CHLORE, IODE, BROME
pour la préparation de la liqueur des Hollandais ; le chlore sec ît le gaz oléfiant ne se combinent pas, à ce qu'il parait. Le même composé s'obtient plus facilement encore à l'aide du per- :hlorure d'antimoine.
Il est remarquable dans ces composés de voir le chlore se fixer Dar nombres pairs ; tous ces chlorures , en effet , renferment C;-, Zl* ou Cl''. Cette particularité se trouve dans un rapport intime ivec la décomposition qu'ils éprouvent sous l'influence d'une so= lution alcoolique de potasse. Cet agent en sépare les éléments de l'acide hydrochlorique (Laurent), de manière qu'il reste pour 'ésidu des composés qu'on peut considérer comme appartenant m même type que les hydrogènes carbonés primitifs :
C-II^Ci2 se décompose en IICI + C-{nKl). C«ll6c/6 3UCt + C«(ll^C/3).
om^ci^ uci -f c'»([]'CO.
Quelquefois ce dédoublement s'effectue déjà par la distillation Jes chlorures , seuls ou sur de la chaux.
Dans son travail sur le baume de Tolu , M. Deville a décrit (l) plusieurs composés chlorés qui paraissent également dériver i'un corps déjà chloré, semblable à ceux (|ue l'action delà potasse ou de la chaleur fait naître des chlorures priV-édents.
Les composés obtenus par M. Regnault en faisant réagir le chlore sur la liqueur des Hollandais ou sur les produits de sa décomposition par la potasse appartiennent également à cette classe de corps.
Beaucoup de chimistes considèrent les produits que la potasse dédouble ainsi comme des hydrochlorates semblables aux sels form(''s par les alcaloïdes ; njais ces derniers en diffèreuî essenlicilcnient en ce que l'acide liy(hT)chlori(pu^ peut y ètn^ remplacé par d'autres acides, et cpie d'ailleurs le chlore y est iiidiiiné parles .sels d'argent , c(î (pii n'a jjas lieu pour les corps |)réc(''(lents.
iStiivant M. Malaguli , l'éther pyromuciiiuc, sous l'inllueuce du
(1) Annal, de chm. et de phyi' , 3" st'ric, ». IK, p. 178.
chlore, se comporte entièrement comme les hydrogènes carbonés dont nous venons de parler (83).
Dans aucun de ces composés chlorés , le chlore n'est indiqué par les réactifs ordinaires ; pour en constater la présence , il faut détruire la substance organique en l'attaquant, par exemple, par de l'acide nitrique. Alors seulement les sels d'argent déterminent dans la solutio"ïi la formation du chlorr.ro d'argent. Lorsqu'on enflamme ces composés chlorés , ils brûlent avec une flamme verte sur les bords.
La même chose s'observe pour tous les composés organiques où il entre du chlore. Les hydrochlorates formés par les alcaloïdes sont les seuls qui précipitent le chlore par les sels d'argent.
135. Déshydrogénation. — La plupart des substances organiques perdent de l'hydrogène sous l'influence du chlore, en "donnant un dégagement d'acide hydrochlorique. C'est à une réaction semblable qu'il faut attribuer la propriété que possède le chlore de désinfecter l'air, car il le dépouille des substances hydrogénées , des émanations putrides , * des miasmes qui , entraînés dans le torrent de la circulation par l'intermédiaire du poumon , déterminent dans le sang une véritable fermentation. L'action blanchissante du chlore sur les tissus végétaux repose aussi sur les mêmes principes.
Il est certains corps qui cèdent de l'hydrogène au chlore sans que cet élément se fixe dans la combinaison (benzoïne); d'autres , au contraire , qui , après avoir été déshydrogénés , retiennent , à la place de l'hydrogène enlevé , un même nombre d'é- (juivalents de chlore. Le plus souvent la réaction est complexe, et l'on obtient alors pour résultat final un composé chloré dans lequel du chlore s'est fixé ou substitué (30) à la place de l'hydrogène, en même temps qu'il y a eu chloruration directe sans substitution, comme dans le cas précédent.
L'action du chlore sur le gaz des marais ( 1 ) et sur quehjues produits éthérés oftre quelques particularités dignes d'attention. On peut mêler le chlore et le gaz des marais en toutes proportions sans qu'il y ait d'action immédiate; mais 1 vol. de gaz des marais
(1) Dumas, Anna!, de chim.et dcphys.y t. LXXIII,p. 9/i.