‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 70 sur 129 · Alcaloïde, contenu dans l'opium · texte numérisé non relu

Alcaloïde, contenu dans l'opium

Narcotiae normale. — C^H^NO7 (analyses de MM. Regnault, Blyth et Hofmaim). — Cet alcaloïde s'obtient dans la préparation de la morphine (671) , dont on la sépare à l'aide de l'éther; un peut d'ailleurs l'extraire directement de l'opium à l'aide de l'éther ; celui-ci la dépose alors par l'évaporation spontanée.

La N. cristallise en prismes droits à base rhombe, ou en aiguilles groupées en faisceaux, aplaties, incolores, transparentes,

et douées d'éclat. Elle ne perd pas d'eau à 130° (Regnault), et fond à 170° en perdant 3 p. e. d'eau (Berzélius).

L'eau froide ne la dissout pas , mais l'eau bouillante en dissout 1/400 ; elle est plus soluble dans l'éther et dans l'alcool. La potasse et l'ammoniaque caustique ne la dissolvent pas. Les solutions sont amères et n'ont pas de réaction alcaline. Elles ne colorent pas en bleu les persels de fer.

Les acides dissolvent la narcotine, en produisant des sels fort peu stables; la solution de ces sels dépose, par l'évaporation , la plus grande partie de la N. Cette décomposition s'effectue souvent aussi par une addition de beaucoup d'eau.

Beaucoup de sels de N. sont solubles dans l'alcool et dans l'éther.

L'acide nitrique étendu dissout la N. sans décomposition; mais l'acide concentré la colore en jaune pale, et si l'on chauffe très légèrement , il se développe de l'éther nitreux , en même temps qu'il se produit une matière jaune-rougeàtre particulière; si le mélange s'échauffe trop, il se développe des vapeurs nitreuses (Gerhardt).

Lorsqu'on dissout la X. dans l'acide hydrochlorique , et qu'on la fait bouillir avec du bichlorure de platine, elle se dédouble en acide opianique (539) et en cotarnine (588). Les mêmes produits se forment par l'action d'un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique sur la narcotine (Wcehler, Blyth). Voici, dans mon opinion (1), les équations qui représentent cette métamorphose :

C23H25NO: -f- 1120 -f UVIC12= mCl 4- hUCl 4- ClùU10O5 + CJ3l|n\03. C2qi2.v\0- + O2 = 1120 + C10Ili°O^ + C13ll^\03.

La potasse aqueuse et diluée n'exerce aucune action sur la N., même à l'ébullition ; mais lorsqu'on la fait bouillir longtemps avec une solution de potasse concentrée, elle produit un corps oléagineux qui parait être le sel de potasse d'un acide particulier [acide narcotique)] une dissolution alcoolique de potasse dissout la X. en si grande quantité que la matière s'épaissit. M. Wœhler, qui s'est occupé de cette réaction, n'est pas encore parvenu à

(1) J'ai indiqué ailleurs (p. 189) les raisons qui m'ont fait rejeter les formules de M. Wrphler.

isoler l'acide qui se tonne dans ces circonstances; il paraît d'ailleurs régénérer la X. dans certains eas.

Quand on chauffe la N. jusqu'à ce qu'elle se tonde, elle se colore peu à peu; à 220°, elle se boursoufle, dégage de l'ammoniaque et se tige subitement en donnant une masse brune friable, que M. Wœhler appelle acide kumopique.

La N. jaunit dans le chlore gazeux , surtout à 100° ; il se dégage de l'acide hydrocblorique, et l'on obtient une matière amorphe, qui n'a pas encore été analysée.

Narcetme /if/drochloriqia'.—C^U.^SO^liCL — Le gaz hydrochlorique sec se combine avec la N. normale, en donnant un produit qui cristallise dans l'alcool ( Robiquet).

yarcotine cki oroplat iniqtte. — C23H25N07,HC/,ttC/2. (Blyth). — On obtient ce corps en précipitant la X. hydrocblorique par du bichlorure de platine.

Genre Lophine \\-^-.

717. Alcaloïde, produit de la distillation sèche de l'hydrobenzamide normale (21e fam.).

Lophine normale. — C23H16X2 (1). — Lorsqu'on chauffe de l'hydrobenzamide, il se dégage d'abord de l'ammoniaque, ainsi qu'une huile très fluide et odorante; dès que le dégagement d'ammoniaque a cessé, il reste dans la cornue une matière fondue , qui peut passer à la distillation si l'on élève considérablement la température. Mais, au lieu de cela, on la coule dans un mortier, et, après l'avoir épuisée par l'éther bouillant, on la porte dans de l'alcool bouillant, auquel on ajoute peu à peu des fragments de potasse caustique , jusqu'à ce que le tout soit dissous. La L. se dépose alors sous la forme de jolies aiguilles soyeuses, groupées en aigrettes , qu'on lave avec de l'alcool (Laurent).

Cette matière se forme.aussi dans la distillation sèche du mélange qu'on obtient par l'action du sulfhydrate d'ammoniaque sur le benzoïlol normal.

Elle est incolore , inodore, sans saveur, et insoluble dans l'eau bouillante. Elle fond à 260°; par le refroidissement, elle cristal-

(1) Communient ion particulière de M. Laurent.

lise en aiguilles , qui se réunissent en bourrelets surmontés d'aigrettes sublimées. Elle peut distiller sans altération. Elle est presque insoluble dans l'alcool et l'éther; une dissolution bouillante assez concentrée de potasse dans l'alcool en est le meilleur solvant; elle ne l'altère nullement après une longue ébullition.

Sa dissolution alcoolique ne bleuit pas le tournesol. Elle forme, avec la plupart des acides, des sels qui sont solubles dans l'alcool et insolubles dans l'eau.

Le brome paraît s'y combiner directement.

Lophine hydrocldorique (chlorure lophique). — On obtient ce sel en traitant la L. normale par l'alcool bouillant et l'acide hydrochlorique. Il s'obtient en paillettes cristallines.

Lophine semi-sulfurique (sulfate lophique). — Petites lamelles allongées et brillantes.

Lophine chl oroplat inique. — C23Hl6N2,HC/,P^C/2. — Pour préparer ce sel, on fait dissoudre de la L. hydrochlorique et du bichlorure de platine dans l'alcool bouillant; puis on mêle les deux dissolutions. Si celles-ci sont suffisamment étendues d'alcool, il se dépose , au bout de quelques secondes , un sel qui cristallise très bien en lames allongées, obliques, d'un orangé pâle, i^près le refroidissement , on décante et on lave les cristaux avec de l'alcool (Laurent).

Lophine nitrique. — OH'6N2,NH03 -f- aq. — Paillettes fines , légères, sans éclat , solubles dans l'alcool et insolubles dans l'eau ; lorsqu'on dessèche jusqu'à ce qu'il commence à se ramollir, il perd son éq. d'eau de cristallisation.

Lophine trinitrée ( nitrilophyle ). — G23(H'3X3)N2 -|- 2 aq. ? — La L. nitrique bouillie avec de l'acide nitrique donne une matière jaune , huileuse , qui se solidifie par le refroidissement. On la purifie en la faisant bouillir avec de l'alcool ; elle est jauneorangé , pulvérulente et cristalline. Sous l'influence de la chaleur, elle entre en fusion , et paraît se .volatiliser en partie sans décomposition; puis, tout-à-coup, elle entre en ignition, en laissant un grand résidu de charbon. (Laurent).

Genre Benzhydrocyanide R~28N202.

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