Mais hàtons-nous de donner quelques notions plus pr
196 r.ARACTÉHES DES COMPOSÉS ORfiANIQUES-
cises sur l'indigo , l'orscille , la phlorizéinc et lo bois de Campêche.
Aucune de ces matières colorantes ne se trouve toute formée dans les plantes.
Les diverses variétés de nerium , d'isatis et d'indigofera renferment un principe azoté et incolore (jui fournit l'indigo bleu par une espèce de fermentation qu'on fait subir au suc de ces plantes.
Cet indigo bleu est un principe cristallisable parfaitement bien défini ; il renferme C^H^NO , et a été l'objet de plusieurs travaux fort remarquables , parmi lesquels il faut citer surtout ceux de MM. Dumas (l) , Erdmann (2) et Laurent (3). Cette matière se décolore dans toutes les réactions désoxydantes ; lorsqu'on la met en contact avec des substances putréfiées ou avec des protosels de fer ou d'étain, en présence d'un alcali soluble, elle perd sa couleur bleue et se dissout parfaitement dans le liquide alcalin.
Les opérations de la cuve , exécutées en grand dans les teintureries, n'ont d'autre but que de décolorer ainsi l'indigo bleu et de le rendre soluble.
Une dissolution alcaline de sucre de raisin réduit aussi ce corps; M. Fritzsche a employé avec avantage un mélange alcoolique de sucre de raisin et dépotasse pour réduire l'indigo bleu et pour l'obtenir ensuite, par l'exposition à l'air, à l'état cristallisé.
Dans toutes ces réductions , l'indigo bleu fixe de l'hydrogène en devenant C^H'^NO. Ce composé , (jui bleuit très rapidement à l'air, peut s'isoler si l'on précipite, à l'abri de l'air, par de l'acide hydrochlorique , la solution alcaline de l'indigo réduit.
Les chimistes qui ont étudié l'indigo l'ont converti en plusieurs substances placées dans la même famille, c'est-à-dire renfermant le même nombre d'équivalents de carbone. On y remarque particulièrement deux séries dont l'une correspond à
(1) Annal, de chim. et de phy$., t. LXItl, p. 265; S*" série, t. II, p. 208.
(2) 76., 3'- série, t. III, p. 355. — Revue scientifique, t. I,p. /|09; IV, p. 316 ; VII, p. 1.
(3) Ànn. de chim et de phys., o' série, t. 111, p. 371 et Zi62.
SUBSTANCES DE FONCTIONS INCERTAINES. l97
l'indigo bleu, et l'autre, renfermant un équivalent d'hydrogène de plus, à l'indigo blanc ou réduit (l).
Il existe dans certaines plantes des substances incolores , cristallisables et non azotées, qui, sous l'influence simultanée de l'air, de l'humidité et de l'ammoniaque , se convertissent en de belles matières colorantes en fixant de l'azote et en perdant leur propriété de cristalliser. On n'en connaît encore que trois : l'orcine , la phlorizine et l'hématine. La première fut découverte en 1829 par Robiquetdans une variolaire [Variolaria dealbata). Ce chimiste lit voir, à cette époque, que l'orcine est la source unique du principe colorant de l'orseille de terre ; il étudia les conditions de sa transformation en matière tinctoriale, et reconnut qu'elle ne s'opère que sous l'influence de l'eau, de l'oxygène et de l'ammoniaque. Cette observation est tout -à-fait d'accord avec la fabrication de l'orseille, qui consiste principalement à faire macérer les lichens dans des cuves en bois , soit avec de l'urine putréfiée, soit avec de l'ammoniaque elle-même. Chacune de ces influences, prise isolément, ne mène à aucun résultat. Robiquet a également constaté que cette réaction ne développe pas d'acide carbonique.
M. Stas (2) a vu, de son côté, que lorsqu'on soumet la phlorizine cristallisée à un courant de gaz ammoniac , elle se fond , absorbe 11 à 12 pour cent de ce gaz , et, la saturation faite, se prend en une masse incolore. Ce produit, abandonné à l'air sec, n'offre aucun phénomène particulier; mais vient-on à saturer l'air d'humidité ou <à mouiller ce composé, on remarque alors (]ue la phlorizine se fonce en couleur; de jaune serin elle devient peu à peu orangée, puis rouge, puis pourpre, et enfin d'un bleu foncé. Pendant cette action , il y a une forte absorption d'oxygèiK,'. Dans la dissolution des produits, les acides déterminent la formation d'un prt'cipité rouge;, appelé ^^///or/-3t'('ne \yd\' M. Stas.
Knfin, M. Erdmann (.i) a fait des observations semblables sur la matière colorante roug(! (lu bois d(; Canq)éche. Ci» bois lenferine un principe incolore, non azoté et cristallisable (héma-
(1) Voyez, dans la (}uatrii;mi', pautik, la Ilititirmc famille. {% Annal, de rhim. cl dcphyx., t. LXIX, ]). o(i7. {'<)) Itecue scientifique, t. \, p. 'ÔUO.
tiiie, liématoxyline), (|ui, sous l'influence simultanée de l'ammoniaque et de l'oxygène, devient d'un beau rouge : c'est, comme pour les deux cas précédents, une combinaison d'ammoniaque avec un produit particulier, que M. Erdmann nomme hématéine.
Les formules qu'on a adoptées pour expliquer la formation de ces trois matières tinctoriales sont loin d'être satisfaisantes. Suivant les analyses de M. Schunck , qui ont donné le plus de carbone , on aurait pour :
l'orcine C8I1802 (2 vol.), ce qui ferait pour l'orcéine C^IlSAO^ = C8H802 -f mi^ -f-02— H2o.
Les formules calculées par M. Stas pour la phlorizine et la phlorizéine ont également besoin d'être corrigées.
D'après cela, l'orcine fixerait 2 équivalents d'oxygène, ainsi qu'un équivalent d'ammoniaque en même temps qu'un équivalent d'eau serait mis en liberté.
L'hématoxyline ne se comporte pas tout-à-fait delà même manière. Le produit de l'action de l'ammoniaque et de l'air n'en diffère que par de l'hydrogène :
Hématoxyline C'6H<<06.
Hématéine O^iV^O^.
Hématéate d'ammoniaque. O^W^O^ + 2ISH3 (ij.
Tous ces produits ont besoin d'être soumis à de nouvelles études avant qu'on en puisse fixer la composition d'une manière définitive.
(1) Voir Quatrième partie , Seizième famille.
ITIETAITIORPHOSi^S PAR liES REACTIFS.