‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 83 sur 129 · C2H204,2C6H7N1 = C"U16VO · texte numérisé non relu

C2H204,2C6H7N1 = C"U16VO

Or, on a :

C14H16\204 . oH2o -f c"HI2N202

Oxanilide «= Ii20 -f CO2 4- C6II7N -f C'H'NO

Aniline.

C7fI7NO 4 CO+ (OTN.

FormanLlide. Aniline.

Formanilide normale. — C7H7NO. — Nous avons dit plus haut (610 a.) que la formation de l'oxanilide est accompagnée de celle d'un autre corps qui se dissout dans l'alcool. On chauffe la solu-

ADDITIONS Kl CORRECTIONS 487

tion pour en chasser la plus grande partie du véhicule, et on rail bouillir avec de l'eau; de cette manière, la petite quantité de matière brune ou rouge, qui a pu se former pa*r l'altération du

sel d'aniline à Pair, se sépare à l'étal insoluble, et l'on a en dissolution de la formanilide parfaitement pure. Si Ton évapore davantage la solution aqueuse , la formanilide se sépare peu à peu à l'étal de gouttelettes huileuses et incolores, qui se réunissent au fond du vase; ce produit conserve l'état liquide, même après le refroidissement : aussi ne faut-il pas pousser l'évaporation jusqu'au point où les gouttelettes huileuses commencent à se séparer. Il vaut mieux abandonner la solution saturée à l'évaporation spontanée.

La F. normale se dépose alors peu à peu en prismes rectangulaires très aplatis , et terminés en pointe comme des fers de lance ; ces cristaux sont ordinairement très longs et enchevêtrés; j'en ai eu deux ou trois fois qui avaient plus de 3 centimètres de long . et qui étaient parfaitement déterminés. Leur ressemblance avec les cristaux de l'urée est si grande, que je les prenais pour l'urée anilique (la carbanilide ) , avant que l'analyse m'en eût fait saisirla véritable nature.

Ce corps est assez soluble dans l'eau , et surtout à chaud , mieux encore dans l'alcool ; la solution aqueuse a une saveur légèrement amère , et n'agit pas sur les papiers réactifs. A l'état sec, il fond à 46° ; la matière fondue peut être refroidie bien au-dessous de cette température , avant de se concréter ; mais il suffit alors de l'agiter avec une baguette pour que la solidification se fasse immédiatement. Dans l'eau , il fond encore plus aisément , et . chose singulière, il reste alors liquide; il conserve aussi sa liquidité quand il a été distillé. Au bain -marie, il émet déjà des vapeurs. A froid, les acides et les alcalis étendus n'agissent pas sur ce corps ; cependant la décomposition se fait à la longue , et encore plus promptement si l'on fait bouillir. Ainsi, par exemple, l'acide chromique étendu ne le colore pas , le mélange ne verdit qu'au bout d'un temps assez long; mais si l'on a fait bouillir préalablement la formanilide, pendant quelques secondes seulement , avec de l'acide sulfurique, l'acide chromique y détermine immédiate ment la réaction caractéristique de l'aniline.

A froid, la potasse étendue ne l'altère pas; mais quelques se

coudes d'ébullition avec cet agent suffisent pour mettre de l'aniline en liberté. De même, l'acide sulfurique étendu n'y agit pas à froid ; quand on chauffe, il se développe l'odeur caractéristique de l'acide formique; et , si l'on condense les vapeurs, on trouve que le liquide acide réduit le nitrate d'argent.

Enfin, je me suis assuré que la F. normale, chauffée avec de L'acide sulfurique concentré, développe de l'oxyde de carbone pur, sans noircir, tandis que le résidu renferme un sel copule, le même qui est fourni, dans ces circonstances, par l'oxanilide. et qui est une anilide acide , l'acide sulfanilique.

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Dans la préparation du parasalicyle , il est dit qu'il reste du salicylate cuivrique pour résidu ; lisez salicylate cuivreux. •

Dans les pages précédentes, j'ai dû me borner a donner la partie artificielle de ma classification, en rangeant, suivant un ordre méthodique . tous les corps qui ont été analysés, et sur l'histoire desquels on possède quelques renseignements précis. Il m'a fallu nécessairement supprimer les substances qu'on ne connaît que de nom ou dont la nature est douteuse. Aujourd'hui d'ailleurs, où les corps se multiplient si prodigieusement, par suite du perfectionnement de nos procédés d'investigation , la connaissance de leur composition est une condition indispensable pour les classer. Cette connaissance , jointe à celle d'une ou de deux métamorphoses bien nettes, est d'un intérêt scientifique bien plus puissant que ces descriptions longues et détaillées qu'on nous donne souvent, sans analyses, sur des matières nouvelles.

La chimie est la science des métamorphoses ; son but est la recherche des principes d'après lesquels les corps résultent les uns «les autres, et l'on n'arrive à ces principes qu'en recherchant la composition des corps . pour trouver le plus et le moins dans la proportion de leurs éléments. A cet égard, l'analyse donne les renseignements les plus complets; mais ce n'est pas tout. Les nombreux travaux qui ont été faits dans ces dernières années ont prouvé jusqu'à l'évidence que les propriétés des corps dépendent non seulement des proportions , mais encore du groupement des éléments , c'est-à-dire de la disposition relative des molécules. Souvent même cette condition est plus importante que la nature des éléments.

On arrive, par l'observation directe . a connaître d'une manière absolue la composition des corps et la nature de leurs éléments ; mais la disposition des atomes . le mode de groupement , ne peut s'apprécier que d'un manière relative. En se fondant sur la forme cristalline et sur l'analogie des propriétés , on sait , par exemple;

que dans tel corps les atomes sont groupés comme dans tel autre , mais on ignore comment ils le sont dans les deux.

Quoi qu'il en soit, il est nécessaire, avant tout, d'étudier à fond les questions dont l'expérience nous donne la solution directe: il faut donc d'abord approfondir les métamorphoses, chercher des rapports de génération entre des substances diverses, et formuler ces rapports par des équations générales. Ce travail conduit à trouver des séries homologues, c'est-à-dire des groupes de corps qui présentent entre eux une connexion telle qu'on puisse, à l'aide de la composition , des fonctions chimiques et des métamorphoses d'un seul individu pris dans un semblable groupe , prévoir la composition , les fonctions chimiques et les métamorphoses de tout autre individu faisant partie du même groupe.

Cette étude comparative est indispensable si l'on veut établir une classification naturelle. J'ai déjà essayé, dans la première partie de ce livre (t. I , p. 17 ), de donner un aperçu de quelques groupes homologues ; mais les développements qui s'y trouvent ne sont pas assez complets, et il est nécessaire que j'y revienne avec plus de détails.

Puisque la chimie est la science des métamorphoses, une classification naturelle des substances organiques doit donc se baser, comme je l'ai dit ailleurs (t. I, p. 22), sur leur parenté chimique, ou , pour me servir d'une expression de M. Laurent, sur leur génération ; elle exige , en conséquence , une connaissance exacte de la composition et des métamorphoses d'un corps. Toutes les substances organiques sont parentes , car elles naissent toutes des mêmes corps générateurs , l'acide carbonique CO2, l'eau H20 et l'ammoniaque NH3, et toutes peuvent de nouveau retourner à ces formes primitives.

Mais elles ne sont pas parentes au même degré ; car, par exemple, l'acide formique CH202, et les autres dérivés de l'esprit de bois, précèdent immédiatement l'acide carbonique, l'eau et l'ammoniaque, tandis qu'entre ces corps générateurs et le sucre Cl2H22On, par exemple , il existe une infinité de termes intermédiaires; l'acide formique est donc un plus proche parent de l'acide carbonique que ne l'est le sucre.

L'acide benzoïque CWO* est plus rapproché de l'huile d'à-

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mandes amères C7H«0 qu'il ne l'est de l'huile de cannelle C9H80 , et cependant l'une et l'autre huile se convertissent en acide benzoïque sous l'influence des oxydants ; mais l'huile d'amandes amères fixe simplement 0 , tandis qu'entre l'huile de cannelle et l'acide benzoïque il y a encore une série de corps intermédiaires.

Si nous n'avons pas encore transformé le sucre en acide benzoïque ou en huile de cannelle , ce n'est pas que cela soit impossible, il ne faut s'en prendre qu'à l'imperfection de nos connaissances ; on ne peut donc pas dire qu'il n'y ait aucune parenté entre le sucre et l'acide benzoïque , il en existe une bien certainement; mais nous ne connaissons pas les agents à l'aide desquels il faut parcourir toutes les métamorphoses pour arriver à ce résultat final.

Quand j'ai adopté mon échelle de combustion et ma classification en échelons ou familles, je l'ai fait dans la conviction que toutes les substances organiques étaient parentes , et que nous devions arriver un jour à les transformer toutes les unes dans les autres. Aujourd'hui, où la science est encore si imparfaite, je conçois qu'on soit surpris de trouver le sucre dans la même famille que le sulfobenzide , par cela seul qu'ils renferment l'un et l'autre C12. Mais qu'un chimiste tombe demain sur une réaction heureuse pour faire de l'acide benzoïque avec du sucre, et cette classification sera naturelle. Quand j'eus placé (t. I, p. 512) l'aspâragine à côté de l'acide succinique et la succinamide , dans la quatrième famille, on ne connaissait encore aucune réaction pour convertir l'asparagine en acide succinique ; mais j'avais présent à l'esprit que toutes les substances organiques étaient parentes , et j'avais foi dans les progrès de la science. On sait maintenant que M. Piria a effectué cette métamorphose.

D'ailleurs ma classification n'est pas pour ceux qui commencent l'étude de la chimie ; elle s'adresse plus spécialement à ceux qui la comprennent déjà et qui cherchent des rapports précis pour découvrir, à leur aide, des faits nouveaux. C'est une espèce de dictionnaire où tous les mots sont rangés d'après un ordre méthodique ; elle ne peut que gagner à mesure que la science se développe, car il y a encore énormément de lacunes à remplir. S'il n'y avait à considérer dans la composition des corps que la

nature des éléments et les rapports dans lesquels ils sont combinés , la classification par échelons pourrait suffire ; mais , comme je l'ai dit, il y a encore autre chose, c'est le mode de groupement des éléments ou la constitution moléculaire des corps qu'on cherche à exprimer par ce qu'on appelle les formules rationnelles.

J'ai également fait observer qu'on ne peut connaître cette constitution que d'une manière relative; les formules rationnelles n'ont donc aussi qu'une valeur relative, et doivent varier à l'infini , suivant les relations qu'on cherche à faire ressortir sur le papier.

Une formule rationnelle est toujours l'expression d'une métamorphose, d'une réaction ; un corps dont on ne connaît pas de métamorphose ne peut donc pas s'exprimer par une formule rationnelle , et il serait tout aussi contraire à l'esprit de la science d'exprimer tous les corps par des groupements dualistiques que de n'admettre que des formules brutes. Les formules brutes doivent, autant que possible, trouver place dans un système général de classification , afin que toutes les formules rationnelles puissent s'y appliquer. Ensuite il est essentiel de se servir d'une notation régulière, sans laquelle on ne saisit pas les nombreuses relations que présentent entre elles des substances en apparence fort différentes. J'ai déjà insisté sur cette circonstance (23).

Quand on dispose d'après une espèce d'échelle de combustion les matières organiques notées d'une manière régulière, on y remarque des rapports de composition qui se répètent de distance en distance , et qui reviennent surtout pour des corps dont les propriétés chimiques sont semblables.

Ainsi, on trouve des séries entières de corps dans lesquels l'oxygène et l'azote sont atomiquement les mêmes, et qui ne diffèrent que par o/CH2 (c'est-à-dire par les éléments qui correspondent à la réduction d'équivalents égaux d'acide carbonique CO2 et d'eau H20); ces substances se métamorphosent d'après les mêmes équations, et il n'est besoin que de connaître les métamorphoses d'une seule pour prédire les réactions des autres.

J'ai recueilli avec beaucoup de soin les séries offertes à cet égard par la science actuelle ; elles sont, comme on le verra, fort incomplètes; souvent je n'ai trouvé qu'un seul terme dans une

série; mais, par cela même, j'ai voulu toul donner, ;itin de mettre en lumière les lacunes.

Voici d'abord sur les métamorphoses quelques généralités qui nous permettront de coordonner ces séries, en les classant suivant leurs fonctions chimiques.

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