‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 68 sur 129 · Alcaloïde , contenu dans la grande chélidoine · texte numérisé non relu

Alcaloïde , contenu dans la grande chélidoine

Chélidonine normale. — C2JH,9\303 -f aq. (T. — On extrait les racines de chélidoine avec de l'eau aiguisée par de l'acide sulfurique, on précipite l'extrait par l'ammoniaque, et l'on dissout le précipité dans de l'alcool aiguisé d'acide sulfurique; l'alcool ayant été enlevé par la distillation, on précipite de nouveau le résidu aqueux par l'ammoniaque. Celle-ci met en liberté un mélange de C. et d'un autre alcaloïde, la chélérythrine de Proust, identique, suivant M. Schiel, avec la annqmnarine que Dana a trouvée dans le Sanguinarîa canadensis. Après avoir bien lavé et desséché le précipité, on le réduit en poudre, et on l'épuisé avec de Téther. Celui-ci se charge de la chélérythrine, et laisse en grande partie la C. a l'état insoluble. On dissout cette dernière dans fort peu d'eau chargée d'acide hydrochlorique , on évapore a siccite, on lave avec de lether, et, après avoir dissous dans l'eau bouillante , on évapore a cristallisation. L'hydrochlorate étant décomposé par l'ammoniaque , on dissout dans l'alcool le précipité de C. , et on le fait cristalliser.

LaC. normale se présente sous la forme de tablettes incolores, insolubles dans l'eau. Elle fond à 130° en une huile incolore, et se décompose à une température plus élevée. Les cristaux renferment 4,8=1 éq. d'eau de cristallisation, qui se développe entièrement à 100°.

(1) J'ai calculé celte formule sur les analyses de M, Wiil {Annal, dcr Chcm. u. PHarm., t. XXXV, p. 113). Elle exige : carbone 68,76 — hydrogène 5,30. M. Will a oblenu : carbone (avec 75) 68,1— hydrog. 5,60; sa formule C20H20.N3O3 exi?e plus d'hydrogène (5.71) que l'analyse n'a donné.

Elle se dissout aisément dans les acides, en donnant des sels qui rougissent le papier de tournesol. Ses combinaisons avec les acides faibles se décomposent déjà en partie par l'évaporation.

Chélidonine nitrique. — Quand on dissout la C. normale dans l'acide nitrique , on obtient, par l'évaporation, de beaux cristaux de C. nitrique, peu solubles dans l'eau.

Chélidonine hydrochlorique. — Ce sel s'obtient en croûtes cristallines, fort amères, peu solubles dans l'eau.

Chélidonine chloroplatinique. — C2oHi9N303,HC/,P/C/2.— La C. hydrochlorique donne, par le bichlorure de platine, un précipité floconneux deC. chloroplatinique, qui devient peu à peu grenu. Il est presque insoluble dans l'eau (Will).

Chélidonine sulfurique. — Ce sel cristallise aisément par l'évaporation spontanée de sa solution dans l'alcool ; il est insoluble dans l'éther. Il fond entre 50 et 60°.

FONCTIONS

RAPPORTS

RAPPORTS

GENRES. i

chimiques DES GENRES.

entre les genres

de la VINGT ET UNIÈME FAM.

DE TRANSFORMATIO

entre les genres DE LA VINGT ET UNIE*

et d'autres familles.

Stéaralcool HO2.

Hellénol K-"03.

Picryle R-27.N02.

Éther unialcooliq.

Éthérificat. de l'acid

stcarique (19e f.).

Dans la racine d'aunét

Distillation sèche d

benzoïlol sulfuré {'

Dans la bile.

Act. de l'ammoniaqu

sur le benzoïlol no

mal (7e f.).

Act. de Pammoniaqi

sur le benzoïlol n.

Bilale R-7N06.

Hydrobenzamide

Amarine R-*W.

Sel bibasique.

Amide.

Alcaloïde, amide.

ïïydrosalamide

Amide.

Act. de l'ammon. si les espèces du g. s; licylol.

' INGT El tJNIÈMI FAMILLE 393

Genre Stéaraicool RO2.

707. Éther unialcoolique, homologue des g. formalcool , acétaleool, acéméthol, margaraleool , etc.

Stéaraicool normal (éther stéarique). — C2,H4202. — On l'obtient en saturant par du gaz hydrochlorique une solution d'acide stéarique dans l'alcool. Il est solide, sans odeur ni saveur, et présente l'aspect de la cire blanche. Il fond à 31 et distille à 165° en se décomposant entièrement. Il cristallise dans l'alcool sous la forme d'aiguilles blanches et soyeuses. L'eau bouillante ne le décompose pas (Redtenbacher).

On peut aussi l'obtenir en faisant bouillir pendant une demiheure un mélange d'acide stéarique, d'alcool et d'acide sulfurique concentré (Lassaigne

Genre Hellénol R-"03.

708. Il n'a pas encore été produit artificiellement. Hellénol normal (hellénine). — C^H^O3 (Gerhardt). — Ce

corps se trouve tout formé dans la racine d'aunée ( Inula Helleniwn) et paraît en constituer le principe actif. On l'en extrait, par la distillation, avec de l'eau, ou mieux encore en épuisant la racine par l'alcool à chaud. L'extrait dépose des cristaux d'H. par la concentration.

Ce corps cristallise en prismes quadrilatères , parfaitement blancs, d'une odeur et d'une saveur extrêmement faibles. Il est insoluble dans l'eau , très soluble au contraire dans l'éther et l'alcool. Il fond à 72°, et bout entre 275 et 280°, en s'altérant plus ou moins.

Lorsqu'on fait fondre l'H. à une douce chaleur, il cristallise de nouveau en masse par le refroidissement ; mais si l'on maintient la chaleur pendant quelques minutes , la masse concrétée ne présente plus aucune texture cristalline et ressemble -alors à la colophane.

Les alcalis aqueux ou en dissolution alcoolique ne l'altèrent pas; mais quand on le chauffe avec de la chaux potassée , il s'établit, a -259°, un dégagement d'hydrogène très abondant ; quand

39 I rnsTOïKK et classification .

en dissout ensuite le résidu dans l'eau , et qu'on y ajoute de l'acide hydrochlorique , il se précipite beaucoup de ilocons jaunâtres, très gluants, et qui viennent s'attacher aux parois du verre. Ces ilocons constituent une résine qu'on n'a pas pu obtenir cristallisée.

L'acide sulfurique concentré le dissout à froid en se colorant en rouge de sang ; à la longue le mélange noircit, et il se produit une certaine quantité d'un acide copule. L'acide hydrochlorique gazeux en est absorbé en grande quantité.

L'acide nitrique concentré le dissout à froid ; à chaud , il produit une matière rouge et résinoïde (nitrohellénine). L'acide phosphorique anhydre le convertit en un hydrogène carboné particulier (672).

Le chlore gazeux n'y agit pas cà froid ; mais quand on chauffe la matière pendant qu'on y dirige le gaz , le chlore s'y fixe directement en produisant un corps (C2lH2S03 -f C/4, chlorhydrate de chlorhellénine) qui est résinoïde et ne s'obtient pas sous forme régulière. Quand on fait passer ce corps chloré sur de la chaux chauffée au rouge, on recueille de la naphtaline (512).

L'essence d'année, quoique fort bien définie, est fort ingrate à l'étude ; elle n'a pas encore donné un seul produit cristallisé (Gerhardt).

Genre Picryle R-2:N02.

709. Lorsqu'on soumet à la distillation sèche le produit brut «le l'action du sulfhydrate d'ammoniaque sur le benzoïlol sulfuré (7efam.), on obtient plusieurs substances parmi lesquelles on remarque le stilbène normal (14e fam,), la lophine normale ( 23'' fam.), l'essaie sulfuré (26e fam.) et le picryle normal (Laurent).

Picryle normal, — C21H15X02. — Pour séparer ces produits les uns des autres, il faut les pulvériser et les traiter par l'éther bouillant, qui dissout les huiles, le P., le stilbène et une très petite quantité des autres matières. Par le refroidissement et par l'évaporation , le stilbène se dépose le premier. Le P. reste dans la dissolution éthérée , où il se dépose par l'évaporation lente en très beaux octaèdres.

Il est incolore, inodore, insoluble dans l'eau. Son point de

r\MlLLE. 395

Lu se refroidissant, il reste: transparent

comme, sans cristalliser.

:ant

• I lanl L' (i ébullitiôn

enl une matière jau

. UlL'ilt).

Genre Bilate R-7N06.

?!0. Sel bibasique. Le B. soclique constitue , en plus grande partie, la bile des aninnu t.

Br' acide bilique, choléique ou biufellique ). « —

C2,K3"XOfi. — Voici lu;. Demarcay l'obtient Y : on pré-

cipite une solution aqueuse de bile avec de l'acétate de pi ammoniacal; on chauffe afin de l'aire fondre

: après avoir d ve par trituration avec de petites

quantités d'eau , puis on traite par l'alcool bouillant, qui dissout un sel acide et laisse un sel surbasique ainsi que la combinaison plombique de la matière colorante de la bile. La dissolution alcoolique, filtrée et évaporée à siccité, bisse un magma brun résineux. On le dissout dans aussi peu d'alcool que possible, et de rétuer (pour séparer l'acide margarique et la cholestérine) ; on redissout le résidu à froid dans l'alcool, pour rer le soufre provenant de la décomposition a l'air de l'hydrogène sulfuré, on filtre et l'on évapore a siccité.

MM. Theyer et Schlosser précipitent la bile par l'acétate de plomb surbasique, portent le précipité en ébullitiôn avec de

{i) Les analyses (sans courant d'oxygène) de II. Dcmaiçiy donnent, pour l'acide bilique , correction faile sur le carbone :

Carbone 62,9 — 62,8 — 62,7 Hydrogène 94 — 8,3 — 9.0 Azote 3,3 — 3,3

La formule que fa: adoptée exige : carbone 63,5 ; hydrogène 8,8; azote 3.5. Il esta remarquer que l'acide bilique, préparé d'après le procédé de M. Dcmarçay, renferme toujours une qnantfté fort minime de snb-

sta.;ce minérale.

l'eau et y ajoutent peu à peu de l'acide sulfurique , jusqu'à ce que le précipité ait perdu sa consistance emplastique; ensuite ils filtrent et séparent l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré. Le produit a également besoin d'être purifié par l'éther.

Enfin M. Liebig emploie une dissolution alcoolique de bile qu'il décompose par l'acide oxalique ; l'oxalate de soude se sépare du liquide à l'état cristallin ; l'excédant d'acide oxalique s'enlève par du carbonate de plomb , et le plomb , à son tour, par l'hydrogène sulfuré.

Desséché au bain-marie ou dans le vide , le B. normal se présente à l'état d'une masse incolore ou jaunâtre, résinoïde et de l'aspect de la gomme. On ne l'obtient pas cristallisé ; il est aisé a pulvériser , et la poudre attire promptement l'humidité de l'air.

Il est fort soluble dans l'eau et l'alcool , insoluble dans l'éther ; la solution est fort amère , et présente une réaction très acide. L'acide acétique ne précipite pas la solution aqueuse de l'acide bilique ; mais les acides hydrochlorique et sulfurique la rendent laiteuse, en séparant des gouttelettes huileuses qui se dissolvent dans un excès de ces acides.

L'acide bilique se décompose complètement par la chaleur. Sec , il ne fond qu'à demi vers -f- 120 ", et se boursoufle ; il ne se décompose que beaucoup au-dessus de -f- 200°.

Les acides hydrochlorique , sulfurique et phosphorique le convertissent, par l'ébullition, en taurine et acide choloïdique (680) :

C21H35NOG 4. 2H2Q = C2H75N03 + C»9H3205.

Si l'action des acides est incomplète , il se produit un corps résinoïde fort peu soluble dans l'alcool bouillant que M. Berzélius appelle dyslysine.

Par l'action delà potasse fondante , l'acide bilique ou la bile donne du cholate (697) , du carbonate et de l'ammoniaque ; d'ailleurs :

C21H35N06 = c^H^O* -I- CO2 -f NEP.

Dans des circonstances encore mal déterminées , la potasse paraît déterminer la formation d'un sel de potasse dont l'acide est azoté et cristallisable [acide cholique de L Gmelin ). Bilate sadique (bite, biline, sucre biliaire, bilate acide de

VINGT 1.1 I NtBMB [AMI ILE. 397

soude). — O H^.V' NO6. — La bile des animaux se compose en plus grande partie de ii. sodique, mélangé d'un peu de choleslérine (26'fam.), de mucus, et de quelques traces de fer, de phosphate de soude et de sel marin. Pour -obtenir le B. sodique à l'état de pureté, on dessèche la bile au bain-marie et ou la reprend par l'alcool concentré ; celui-ci laisse le mucus sous l'orme de gelée, ainsi que la majeure partie des impuretés minérales. Ensuite on la (Incolore en la chauffant avec du charbon animal ; puis, pour enlever la cholestérine et les autres matières grasses acide margarique), on agite la solution alcoolique avec le double de son volume d'éther : le B. sodique ne se dissout pas dans ce dernier liquide.

Ainsi purifié, le B. sodique donne, par la dessiccation, un n sidu solide et friable qui ressemble a la gomme arabique, et qui se dissout parfaitement et sans résidu dans l'eau et l'alcool absolu.

La solution aqueuse du B. sodique mousse comme de l'eau de savon; elle est d'une amertume persistante, avec un arrière-goût douceâtre. L'hydrate de potasse en sépare le B. sodique sous la forme d'une résine gluante qui ressemble à la térébenthine.

Les acides minéraux troublent la solution concentrée du B. sodique , en s'emparant de la soude et en mettant en liberté du B. normal.

La solution aqueuse du B. sodique est précipitée par l'acétate de plomb neutre à l'état de B. biplombique , tandis que le liquide prend une réaction acide par de l'acide acétiquemis en liberté

C2i(H^;v/)NOS + 2LC2(HW)02j = C2KH33Pô2)NOti -f C2(lRNa)02 +

Cet acide acétique maintient en dissolution une certaine quantité de B. sodique, de façon que tout le sel n'est donc pas précipite; on peut empêcher toute précipitation, en ajoutant de l'acide acétique au B. sodique avant d'y verser l'acétate de plomb. Si l'on neutralise par un alcali l'acide devenu libre , l'acétate neutre détermine une nouvelle précipitation ; c'est par cette raison aussi que l'acétate de plomb surbasique précipite complètement le I sodique; le précipité est soluble dans l'alcool et dans un excès d'acétate de plomb (Liebig, Enderlin . Il est donc bien établi

;:i5T0mS Éf CLASSIFICATION.

faîte-

- le ■ PI .:. SOUS 1 .:

des aci ont également été observées avec le B.

sodique. que, felianique , choianique , etc.,

obtenus avec de la bile altérée , ce ne sont que des produits plus ou moins impurs et mal déterminés qui ne méritent pas que nous nous y arrêtions.

Bilate bisodique (choléate de soude). — M. Demarçay obtient ce sel en mélangeant des dissolutions alcooliques de soude et de B. normal et taisant passer dans le liquide un courant de gaz carbonique. Celui-ci précipite l'excès de soude. Le B. bisodique possède une légère reaction alcaline , et présente la saveur ainsi que les autres caractères de la bile. A l'état sec, il se présente sous la forme d'une masse spongieuse et friable qui attire vivement l'humidité de l'air.

Bilate bibarytique (choléate de baryte). — Sel soluble dans l'eau et l'alcool , donnant, par l'évaporation , un magma résineux comme tous les B.

Bilate èiargentique (choléate d'argent). — C21(H33A#2;NO. — Précipité blanc qu'on obtient en précipitant le B. sodique ou bisodique par le nitrate d'argent.

Bilate biplombique ( choléate de plomb). — On l'obtient, en précipitant du B. bisodique par le nitrate de plomb, sous la forme d'un précipité blanc. Avec l'acétate de plomb surbasique il se produit un B. surplombique.

Genre Hydrobenzomide R 24N2.

711. Amide, produite par l'action de l'ammoniaque sur le benzoïlol (408) et la benzoïne n. (596) :

3[C7H60] 4, 2NH3 = 3?I20 -f- C2'I118^2 3-CUJP202J 4. Umz = 9[3H20 -f G2'H«^2.

Hydrobenzamide normale. — C21H18N2. — Nous en distingue rons les variétés suivantes :

a. Variété très soluble dans l'alcool et non volatile sans décora* position , ou hydrobenzamide. Quand on abandonne de l'essence d'amandes amères rectifiée 'bouillant à 180°) avec de l'ammo-

■ FAMILL1. 399

niaque liquide pendant qu

et on la lave dément avec un peu dïther, pour dissoudre l'huile adhérente aux cristaui , puis on l'ait dissoudre ceux-ci dans L'alcool bouil qui laisse une petite quantité de la variété 6, et dépose l'hydrebenzamide sous la forme d'octaèdres a base rectangulaire, le plus souvent allongés clans le sens des grandes arêtes du rectangle de la uase.

Ces cristaux sont incolores, inouores, insipides; mais la dissolution alcoolique possède une saveur qui rappelle celle des pralines. Ils sont insolubles dans l'eau , très solubles dans l'alcool et l'éther.

Ils entrent en fusion vers 110', et donnent une huile épaisse qui reste très longtemps liquide et possède une saveur légèrement sucrée. Soumis a la distillation, ils laissent un léger résidu de charbon en donnant une huile volatile odorante et de la lophine n. (23e fani. .

L'acide hydrochlorique les décompose déjà à froid, en formant du sel ammoniac et du benzoïlol normal Laurent).

La potasse bouillante ne parait pas les altérer; mais si on fait fondre l'hydrobenzamide avec de l'hydrate de potasse, il se dégage de l'hydrogène, de l'hydrogène carboné, de l'ammoniaque; la potasse se carbonate, et l'on obtient de la bcnzolone n., de la benzostilbine n. et une matière huileuse. En faisant abstraction des produits secondaires, on peut formuler la réaction de la manière suivante :

Pour la benzostilbine, C21H18.X2 + 3H20 -= CO2 -f 2.\H3 -f H* -f C20Il14O

Pour la benzolone , C2!Hi3\2 | /,n20 = co2 -|- 2NH* -f- H6 -f C2-»11"02.

L'hydrogène carboné et la matière huileuse paraissent résulter de la décomposition ultérieure des deux corps précédents. b. Variété peu soluble dans l'alcool et non volatile sans défi) Si Ton a préalablement chauffe le mélange jusqu'à rébal 'iiïoa cl*1 leur aiïimonia^ip. il se concrète déjà dans IVspace de 6 ou 8 hnu;ps (T.o.-hleder).

composition, ou benzhydramide (azoture de picrène). Elle est moins soluble clans l'alcool que la variété o, et cristallise dans l'éther en prismes à base rectangulaire, distincts des cristaux de cette dernière. Elle fond sans se décomposer, et reste ordinairement, par le refroidissement, transparente comme de la gomme, sans apparence cristalline. A une température plus élevée , elle se décompose en donnant une légère odeur prussique > une huile , un corps cristallin et un résidu de charbon. L'acide hydrochlorique ne l'attaque pas à froid (Laurent].

c. Variété presque insoluble dans l'alcool et volatile sans décomposition, ou benzoinamide. Quand on abandonne la benzoïne avec de l'ammoniaque, pendant longtemps, on y trouve une p mdre blanche, presque insoluble dans l'alcool et l'éther bouillant. Vue au microscope, elle offre des aiguilles soyeuses, extrêmement fines. Après avoir été fondue, elle se prend, par le refroidissement, en une masse fibreuse. Elle distille sans altération (Laurent).

Genre Amarine R 24X2.

712. Alcaloïde, produit par l'action de l'ammoniaque sur le benzoïlol normal ; isomère du g. hydrobenzamide.

Amarine normale (hydrure d'azobenzoïline). — G21H18N2. — Pour préparer ce composé , on fait dissoudre de l'essence d'amandes amères clans de l'alcool , puis on y fait passer un courant de gaz ammoniac ; la dissolution étant saturée , on l'abandonne pendant 24 ou 48 heures. Au bout de ce temps, l'essence se prend en une masse cristalline composée de grandes sphères radiées , et probablement mélangée d'autres matières. On fait bouillir le tout avec un peu d'eau , afin de chasser la plus grande partie de l'alcool, puis, pendant que la liqueur est chaude, on la sature avec de l'acide hydrochlorique ; il se dépose alors des matières huileuses, mêlées quelquefois d'aiguilles d'un acide particulier. Si la liqueur est assez chaude, elle retient en dissolution l'A. hydrochlorique. Comme celle-ci est peu soluble , il faut s'assurer par un nouveau lavage à l'eau bouillante que la matière huileuse n'en renferme plus. On décante la dissolution , puis on la neutralise par l'ammoniaque. Il se produit alors peu à peu un pré-

\IM.I Li UNIÈME FAMILLE. lOl

cipité cristallin d'A. normale; on lave le produit et on le reprend par l'alcool bouillant additionné d'acide hydrochlorique. Pendant que la dissolution est bouillante, on la neutralise par l'ammoniaque; t'Ue dépose alors, par le refroidissement , de belles aiguilles d'A. normale tout-à-fait pure Laurent .

Cet alcaloïde est presque insipide; cependant peu à peu il détermine une légère amertume ; mis sur du papier de tournesol humide . il le bleuit lentement. Il est insoluble dans l'eau ; l'alcool bouillant le dissout assez bien ; par le refroidissement, il la dépose sous la forme d'aiguilles à 6 pans , dont les bases sont remplacées par 2 ou 4 facettes conduisant à l'octaèdre rectangulaire.

Il fond et se solidifie, par le refroidissement, en une masse radiée ; il se volatilise sans altération à une température supérieure.

Le brome l'attaque vivement.

Amarine hydrochlorique [hydrure de benzoïline. chlorure amarique). — C21H»8N2.HC/. — Lorsqu'on verse de l'acide hydrochlorique sur l'A. normale , on obtient une matière huileuse qui avait été prise autrefois pour un isomère de l'essence d'amandes ameres. C'est un hydrochlorate peu soluble dans l'eau ; par la dessiccation , il se prend en une masse de plus on plus solide , incolore, et qui se laisse tirer en lils pendant qu'elle est chaude. L'alcool et l'éther la dissolvent aisément. Elle distille sans se décomposer, et se condense sous la forme d'une huile qui se solidifie en restant transparente.

Amarine tMoroptatinique. — C2IH18N2,HC/,P^C/2. — Pour préparer ce composé, on fait dissoudre l'A. hydrochlorique dans une assez grande quantité d'alcool qu'on porte à l'ébullition ; puis on y verse du bichlorure de platine. Par le refroidissement, il se dépose de petites aiguilles jaunes d'A. chloroplatinique.

Amarine sul fini que. — Il s'obtient en petits cristaux , solubles dans l'eau et l'alcool.

Amarine nitrique. — En versant un peu d'acide nitrique , étendu d'eau bouillante, sur de l'A. normale, on obtient une matière molle , non cristalline , qui se dissout ensuite dans une suffisante quantité d'eau bouillante. Par le refroidissement , elle cristallise en prismes microscopiques ( Laurent ).

If. 26

4l)2 HISTOIRE ET CLASSIFICATION.

Genre Hydrosolamide R-24N2(R

713. Amide, produite par l'action de l'ammoniaque sur différentes espèces du g. salicylol (414) :

3G7H602 + 2NBP = C2,HI8N203 -f 3H20.

Les espèces de ce g. se convertissent , par l'ébullition avec les alcalis , en ammoniaque et en espèces appartenant au g. salicylol.

Hydrotalnmide normrde ( salicylimide , salhydramide ). — C2tH18N203. — On prépare ce corps en dissolvant à froid du salicylol normal dans 3 ou 4 fois son volume d'alcool, et ajoutant une quantité d'ammoniaque égale à celle du salicylol employé. Il se produit immédiatement des aiguilles blanc jaunâtre, et bientôt tout le liquide se prend en masse. Par une douce chaleur , le tout se dissout complètement , et la liqueur dépose , par le refroidissement, des cristaux d'H. normale.

A froid, ce corps est très peu soluble dans l'alcool ; mais il se dissout assez promptement dans environ 50 p. d'alcool bouillant. L'eau ne paraît pas dissoudre ce corps.

A 300°, il fond en une masse jaune et brunâtre , en donnant un sublimé blanc, fort léger. A une température plus élevée, il se charbonne.

Une lessive de potasse faible peut être mélangée avec la solution de l'H. normale , sans la décomposer ; mais quand on fait bouillir, il se dégage de l'ammoniaque, en même temps qu'il se produit du salicylol potassique.

Les acides faibles ne la décomposent pas non plus à froid ; mais par réchauffement il se produit de l'ammoniaque, et du salicylol normal est mis en liberté.

Une solution alcoolique d'H. normale donne, par son mélange avec l'acétate de cuivre ammoniacal , du salhydramide cuivrique (434).

Hydrosal amide trie/dorée ( chlorosamide , chloro-salicylimide). — C21(HI5C/3;N203. — M. Piria a obtenu ce corps en faisant passer de l'ammoniaque sèche sur du salicylol chloré. C'est une matière jaune, cristallisée en petites paillettes, insipide, presque inso-

MM.T-DEIXIÈME FAMILLE. 403

lubie dans l'eau. Quand on la chauffe dans une liqueur alcaline, elle régénère de l'ammoniaque et du salicylol chloré.

ffydroaalam.uk tribromée [ bromosamide , bromo-salicylimide). — C2\H' 5B V< ». — L ammoniaque agit sur le salicylol brome exactement de la même manière que sur l'espèce normale et l'espèce chlorée. L'H. tribromée ressemble entièrement , par ses caractères , à l'espèce précédente , et éprouve la même décomposition sous L'influence des acides et des alcalis.

GENRES

RAPPORTS RAPPORTS

DE TRANSFORMATION DE TRANSFORMATION chimiques entre les meures entre l<s genres

de U DE LA VIHGT-DEUXIÈME

DES GENRES. VINGT-DEUXIÈME FÀM. et d'autres famille

i'seudérvthrine

Strychnine R-i0.N2O2.

Ether ?

Alcaloïde.

Produit de l'action de l'alcool sur la lécanorine (0e fam.).

Dans les différentes variétés de strych nos.

Genre Pseudérythrine R-1809.

714. Produit de l'action réciproque de l'alcool et de la lécanorine normale (1) :

Pseudérythrine normale (pseudérythrine de Heeren , éther lé-

(1) Cette formule, proposée par MM. Rochleder et Heldt, me paraît fort douteuse. Voici les nombres trouvés à l'analyse de cette substance (anc. poids at. du carbone) :

LIEBIG. KA>E. SCHUNCK. ROCHLEDER C^H^O9

et heldt. (nouv. poids).

Carbone 60,8 61,2—61,2 61,7 61,4 60,8

Hydrog. 6,3 6,2— 6,3 6,2 6,4 6,0

Ces analyses ne sont pas calculées avec le poids atom. 75 pour le car-

canorique). — C-H^O9. — Lorsqu'on fait passer, à refus, du gaz hydrochlorique dans une dissolution alcoolique de lécanorine saturée à chaud , et qu'on évapore la masse au bain-marie de manière à chasser la majeure partie de l'acide, l'eau en précipite ensuite une matière vert-noiràtre et résineuse qui se compose presque entièrement d'E. normale. Pour préparer celle-ci à l'état de pureté , on traite la masse à l'eau bouillante. La solution filtrée dépose , par le refroidissement , des feuillets cristallins brillants et d'un reflet irisé, qu'on purifie par une nouvelle cristallisation dans l'eau (Schunck, Rochleder et Heldt).

Ce corps est à peine soluble dans l'eau froide ; il est très soluble dans l'alcool et l'éther , ainsi que dans les dissolutions alcalines , d'où il se précipite sans altération par un acide. La solution aqueuse brunit rapidement ; cette coloration s'effectue rapidement dans les solutions des alcalis fixes. La solution ammoniacale prend à l'air une teinte d'un rouge de vin.

11 fond un peu au-dessus de -f- 120°, sans perdre d'eau; chauffé dans l'eau, il fond déjà à la température de l'ébullition de ce liquide (Heeren).

Il ne précipite aucune solution métallique neutre. Sa solution ammoniacale précipite en blanc (1) l'acétate et le nitrate de plomb.

Quand on le dissout dans l'eau de baryte , additionnée de quelques gouttes de potasse caustique , et qu'on le fait bouillir dans une cornue , il se produit un abondant précipité de carbonate de baryte , en même temps qu'il passe de l'alcool normal , reconnaissable à l'odeur et à la flamme bleue qu'il donne en brûlant. La solution filtrée donne avec l'ammoniaque , par l'exposition à l'air , la coloration rouge propre aux solutions d'orcine (Rochleder et Heldt).

Genre Strychnine R-20N2O2.

715. Alcaloïde, qu'on rencontre dans la fève de Saint-Ignace,

bone ; elles n'ont pas été non plus complétées par un courant d'oxygène gazeux. Voyez d'ailleurs la note page 50.

(1) M. Kane, qui a analysé ce précipité, y a trouvé 11,89 carbone, 1,32 hydrogène et b0,b(3Pb2O ; mais il était évidemment surbasique.

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la noix vomique. le bois de couleuvre, etc. On no l'a pas encore produit par voie artificielle.

Strychnine normale. — C22H24N20- (Gerhardt). — Le procédé d'extraction de M. Merck consiste à taire bouillir la noix vomique avec de l'eau aiguisée d'acide sulfurique; on écrase la uraiiit\ et après l'avoir réduite en bouillie, on exprime le tout et l'on précipite l'extrait par un excès de chaux caustique. On dissout le précipité dans l'alcool et on décolore la solution par du charbon animal ; la S. se dépose alors à l'état cristallisé. Les eaux-mères retiennent la brucine ; on les évapore , on reprend par l'acide acétique et on précipite par l'ammoniaque après avoir de nouveau décoloré la solution par le charbon animal. On extrait la brucine du précipité , en l'épuisant par l'eau bouillante ; la strychnine reste à l'état insoluble, et s'obtient cristallisée par la concentration de la solution alcoolique.

Le même procédé peut être mis en usage, lorsqu'il s'agit d'extraire la S. de la fève Saint-Ignace ou d'autres stryclmos. La S. s'y trouve en combinaison avec un acide particulier qu'on a appelé igasurique, mais qui n'a pas encore été étudié.

La S. normale cristallise en prismes quadrilatères terminés par des pyramides à quatre facettes ; quelquefois elle s'obtient aussi en octaèdres. Elle est incolore , sans odeur, fort amère et d'un arrière-goùt extrêmement désagréable ; elle agit comme poison, même à faible dose.

Elle n'est pas fusible, et se décompose à une température élevée en se charbonnant.

Elle est insoluble dans l'éther et dans l'alcool absolu ; l'alcool ordinaire la dissout le mieux ; l'eau , même bouillante , ne la dissout presque pas.

Les alcalis caustiques ne la dissolvent pas; d'un autre coté, les acides, même faibles, la dissolvent aisément en produisant des sels qui sont en grande partie cristallisables. Le chlore aqueux trouble ces sels ; ils sont aussi précipités par la teinture de noix de galle et par les autres réactifs qui précipitent les solutions des alcaloïdes.

Quand on fait fondre de la potasse et qu'on y porte de la S., elle rougit et développe peu à peu des vapeurs de quinoléine

(602) ; avant la formation de celle-ci , il se produit un sel de potasse particulier qui n'a pas encore été examiné.

La S. pure ne se colore pas par l'acide nitrique , ou du moins, si l'acide nitrique est concentré , elle ne prend qu'une teinte jaune. Quand on la chauffe légèrement avec de l'acide nitrique concentré , il ne se développe pas de vapeurs nitreuses , mais la substance devient d'un jaune brunâtre qui, refroidie, se présente à l'état d'une masse onctueuse; celle-ci, versée dans l'eau, se transforme en caillots qui ont tout-à-fait la couleur du jaune de chrome (l).

Strychnine hydrochlorique (hydrochlorate de strychnine). — C22H24N202,HC/ + aq. (Gerhardt). — Ce sel s'obtient fort aisément en dissolvant la strychnine dans l'acide hydrochlorique étendu , sous forme d'aiguilles prismatiques , renfermant 4,5 p. c. = 1 éq. d'eau de cristallisation qu'elles ne perdent qu'à 130° environ.

Strychnine chloroplat inique. — C22H24N202,HC/,P;C/2. — Le bichlorure de platine occasionne dans la S. hydrochlorique un précipité jaune renfermant 17,8 p. c. de platine, et qui présente la composition indiquée.

Strychnine hydriodique. — C22H24N202,HI. — Quand on dissout à chaud la S. normale dans un excès d'acide hydriodique étendu, la liqueur laisse déposer, par le refroidissement , des aiguilles prismatiques de S. hydriodique.

Strychnine nitrique (nitrate de strychnine). — G22H24N202, NHO3. — Il se dépose d'une solution de S. dans l'acide nitrique, faite à chaud , en longues aiguilles soyeuses.

Strychnine semi-sulfurique (sulfate neutre). — (C22H'24N202)2, SH204 + 7 aq. (Regnault). — On l'obtient en petits prismes rectangulaires qui deviennent opaques à l'air; il renferme 13,7 p. c. = 7 éq. d'eau de cristallisation qui s'en vont à une tempé-

(i) Cette substance est probablement C^PPXj^O2 ou un autre corps nitrogéné dérivant du type strychnine. Je ne l'ai pas encore analysée. Elle fond dans l'eau bouillante en une résine jaune-brunâtre qui finit par se dissoudre ; par le refroidissement , la solution la dépose à l'état de mamelons cristallins, jaunes et brillants. Elle se dissout aussi fort bien dans l'alcool bouillant. La potasse brunit la solution. Quand on chauffe la substance à l'état sec, elle se décompose brusquement avec explosion.

rature élevée; Le gel innd alors dans son eau de ei

•istallisation , se

solidifie après l'expulsion de celle-ci , et se décompose à une

température plus élevée.

Il existe aussi un sel acide qui cristallise en aiguilles.

Lorsqu'on fait bouillir la S. avec du sulfate de

cuivre , celle-ci

précipite une partie de l'oxyde de cuivre, et il se forme un sel

double qui se dépose, par l'évaporation, en longues aiguilles

vertes (Liebig).

FONCTIONS RAPPORTS

RAPPORTS

DE TRANSFORMATION

DE TRANSFORMATION

GENRES

chimiques eutre |,.s genres

entre les genres

de la

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