‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 15 sur 61 · BASES ORGANIQUES AZOTÉES ET CORPS ANALOGUES · texte numérisé non relu

BASES ORGANIQUES AZOTÉES ET CORPS ANALOGUES

bien trouvé de la créatine, mais point d'urée. Enfin, il n'est guère probable que Taccroissement de l'urée dans l'urine après une ingestion copieuse de substances de la nature de la gélatine, se manifesterait aussi rapidement qu'on Ta remarqué, si, dans ce cas, les matières azotées n'éprouvaient immédiatement dans le sang une combustion, par suite de laquelle leur azote s'unit à d'autres éléments pour constituer de l'urée. De tous ces faits, il est permis de conclure que la formation de l'urée a réellement son siège principal dans le sang, et que l'origine de l'urée doit être attribuée non-seulement à la décomposition de certains débris azotés des organes, mais qu'elle dépend en partie aussi de la nature des aliments.

Vallantoïne (fig. 11) se rencontre dans les eaux amniotiques de la vache, et dans l'urine des jeunes veaux pendant la période de l'allaite ment; mais dès que ces derniers animaux commencent àprendre une nourriture végétale, l'allantoïne disparaît dans leur urine pour faire place à l'acide hippurique qui y manquait jusqu'alors.

La thymine a été découverte tout récemment; oii ne l'a encore trouvée que dans le thymus du veau. On

Fig. 11. Allantoloe.

n'en connaît pas encore la composition chimique.

La Quanine se trouve dans la fiente (ou guano) de certains oiseaux marins, dans les excréments des araignées, dans l'organe vert de Técrevisse de rivière, et dans Torgane de Bojanus de la lymnée des étangs.

La cystine n'a été trouvée que rarement dans certains calculs vésicaux et dans des sédiments de l'urine. Comme on n'a encore déterminé ni la constitution chimique de ce corps si riche en soufre, ni les conditions pathologiques dans lesquelles on l'observe, nous ne saurions rien affirmer quant à son origine.

La taurine est le produit de la métamorphose d'un des acides contenus dans la bile de la plupart des animaux. L'acide taurocholique se décomposant très faci* lemcnt dans l'intestin grêle, on ne trouve que peu de taurine dans le canal intestinal et dans les excréments solides. Il parait très probable, ainsi que nous le dirons en parlant de la bile , que la taurine prend naissance dans le foie. On est parvenu à la produire artificiellement par l'action de la chaleur sur Tiséthionate d'ammoniaque.

Bases organiques non azotéei.

29. On a vu plus haut (5) qu'un grand nombre d'hydrocarbures tels que le méthyle, l'éihyle, le phényle, sont susceptibles de fonctionner comme radicaux, c'està-dire comme des corps simples, de manière à produire des combinaisons semblables à celles qu'on obtient avec les métaux.

BASES ORGANIQUES NON AZOTtBS. 65

Parmi ces combinaisons, celles qui sont connues sous le nom d*alcool8 et d'éthers simples méritent surtout d'être citées. Comme nous Tavons déjà dit, Falcool ordinaire représente une base métallique, hydratée, dans laquelle le métal est remplacé par le radical éthyle ; Téther ordinaire est cette même base à Tétat anhydre; l'alcool et Téther, comme tous les oxydes, dérivent du type eau :

Eaa

HJ ' Hydrate de potasse. . . Kl ,

Oxyde de potassiam. . K K

Alcool ^*^*)n2

Éther C^H^

Alcool potassé C^H^

je.

Une expérience bien simple démontre que Téther renferme deux fois le groupe éthyle contenu dans l'alcool. Si l'on fait agir du chlorure d'éthyle (éther chlorhydrique) sur de l'alcool potassé, on obtient du chlorure de potassium et de l'éther ordinaire ; de môme, par la réaction du chlorure de méthyle (éther méthylchlorhydrlque) et de l'alcool potassé, il se produit un

6 ) PRINCIPES IMMÉDIATS DB l/ORGANISME.

homologue de Téther ordinaire, Véther méthyl-éthylique :

cwj"-

Éibtr chlorhydrique.

Alcool

poliitkë.

Chlorure

de potassium.

C2H3) Cl]

+ Clj +

Élher mdlhylchlorbydrique

Alcool polasté.

Chlorure du potassium.

Élher mélhyU dthylique.

L'étude des alcools et des éthers a beaucoup contribué aux progrès de la chimie théorique; elle n'a pu, malheureusement, avoir une influence aussi directe en chimie animale, car ces substances n'y ont qu'une importance fort secondaire.

Les bases organiques non azotées, comme les alcools et les éthers, sont pour la plupart liquides et très volatiles ; toutefois, comme pour les acides gras, le degré de volatilité diminue quand le poids atomique augmente, en sorte que les corps les plus élevés de la série sont mous et même solides. Les alcools (bases hydratées) sont généralement un peu moins volatils que les éthers correspondants (bases anhydres).

Les éthers composés , c'est-à-dire les combinaisons de ces bases avec les acides organiques ou minéraux, se distinguent, sous bien des rapports, des sels métalliques proprement dits. Les éthers composés subissent moins aisément la double décomposition ; pour que celle-ci s'effectue, il faut généralement l'intervention de l'eau, de sorte que l'acide et la base de l'éther se séparent tou-r

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