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Genre Formene. R+2,
197. Formène normal (gaz dos marais, gaz des acétates, hydrogène protocarboné j . — CH^. — Ce corps se produit dans les marais ou les eaux stagnantes par la putréfaction des matières ligneuses ; il suffit de remuer la vase pour voir s'en échapper des bulles de ce gaz. On peut le recueillir au moyen de flacons renversés, remplis d'eau et munis de larges entonnoirs; mais ce gaz est loin d'être pur. C'est lui aussi qui se développe en abondance dans les houillères, et produit fréquemment des détonations désastreuses , lorsque , après s'être mélangé avec l'air atmosphérique, il vient à être enflammé par la lampe des mineurs. Ceuxci donnent à ce phénomène le nom de feu terrou ou grisou.
Ce gaz se produit encore dans beaucoup d'autres circonstances, surtout dans la distillation sèche des matières organiques. M. Dumas l'obtient parfaitement pur en mélangeant 1 0 grammes d'acétate de soude cristallisé avec 3o ou 40 grammes de baryte caustique, et chauffant très doucement le mélange dans une cornue ; dans ces circonstances , le g. acétate se dédouble en acide carbonique et formène , car on a en effet :
C2H<02 = C02 -j- CH<.
Pour produire le gaz des marais en abondance , on soumet à l9 distillation un mélange de 40 p. d'acétate de soude cristallisé, fie 40 p. de potasse et de 60 p. de chaux vive en poudre.
Le F. normal est un gaz incolore, insoluble dans l'eau, et d'une densiti'' de 0,559; il est inflammable et brûle avec une llanune jaunsitre. Mêlé d'oxygène ou d'air, il détone fortement soit par la chaleur, soit par l'étincelle électrique.
Le chlore attaque ce corps en produisant des espèces chlorées (135).
Formène chloré ( éther hydrochlorique de l'esprit de bois , chlorure dr métliyle, hydrochlorate dtî méthylèiu'). — C(IPC/). — .MM. r 'lias et Pi-ligot obtiennent ce corps en chaullant un mélange de 2 p. de sel marin, 1 p. d'esprit de bois et 3 p. d'acid(! sulfurifjue concentré ; à l'aide d'une douce ciialeur, on produit lui gaz (|ui |)('Ut être recueilli sur l'eau, il est incolore, d'une odeur élhérée et d'une saveur sucrée; il brûle avc(î uiit)
284 HISTOIRE ET CLVS.SIKICATION.
ilamme blanclio au uiilicu et vtTtt' sur les bords. L'eau en dissout environ trois fois son volume à la température ordinaire.
Sa densité est de 1,736 ; le chlore , en agissant sur lui , fournit les espèces chlorées suivantes.
Formène bichloré (éther hydrochlorique monochloruré de l'esprit de bois). — C'H^C/^). — Le chlore n'attaque pas le corps précédent à la lumière diftuse; mais lorsqu'on opère au contact des rayons solaires , en ayant soin de maintenir ce dernier en excès, on recueille, comme premier produit, un liquide bouil- 1 lant à 30", 5 et d'une odeur très vive. Sa densité est de 1.344 à j 18°, celle de .sa vapeur est de 3,012. j
Traité par une dissolution alcoolique de potasse caustique, le j F. bichloré ne donne qu'un léger précipité de chlorure de potassium et distille presque entièrement sans altération (Regnault).
Formène tricfdoré (chloroforme, perchlorure de formyle). — C(HCi^). — H se produit dans plusieurs circonstances : par l'action des alcalis sur le chloral , ])ar celle du chlore sur le F. chloré (Regnault], etc. Pour l'obtenir en plus grande quantité, on distille de l'acétone , de l'alcool ou de l'esprit de bois avec du chlorure de chaux; le F. trichloré passe à l'état d'une huile pesante ([u'on rectifie au l)ain-niarie après l'avoir lavé et desséché sur du chlorure de calcium.
Il est incolore , oléagineux , d'une odeur éthérée et d'une saveur douceâtre. Sa densité est de 1,480 à l'état liquide, et de 4,2 à l'état de vapeur. 11 ne s'enflamme que difficilement, et brûle, quand on en imprègne une mèche de coton , avec une flamme verte , comme celle de tous les corps chlorés.
Il bout à 61". Une dissolution alcoollcjuc de potasse le convertit en formiate. L'acide sulfurique ne l'altère pas sensiblement.
Exposé avec du chlore aux rayons directs du soleil , il se décompose en acide hydrochlorique et en
Formène perchloré ( chlorure de carbone). — CCJ>. — C'est un liquide d'une densité de 1,599 et bouillant à 78" ; sa vapeur pèse 5,3 environ. Par l'action de la chaleur, il se décompose en plusieurs chlorures de carbone , suivant le degré de température.- Au rouge vif on obtient principalement le corps C2C/^:= 2CG/^ — C/* ; si la température est |)lus élevée , le produit se compose de petits cristaux soyeux du chlorure de carbone de Julin CC/.
Le F. perchloré n'est pas altéré par une dissolution de sulfliydrate de potasse (KH)S.
' Formène tribromé (bromoforme). — C'HB/-3), — En traitant
!de l'alcool ou de l'acétone par de l'hypobromite de chaux, on
' obtient un produit semblable au F. trichloré. C'est un liquide
pesant , moins volatil que ce dernier, et qui se convertit aisément
par la potasse bouillante en formiate et bromure.
Formène iodé (hydriodate de mtHhylène, iodure de méthyle). — C(H^J). — On l'obtient en distillant 12 à 15 p. d'esprit de bois, avec 8 p. d'iode et I p. de phosi)hore qu'on ajoute successivement par petits fragments. C'est un liquide incolore qui s'enflamme difficilement. Il bout entre 40 et 50"; sa densité est de 2,237 'Dumas et Péligot).
Formène triiodc (iodoforme). — C(HJ^). — On le prépare en versant, jusqu'à décoloration, une solution alcoolique de potasse dans une solution alcoolique d'iode, évaporant à siccité , lavant le résidu à l'eau froide , et reprejiant par l'alcool bouillant Ce sont des paillettes nacrées, d'un jaune de soufre, friables, douces au toucher et d'une odeur de safran.
Ce corps se décompose à une température peu élevée ; la potasse le convertit en formiate et iodure.
Formène fluoré ( hydrotluate de méthylène). — C'H^F;. — Lorsfpi'on distille un mélange d'acide sulfurique, de fluorure de potassium et d'es[)rit jje bois, il se produit un gaz incolore, d'une odeur éthérét" agréable, et d'une densité de 1,186. Ce produit est assez inflammable et brûle avec une flamme bleu<!. L'eau en dissout une fois et demie son volume (Dumas et Péligot).
Formène indo-bichlorc (chloro-iodoforme de M. Bouchardat, proto-iodure de carbone de Sérullas). — C(HJC/2). — Lorsqu'on chaulfe' du bicldorure de mercure avec du Fr. triiodé dans une pt-tite cornue , il j)asse un li(|irKle rouge-foncé qu'on décolore par la potasse. Après la rectilicatidu , c'est un li(|ui(le jaunâtre qui devient ro.sc à l'air : son odeur est aromati(|ueet sa saveur sueree. Sa densité est de !,*)(). La poiasse alcooli(|ue le di'conipo.se en lorniiale, iodure et chlorurf.
Formène bromo-lniodé ( broino-ioiloloirne , hydrocarbure de hronu- de Sérullas). — C(HBr.r^). — Il se produit jiar l'action du brome sur le F. triiodé.
286 HISTOIRE Eï CLASSIFICATION.
C'est un liquide qui offi'e la plus grande analogie avec le pré- j cèdent (Buuchardat). 1
Formène bichloro-binilriqiie. ■ — C{CPX^). — Nous donnons provisoirement ce nom à un liquide volatil obtenu par M. Mari- 1 gnac en condensant les produits gazeux de l'action de l'acide | nitrique sur le naphtessar«'ne quadrichloré (10* famille) ; le réci^ j pient renferme de l'acide nitrique qui tient une partie de ce corps en dissolution , tandis qu'une autre portion s'en sépare par le repos. On purifie le produit en le distillant avec de l'eau. C'est un liquide incolore, transparent, d'une densité de 1,686 à 15" et d'une odeur irritante qui rappelle celle du cyarmre chloré; ses vapeurs incommodent beaucoup les yeux. Il n'agit pas sur | les couleurs vcgétales ; l'eau n'en dissout que des traces qui suffisent d'ailleurs pour lui communiquer de l'odeur. 11 est très soluble dans l'alcool et dans l'éther , et fort peu soluble dans l'acide hydrochlorique.
La potasse aqueuse n'agit pas sur ce corps; il se dissout att contraire très bien dans une solution alcoolique de potasse. Son odeur disparaît alors peu à peu , et , au bout de quelque temps ^ il se précipite un sel cristallin que la chaleur décompose avec déflagration.
Ce corps bout au-dessus de 100°, mais il distille avec les vapeurs d'eau. Le mercure métallique absorbe les vapeurs de ce corps en produisant un mélange de chlfre , d'acide carbonique et de bioxyde d'azote.
Genre Méthol R+ 0.
198. Méthol normal (esprit de bois, bihydrate de méthylène, hydrate d'oxyde de méthyle). — CH^'O. — Cet alcool (73) se rencontre dans la partie aqueuse des produits de la distillation sèche du bois , à l'état de mélange avec de l'acétone , de l'acétate d'ammonia({ue, des matières goudronneuses, etc. Après avoir rectifié sur de la chaux vive le liquide brut , on l'introduit dans une cornue avec un excès de chlorure de calcium et on distille au bain-marie tant qu'il passe des matières volatiles ; resj)rit de bois reste alors en combinaison avec le chlorure de calcium (2CH'«0 + CaC/) ; on ajoute de l'eau au résidu et l'on continuf^ à
.distiller. Ce qui passe alors est du méthol normal pur qu'on n'a qu'à dessécher par une nouvelle rectification sur de la chaux vive (1).
Lorsque , dans un matras de verre muni d'un tube plongeant dans le mercure , on chauffe parties égales de potasse et de ligneux humecté d'une forte proportion d'eau, il se dégage de l'hydrogène et il distille, entre autres produits, une grande j quantité d'esprit de bois (2).
[ A l'état de pureté, c'est un liquide incolore , neutre au papier^ I et qui se mélange avec l'eau sans se troubler ; de même il ne forme pas de précipité noir avec le protonitrate de mercure.
Son odeur est empyreumatique et rappelle en même temps celle de l'alcool et de l'éther acétique; il brûle avec une flamme pâle, bout à 66°,5 sous la pression de 0,761 ; sa densité à l'état liquide est de 0,798 à 20°, à l'état de vapeur elle est de 1,120.
11 se conserve sans altération au contact de l'air. Sa vapeur, mise en présence du noir de platine, développe beaucoup de chaleur et produit de l'acide formique. En le distillant avec un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique , on le convertit en acide formique et en méthylal (3" famille).
Les acides en général éthérifient l'esprit de bois (77).
Ce corps dissout la potasse et la soude; ces dissolutions se colorent à l'air ; chauffé avec de la chaux potassée , il se convertit en formiate avec un dégagement d'hydrogène ; si l'on porte le mélange à une température trop élevée , on a pour résidu de l'oxalate et du carbonate.
Les produits qui naissent sous l'influence du chlore et de l'esprit de bois ne sont pas encore étudiées.
La baryte causti»|ue se dissout dans l'esprit de bois en développant beaucoup de chaleur; la solution évaporée dans le vide déjiose des aiguilles soyeuses renléimant 7(>,5 p. c. de baryte = 2CH'0 -j- Hn-O. Le chlorure de (uilcium, coiniiit! nous l'avons d»'jii dit , donne une combinaison semblabl»! (ju on peut obtenir
(1) La matiùrc bnine que renferme l'esprit de bois brut , et (lui reste fixée sur la cbaiix, .se volatilise par la chaleur en dunnant des ai};uilles jaunes que M. <;reKory appellepj/roa?art//i/jU'. (Voy. i'.KiizÉi.iLS, Traité, I. MU, p. hb'.), édit. alleni.)
('2} Péligot, Annal, de ctiim. cl de phys., t. LWill, p. 2ib.
en tables hexagones ciui attirent })romptement l'humidité de l'air.
Le M. normal dissout parfaitement les résines , et en petite quantité le soufre et le phosphore.
L'huile qu'on extrait du Gaultheria procumbens , espèce de bruyère , est , suivant les recherches de M. Cahours , l'éther salicylique de l'esprit de bois (saliméthol normal G.); il fournit conséquemment , par les alcalis hydratés, du salicylate et du M. normal.
Méthol potassé. — G H-»K)0. ■ — Le M. normal , mis en contact avec du potassium , dégage de l'hydrogène pur et fournit un corps potassé qui reste en dissolution (Boeckmann).
Méthol nitrique (nitrate de méthylène). — C(H3X)0. — On place dans une cornue 50 gr. de nitre en poudre , et l'on y ajoute un mélange fait immédiatement de 100 gr. d'acide sulfurique et de 50 gr. d'esprit de bois ; la réaction s'accomplit sans le secours de la chaleur ; on recueille le produit dans un récipient refroidi, et l'on obtient ainsi au fond de celui-ci un liquide épais qu'on rectifie au bain-marie sur un mélange de massicot et de chlorure de calcium , jusqu'à ce que son point d'ébullition soit constant à 66".
Le M. nitrique est incolore, d'une densité de 1,182, d'une odeur faible et éthérée. Il est parfaitement neutre et brûle avec une flamme jaune ; sa vapeur détone avec violence quand on la chauffe. 11 est peu soluble dans l'eau , fort soluble au contraire dans l'alcool et l'esprit de bois.
Une dissolution alcoolique de potasse le convertit en nitrate et M. normal.
Méihol sulfuré (sulfhydrate de sulfure de méthyle). — CH'S. — Lorsque, suivant M. Gregory, on distUle un mélange de sulfométhylate de potasse et de sulfhydrate de potasse (KH)S, il passe un liquide incolore, bouillant déjà à 21^, d'une odeur fétide , et qui donne avec les sels de mercure une combinaison blanche et cristal lisable.
Genre Phosgène RO.