq à six minutes , on verse peu à peu de l'alcool, en triturant toujours. On continue l'addition de l'alcool et la trituration , jusqu'à ce que la bouillie soit devenue d'un rose foncé. Alors on étend d'alcool, on filtre, on lave à l'alcool, et l'on termine le lavage avec de l'eau. On dissout le produit dans une solution très concentrée de potasse; il se produit alors des aiguilles noires d'I. potassique, qu'on lave avec de l'alcool absolu, et qu'on décompose par quelques gouttes de HC/ faible. Les cristaux se changent peu à peu par ces lavages en I. normale, pure et pulvérulente.
Ce corps est d'un rose foncé très beau ; il est insoluble dans l'eau. L'alcool et l'éther n'en dissolvent, à l'aide de l'ébullition, qu'une très petite quantité. Par la chaleur, il se boursouile aussitôt qu'il commence à entrer en fusion; il laisse alors dégager des aiguilles , en même temps qu'il laisse beaucoup de charbon.
L'acide nitrique bouillant le décompose. La potasse le couver
lit en cristaux noirs d'I. potassique; quand on chauffe le mélange plus longtemps, il se produit de l'hydrindinate potassique.
L'acide sulfurique le dissout en se colorant en rouge; l'eau le précipite non altéré.
Le brome en dégage HBr, et le convertit en I. quadribromée Laurent).
Indiru potassique (indinate de potasse). — C16(H1,K)N,0*? — Lorsqu'on verse une dissolution un peu chaude et très concentrée sur l'I. normale, humecta1 avec de L'alcool, il se forme une dissolution , qui ne tarde pas a se prendre en une bouillie de cristaux noirs. Ce sel jouit de très peu de stabilité; l'eau le décompose sur-le-champ presque entièrement ; il devient rose, et la dissolution n'en retient qu'une très petite quantité. Si l'on neutralise celle-ci par un acide, il se forme un précipité rose d'I. normale (Laurent).
La solution des cristaux noirs se convertit, par l'ébullition, en hydrindinate potassique :
C«(HMK)NW + H20 = CI6(Hl3K)N2()3.
Fndine bichlorée (chlorindine). — C^WJTOZ — M. Erdmann a obtenu ce corps en traitant l'isathyde bichloré par la potasse. C'est un corps pulvérulent , violet , insoluble dans l'eau , l'alcool et l'acide hydrochlorique , soluble dans la potasse.
Indine quadribromée (bibromindine). — C16(H8Br4)N202? — On peut l'obtenir avec l'I. normale et le brome. C'est une poudre violet noirâtre , peu soluble dans l'alcool et l'éther, et prenant, avec la potasse , une teinte noirâtre , qui jaunit si l'on fait bouillir le liquide étendu d'eau (Laurent).
Indine binitrique (nitrindine). — Clô(H10X2;N2O2? — C'est un corps pulvérulent , d'un rouge violacé assez intense. La potasse le dissout en se colorant en brun très intense. M. Laurent l'a obtenu en faisant bouillir l'I. normale avec de l'acide nitrique.
Genre Hydrindine R~l8N203.
642. Sous l'influence de la potasse caustique bouillante, l'indine potassée fixe H20 (?), et se convertit en hydrindine potassique :
C^HUR^O2 + HX) = CiG(Hi3K)ÏS203.
Hydrindine normale. — C,6H,4N203? — Si, après avoir versé de la potasse sur de l'indine normale humectée d'alcool, on chauffe légèrement , il se forme des cristaux noirs d'indine potassée ; mais quand on chauffe un peu trop longtemps , la couleur noire disparaît, et, par le refroidissement, il se dépose des aiguilles soyeuses et jaunâtres d'H. potassique. L'eau décompose celles-ci en séparant de l'H. normale.
On obtient aussi ce corps par l'action de la potasse sur l'isathyde normale et l'isathyde sulfurée; par l'emploi de ces corps, il se produit en outre de l'isatate (643).
L'H. normale est cristallisée en petits prismes courts, transparents et d'un jaune pale. Elle est insoluble dans l'eau , et un peu soluble dans l'alcool bouillant.
Chauffée à 300°, elle devient d'un brun violacé , perd de l'eau, et se convertit en indine normale.
L'acide nitrique bouillant la décompose ; elle devient violette , pulvérulente, et paraît donner de l'indine nitrique.
ffydrindine potassique. — C,6(H13K)N203? — Quand on verse de la potasse sur l'H. normale , celle-ci se dissout à chaud; par le refroidissement, l'H. potassique se dépose en aiguilles soyeuses. Si l'on y ajoute de l'alcool, ces aiguilles se dissolvent; mais, par l'addition de l'eau, il s'en dépose de nouveau des aiguilles d'H. normale. L'H. potassique présente donc peu de stabilité (Laurent).
Genre Isathyde R~20NW.
643. Produit de l'action de l'hydrogène sulfuré ou del'hydrosulfate d'ammoniaque sur les espèces du g. isatine (464) :
2C8H5i\02 + 1RS = C^H12*2!)4 -4- S.
Sous l'influence de la potasse, ainsi que sous celle de la chaleur, les espèces du g. isathyde se dédoublent en espèces des g. indine et isatate(8e fam.).
3ci6Hi2N204 = c16IJ12\202 + C8H5N02 + 2H20.
Isathyde normale. — C16H12N204. — M. Laurent donne ce nom à un composé qu'il a découvert en faisant dissoudre à chaud de l'isatine normale dans l'alcool, et en y versant un peu d'hydro-
sulfate d'ammoniaque. Le mélange ayant été abandonné à luiméme pendant une huitaine de jours, a déposé des cristaux lamellaires et prismatiques d'I. normale, mélangés de cristaux octaédriques de soufre.
L'I. normal.1 est blanche, légèrement grisâtre, sans odeur, sans saveur: elle ne paraît pas être soluble dans l'eau. L'alcool el l'ether n'en dissolvent, par l'ébullition , qu'une très petite quantité; par le refroidissement, ils l'abandonnent sous la forme ne paillettes microscopiques, qui sont des prismes obliques, à base rectangulaire.
Chauffée à quelques degrés au-dessus de son point de ramollissement . elle devient brun violet: si l'on pousse la [température jusqu'à ce que le corps soit à moitié fondu, il se décompose, et l'on obtient un corps soluble dans l'alcool, qui donne des cristaux brun rouge par l'évaporation (Laurent).
L'acide nitrique bouillant la décompose.
hathyde sulfurée sulfisathyde). — C,6H12N2(03S). — Ce corps s'obtient en versant goutte à goutte une dissolution de potasse caustique dans une dissolution alcoolique d'I. bisulfurée. La liqueur jaunâtre passe immédiatement au rouge, en laissant déposer, au bout de quelques secondes, un précipité blanc cristallin d'I. sulfurée.
ci6Hi2iN2(02s2) + (KH)O = C16H,2.N2(03S) + (KH)S.
On le lave à l'alcool bouillant, et on le dessèche ; il possède une légère teinte rosée due à la présence d'un peu d'indine normale, dont il est difficile d'éviter la formation (Laurent).
L'I. sulfurée pure est blanche , cristalline, inodore, insipide, insoluble dans l'eau.
Par la chaleur, elle entre en fusion , devient rouge , et se décompose en se boursouflant et en dégageant de l'hydrogène sulfuré , une huile rose et une matière cristallisée en aiguilles. Elle laisse une volumineux dépôt de charbon.
L'alcool bouillant et l'éther n'en dissolvent que des traces.
L'acide nitrique bouillant la transforme en une poudre violacée. L'acide sulfurique la dissout en se colorant en rouge brun.
hnthyde bisulfurée (sulfésathyde , sulfisatine).— Ci6H12N2(02S2). — M. Laurent a préparé ce corps en faisant passer un courant
d'hydrogène sulfuré dans une dissolution alcoolique bouillante et très concentrée d'isatine normale :
2C8H5A02 + 1125 = Cl6ll12N204 + S
Ci6Hri]N204 j 9112S = C16HI2.\2(02S2) + 21120.
C'est une matière gris jaunâtre , pulvérulente , inodore , insipide, insoluble dans l'eau bouillante, dans laquelle elle se ramollit. L'alcool et l'éther la dissolvent très facilement à l'aide de la chaleur , mais ne la déposent pas à l'état cristallisé.
Lorsqu'on la chauffe dans un tube , elle se boursoufle beaucoup aussitôt qu'elle commence à entrer en fusion. Il se dégage H2S, une huile brune et une matière cristallisée en aiguilles, en même temps qu'il reste un volumineux dépôt de charbon.
Le brome l'attaque vivement. L'acide nitrique concentré et bouillant la décompose aussi.
Lorsqu'on met IL bisulfurée en contact avec le bisulfite d'ammoniaque, on obtient toujours un sel soiuble dans l'eau [sulfisatanite d'ammoniaque), et une ou plusieurs autres matières insolubles. Ces produits n'ont pas encore été suffisamment examinés (l).
La potasse la convertit en plusieurs composés particuliers (643;.
644. Isathyde bichlorée (chlorisathyde, chlorisathydase). — C,6(H10C/2)N2O4. On obtient ce corps en traitant l'isatine chlorée par l'hydrosulfate d'ammoniaque. C'est un précipité blanc et pulvérulent, insoluble dans l'eau froide, peu soiuble dans l'eau chaude. L'alcool bouillant le dissout, et le dépose, par le refroidissement , sous la forme de croûtes cristallines , sans forme régulière (Erdmann).
Avec l'ammoniaque, l'I. chlorée se colore en rouge, et s'y dissout en partie , quand on vient à chauffer, en donnant un liquide qui précipite , par le refroidissement , une poudre rouge.
Isathyde J/tcldoro-quadrisulfurée (sulfochlorisatine) . — C16(H1ÛC/2) N2S4 (Laurent). — Précipité blanc qui se forme par l'action de l'hydrogène sulfuré sur l'isatine chlorée (Erdmann).
Isathyde quadrichlorée (bichlorisathyde, chlorisathydèse). -^r-
(1) Laurent. Revue scienlif. cl industr. , t. X, p. 295.
O ll\74 N2(H. — La formation el les propriétés de ce corps coïncident avec celles de II. chlorée (Erdmann).
Genre Imasatine R-21N303.