‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 64 sur 129 · Alcaloïde (2), contenu dans l'opium, à l'état de méco · texte numérisé non relu

Alcaloïde (2), contenu dans l'opium, à l'état de méco

nate.

Morphine normale. — C«H,9N03 + aq. — Différents procédés peuvent être employés pour l'extraction de ce corps. M. Merck prescrit d'épuiser l'opium par l'eau froide, de concentrer l'extrait par l'évaporation et de le décomposer à chaud par un grand excès de carbonate de soude en poudre, tant qu'il se dégage de l'ammoniaque. Le précipité est lavé à l'eau froide et traité à froid par l'alcool de 0,85; puis , après l'avoir desséché de nouveau, on l'épuisé à froid par de l'acide acétique fort étendu. Il faut avoir soin de n'employer celui-ci que par petites portions. Ensuite on précipite la solution d'acétate de M. par l'ammoniaque , qu'on évite de prendre en excès. Le précipité ayant été lavé, on le dissout dans l'alcool bouillant ; la M. cristallise alors par le refroidissement.

Ce corps cristallise en octaèdres ou en prismes rectangulaires terminés par un biseau; il est brillant, incolore, transparent sans odeur , mais d'une amertume fort persistante. Les crist;

[iui

(1) On a uencontré dans l'opium au moins six alcaloïdes particuliers : la morphine, la codéine, la thébaïne ou paramorphine , la pseudomorphine , la narcéine et la narcotine. Parmi ces alcaloïdes , la narcotme est la seule dont on connaisse quelques métamorphoses ; les formules de la morphine et de la codéine paraissent assez bien établies, mais celles tios autres n'offrent aucune garantie , et leur étude est toute à faire.

(2) Les formules adoptées par M. Liebig et par M. Regnault pour la morphine avaient été calculées avec l'ancien poids atomique du carbone. Leurs analyses ont donné, pour la morphine sèche :

LIEBIG. KEGXAULT.

Carbone 72,3-72,û 72,8-72,4

Ilydrog. 6,7— 6,8 6,8— 6,9

Azote 5,0— 5,0 5,0— 5,0.

Ma formule exig«> : carbone (nouv. poids alom.) 72,7; liydrog. 6,'; ; azote Zi,8.

fondent par réchauffement en développant G p. c. = 1 éq. d'eau de cristallisation ; la masse fondue devient radiée par le refroi-

ss< ment : par une plus forte chaleur elle se charbonne.

Cet alcaloïde est peu soluble dans l'eau froide; l'eau bouillante en dissout environ 1 500, dont la plus grande partie se se, par le refroidissement, a l'état cristallin. A froid , l'alcool ne le dissout que fort peu; il on prend davantage à l'ébullition. La solution est fort amère, alcaline et extrêmement vénéneuse.

L'éther et les huiles essentielles ne le dissolvent presque pas ; cette insolubilité dans l'éther permet de séparer la M. de la narcotine. Les alcalis aqueux la dissolvent aisément; l'ammoniaque, toutefois . n'en dissout que fort peu.

De tous les solvants, les acides , même l'acide acétique dilué, sont ceux qui le dissolvent le mieux , en produisant des sels de morphine qui cristallisent en plus grande partie, se dissolvent aisément dans l'eau et l'alcool , et sont insolubles dans l'éther.

La M. et ses sels sont fort sensibles à l'action des corps oxygénants. Au contact de l'acide nitrique, elle se colore en rouge; si l'acide est concentré , la matière s'échauffe et développe des vapeurs nitivuses. L'acide iodique , même en solution étendue, en est réduit , et colore le liquide en brun ou en jaune par suite de la séparation de l'iode. Le chlorure d'or colore les solutions de M. en bleu par suite de la réduction du métal ; le perchlorure de fer prend une teinte bleu foncé qui toutefois ne persiste pas. Le nitrate d'argent en est aussi réduit au bout de quelque temps ; il en est de même du manganate de potasse, qui prend une teinte verte.

On ne connaît pas les métamorphoses que la M. éprouve de la part de ces agents.

Morphine nitrique (nitrate de morphine). — On l'obtient, avec l'acide nitrique très étendu , sous la forme d'aiguilles groupées en étoiles, fort solubles dans l'eau.

Morphine hydrochlorique. — C18H19x\03,HC/ + 3 aq. — Il s'obtient aisément en fibres soyeuses , fort solubles dans l'eau , et renfermant 3 éq. = 14 p. c. d'eau de cristallisation qui se dégagent complètement par la dessiccation. Il précipite le bichlorure de mercure en flocons blancs et caillebottcux.

Morphine semi-sulfurique ( sulfate neutre de morphine ). — (C18H19\03,2,SH204 + x aq. — Prismes incolores , groupés en aigrettes, doués d'un éclat soyeux, et fort solubles dans l'eau.

Il paraît exister aussi un sel acide [C18H19N03,SH204] qu'on obtient en sursaturant le sel précédent par l'acide sulfurique.

Morphine acétique ( acétate de morphine ). — C18H|9N03, Q2HH)2? — Il cristallise en aiguilles, groupées en aigrettes , très solubles dans l'eau , moins solubles dans T alcool. Leur solution se décompose en partie, par l'évaporation , en développant de l'acide acétique et en déposant des cristaux de morphine.

GENRES

Hellénène R-12.

Cérine RO.

pyrostéarol R-20.

Campholone R-40.

Stéarate RO2.

Uargaralcool RO2.

Oléométhol R-202.

Rtitvroléalcool

FONCTIONS

chimiques

DES GENRES

RAPPORTS DE TRANSFORMATION

entre les genres

de la DIX-NEUVIÈME FAMILLE

RAPPORTS

DE TRANSFORMAT

entre les genres

DE LA DIX-NELVli;

et d'autres fa ni 11 :.

Hydrocarbure.

Aldéhyde.

Anhydride ?

Acétonide ?

Sel unibasique.

Éther unialcooliq.

Éther unialcooliq.

Éther unialcooliq.

Choloïdate R-603? Sel unibasique.

O:;inovate R-805? Sel unibasique.

Usnine R-2207 ? ' Sel unibasique.

Le stéarate n. élimine H20.

La cérine n. fixe 0.

Action de l'acide phosphorique anhydre sur Phellénine.

Dans la cire des abeilles.

Distillation sèche du campholate caicique

Saponification de la

stéarine.

Éthérificat. de l'acide

margarique (17e f.).

Éthérificat. de l'acide

oléique (18e f.) avec

l'esprit de bois.

Éthérificat. de l'acide

butyroléique ( 17e

fam.).

Action des acides sas

la bile (21e £).

Dansl'écorcedet'/i^îu

nova.

Dans certains lichens, i

D!\-NFIV!KMF FAMILLE.

G< nre Hellénène R-1-.

072. Hydrocarbure, produit de faction de l'acide phosphorique anhydre sur L'hellénol normal :

C2in2S03 == 2CO + H20 -f C^'Il-6.

ne normal — C19H20? — Lorsqu'on distille l'hellénol n. sur de l'acide phosphorique anhydre, il passe un hydrogène carboné liquide, en même temps qu'il se développe de l'oxyde de carbone; l'acide phosphorique retient les éléments de l'eau, ainsi qu'une masse noire et poisseuse.

Après avoir été rectifié, l'H. normal (l) se présente à l'état d'un liquide jaunâtre . plus léger que l'eau, d'une odeur faible, rappelant celle de l'acétone. Il bout entre 2S5 et 295°. A froid, l'acide sulfurique fumant n'agit pas sur lui; mais si l'on chauffe légèrement le mélange, il se produit un liquide homogène d'un brun rouge. Étendu d'eau, et saturé par du carbonate de baryte, ce liquide donne un sel copule (sulfohellénaie de baryte), fort amer, très soluble dans l'eau, et ne s'obtenant pas sous forme régulière (Gerhardt).

// Ce ri ne RO.

673. Aldéhyde, homologue des g. acétol (2e fam.), butyrol (4e fam.), cétine (16e fam.), etc. L'espèce normale se rencontre dans la cire des abeilles , et se convertit , par l'oxydation . en acide stéarique.

int normale (aldéhyde stéarique, cerine, cérame, acide cérinique, cire des abeilles \ — C^H^O (Gerhardt). — On s'accorde généralement à dire que la cire des abeilles est un mélange , en proportions variables, de deux principes isomères , la cérine '■lue , ne différant que par leur solubilité 2 .

La cérine fond à 62°,5, et se dissout dans 16 p. d'alcool bouil-

Voyez mes nouvelles analyses dans les Annal, de ehim. et de pl;ys., 3e série, t. XII, p. 191.

('2) M. Lewy {Comptes-rendus de l'Académie, î. XX, p. 36) y admet en outre une troisième substance , la céroléine, très molle, i;;iclaat à 28%5, très soluble à froid dans Peiner et l'alcool, et d'une réaction

lant; la myricine est presque insoluble dans l'alcool et même l'étlier bouillants, fond à une douce chaleur, et commence à se solidifier à 66°,5. Dissoute dans l'alcool , la cérine cristallise par le refroidissement en petites aiguilles très fines ( Boudet et Boisnoi, Ettling, Lewy).

Si je ne me trompe, ces deux principes ne sont que des variétés physiques d'une seule et même substance ; la myricine est plus agrégée que la cérine , et c'est ce qui explique jusqu'à un certain point la différence de solubilité; l'amidon et la dextrine (573) présentent le même cas. On pourrait admettre aussi , entre la cérine et la myricine, un rapport semblable à celui qui existe entre l'aldéhyde et le métaldéhyde : rependant la première supposition me parait plus vraisemblable.

Traitée par une lessive concentrée de potasse, la cire des abeilles se transforme (l) entièrement en un savon soluble, sans production de glycérine. D'ailleurs la cérine fondue présente une réaction acide très prononcée sur le papier de tournesol (Lewy j.

Traitée au bain d'alliage par la chaux potassée, la cérine se convertit en stéarate, avec dégagement d'hydrogène (Lewy) :

C»fl380 + (KHO = C|9(H3'K)02+ H2-

Soumise à la distillation elle donne une matière butyreuse nageant dans un liquide huileux, et pendant toute la durée de l'opération, il se dégage de l'acide carbonique et de l'hydrogène bicarboné. Le liquide huileux se compose d'hydrocarbures B ,

acide au papier de tournesol. La cire en contient environ h à 5 pour 100. Cette substance est probablement le résultat de l'action de l'air sur la cérine ou la myricine , car elle renferme moins de carbone et moins d'hydrogène (carbone 78,74; hydrogène 12,5).

(1) M. Lewy appelle acide cérinique le produit de l'action de la potasse bouillante sur la cérine; il est blanc , cristallisante , fond à 65° : il est très peu soluble dans l'alcool et l'éther, même à chaud, mais il se dissout plus facilement dans l'alcool absolu. L'analyse a donné : carbone 79,8; hydrog. 13,7.

La myricine donnerait de même un acide myricinique , fusible à 60°,5.

Ces deux acides ne me semblent encore être que de la cire plus ou mcin< agglomérée.

DIX-NEI VIÈME FAMILLE. obi

homologue du gaz oléfiant ; La matière solide se compose d'acide margarique l 5 et de paraffine C24!!50. On a d'ailleurs.

Sous l'influence de l'acide nitrique, la cire donne successivement de L'acide margarique, de l'acide pimélique, de l'acide adipique , de l'acide succinique , etc., comme l'acide stéarique

dans ces circonstances (Gerhardt, Lewy, Ronalds).

En comparant la cire blanchie sur le pré avec la cire non blanchie, M. Lewy a observé que la dernière contient plus de carbone et moins d'oxygène , et que la différence peut aller jusqu'à 1 pour cent.

Cérine potassique (cérinate de potasse). — C19(H37K)0. — C'est le savon soluble qu'on obtient en traitant la cire par une lessive de potasse bouillante; il est l'homologue de l'aldéhydate dépotasse [233).

Genre Pyrostéarol R-20.

674. L'acide phosphorique anhydre agit à chaud sur le stéarate n. et enlève H20 :

Ci9H3802 = H20 + C,9H360.

Pyrostéarol normal. — C^H360. — On fait fondre au bainmarie de l'acide stéarique avec de l'acide phosphorique anhydre, et l'on épuise le produit avec de l'eau bouillante. Il se produit ainsi une masse gélatineuse , qu'on purifie d'acide stéarique à l'aide de l'alcool bouillant.

Le P. normal constitue une masse jaunâtre, cassante et à peine cristalline, plus légère que l'eau, et fondant entre 54 et 60°. Il est presque insoluble dans l'alcool bouillant, mais il se dissout aisément dans l'éther. La potasse n'y agit pas sensiblement , même à l'ébullition. L'acide nitrique concentré l'attaque à chaud et la convertit en une masse cireuse , qui parait être la même que celle qu'on obtient avec le pyromargarol (649].

Genre Cnmpholone R 40.

G75. Campholone normale. — C,9H340. — -Liquide huileux , ob-

tenu par Delalande dans la distillation sèche du campholate calcique ,V2;> :

2C10(Pl"Ca)O2 =* C02,C«20 -f C19H3<0.

Genre Stéarate RO2.

676. Sel unibasique, homologue des g. formiate, acétate, butyrate, valérate, myristate, éthalate, margarate, etc.; produit de l'oxydation de la cire des abeilles (673) ; produit de la saponification de la stéarine contenue dans la graisse de mouton, etc. :

C19H380 -f- o = cI9H38o2.

Stéarate normal (acide stéarique). — Cl9H3802 ( Gerhardt). — On obtient ce corps en saponifiant le suif par la potasse ou la chaux, décomposant le savon par l'acide hydrochlorique ou- sulfurique étendu , et faisant cristalliser le produit à plusieurs reprises dans l'alcool jusqu'à ce que son point de fusion soit à 75°.

On peut aussi le préparer en mélangeant le suif avec la moitié de son poids d'acide sulfurique concentré , et faisant fondre la masse dans l'eau chaude , qui dissout l'acide sulfoglycérique. L'acide stéarique vient alors surnager , et se purifie comme précédemment.

Pour purifier l'acide du commerce , avec lequel on fabrique les bougies dites stéariques, on le soumet d'abord à l'action de la presse entre deux plaques de fer , et on le* fait ensuite cristalliser dans l'alcool.

L'acide stéarique cristallise en lamelles ou aiguilles nacrées ; il se dissout aisément dans l'alcool, et mieux encore dans l'éther; il est insoluble dans l'eau. Il fond à 75°, et se solidifie à 70° (Ghevreul); l'acide fondu se prend, par le refroidissement, en aiguilles blanches, brillantes, grasses auloucher. Fondu ou dissous clans l'alcool, l'acide stéarique rougit le tournesol.

On peut le distiller dans le vide sans qu'il se décompose ; mais quand on le distille dans les conditions ordinaires , il se convertit en acide margarique (650) ; en même temps il passe un peu d'eau et d'acide canonique 3 ainsi qu'une petite quantité d'un hydro-

DtX-KKftVIÈMK FAMILLE. 363

carboné R, et d'une matière neutre oxygénée [stéaronc ou h de margaryle, C37H740) :

2[C19H3802] = GO2 + I120 -f C37HT40.

Lorsqu'on distille l'acide stéarique avec le quart de son poids de chaux vive , on obtient une masse butyreuse composée d'un hydrogène carboné liquide R et de la même matière neutre, fusible à 82 : oelle qu'on obtient avec l'acide margarique (margarone] fond a ~7J | Recltenbacher, Varrentrapp).

Bouilli avec de l'acide nitrique concentré , il donne de l'acide margarique et , successivement , les mêmes acides que ce dernier produit dans les mêmes circonstan* <-s acides subérique, pimélique, adipique; azoléique, succinique. etc. .

Chauffé avec de l'acide phosphorique anhydre , il donne un corps neutre particulier H74) :

ci9H3s02 -. h20 -f c«a»o.

Stéarate potassique (stéarate de potasse neutre). — G'9(H37K 02. — Pour obtenir ce sel , on met l'acide stéarique en digestion avec son poids de potasse cautique dissoute dans 20 p. d'eau ; par le refroidissement du liquide, le S. potassique se dépose en grains cristallins. On exprime ceux-ci, et on fait cristalliser dans l'alcool; il s'obtient en paillettes brillantes, grasses au toucher, et d'une saveur alcaline. Quand on mélange ce sel avec 10 p; d'eau froide . il se prend peu à peu en une masse visqueuse , le sel , éprouvant une décomposition de la part de l'eau ; par l'addition de plus d'eau , il se sépare des paillettes cristallines. Cette décomposition s'effectue aussi par l'addition de beaucoup d'eau à la solution alcoolique (Chevreul).

On admet communément que , dans ces circonstances , le sel neutre serait décomposé en potasse libre et en sel acide (bistéa- . et que ce dernier, à son tour, serait décomposé par l'eau en potasse et en un autre sel acide ( quadristéarate ) ; mais il n'est pas prouvé que les produits qui se séparent ainsi aient une composition constante, et il me semble plus rationnel d'admettre que ces soi-disant sels acides ne sont que des mélanges de S. potassique avec des quantités de S. normal , qui varient suivant la quantité et la température de l'eau ajoutée.

Le S. potassique est insoluble dans l'éther et dans l'eau chargée de sel marin.

Stéarate sodique. — C19(H37Nrt)02. — Il s'obtient comme le sel précédent ; sa solution alcoolique , faite à chaud , se prend en gelée par le refroidissement , et finit par déposer des lamelles. L'eau l'attaque moins aisément que le sel précédent; toutefois l'eau bouillante le décompose de la même manière (Chevreul).

Une dissolution alcoolique de S. potassique ou sodique précipite en blanc les solutions de baryte , de chaux , de strontiane , de plomb et d'argent.

Stéarate barytique. — Cu,(H"Bû)02. — Poudre blanche, insoluble , sans saveur ni odeur, et fondant à une température élevée (Chevreul).

Stéarate argentique. — C19(H37A#)02. — Il se présente sous la forme d'un précipité blanc, volumineux et fort léger (Redtenbacher).

Stéarate plombique. — C19(H37P£)02. — C'est le précipité blanc qu'on obtient en mélangeant une solution alcoolique de S. potassique ou sodique avec une solution de sel de Saturne aiguisée d'acide acétique.

Il paraît aussi exister un ou plusieurs sels surbasiques.

Genre Margaralcool RO2.

677. Éther unialcoolique , homologue des g. formométhol (•2efam.), formalcool (3e fam.), acéméthol (3e fam.), acétalcool (4e fam.), butyralcool (6e fam.), stéaralcool (21e fam.), etc. ; isomère du g. stéarate.

Margaralcool normal (éther margarique). — CI9H3802. — Cet éther se prépare par l'acide sulfurique , l'acide margarique (650) et l'alcool. On peut ausssi l'obtenir en faisant passer un courant de HC/ dans une solution alcoolique et chaude d'acide margarique. On le purifie par l'ébullition avec une dissolution faible de potasse, puis par la distillation (Laurent).

Il est solide à la température ordinaire, il fond à 21°,5, et devient cristallin par le refroidissement. Lorsqu'on en dissout une petite quantité dans l'alcool aqueux et chauffé à 40°, de manière toutefois que la solution n'en soit pas saturée , et qu'on la laisse

DIX-NEl Y1EME FAMILLE. 365

refroidir à -f 8°, l'éther se sépare on beaux cristaux aciculaires, assez gros, et ayant presque L'éclat du diamant (Bromcis).

Genre Oléométhol R-202.

678. Étherunialcoolique, homologue du g. oléalcool ^0e fam.):

Oléométhol normal. — Cll)H3ti02. — Je distinguerai deux modifications :

a. Oléate de méthylène. Huile d'une densité de 0,879 à 18°; le protonitrate de mercure la convertit en la modification suivante.

3. Elaïdate de méthylène. On le prépare comme l'éther éîaïdique ^20c fam.), soit avec L'élaïdate de soude, l'esprit de bois et l'acide sulfurique , soit en remplaçant le sel de soude par l'acide élaîdique. Il est huileux ; sa densité est de 0,872 à 18° (Laurent).

Genre Butyroléalcool R~202.

670. Étherunialcoolique, isomère et homologue du g. précédent.

Butyroléalcool normal (éther butyroléique). — C19H3602. — Cet éther constitue un liquide très fluide et presque incolore, d'une odeur et d'une saveur faibles. La distillation le décompose complètement (Bromeis

Genre Ckoloïdate R-bO?

680. Sel unibasique, produit de décomposition de la bile •21e fam.) par les acides.

Ckoloïdate normal (acide choloïdique). — CI9H3203? — Ce corps (l) est aisé à préparer. On fait bouillir la bile, dissoute dans 12 a 15 p. d'eau, avec un excès d'acide hydrochlorique , pendant trois ou quatre heures , et on laisse refroidir. Le C. normal se réunit alors au fond du vase en une masse solide ; on décante la

(1) Les chimistes qui ont analysé ce corps n'ont pas toujours obtenu les mêmes résultais. Suivant M. Demarçay, il y aurait : carbone 73. ô — 73,2; hydrogène 9,5. MM. Theyer et Schlosser y ont trouvé : carbone 72,6 ; hydrogène 10,1. Ma formule n'est donc que tort provisoire.

oG6 HISTOIRE ET CLASSIFICATION.

liqueur, et on fait fondre le produit à plusieurs reprises avec de l'eau, alin d'enlever tout l'acide hydrochlorique. On le pulvérise ensuite, on le dissout dans un peu d'alcool, et on agite avec de l'éther pour enlever la cliolestérine et l'acide margarique ; finalement, on évapore à siccité aubain-marie. Cependant le produit renferme toujours encore du sel marin (Demarçay).

Si l'action de l'acide hydrochlorique est trop prolongée, on obtient une substance résinoïde, insoluble dans l'alcool absolu, et à laquelle M. Berzélius a donné le nom de dyslysine.

Le C. normal est un acide gras fixe , solide à la température ordinaire; sec, il ne fond qu'au-dessus de 100°. Il est jaune , inodore, d'une saveur très amère, et aisé à réduire en poudre. Échauffé dans l'eau bouillante , il y fond en un magma brun et pâteux.

Il est fort soluble dans l'alcool, même faible , peu soluble dans l'eau , et presque insoluble dans l'éther. Sa dissolution rougit le tournesol , décompose les carbonates avec effervescence déjà à froid.

Les acides le précipitent de sa dissolution dans les alcalis en flocons jaunâtres, qui se réunissent par la chaleur en se liquéfiant

Les combinaisons de l'acide choioïdique avec les alcalis sont aisément décomposées par l'eau ; il est difficile de les obtenir d'une composition constante.

Les C. à base de plomb , de cuivre, d'argent, de baryum, s'obtiennent par la précipitation avec les sels correspondants; on ne les a pas obtenus d'une composition constante.

Les C. à base de zinc , de manganèse , de fer, de plomb , de cuivre et d'argent, sont des précipités floconneux qui, chauffés avec précaution, deviennent grenus, et fondent vers 80°. Ils sont tous un peu solubles dans l'eau (Demarçay).

Genre Quinovate R-805.

681. Sel unibasique , trouvé par MM. Pelletier dans l'écorce de China nova.

Quinovate normal (acide quinovatique , amer de quinova). — C'9H30O5. — Voici la méthode employée par MM. WœhJer et Schnedermann pour extraire ce corps : on épuise l'écorce par du

DIX-NEl V1EME FAMILLE. Jb/

• chaux, el L'< i solution filtrée par l'acide hy-

drochlorique. On dissout le précipité dans l'ammoniaque, et on

décolore la solution par du charbon animal; on précipite de nouveau le hydrochlorique , et Ton répète cette opération jusqu'à ce que le produit soit incolore. Ensuite on le dissout dans l'alcool . et on le précipite par l'eau.

De cette manière , le Q. normal s'obtient sous la l'orme de Fragments qui ressemblent à la gomme; il est blanc, friable et très amer. L'eau ne le dissout presque pas ; l'alcool le dissout. ment a chaud.

Il se dissout dans les alcalis, en produisant des combinaisons amorphes.

On n'en connaît pas les métamorphoses.

Quinovate cuivrique. — C19 H20O;05. — On l'obtient en précipitant une solution alcoolique de Q. normal par une solution alcoolique d'acétate de cuivre. C'est un précipité brun clair.

Avec l'acétate de plomb , on obtient un précipité blanc qui renferme encore de l'acétate.

re Usnine R— ,20".

582. L'espèce normale se rencontre dans plusieurs lichens, tels que Usnea florida Hoffm. , U, hirta t U.plicata, ainsi que dans Cladonia rangiferina, Parmelia purpuracea , etc.

Usnine normale (acide usnique). — C,9H1G07 (l). On met les

lichens en digestion avec de l'ether, a la température ordinaire . pendant quelques jours ; on filtre et l'on distille la plus grande partie de l'éther ; le résidu, étant mélangé, dépose, par le refroidissement, des cristaux d'U. , d'un jaune de soufre, et qu'on puritie par des lavages à l'alcool bouillant.

Les cristaux sont cassants , et donnent sous le mortier une poudre fort électrique ; ils fondent à 200°, en un liquide résinoïde, qui se concrète par le refroidissement en une masse radiée. Mais à une température plus élevée , il se charbonne , en même temps qu'il développe une vapeur très acre, qui se condense en aiguilles dT. non altérée.

(1) Cette formule est extrêmement douteuse, et ne se trouve point contrôlée par des réactions. Voyez, pour plus de détails, Annal. (1er Ckem. u. Pharw., t. XLVIII , p. 12 , et t. XLIX , p. 103.

Avec l'eau, PU. se comporte comme une résine; elle ne la mouille pas. L'alcool bouillant en dissout à peine des traces ; mais l'éther la dissout aisément.

Elle se dissout dans l'essence de térébenthine bouillante, et s'y dépose, par le refroidissement, à l'état cristallisé.

Les alcalis la dissolvent aisément ; en présence d'un excès d'alcali, les solutions se colorent à l'air en cramoisi, surtout à chaud ; le liquide finit même par devenir tout-à-fait noir. L'ammoniaque détermine aussi une semblable coloration.

L'acide nitrique la convertit , à chaud , en une résine jaune. L'acide hydroehlorique et le chlore n'y agissent pas sensiblement.

Les réactions de ce corps n'ont pas encore été étudiées.

['saine potassique. — On l'obtient à l'aide d'une solution bouillante de carbonate de potasse; comme elle est peu soluble, elle cristallise par le refroidissement ; on la fait cristalliser dans l'alcool aqueux. Si PU. normal employé à la préparation renferme de la résine, celle-ci peut entraver la cristallisation de PU. potassique.

Usnine bipot assigne. — Ce sel ressemble au précédent; toutefois il est plus altérable , il brunit plus rapidement ; on l'obtient en cristaux soyeux , groupés en étoiles.

Usnine ammoniacale. — On l'obtient, sous forme d'aiguilles, en faisant passer du gaz ammoniacal dans de PU. normale suspendue dans l'alcool absolu.

Les espèces terreuses et métalliques du genre U. sont presque toutes insolubles dans l'eau, mais elles se dissolvent dans l'alcool. L'éther en extrait de PU. normale.

Usnine barytique. — C19(H15Brt)07 ? — On l'obtient aisément cristallisée dans l'alcool ; la solution brunit rapidement au contact de Pair.

Usnine argentique. — Sel blanc, qui se décompose promptement en noircissant.

Usnine cuivrique. — CI9(H15Cw)07 ? — On l'obtient sous la forme d'un précipité vert ; il devient électrique quand on le broie.

Toutes les espèces métalliques du genre U. sont aisément décomposées par les acides faibles; leur préparation réussit bien si PU. normale est exempte de résine (Knop).

FONCTIONS

RAPPORTS

RAPPORTS

GL.NRES. chimiques

DE TRANSFORMATION

DE TRANSFORMATION

entre les genres

entre les genres

de la

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