‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 67 sur 129 · Éther unialcoolique · texte numérisé non relu

Éther unialcoolique

Oléalcool normal. — C20H38O2? — On l'obtient sous les deux modifications suivantes :

«. Éther oléique. M. Warrentrapp a préparé cet éther en dissolvant 1 p. d'acide oléique dans 3 fois environ son volume d'alcool, et en y faisant passer un courant rapide de gaz hydrochlo-

(1) Voyez ia note p. 341.

W.NbriEME FAMILLE. 375

lique. Le mélange s'éehaulïe légèrement , et réthériiication ^'effectue immédiatement. Au bout de quelques minutes, tout I '< » normal se sépare du liquide aleoulique , bien avant que l'alçqq\ soit sature d'acide hydrocblorique; il n'est pas avantageux d'y faire passer le gaz jusqu'à ce point , parce que la matière s'altérerait.

On peut aussi obtenir cet éther par un mélange d'acide sulfurique, d'alcool et d'acide oléique (Laurent).

Il est incolore , fort soluble dans l'alcool , et possède une densité de 0,871 à 18° (Laurent). 11 ne distille pas sans altération ; il fournit, dans ces circonstances, de l'alcool et un carbure d'hydrogène, avec un résidu sensible de charbon (Warrentrapp).

Abandonné au contact du protonitrate de mercure pendant vingt-quatre heures , il se convertit en la modification suivante.

(3. Éther élaïdique. On l'obtient en faisant bouillir pendant quelques heures un mélange de 2 p. d'acide élaïdique, 1 p. d'acide sulfurique et 4 p. d'alcool ; on maintient le mélange en ébullition pendant quelques heures, en cohobant de temps à autre l'alcool qui distille (Laurent). Cet éther se produit aussi quand on sature par l'acide hydrochlorique une solution alcoolique d'acide élaïdique (Meyer).

Ce corps est huileux, incolore, sans odeur à froid, et d'une densité de 0,868 à 18° f il est insoluble dans l'eau. L'alcool en dissout environ la huitième partie de son volume ; l'ethcr le dissout en toutes proportions. Il entre en ébullition un peu au-delà de 370°, et distille sans altération (Laurent; suivant M. Meyer, il se décompose par la chaleur).

Les alcalis , en dissolution alcoolique , le convertissent en élaïdate ( oléate , modif. b).

Genre Pi note R-10O2.

691. Sel unibasique, produit de l'action lente de l'air sur l'espèce normale du g. camphène (essence de térébenthine, etc.) :

La térébenthine qui s'écoule du Pinm maritima est un mé-

lange d'essence de térébenthine et d'un corps oxygéné , Y acide pimarique . que M. Laurent considère comme le véritable acide des pins ; c'est lui qui , légèrement modifié par la chaleur, constitue la colophane. On admet généralement que cette substance représente l'essence de térébenthine , plus de l'oxygène (C20H32O2); mais toutes les analyses qui en ont été faites par MM. Blanchet et Sell, Trommsdorff, H. Rose , Laurent, ont donné moins d'hydrogène qu'il n'en faudrait d'après cette formule.

Pinate normal. — C20H30O2. — Nous distinguerons les modifications suivantes :

a. Acide pimarique. On l'extrait du galipot de la manière suivante : on le traite a froid par un mélange de 6 p. d'alcool et 1 p. d'éther, de manière à enlever la plus grande partie de l'essence , on dissout le résidu dans l'alcool bouillant , et l'on abandonne la solution dans un endroit peu aéré. Au bout de deux ou trois jours , il se forme au fond du vase une croûte , dont l'épaisseur augmente peu à peu ; il faut la retirer avant que tout l'acide se dépose; on lave une fois avec de l'alcool bouillant, et on la fait redissoudre dans l'alcool bouillant. L'acide pimarique se dépose alors à l'état de pureté. Les eaux-mères alcooliques abandonnent le restant de cet acide sous la forme d'une poudre blanche et cristalline.

Cet acide peut aussi se préparer avec la colophane de Bordeaux; on la pulvérise, on la traite à froid par l'alcool, et on% dissout le reste dans l'alcool bouillant.

Il se présente en masses ou en croûtes cristallines , tuberculeuses , d'une blancheur éclatante , hérissées de cristaux , tellement serrés les uns contre les autres , qu'il est presque impossible d'en reconnaître la forme.

Il est très soluble dans l'éther ; l'alcool en dissout , à la température de 18° environ, la dixième partie de son poids; si l'alcool est bouillant . il peut en dissoudre au moins un poids égal au sien. La solution alcoolique est précipitée par l'eau.

Il n'entre en fusion que vers 125°, mais il peut descendre à une température beaucoup plus basse avant de se solidifier complètement; il se convertit ainsi en la modification b.

Il forme , avec la potasse , la soude et l'ammoniaque , des sels solubles dans l'alcool. Sa dissolution alcoolique, versée dans les

dissolutions alcooliques des chlorures de calcium, de baryum, de strontium et de magnésium, n'y forme pas de précipité ; mais il s'en produit par l'addition d'un peu d'ammoniaque (Laurent). b. Acide pyromarique ou sylvique, résine-bèta de la colophane. Si l'on chauffe dans une cornue munie d'un récipient une dizaine de grammes d'acide pimarique , et si l'on fait le vide dans l'appareil , il distille de l'acide pyromarique qui se fige en grande partie dans la cornue ; l'acide pimarique n'a pas changé de composition, mais il se dissout bien plus aisément dans l'alcool. On peut obtenir de très beaux cristaux en faisant dissoudre dans l'alcool bouillant la résine distillée dans le vide; par le refroidissement, et mieux encore par l'évaporation spontanée dans un vase un peu profond , on obtient des groupes de cristaux qui ont la forme de tables ou de lamelles triangulaires , dont les côtés ont deux ou trois lignes de longueur. Pour obtenir cet acide , il n'est pas nécessaire de faire la distillation dans le vide , on peut opérer sous la pression ordinaire, mais alors le produit est mêlé d'un peu d'huile , dont la quantité est d'autant plus abondante qu'on a opéré sur une plus grande quantité d'acide pimarique.

On peut aussi extraire l'acide pimarique de la colophane, en broyant celle-ci et en la lavant à plusieurs reprises avec de l'alcool , à la température ordinaire, pour dissoudre la modification incristallisable c. On fait bouillir le résidu avec de l'alcool , et l'on abandonne à la cristallisation ; on obtient ainsi des cristaux mêlés d'un sirop jaunâtre, qu'on enlève en agitant rapidement les cristaux avec de l'alcool.

D'ailleurs cette modification h fond à 125°, comme la modification a; lorsqu'elle a été fondue, elle se comporte avec l'alcool comme l'acide pimarique fondu , c'est-à-dire qu'elle se dissout d'abord dans son poids d'alcool , et s'en précipite au bout de quelques secondes.

On peut distiller l'acide pyromarique plusieurs fois de suite en ne l'altérant que peu; la matière huileuse qu'elle donne dans cette circonstance (pimarone) paraît n'en différer que par les éléments de l'eau.

Cette modification b se distingue aussi de la précédente par le caractère suivant : si l'on verse sa solution alcoolique et bouillante dans une solution alcoolique , bouillante et très peu concentrée

d'acétate de plomb , il ne se forme pas de précipité immédiatement , mais peu à peu on voit se déposer de longues aiguilles de P. plombique. La modification «, qui se dépose dans cette circonstance, est amorphe (Laurent).

ç. Acide pimarique amorphe , acide pinique ou résine -alpha de la colophane. Avec le temps, et sous l'influence solaire, la modification a perd la propriété de cristalliser sans changer de composition. Les propriétés de cette modification sont d'ailleurs les mêmes que celles des deux précédentes.

La résine de copahu, la résine élémi, la résine animé, se composent de l'une ou de l'autre de ces trois modifications. Uabiétine de M. Caillot est peut-être aussi dans ce cas.

Pinate potassique (savon de résine , pinate et sylvate de potasse). — Combinaison soluble dans l'eau.

Pinate plombique (bipimarate, bipyromarate de plomb). — C20(H'29P6)O2 (Laurent). — Avec la modification b du P. normal, on peut l'obtenir en longues aiguilles très fines , qui sont des prismes à quatre pans , terminés par des pyramides ou des biseaux très aigus.

Ce sel est blanc, fusible, et se solidifie, par le refroidissement, en une masse transparente et jaune.

Genre Benzolone R-2602.

692. Produit de décomposition de l'hydrobenzamide normale (21'' fam.) par l'hydrate de potasse : %

C2iHi8,N2 j 4H2Q = CO* -1- 2NH3 -f- H6 + C2°H"02.

Benzolone normale (l). — CzoH^O2. — Quand on fait fondre de la potasse avec de l'hydrobenzamide réduite en poudre, la masse jaunit, se fonce, et finit par devenir presque noire, en dégageant de l'ammoniaque et de l'hydrogène, ainsi que de l'hydrogène carboné. On fait bouillir le résidu avec de l'eau tant que les eaux de lavage sont encore alcalines ; on obtient ainsi une poudre jaune, qui est un mélange de trois corps. On la traite

(1) M. Uochleder {Revue scienlif., t. VIII, p.. 180), représente ce corps par GuII80 ; mais ses analyses sont calculées d'après l'ancien poids atomique du carbone. INotre formule exige : carbone 83,8 — hydr. &,9 ; analyses : carbone 83,5 — hydrogène 5,1.

par l'alcool, qui dissout une huile particulière et des cristaux de benzostilbine n., en laissant la B. normale à l'état insoluble. On introduit ce résidu dans de l'acide sulfurique concentré et chauffé modérément ; la dissolution présente une belle couleur rouge ; on la mélange peu à peu avec de l'alcool fort aqueux, de manière qu'elle se décolore, et dépose la B. en petits cristaux (Rochleder).

Ces cristaux sont insolubles dans l'alcool et l'eau , fondent à 248°, et se subliment à une température élevée en se décomposant légèrement.

L'acide nitrique ordinaire dissout ce corps ; l'acide nitrique fumant le résinifie.

Avec la potasse, il se comporte d'une manière indifférente.

La B. paraît se former surtout quand le mélange de potasse et d'hydrobenzamide est porté à une température élevée. Toute cette réaction a d'ailleurs besoin d'être soumise à une nouvelle étude.

Genre Pyrolithofellate R-603.

693. Pyrolithofellate normal (acide lithofellique). — CTf^O3.

— Le produit acide et huileux de la distillation sèche de l'acide lithofellique présente cette composition , suivant MM. Malagutiet Sarzeau. Il ne diffère de l'acide lithofellique que par H2O.

Genre Snbéricérine R-sO3.

694. L'espèce normale se rencontre dans l'écorce du Quereus Suber, L.

SiiljPricériae nênmle (cérine ou cire du liège). — G20H3203 (l)

— Lorsqu'on soumet à l'action de l'éther le liège dépouillé de sa partie externe , et divisé au moyen d'une lime, ce liquide se charge d'un corps cireux, auquel M. Chevreul avait donné le

(1) M. Dœpping {Annal, dcr Chem. u. Pharm., t. XLV, p. 290), qui s'est occupé de l'analyse de cette substance , en donne une formule qui n'est point exacte, étant calculée avec le poids atomique 75,8. 11 y a trouvé : carbone 74,9 — hydrogène 10,5. Ma formule exige : carbone 75,0 — hydrogène 10,0. Elle explique d'ailleurs fort bien la transformation de cette substance en acide subéiicérique (399).

nom de cérine. L'alcool absolu extrait le même corps du liège ; si l'on chasse le solvant par la distillation , le corps cireux se dépose sous la forme d'aiguilles jaunâtres, qu'on purifie par de nouvelles cristallisations.

Ce corps se ramollit dans l'eau bouillante ; la potasse bouillante ne paraît pas l'attaquer.

Bouilli avec de l'acide nitrique , il donne un acide gras particulier (acide subéricérique).

C'est lui aussi qui, par l'action prolongée de l'acide nitrique, se convertit en acide subérique.

Il ne faut pas confondre cette substance avec la subérine du liège, qui n'est autre chose que du ligneux.

Genre Oxyfelloie R~1003.

695. Produit de l'action de l'acide nitrique sur le g. lithofellate (696).

Oxyfellate binitrique (acide lithazofellique). — C2°(H28X2)()3.

— Acide jaune, qu'on obtient en faisant bouillir l'acide lithofellique avec l'acide nitrique ( Malaguti et Sarzeau).

Genre Lithofellate R-404.

696. Sel unibasique, contenu dans certaines concrétions biliaires (Gœbel).

Lithofellate normal (acide lithofellique). — C20H36O4 (Wœhler).

— Les bézoards des Orientaux sont presque entièrement composés de L. normal; ils ont une couleur vert brunâtre, présentent l'éclat de la cire , et se composent de couches concentriques , dont on reconnaît fort bien la disposition quand on scie un semblable bézoard par le milieu. Pour en extraire l'acide lithofellique, il suffit de dissoudre le bézoard dans l'alcool bouillant; la solution donne , par l'évaporation , de fort petits prismes hexagones et brillants.

Ce corps est aisé à réduire en poudre ; il est insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'éther. Il fond à 205°, et se concrète, par le refroidissement, en une masse cristalline.

Si on le chauffe à quelques degrés au-dessus de son point de fusion , il se prend , par le refroidissement , en une masse claire

et amorphe; cette modification , une t'ois refroidie, fond déjà à 110 . Dissoute dans l'alcool , elle devient de nouveau cristallisable (Wœhler).

Par la distillation sèche , il perd H20 , et se convertit en acide pyrolithofellique (693).

Il se dissout dans l'acide sulfurique concentré; la solution devient laiteuse par l'addition de l'eau. L'acide nitrique le convertit, à chaud , en un acide jaune (696).

Il se dissout et cristallise dans l'acide acétique.

Les alcalis caustiques et carbonates le dissolvent aisément. La solution ammoniacale précipite les sels de chaux, de baryte, de plomb et d'argent.

Lithofellate argentique. — C20(H35A</)04. — Une solution alcoolique donne , avec un mélange de nitrate d'argent et d'ammoniaque, un précipité blanc de L. argentique. Celui-ci se dissout dans une plus grande quantité d'alcool , et cristallise , par l'évaporation, en longues aiguilles incolores (Ettling et Will).

Lithofellate plombique. — C20(H35P6)O4. — Précipité blanc, qui s'obtient comme le sel précédent.

Genre Cholate R-6(K

697. Sel unibasique? produit de l'action des alcalis sur la bile et le g. bilate (21e fam.) en général :

C2iH35N06 = co2 + NH' + C20H32O4.

Cholate normal ( acide cholique de M. Demarçay, acide cholinique de MM. Theyer et Schlosser). — C20H32O4? — Pour obtenir ce corps, on fait bouillir une solution concentrée de bile avec de la potasse caustique, en ayant soin de renouveler l'eau, de manière que le tout reste en dissolution ; on continue l'ébullition pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'il ne se développe plus d'ammoniaque. Ensuite on concentre la lessive assez pour que le savon s'en sépare ; on dissout celui-ci dans l'eau , et on le décompose par l'acide sulfurique étendu. On fait fondre le produit dans l'eau, et on le lave convenablement avec de l'eau bouillante; de cette manière il devient grenu et cristallin. On le lave

avec un peu d'éther, on le dissout dans l'alcool bouillant, et on abandonne à cristallisation.

Il se dépose alors des croûtes cristallines d'acide cholique, qu'on purifie par de nouvelles cristallisations dans l'alcool aqueux.

On obtient ainsi l'acide cholique (1) en petites aiguilles ou en tables, fusibles à 130°. Leur saveur est d'abord légèrement sucrée, puis franchement amère. Leur solution alcoolique est franchement acide.

Il se dissout aisément dans les alcalis caustiques , et décompose avec effervescence les alcalis carbonates. Ses combinaisons alcalines sont très solubles dans l'eau et l'alcool ; mais il est difficile de les obtenir d'une composition constante.

L'acide cholique de M. Demarçay n'est pas à confondre avec l'acide cholique de M. Gmelin, qui était azoté, mais dont la composition n'est pas connue.

Cholate sodique. — C20(H3IN«)O4. — On dissout le C. normal dans le carbonate de soude, on traite par l'alcool pour dissoudre le C. sodique, et l'on mélange la solution alcoolique avec son volume d'éther. Peu à peu le G. sodique se dépose alors en aiguilles allongées, très solubles dans l'eau et l'alcool.

Cholate calcique. — C20(H3iCa)O4. — Précipité blanc, qu'on obtient en précipitant le C. potassique par du chlorure de calcium. Il est soluble dans l'alcool bouillant, et s'y dépose, par le refroidissement, en caillots blancs (Theyer et Schlosser).

Cholate argent i que. — Précipité blanc et gélatineux, qui n'a pas été obtenu d'une composition constante.

Cholate barijtique. — Précipité blanc, peu soluble dans l'eau, assez soluble dans l'alcool et l'acide acétique.

Genre Asarone R-l405.

698. L'espèce normale se rencontre dans la racine ÏÏAsarwn europœwn.

Asarone normale (asarine). — C20H26O5. — Cette substance

(1) Ma formule exige : carbone 71,4 ; hydrogène 9,5 ; MM. Theyer et Schlosser ont trouvé : carbone 70, lx ; hydrogène 9,8 — 9,9.

UNV.TIÈME FAMILLE. 383

à lY'tat cristallisé avec les vapeurs d'eau quand on fait bouillir la racine d'asarum dans l'eau.

Quand on fait bouillir l'A. pendant quelque temps dans l'alcool, elle se dépose à l'état amorphe. Cette modification ne distille pas avec les vapeurs d'eau , et se décompose quand on la chauffe à 300 .

Chauffés avec de l'acide nitrique , les cristaux et la modification amorphe rougissent et finissent par se convertir en acide oxalique (Schmidt).

A- '/une quadriehlorée. — C2'\H2'2C/4,05. — Le chlore attaque l'A. normal avec beaucoup d'énergie; la masse, d'abord rouge, finit par devenir verte. Le produit chloré se décompose par la distillation sèche, en développant de l'acide hydrochlorique (1).

Genre Subéricérate R-W.

699. Sel unibasique, produit par l'oxydation de la subéricérine (694) au moyen de l'acide nitrique :

Subéricérate normal (acide cérique du liège). — C20!!32^? (2). — Lorsqu'on traite à chaud, par l'acide nitrique, la matière cireuse du liège , elle se fluidifie peu à peu, en même temps qu'il se développe des vapeurs rouges. On purifie le produit en le lavant à l'eau bouillante, dissolvant dans l'alcool, filtrant et évaporant la solution (Dœpping).

Il se présente alors sous la forme d'une masse brun jaunâtre , diaphane et cireuse , qui se ramollit déjà à une douce chaleur, et qui fond au-dessous du point d'ébullition de l'eau.

Il se dissout aisément dans les alcalis. Sous l'influence de la chaleur, il donne des produits empyreumatiques.

Subéricérate plombique. — C^fH^PèjO3. — Ce sel s'obtient sous la forme d'un précipité blanc et pesant quand on mélange une

(1) Voir, pour plus de détails, l'Institut, V 568, 12e année. Novembre ISW.

(2) Cette formule, qui explique d'une manière fort simple la formation de l'acide subéricérique, exige : carbone 65,2 — hydrogène 8,7 ; KL Dœpping a trouvé dans cet acide : carbone 64,9 — hydrogène 8,7.

solution de sel de Saturne avec une solution alcoolique de S. normal.

Avec le sel de Saturne ammoniacal , on obtient un sel- surbasique (Dœpping).

Genre Cnicin R~1407.

700. L'espèce normale a été retirée du chardon bénit ( Centaurea benedicta) par M. Nativelle; elle existe également dans les feuilles du chardon étoile (Centaurea calcitropo) et dans toutes les plantes amères de la nombreuse tribu des cynarocéphales.

Cnicin normal (cnicine). — C20H26O7 (l). C'est un corps neutre, cristallisant en aiguilles blanches , transparentes , d'un éclat satiné , sans odeur, d'une saveur franchement amère. Il est à peine soluble dans l'eau froide ; l'eau bouillante le dissout beaucoup mieux, et prend alors une saveur amère et astringente; mais si l'on prolonge l'ébullition , la liqueur se trouble, en déposant un corps oléagineux et épais comme la térébenthine.

Le G. se dissout dans l'alcool et l'esprit de bois, mais il est presque insoluble dans l'éther.

Soumis à la distillation sèche , il abandonne des vapeurs et se charbonne.

L'acide sulfurique le dissout en se colorant fortement en rouge ; quand on élève la température, la masse noircit. L'acide hydrochlorique concentré prend subitement une couleur verte ; si l'on opère à chaud, le liquide brunit, et dépose des gouttelettes oléagineuses , qui se concrètent , par le refroidissement , en une masse résineuse (Scribe).

Genre Amygdalate R~14012.

701 . Sel unibasique , produit de l'action des alcalis sur l'amygdaline :

C2oi]27Non -L. (KH)O = NH3 -f C20(H25K)O12.

(i) Deux analyses concordantes de M. Scribe ont donné : carbone 62,9 et 6,9 — 7,1 ; ma formule exige : carbone 63,3 , hydrogène 6,8. Je ne la donne que comme fort provisoire, car on n'a pas encore étudié les réactions du cnicin. La formule C26H3409 de M. Scribe exigerait : carbone 63,6 — hydrogène 6,9.

VINGTIÈME FAM1LLB. 385

Rouillis avec un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide snlfurique. les A. développent de l'aride formique, de l'acide

carbonique et de l'huile d'amandes amères (408).

Amygdalate normal (acide amygdalique). — C20H26O12. — On l'obtient aisément en précipitant avec précaution l'A. barytique par l'acide sulfurique étendu.

C'est une liqueur légèrement acide, qui se dessèche au bainmarie en une masse gommeuse. Lorsqu'on l'abandonne pendant quelque temps dans un endroit chaud , on y remarque des indices de cristallisation.

Cet acide attire promptement l'humidité de l'air en se liquéfiant ; il est insoluble dans l'alcool absolu, froid ou bouillant ; il est insoluble dans l'éther.

Il réduit à chaud les sels d'argent.

Amygdalate barytique. — C^fH^B^O12. — L'amygdaline se dissout à froid dans l'eau de baryte sans se décomposer: mais quand on fait bouillir le mélange, il se dégage de l'ammoniaque sans que la solution brunisse. Après avoir maintenu le mélange en ébullition jusqu'à ce qu'il ne se développe plus d'ammoniaque, on y fait passer un courant d'acide carbonique, qui précipite l'excédant de baryte.

La liqueur étant filtrée , on obtient , par l'évaporation , un sel gommeux, qui retient de l'eau; à 190° le sel devient parfaitement blanc, et prend l'aspect de la porcelaine. Il attire promptement l'humidité de l'air.

Amygdalate plombiqice. — Quand on mêle une solution d'A. barytique avec de l'acétate de plomb ammoniacal, on obtient un précipité blanc, un peu soluble dans l'eau.

La plupart des autres A. sont solubles dans l'eau.

(b) Combinaisons azotées.

Genre Opiammon R— 2IN08.

702. Amide, formée par 1 action de l'ammoniaque (1) sur l'acide opianique (539) :

2CiOHioo5 -f nh3 = 2H20 -f C20H19.\O8.

(1) M. Wœhler représente Topiammon par C20H17NO8, mais l'hydrogène trouvé est de 4.94 — 4,82 ; tandis que sa formule n'en exigerait que 4,25.

il. 25

Opiammon normal. — C20H'9NO8. — L'acide opianique disparaît instantanément dans l'ammoniaque caustique; en évaporant la dissolution, même à une très douce chaleur, on n'obtient pas de cristaux, mais seulement une masse amorphe et transparente, qui devient d'un blanc de lait quand on la traite par l'eau, et ne se dissout qu'en partie, en laissant un corps blanc, qui est l'O. normal. Le sel d'ammoniaque se métamorphose complètement en ce corps quand on chauffe la masse desséchée à une température un peu supérieure a 100°, tant qu'il se dégage de l'ammoniaque. Elle finit par devenir d'un jaune-citron, et ne se dissout plus dans l'eau; on la purifie par l'eau bouillante des dernières traces de sel.

L'O. normal est une poudre jaune pâle, composée de parcelles cristallines. Elle est insoluble dans l'eau froide; l'eau bouillante la convertit peu à peu en acide opianique , qui se dépose par le refroidissement, et en opianate d'ammoniaque, qui reste en dissolution.

Quand on le chauffe, il grimpe le long du vase sans se sublimer; chauffé plus fort à l'air libre, il dégage l'odeur de l'acide opianique en fusion, en émettant une vapeur jaune. Les acides dilués ne l'altèrent pas à chaud.

La potasse , avant de le transformer complètement en opianate , produit d'abord une combinaison intermédiaire [xanthopénate de potasse , Wœhler) qui n'a pas encore été analysée.

Genre Amygdaline R— l3N0".

703. L'espèce normale se rencontre toute formée dans les amandes amères, et probablement aussi dans les feuilles de laurier-cerise.

Amygdaline normale. — C20H27NOn + 3aq. - — Pour obtenir ce corps, on exprime le son d'amandes amères entre deux plaques de fer chaudes, afin d'enlever l'huile grasse; on épuise le résidu par l'alcool bouillant de 94 ou 95 centièmes , et l'on distille l'extrait au bain-marie, jusqu'à consistance de sirop. On étend d'eau le résidu, et on le met à fermenter avec un peu de levure, de:: détruire Je sucre qui s'y trouve \ on iiitre de nou-

veau quand la fermentation a cessé, et on évapore une seconde

VINGTIÈME F.vMILLF.

fois a consistance de sirop. Le résidu étant repris par l'éther, toute l'A. se précipite sous la forme d'une poudre blanche et cristalline,

qu'on purifie par de nouvelles cristallisations dans l'alcool (Lieil Wœhle

L'A. cristallise en feuillets blancs, d'un éclat nacré; elle est peu solubie a froid dans l'alcool absolu, mais à chaud il la dissout aisément. Cristallisée dans l'eau, on l'obtient en prismes transparents, souvent assez volumineux, et renfermant 10. .5 — 3 éq. d'eau de cristallisation, qui se développe complètement a 120".

Cristallisée dans l'esprit de vin . elle ne renferme que 2 éq. d'eau de cristallisation.

Mise en contact avec le blanc des amandes amères , a l'état humide. l'A. se dédouble en acide prussique , essence d'amandes amères (benzoïlol n. ) et glucose :

C2on27\0n -f 2I120 CHN -f C7II60 -f CWO**.

Chauffée avec un mélange de peroxyde de manganèse sulfurique, elle s'attaque violemment en donnantde l'essence d'amandes amères, de l'acide carbonique, de l'acide benzoïque, de l'ammoniaque et de l'acide formique.

Quand on la fait bouillir avec de la potasse caustique, elle développe de l'ammoniaque, et se convertit en amygdalate (701) :

C2oir2:Noii -j- (KH 0 - Ml3 - - CPfH^JQO*.

Chauffée doucement avec de la baryte caustique en poudre , l'A. se décompose violemment, en dégageant des vapeurs blanches d'une huile odorante , en même temps qu'il se développe de l'ammoniaque.

Genre Cinck&nine R-,6N20.

704. Alcaloïde ; se trouve particulièrement dans les quinquinas bruns et les quinquinas gris.

Cinchonhœ normale. -—OVrWO (Liebig, Regnault, Gerhardt).

— On l'obtient par le même procédé que la quinine, en traitant

le quinquina par l'eau acidulée, décomposant l'extrait concentré

par le carbonate de soude, épuisant etpî il par l'alcool

lant de 90 centièmes, et filtrant le liquidé tout chaud : la C.

cristallise alors par le refroidissement. La quinine reste dans les eaux-mères.

On peut aussi séparer la cinchonine de la quinine au moyen de i'éther, qui ne dissout pas cette dernière.

La C. normale cristallise en prismes quadrilatères , ou en aiguilles déliées , incolores et d'un grand éclat. Elle est sans odeur, et ne détermine de l'amertume sur la langue qu'à la longue.

Elle fond un peu plus tard que la quinine, et peut être volatilisée si on la chauffe avec précaution; toutefois, par une forte chaleur, elle se charbonne.

L'eau ne la dissout qu'en quantité minime; mais l'alcool la dissout fort bien . surtout a chaud : la solution est amère , et possède une réaction alcaline.

Chauffée avec une solution très concentrée de potasse, ou mieux encore avec de la potasse en fusion, la C. dégage de la quinoléine (502) et carbonate la potasse, avec dégagement d'hydrogène ( Gerhardt ) .

Les acides dissolvent fort bien la C. , en formant des sels qui sont en grande partie cristallisables; ces sels sont fort amers, insolubles dans I'éther , et se dissolvent , dans la règle , mieux dans l'eau et l'alcool que les sels de quinine correspondants. La teinture d'iode les colore en brun ; le manganate de potasse les colore en vert.

Cinchonine hydrochlorique (hydrochlorate de cinchonine dit basique). — C20H24N2O,HC/ (Liebig). — Il cristallise en prismes quadrilatères, aplatis, et doués d'un éclat soyeux. Sa solution précipite les bichlorures de mercure et de platine.

Cinchonine hydriodique ( hydriodate dit basique). — C20H24N20, H.Ï + aq. (Regnault). — Aiguilles nacrées fort solubles dans l'eau bouillante.

Cinchonine nitrique. — C20H24N2O,NHO3 -f- aq., d'après les analyses de M. Regnault.

Cinchonine semi-sulfuriqiœ (sel dit basique). — (C20H24N2O)3, SH204 + 2 aq. (Regnault). — Prismes à base rhombe , raccourcis, et doués d'un éclat nacré; ils fondent à quelques degrés audessus du point d'ébullition de l'eau , et se détruisent à une température plus élevée.

Cinchonine sidfurique. — C20H2^O,SHO-f 3 aq. —Ce sel ,

que M. Liebig considère comme le sulfate neutre, correspond aux sels acides; on L'obtient en traitant le sel précédent par une plus grande quantité d'acide sulfurique. Il représente des octaèdres a base rhombe, qui s'effieurissent à L'air sec.

Genre Quinine R— lW0a.

705. Alcaloïde , découvert dans les quinquinas par Pelletier et Caventou.

Quinine normale. — C20H24N2O2. — Pour obtenir cet alcaloïde, on traite le quinquina par de l'eau acidulée , on précipite l'extrait par du carbonate de soude . et on lave Le précipité avec de l'eau ; on le dissout dans l'alcool, et on traite la solution par du charbon animal. Pour obtenir la Q. en cristaux, on la dessèche d'abord complètement au bain-marie, et on La dissout dans l'alcool absolu; la solution la dépose sous cette forme par l'évaporation spontanée.

On l'obtient aussi en aiguilles soyeuses, quelquefois groupées en aigrettes, à l'aide d'une dissolution aqueuse, bouillante et ammoniacale (Liebig). Mais ordinairement elle n'est pas cristallisée, et se présente sous la forme d'une masse poreuse d'un blanc sale. Les alcalis la séparent de ses combinaisons en flocons caillebotteux.

bille fond, par la chaleur, en un liquide oléagineux, qui se prend, par le refroidissement, en une masse résinoïde; en la chauffant avec précaution, on peut la volatiliser en partie; toutefois elle se décompose en plus grande partie par la distillation sèche.

Elle est peu soluble dans l'eau à froid ; l'eau bouillante en dissout davantage; l'alcool la dissout fort bien, l'étlier également. Les solutions ont une réaction alcaline.

La potasse bien concentrée et bouillante convertit la quinine en quinoléine (£02) , avec dégagement d'hydrogène et formation de carbonate.

Les acides la dissolvent aisément , et produisent des sels en grande partie cristallisables ; ces sels sont fusibles et franchement amers.

Quinine hydrocMorique (sel dit basique). — C2oH24N202,H(V -f 2 aq. — On obtient aisément ce sel en dissolvant à chaud de

J90 HISTOItl KT CLASSIFICATION.

la quinine dans un léger excès d'acide hydr^chlorique faible; par le refroidissement , la liqueur laisse déposer le sel en longues fibres soyeuses.

Si l'on dissout la quinine dans un grand excès d'acide hydrochlorique, on obtient par Vévaporation un sel qui renferme deux fois plus d'acide hydrpchlorique que le précédent; mais, en le redissolvant dans l'eau , la pins grande partie du sel cristallise à l'état de Q. hydrochlorique (Regnault).

Quinine hydriodique (sel dit basique). — Il s'obtient en cristaux mamelonnés, qui sont capables de fixer une nouvelle quantité d'acide hydriodique ; le sel (bihydriodate de M. Regnault) qui en résulte cristallise sous la forme de grandes lames d'un beau jaune, et d'une réaction fortement acide.

Quinine semi-sulfurique ('sulfate de quinine dit basique). — iC20H24N20o-2.SHQO4 -f- ? aq. (Liebig, Regnault). —Pour obtenir ce sel, on traite la Q. normale par de l'acide sulfurique, qu'on a soin de ne pas prendre en excès ; quelques gouttes d'alcali ajoutées à la solution du sel en déterminent rapidement la cristallisation en aiguilles très fines, blanches et soyeuses; il est aussi léger que la magnésie, et présente une saveur fort amère. Il fond aisément, et s'eftleurit dans l'air sec. L'alcool le dissout mieux que l'eau ; l'éther ne le dissout que fort peu.

Quinine sutfimçue (sel dit neutre).— C20H2<N2O2,SH2O4 -f- 7 aq.

— Pour l'obtenir, on dissout le sel précédent dans un excès d'acide; il se présente sous la forme de petites aiguilles, ayant une réaction acide, et bien plus solubles que le sel précédent.

Quinine ferrico-sulfurique (sulfate double de fer et de quinine).

— Un mélange de persulfate de fer et de sulfate de quinine ayant été abandonné pendant quelques mois clans des verres à pied à peine couverts, on y a trouvé de petijs octaèdres parfaitement réguliers et incolores, renfermant de la quinine et du peroxyde defer(Will).

Quinine serai - oxalique (oxalate dit basique). — (OH2iN:02)2, G,H20'1 (Regnault). — - Poudre blanche , cristalline et peu solubie.

Qwmine quiinque (quinate de quinine). — On peut l'extraire directement des quinquinas ; il cristallise avec difficulté en croûtes mamelonnées: il est fort solubie dans l'eau, et un peu moins dans l'alcool absolu!

m<;ïir\iK famu.i.f ;;uj

{umine bichloro-platinique. — C2jH2^202.(HC/,P/C/2;2-f aq. | Gerhardt). — Lorsqu'on ajoute du bichlorure de platine à une dissolution de quinine dans un léger excès d'acide hydrochlorique, il se produit d'abord un précipité blanc-jaunâtre et floconneux, qui. par l'agitation, devient orangé, grenu, gagné le fond du vase, et s'attache aux parois. Ce précipité cristallin ne dégage pas d'eau à 10C1 . mais il en perd 2,37 = I éq. lorsqu'on le porte à 140°.

Genre Chélidonine R-21X303.

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