‹ Précis de chimie organique (volume 2)Chapitre 97 sur 129 · V. \ZOTIDES · texte numérisé non relu

V. \ZOTIDES

Substances azotées, engendrées par l'action de l'acide nitrique ou de l'ammoniaque. On peut les subdiviser en deux grandes classes.

A. Xitiudes. — Substances tonnées par l'action de l'acide nitrique, et qui s'enflamment en vase clos, sous l'influence de la chaleur.

a. Nitrides simples. — Ils comprennent les nitrates des alcaloïdes, et en général les combinaisons directes de l'acide nitrique avec d'autres corps sans élimination d'eau.

L'acide nitrique XHO3 s unit directement aux alcaloïdes, en produisant des sels qui correspondent au nitrate d'ammoniaque; l'acide sult'urique en déplace l'acide nitrique.

Il faudra probablement ranger parmi les nitrides simples la combinaison du bioxyde d'azote et de l'essence de fenouil t. II, p. 296).

]). \ lt .<■!<!(>* copules. — L'acide nitrique NH03, en agissant sur les corps hydrogénés, s'empare de leur hydrogène H2 pour former de l'eau, tandis que les éléments restants NHO3 — 0 = NH02 demeurent en place; il n'est donc pas exact de dire que la Vapeur nitreuse NO2 =X remplace l'hydrogène; et si, dans ma classification, je me suis servi de cette dernière notation, j'ai cédé à un usage qu'au fond je n'approuvais pas.

L'acide nitrique est un acide unibasique. Si l'on considère notre loi de saturation pour les corps copules, un voit qu'en s' accouplant avec un corps neutre il doit produire un corps neutre; on sait, en effet, qu'on n'a pas pu produire avec l'acide nitrique et l'alcool un acide nitro-vinique semblable à l'acide sulfovinique; et tandis que 1 éq. d'alcool, en s'accouplant avec 1 éq. d'acide sulfurique, donne un acide" unibasique, 1 éq. d'alcool , en s'accouplant avec 1 éq. d'acide nitrique, produit un corps neutre comme l'alcool.

Les hydrogènes carbonés donnent aussi des corps copules neutres, quel que soit le nombre des équivalents d'acide nitrique qui s'accouplent avec eux ; de même les acides unibasiques restent unibasiques, les acides bibasiques restent bibasiques, etc.

Ainsi l'accouplement de l'acide nitrique n'altère pas la basicité des corps , et c'est ce qui m'a conduit à placer les corps nitrogénés dans le même genre que les espèces normales correspondantes. Mais , je le répète , le véritable remplaçant de H2 est NHO2, résidu des éléments de l'acide nitrique. J'ai cité (t. I, p. 97) un exemple bien frappant en faveur de ce mode de remplacement.

La régénération des substances primitives par les nitrides copules présente quelque difficulté à cause de l'action oxydante que le résidu tend à exercer sur le carbone ou sur l'hydrogène de la matière organique ; on ne connaît pas encore les circonstances qui sont le plus favorables à cette régénération. L'alcool et le méthol nitriques (éther nitrique de M. Millon et nitrate de méthylène) régénèrent l'alcool et le méthol normal par l'action de la potasse aqueuse ; mais les corps nitrogénés placés plus haut dans l'échelle résistent à cet agent et sont bien plus stables; j'ai cependant réussi à régénérer le naphtalène n. en faisant passer le naphtalèue nitrique sur de la chaux chauffée au rouge sombre.

Les corps nitrogénés s'attaquent bien mieux par la potasse

alcoolique; mais alors les éléments de l'alcool semblent aussi intervenir dans la réaction; du moins cela a lieu dans la formation de L'azobenzide par le benzène nitrique (Hofmann). Ils sont aussi attaqués par l'hydrogène sulfuré et le sulfhydrate d'ammoniaque, et se convertissent alors en ammonides.

B. Ammonides. — Comme toutes les substances azotées donnent de l'ammoniaque quand on les traite par l'hydrate de potasse, on pourrait les considérer toutes comme autant de combinaisons copulées , renfermant le résidu NH3 — H2 = km à la place de 0 ; cependant il y aurait de l'inconvénient à généraliser dès à présent , pour les corps azotés , le principe des résidus , car cela conduirait à l'adoption d'une foule de composés hypothétiques.

a. Alcaloïdes. — Ils s'unissent directement aux acides de toute espèce, sans éliminer d'eau. L'ammoniaque est le prototype des alcaloïdes.

a. Alcaloïdes non oxygénés. — Ils sont généralement volatils sans décomposition ; plusieurs d'entre eux sont liquides.

Série homologue K— *N. C8H15N. Conine.

Série homologue R— 3î\.

C5H7i\. Nicotine.

Série homologue R— 5N.

C6H7\. Aniline.

C5H5N. Séminaphtalidam ?

Série homologue R— MN.

C9IR\. Quinoléine ?

C,0H9.\. >"aphtalidam.

Série homologue R-2N2.

CM*. Sinamine.

|3. Alcaloïdes oxygénés ou sulfurés. — lis ne sont pas volatils sans décomposition. L'alcalinité y décroît à mesure que l'oxygène augmente.

Série homologue I\— 13X03.

ci3Hi3N03. cotarnine.

Série homologue R-*,5SO^ C"H19N03. Pipérine.

Série homologue II— "NO3.

C18BWN03: Morphine.

Série homologue R-21\0T.

C»H25N07. Narcotine.

Série homologue R+2fl2().

CIK\20. Urée.

Série homologue R?i2S. C«B8N*5. Thiosinamine.

.SVnV homologue \\-~\-0.

G'H,2N2o. Sinapoline.

.SYV<V homologue P»-,tj\-0.

C2ûh24\20. Cinchonine.

Série homologue ft— »6N202.

CaoflMflîoî Quinine.

SmY homologue R— ,SV04.

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