‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 73 sur 129 · DELA VI X GT-Q U A TR I E M I · texte numérisé non relu

DELA VI X GT-Q U A TR I E M I

DES GENRES

et d'autres l'<unillc$.

Paraffine R+2.

Hydrocarbure.

Distillation sèche de la cire (19e fam.).

Cérosie KO.

Aldéhyde.

Dans la canne à sucre.

Athamanthine

Dans la racine d'jfl

thamanta oreoselivam.

Rufme R-2609.

La phlorizine n. élimine 3H20 par la chaleur.

Phlorizine

Dans la racine de pom-

mier.

Phlorizéate

Genre Paraffine R+2.

721. Hydrocarbure, homologue des g. formène, acétèue, valérëne, etc.; produit de la distillation sèche de la cire des abeilles, ainsi que d'autres matières résinoïdes, grasses ou cireuses. Il se rencontre dans la suie et dans le goudron.

Paraffine normale. G2 'H50 (Lewy). — Cet hydrogène carboné peut se préparer en soumettant la cire à la distillation sèche (673) ; on traite le produit par la potasse pour saponifier l'acide margarique, et on en sépare le mélange de paraffine et d'hydrocarbures huileux. Ce mélange, étant ensuite soumis à la distillation, dégage d'abord ces derniers; la paraffine ne passe qu'en dernier lieu, si l'on renforce beaucoup le feu. On purifie le produit par la cristallisation dans l'alcool bouillant.

La P. cristallise en aiguilles ou en lamelles incolores, douées d'un éclat nacré. Elle est sans odeur ni saveur, ne produit pas de tache grasse sur le papier, et fond à 44°, en une huile incolore, qui distille sans altération à 310". Elle brûle avec une flamme claire, sans répandre de fumée.

MNCT-Ol VTH1ÈME FAMILLE. 4\7

Elle est insoluble dans l'eau ; mais l'éther, les huiles grasses et les essences la dissolvent aisément.

Elle doit son nom [departtm affinis] a l'indifférence qu'elle présente envers la plupart des agents chimiques. Ainsi les alcalis . Les acides nitrique et sùlfurique concentrés ne l'altèrent pas; toutefois, l'acide sùlfurique fumant l'attaque à chaud (Jules Gay-Lussac), et le chlore exerce sur elle une action non équivoque, en donnant un corps cristallisé renfermant beaucoup de chlore (Lewy). Ce dernier parait être un homologue du formène trichloré (chloroforme) .

M. Walter a publié l'analyse d'une cire fossile, découverte il y a quelques années, à Truskawietz en Gallicie, dans des couches de grès et d'argile bitumineux, à une profondeur de 2 ou 3 mètres. Cette cire fossile est d'une couleur noire-brunàtre ; son odeur est pénétrante et bitumineuse ; elle est peu soluble dans l'alcool et l'éther, fond à 59° c. , et bout à 350° environ. Elle cristallise dans l'éther à l'état d'une matière blanche nacrée , qui ne parait être autre chose que de la paraffine.

Genre Cérosie RO.

722. Aldéhyde (l), homologue des g. acétol, butyrol , éthal, cérine, etc. ; renfermé dans la cire de la canne à sucre et dans celle de certains palmiers .

Cérosie normale. — C2iH480 (Lewy). — En raclant la surface de l'écorce des cannes à sucre, et particulièrement la variété violette, on obtient une substance cireuse, que M, Avequin a appelée cérosie. On la fait dissoudre dans l'alcool bouillant , et on la laisse cristalliser par le refroidissement. Elle se présente alors en fines lamelles nacrées , très légères , qui ne graissent nullement le papier (Dumas).

La C. fond à 82° ; elle est insoluble dans l'éther et l'alcool froids , très soluble , au contraire , dans l'alcool bouillant. Elle est très dure, et se laisse facilement réduire en poudre.

En traitant la C. par de la chaux potassée, M. Lewy a obtenu

(1) Dans le premier volume, p. 134, nous avons classé la cérosie parmi les alcools; mais les analyses récentes de M. Lewy démontrent que ce corps ne présente pas une semblable composition.

il. 27

un acide blanc , très peu soluble dans l'alcool et l'éther bouillant ; il se dissout aisément dans l'huile de naplite, et fond à 93°,5 c. M. LewV le représente par C48H%03, mais cette composition ne me parait pas exacte; l'auteur n'avait, du reste, pas assez de matière pour approfondir ce sujet (1).

Genre Athamantine R-1407.

7*23. L'espèce normale n'a pas encore été obtenue artificiellement.

Athamantine normale. — C24H30O7? — On rencontre cette substance dans la racine et dans la graine presque mûre à'Athamanta Oreoselinum ; on ne l'a pas trouvée dans les feuilles de cette plante, ni dans quelques autres espèces du même genre, telles que A. Cervaria et A, Libanotis. On l'obtient au moyen de l'alcool, et l'on abandonne la solution, pas trop concentrée, à i'évaporation spontanée ; on exprime les cristaux entre du papier Joseph, et on les soumet à quelques nouvelles cristallisations, jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement blancs.

Le produit se compose de cristaux fibreux amiantacés , doués d'un éclat soyeux; quelquefois on l'obtient en cristaux plus gros. 11 possède une odeur rancide et comme savonneuse , qui devient plus sensible à chaud ; sa saveur est légèrement amère et acre. Il est insoluble dans l'eau, et y fond à la température de l'ébullition en gouttelettes, qui se déposent au fond du vase. L'alcool et l'éther le dissolvent aisément. La solution n'est pas précipitée par les sels métalliques.

Le point de fusion de l'A. normale se trouve compris entre 60 et 80°. Elle ne se volatilise pas sans altération; toutefois elle supporte une température assez élevée avant de se décomposer. A la distillation sèche, elle donne, entre autres produits, de l'acide valérianique.

Quand on y fait passer, à l'état fondu, du gaz hydrochlorique, elle l'absorbe, et si l'on porte la masse à 100°, elle entre en ébul-

(i) Voyez, pour plus de détails sur les cires en général, Comptesrendus hcbd. de ('Académie des- sciences, t. XX, p. 34. Janvier

VDiGT-ODiTItlÀME FAMILLE. 4J9

lition, et développe de l'acide valéiianique, en laissant de l'orosélone normal im.).

C24n3û0: = 2C5II«°02 -f p"fll«Q3.

L'acide sulfureux détermine une réaction semblable; il en est de même de l'acide sulfurique.

La potasse caustique dissout l'A. normale avec une couleur brune, en produisant du valérate et une substance blanche, qui est probablement aussi de l'orosélone (Schnedermann et Winckler).

Genre Rufine R-2609.

724. L'espèce normale se produit par l'action de la chaleur sur la phlorizine normale :

C24H2S012 = 3I120 | C"fl**0».

Rufine normale. — C2iH2209. —Lorsqu'on chauffe la phlorizine normale au bain d'huile, elle perd de l'eau, se fond, et, par L'élévation de la température jusqu'à -200' environ, donne lieu à une effervescence de vapeur sans dégagement de gaz. Si l'on arrête la température à 235°. en la maintenant pendant quelque temps à ce degré, le résidu consiste en une masse résinoïde (l) , d'un fort beau rouge, très friable, fort soluble dans l'alcool, avec une teinte orange foncée , et presque insoluble dans l'éther. L'eau la dissout par lebullition, en la décolorant instantanément; par le refroidissement, la solution devient laiteuse (Mulder)

La R. se dissout avec une belle couleur rouge dans l'acide sulfurique concentré ; la solution est décolorée par l'eau ; elle renferme une combinaison copulée.

L'acide hydrochlorique ne la dissout pas ; l'acide nitrique la décompose à chaud.

Elle se dissout avec une teinte rouge dans la potasse et l'ammoniaque; les acides la précipitent de cette solution.

(1) M. Mulder y a trouvé : carbone (anc. p. atom.) 64,2— 64,1 ; hydr. 5,o-5,2. Ma formule exige : carbone (nouv. p. atom.) 63,5; hydr. à,8.

Genre Phlorizine R-20O'2 (1).

7-25. L'espèce normale de ce genre a été rencontrée toute formée , par MM. Stass et de Koninck , dans 1 ecorce de la racine do pommier.

Phlorizine normale. — C24H28012 + 2 aq. — Pour se procurer ce corps , il suffit de foire une décoction aqueuse et concentrée de l'éeorce de la racine du pommier, de décanter cette décoction bouillante, et d'abandonner celle-ci dans un endroit frais. Parle refroidissement du liquide, la P. normale se précipite à l'état d'aiguilles soyeuses et jaunâtres, qu'on purifie par le charbon animal. Si l'on veut préparer de grandes quantités de ce corps, on fait bien de l'extraire avec de l'alcool faible (Stass).

C'est une matière solide, d'un blanc satiné; elle se présente ordinairement en houppes soyeuses , si elle se dépose d'une solution concentrée; les solutions étendues la précipitent, par un refroidissement lent , en aiguilles plates et brillantes.

Elle a une saveur amère peu prononcée , suivie d'un arrièregoût.

(1) Voici les analyses de la phlorizine : Phi. desséchée.

Stass. J. Gay-Lussac. Petersen. Erdniann. Erd. et Marchand.

Carbone (anc. p. at.) 58,1—58,6 56,96 56,95 57,67 57,08 Hydrog. 5,6— 5,7 5,82 '5,82 5,89 5,61

Phi. cristallisée.

Carbone (anc. p. at.) 53,8— 5/t, 2 Hydrog. 6,1— 6,0

Comme la phlorizine se dédouble, sous l'influence des acides, en glucose et phlorétine, doni l'équivalent renferme C12, on a les formules suivantes, qui ne diffèrent que par H20 :

C24H320i4 c24H30O13 C24H28012 C24H26On Carbone (nouv. p. at.) 53,0 54,7 56,6 58,7

Hydrog. 5,9 5,7 5,5 5,3

On voit que les différences dans les analyses ne proviennent que d'une dessiccation plus ou moins complète de la substance.

douceâtre. L'eau froide la dissout à peine , 1 eau bouillante la dissout eu toute proportion. L'alcool et l'esprit de bois la dissolvent très bien : l'éther, même bouillant, n'en dissout que des traces. Elle dégage, a 100°, 7.6 p. c. = 2 éq. d'eau de cristallisation, et tond à 106°; à 109", la fusion est complète: la matière fondue a l'aspect d'une résine incolore ; une fois la fusion achevée, la matière se tige maigre l'élévation de la température, et a 130°, elle est entièrement dure; vers 160°, elle fond de nouveau, et à 200°, elle développe de l'eau, en se colorant en rouge. Elle se trouve alors transformée en rufine normale (724).

GMflMoU = 3H20 -fi C24H220,J.

A une température plus élevée, elle se charbonne.

La P. chauffée à 130' ne change pas de propriétés chimiques: seulement , elle est moins soluble dans l'eau , et se dépose de sa solution aqueuse sans affecter de forme cristalline ; toutefois elle la reprend peu à peu.

Sa solution aqueuse précipite l'acétate de plomb surbasique.

A froid, les acides sulfurique, phosphorique et hydrochlorique ne l'altèrent pas; mais, par un contact prolongé, ces acides la dédoublent en glucose et phlorétine normale. A 90°, l'acide oxalique détermine la même métamorphose:

C24H2S012 -f ZiH20 = C12H240i2 -f Ci2Hi204.

L'acide nitrique dilué la dissout à froid; mais , par un contact prolongé, ou s'il est concentré, il détruit la P. normale, en développant de l'acide carbonique et du bioxyde d'azote, et en produisant de l'acide oxalique et de la phlorétine nitrique.

Les alcalis dissolvent la P. sans l'altérer ; ces solutions se conservent à l'abri de l'air. Une solution bouillante de potasse détermine la formation d'un corps noir.

La P. normale absorbe de 11 à 12p. c. d'ammoniaque gazeuse ; le produit, abandonné au contact de l'air et de l'humidité, se colore peu à peu en orangé, puis en rouge, et devient finalement d'un bleu foncé; il se produit, dans ces circonstances, du phlorizéate ammoniacal :

C24H28012 -f O -f oNH3 = H20 -f- C2'H32\2015,NH3.

Phlorizine tricalcique ( phlorizate de chaux). C24(H25Ca3)Ol2. -•

En évaporant dans le vide une solution de P. normale dans la chaux . on obtient une masse jaune et cristalline, qui paraît présenter cette composition. Ce corps possède la propriété de dissoudre une quantité considérable d'oxyde de cuivre hydraté (Stass).

Phlorizine tribarytique (phlorizate de baryte). —C24(H25Brt3)012. — On obtient ce corps d'une composition constante en précipitant une dissolution de P. normale dans l'esprit de bois par une solution de baryte, également dans l'esprit de bois. Le précipité obtenu , lavé avec de l'esprit de bois , exprimé rapidement , et séché à l'abri de l'air, constitue la P. tribarytique. Ce corps , ainsi préparé, contient toujours un peu d'esprit de bois (Stass).

Phlorizine sexplombique. — C24(H22P£6jOi2. — Quand on verse dans une dissolution bouillante de P. normale de l'acétate de plomb surbasique, avec la précaution de laisser de la P. en excès, il se produit un précipité blanc de P. sexplombique (1). Ce corps présente toujours la même composition quand on opère dans les conditions indiquées , autrement les quantités de plomb y varient. Il ne se décompose pas par la dessiccation à 170°, mais alors il perd toute l'eau , et présente la composition indiquée (Stass).

Genre Phlorizéate R-ieN2*)**.

736. Produit de l'action de l'ammoniaque et de l'air sur la phlorizine (725).

Phlorizéate normal (phlorizéine). — OH^N^" (2). — C'est le précipité rouge que déterminent les acides dans la solution du

(i) Les formules de M. Stass sont :

C32H36015,2Ca20, C32H36015)2B«2Os C32H30O125/lp52O.

Mais les analyses de ce chimiste s'accordent parfaitement avec les formules que j'ai cru devoir substituer aux précédentes.

(2) Celte formule, calculée sur les analyses de M. Stass, exige : carbone (nouv. p. at.) Z[8,9 — hydrog. 5,Zi — azote Zi,9. M. Stass avait obtenu : carbone (anc. poids al.) Zi8,,l— A9,2; hydrog. 0,6—5,8; azote 5,0 -5,4.

YIV.l-iJ! UiîlÈME FAMILLE. \'ï,\

P. ammoniacal. Voici commcni M. Stass proccdc pdiil1 l'obtenir pur : après avoir précipité par l'alcool le produit brut , résultant de l'action de l'ammoniaque humide et de l'air sur la phlorizine, on dissout la matière dans la plus petite quantité d'eau possible. A cette dissolution , on ajoute goutte à goutte de l'alcool aiguisé d'acide acétique. On lave le précipité avec de l'alcool de plus en plus concentré.

Le P. normal est solide et incristallisable ; son aspect diffère selon l'état où on l'examine. Sa saveur est légèrement amère. Il se dissout aisément dans l'eau bouillante; l'alcool, l'esprit de bois et l'éther le dissolvent à peine.

Il se décompose par la chaleur. Les alcalis fixes lui font perdre peu à peu sa couleur , et le transforment en une matière brunâtre (Stass).

Phlorizéate ammoniacal. — C2JH32N2()i5,NH3. —Il est difficile d'obtenir ce corps à l'état de pureté; le mieux est d'abandonner la phlorizine sous une cloche, au-dessus d'une solution de carbonate d'ammoniaque, dans laquelle on jette de temps à autr* des fragments de potasse caustique. Si l'on évite tout excès de l'ammoniaque, on obtient, dans certaines circonstances enco c mal déterminées, une matière bleue incristallisable, très soluble dans l'eau ; le plus souvent, le produit est d'un rouge brun.

L'hydrogène sulfuré et le protoxyde d'étain dissous dans la potasse décolorent ce composé. La solution, abandonnée au contact de l'air, perd peu à peu sa belle couleur bleue.

La solution du P. ammoniacal, mise en contact avec l'hydrate d'alumine, est également décolorée; l'alumine se colore alors en bleu.

Elle précipite les sels de fer, de zinc, de plomb et d'argent.

Phlorizéate argentique. — C24(H3iA#)N2()i5? — Précipité bleu, qui se décompose déjà par l'eau.

Genre Isatilime R-^N^O.

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