‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 41 sur 61 · SÉCRÉTION CUTANÉE · texte numérisé non relu

SÉCRÉTION CUTANÉE

Sécrétion cntanée.

SU. Nous avons à considérer ici non-seulement les sécrétions des follicules sébacés répandus sur la peau, mais encore celles des glandes de Meibomius, des glandes céruraineuses , le smegma du prépuce , le castoréum et Tenduit caséeux du fœtus.

Toutes ces sécrétions renferment plus ou moins d'éléments solides, principalement de petites cellules épithéliales provenant des follicules de la peau; ordinairement il s'y mêle des cellules épidermiques. Outre cela, on y trouve (surtout dans la chassie et le cérumen) des cellules particulières , ovales , anguleuses ou sphéroïdes de0'"",01128 à O^^^OOTô de diamètre, qui, avec un noyau pâle, à nucléoles, renferment encore de petits granules foncés, à contours tranchés; et quelques gouttelettes de graisse. Dans l'état d'irritation , les follicules sécrètent aussi des cellules (cellules de mucus ou de pus).

Parmi les composés chimiques que l'on rencontre dans les sécrétions cutanées, se trouve toujours une substance alàuminoïde peu étudiée ; l'enduit caséeux en renferme U pour 100; le smegma du prépuce, plus de 5 pour 100; le castoréum du Canada, 5,8 pour 100.

Les matières grasses neutres y sont très abondantes. L'enduit caséeux en contient /i7, 5 pour 100 ; le smegma du prépuce, 52,8; le castoréum du Canada, 8,2.

On n'y trouve point d'acides gras volatils.

Le smegma du prépuce contient un peu de cholestérine; le castoréum renferme la substance désignée sous le nom de castor ine,

La sécrétion du prépuce contient un savon ammoniacal,

hé eastoi^émn renferme priticipaleffîéffl déft matières résineuses encore peu connues; elles s'élèvent à 07,7 pour 100 dftnd le castoréum d'Allemagne récent; à 6/^,B dans celui de Russie ; on en a tmiivé ai,^i!i pour 100 da»8 une espèce de castoréum du Canada.

Les sécrétions cutanées renferment peu ôeprineipipê ininéraux solubles ; on y troure du chlorure de sodium, du sel ammoniac, du phosiAate de soude et d'ammoniaque; les phosphates terreux sont plus abondants (renduit caséeux en renferme 6,5 potir 100; la sécrétion dti prépuce, chez rhomme, 9,7 pOurîOO).

Il va sans dire que les proportions de Vêaù y sont très variables.

On a constaté, dans lé Castoréum , des tracée d^ùdtde phénî^Hë.

La sécrétion du prépuce du cheval et le (jastoréurti Contiennent de Y acide hippurique ^i de Y acide beàmtque.

Le castoréum reirfôhiïe beaucoup de sulfate de thàutt; la sécrétion du prépuce du cheval coniiétat du carbonate eididYùXiilatedeckaUt.

Sa«ar.

84 bis. Ce HqUîde Se rassefhbte pendant la transpiration, en gouttes ittcolores, d'utte saveui* sàlée, d'une odeur variable ; il renfei*me peu de principes solides et à rétat récent il rougit toujours le tournesol.

Pour se procurer la sueur nécessaire aux expériences

SUBUR, 219

on recueilte ce liquide à Taide d*éponges biea propres, dont on Textrait ensuite par des lavages à l'eau ; quand on a du Upge forten^ent imprégné de sueur, il suffit de Vexprimer, Pour en amr des quantités plus (jqpsidé^ rabies, le mieux est d'enfermer le bras dans m ^P* pareil de v<îrrç ou de gutta-p^cha fermant hermétique* ment.

La suçur normale renferme or^linairement beaucoup de débris épithéliques i aussi, vue en grande quantité , elle paraît tout à fait trouble et presque laiteuse*

Suivant les déterminations de divers expérimentateprs, elle contient de 0,5 a 2,2 pour 100 de principes solides, c'est-à-dire de substances qui ne se volatilisent point par l'évaporation. Parmi ces principes, il faut citer les chlo' rures de sçdium et de potassium; ces deux sfjls pré^dominept à tel point, qu'ils forment plus de l^ moitié du résidu de l'évaporation.

I^ sueur ne renferme point de phosphates alcalins; quand elle est fraîche , elle est aijssi dépourvue d'âwnipniQque ou de sels ammoniacaux ; ces derpiers n^ se formaat que pair '» décoippositipp ultérieur^ de principes azotés. On ne trouve point d'alcaloïdes ammopia-r c^pi^ , ro^e dans la sueur douée d'pn^ o(Jeur désagréable.

Les phosphates terreux et V oxyde de fer qui existent toujours dans les cendres de la sueur paraissent provenir des débris d'épithélium.

l^^ mafières grasses çle la sueur proviennent nonseulement d^ foUicplf^ sébacés, ipai^ ^ncorç d§sgla»des sudorifôres; ep efifet, )a sueur de la paume de la piain

renferme toujours des matières grasses, bien qu'il n'y ait point de follicules sébacés.

Les principes essentiels de la sueur sont des acides gras volatils, parmi lesquels prédomine Yacideformique. L'acide acétique est moins abondant ; Yacide butyrique, moins encore. On n'est pas encore certain de la présence des acides propionique et caproïque.

L'acide lactique n'y existe pas; mais il paraît s'y trouver un acide azoté particulier [acide hydrotique ou sudorique) ayant pour composition C***H®NO*^.

. On a également annoncé, dans la sueur des personnes bien portantes, la présence d'une petite quantité Apurée; il est certain que cette matière y abonde pendant l'urémie, surtout dans la sueur du visage.

La présence, dans la sueur, de l'albumine, de l'acide urique et du sucre, n'a pas encore été positivement démontrée.

Les matières colorantes qu'on y a parfois observées sont entièrement inconnues.

Certaines matières, peu nombreuses, passent plus ou moins aisément dans la sueur. L'acide benzoïque et l'acide cinnamique surtout présentent cette propriété; l'acide tartrique la possède à un degré moindre; Tiodure de potassium passe avec encore moins de facilité.

On n'a jamais retrouvé dans la sueur la salicine, la quinine, le sucre de lait.

Les glandes sudorifères, outre des produits liquides, sécrètent encore des gaz, savoir de Y azote et de Yacide carbonique. Les proportions relatives de ces deux gaz sont variables ; il paraît cependant que d'ordinaire il y a

1 volume d*azote pour 2 volumes d'acide carbonique sécrété.

Les expériences effectuées jusqu'ici dans le but de mesurer la quantité de sueur sécrétée par la peau n'ont encore conduit à aucun résultat exact ; elle parait cependant être, avec Texhalalion pulmonaire, dans le rapport de 7 à 12.

D'après certains calculs, fondés sur des observations exactes, mais peu nombreuses, il parait qu'un adulte plongé dans un bain de vapeur sécrète environ 25 grammes de sueur par minute.

Urine.

85. L'urine est le produit de la sécrétion des reins ; elle renferme des substances solubles, azotées ou salines, devenues impropres à la vie pendant les métamorphoses vitales ou venues du dehors et incapables de contribuer à la nutrition. Il en résulte que l'urine présente des propriétés chimiques et physiques différentes, selon les cou ditions internes ou externes dans lesquelles l'organisme se trouve placé.

A l'état normal , l'urine de l'homme présente ordinairement une couleur jaune d'ambre claire ou foncée ; elle est tout à fait transparente ; sa saveur est saline et un peu amère, son odeur légèrement aromatique; sa densité , supérieure à celle de l'eau , ne dépasse cependant pas 1,03, à l'état normal ; elle rougit sensiblement le tournesol.

L'urine, conservée dans des vases propres, estlong-

2%:X LIQUIDES ET TISSD8 m L*ORGAMSUB.

tempa sima sq décorupos^; abao^onii^e s^q repc^» ellcf se trouble ordinairement par un léger dépôt de rauOrqs. Au bout d'un terop^ plus long , wp-^uleiwftt ell^ ne devient point akaline . mais sa réaction amd^ d^yi^^ plus prononcée (fermentation urinaûre aoid«); i) s*«h sépare akurs des cristaux rouge jaunâtre qui , \m au microscope, affectent la formé de rhombes et paraissent jaunes ou rouges. Plus tard encore t quelquefois m^v^G après quelques semaines seulem^t, Vufinese recouvra d'une pdlicuie ténue, douée d'un éclat gras pu irisé, dont quelques lambeaux se détd^bent . pour tomber au fond du liquide ; des flocons d'un blanc jaunâtre sale se mélangent au sédiment dQ mvcus; la couleur du liquide pâlit et sa réaction devient alcaline (fermentation urinaire alcaline); enfin^ une odeur dnnncmiacale. désagréable commence à se dévd<^ip6r, et Ton aperçoit, dans le sé^ diment blanc grisàtra,4les granules Uanps et des erisftanx incolores prismatiqi^ iras ré&ingents.

Parmi les élén^enta solides on trouve surtout de Tépi» thélsmn pavimenteux , provei^ant prineipi^lemeQt de 1q vessie; l'abondance de ces dâurts n'augmenta que dans les catarrhes de la vessie, par exemple dans.oeuxqui se manifestait ordinairement dans la fièvre scarlatine. . ,

Des globules de mucus sont ordinairement aussi en susp^sion dans l'urine abandonnée pendant, quelque temps* Dans les catarrhes de la vessie, lapyéUte, la got norrhée, les aQections de In prostate, la qui^itité de mucus augmente^quelqueloisrd''unamftnièr&>si considé^ rable, que l'urine en devient trouble et laiteusev

Ce n'est que dans rurinemalade^u'on renoontuexes

oorp$ tar4culis qu cylinifique^ provenant des ^japjipx unoaires. On en distingue trois espèces. I^es uns mxyX e^mposés de l'enduit épitliéiique des tubes de Bellini , sur les parois desquels les petite cellules , avec leur$ noyaux , apparaissent groupées comme des rayons de miel; on les observe le plus ordinairement à l'origine de la maladie de Bright et dans la période de desquama* tion des éi'ysipèles^ et de la scarlatinCt Les autres sont foinnés d'une exsudaiion d'apparence récente et ordinairement granulée, dans laquelle on peut trouver plus ou moins de sang ou de globules de pus. La troisième espèce se préscfite sous forme de tubes transparents, souvent difficiles à apercevoir à ^use de leur U*ansparencc. Ils sont formés de fibrine coagulée pure.

Les gpermaùosoïdes s'rt)serveût dans Turine , le plus souvent après les pollutions ou après le coït.

On y trouve fréqueounent djes glQbnle$ de sang, dans les inflammations des organes ^nito^ urinair^s, Cen'e^ que dans de pareilles conditions que l'on y remarque aussi des caillots un peu considérables de fibrine.

Dans.!' urine abandonnée. à ello^roéme, etqudquefoU aussi dans l'urine récente, on observe des filaments cryptogamiquA» semblables au myooderme de la bière, mais sensiblement plus petits {0»-\ft07S9 à 0""-,00a83). C'est ce qui arrive lorsque, par suite d'un catarrhe de la vesftîû, la décomposition dé l'uHne se produit déjà dans rintérieur de cet organe. De^is les mjènies cirïoonstenc^, on aperçoit aussi des vibrions et des nH)nadQ9«

h^ofmmmntriculi (Goodsir) ont été aussi observéç t|uelqaefois dans l'urme (voy.p, 314).

224 LIQUIDES ET TISSOS DE l'ORGAMSME.

L'urine refroidie dépose très souvent un sédiment formé de corpuscules plus ou moins ténus et composé iVvrate de soude; on le reconnaît aisément en ce qu'il se dissout lorsqu'on cbaufiTe tant soit peu Turine. Dans Turine ordinaire , ce sel est si peu abondant qu'il reste en dissolution après le refroidissement; il n'apparaît que lorsque l'urine est très concentrée, ou lorsqu'il est sécrété en grande abondance par les reins. De là vient qu'on en constate la présence dans la plupart des fièvres et dans tous les cas où la respiration ou plutôt l'oxydation des principes du sang se trouve entravée.

Les cristaux d'acide urique libre ne sont pas fréquents dans l'urine récente (il est rare que la fermentation acide commence déjà dans la vessie); en général, les cristaux rhomboïdaux de cet acide ne se séparent qu'après que l'urine a été abandonnée à elle-même plus ou moins longtemps; dans l'urine des malades, surtout des fiévreux, ils se déposent souvent deux ou trois heures déjà après l'évacuation.

Vurate d'ammoniaque (fig. k, page 53) ne constitue jamais à lui seul de sédiment urinaire ; il est ordinairement mêlé de mucus , de cristaux de phosphate ammoniacomagnésien, de phosphate et de carbonate de chaux amorphes; il n'apparaît dans l'urine que lorsque celle-ci éprouve la fermentation alcaline , aussi ne se forme-t-il en général qu'en a<îhors de l'organisme. L'urine fraîche n'en contient que dans les cas de catarrhe chronique et notamment de paralysie de la vessie. On le distingue, à l'œil nu , sous la forme de granules blancs opaques ; au microscope , il représente de petites sphères d'un noir

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brunâtre, à peine transparentes, sur lesquelles sont implantées çà et là de fines aiguilles. Ce n*est que dans T urine alcaline ou neutre qu'on trouve des cristaux de phosphate ammomaco- -, magnésien (tîg. 20). ^^ * 01 ,

Les cristaux octaé- W^-^A j^mk eJ^ driques d oxalaie de ^^^.y ^ Z^ ® chaux (lig. 1, page 36) ^^ ^ ^''' ft Jf ^JF" sont assez fréquents ^ ^ ^^ ®J^

dans Turine ; proba- r^. ^ „, , .

^ <^ Fia. 20. Plios|ihaleammoiiiaco.iiiagiiésien.

blement Tacide oxalique ne prend naissance aux dépens d'autres principes que pendant la fermentation acide de Turine; souvent, du moins, Toxalate de chaux ne devient visible que lorsque des cristaux d'acide urique se sont formés ; au reste, on trouve souvent des sédiments urinaires proprement dits composés uniquement d'oxalate de chaux, par exemple chez les rachitiques , après les crampes de Vépilepsie , dans la convalescence du typhus (dans ce dernier cas, surtout lorsqu'il y a un faible catarrhe).

Parmi les substances qui ne se précipitent spontanément de l'urine que dans des cas très rares, il faut nommer la cystine , matière sulfurée qui se présente sous forme de tables hexagonales (fig. 21). On ignore absolument les conditions pathologiques qui en déterminent la formation.

Vurée est de beaucoup le plus important des prin-

cii)es solukles de l'urine. Nous avons hii ob$ervep plu$ haut que la quantité d'urée contenues dans. VuriiïQ ^t

puj^te à di9^ varia/-

lions très cQnwdéra-

o Wes (pftg0 60). Nqus

P avonç fait re^$ortir

^ particulièrement que

P^ le régime, e:t surtout

^ la quantité d'eau éya-

p cuée, ont la plus gran-

:^^ dç influence sur la

*=' quantité d'orée qui e^t

sécrétée. Quant à cetta

Fig. 21. cysiioe. dernier ciitjonfttonce,

des eitpéri^nQC^ faites ^nr di^ iKMnmes et sur-d^ .a;ftin;àau;^ pnt appris que lorjsque VévacuationdeVeaudeyientplu^çabondantç.oqïlederurée ai\ig;ïnente^alen^fin|. JPar ejteinple, ponr un^ évacMation de i^po gramn?es d'urin^ d^p« les vingt-quatre heures, Qn ot^rve en n^pyqnn^ ?3 granunie^ d'orée; pour 2000 graoïnme^ d'virino, envivpn ^2 gramn^ é'nxm; PQwr aoQp granwfis d'urine, environ ^Ojgrftwroa^ d'urée, Il en résulte que le ppide ^péçifiqi^ d^ l'^rini^ est flUâW dans un cerltein rapport avec la qwjptiïée d'wrjWi q«i y est cenferroée, ou aveq la jqnantité d'urée swrét^da»» un teîupa donné : par exemple,, $i lepoids jpéeiûquede Vnrine humaine est ^al à 1,0^5 (auquel ea$ elle reur ferme l^S pour iOOd'uvée), onenpent déduite que, dans les vingt-quatre heures, la quantité d'urine séarétée est de 2730 grammes; si le poids, spécifique, ^t égal à

tRINË. 227

1 ,027 (la pi*oportk)n de Turée étant de 5,75 pour 100 ) , la quantité d'urine sécrétée n'est que de 1075 grammes.

L'influence du genre d'alimentation sur la quantité d'urée est plus importante; elle a été étudiée avec soin âous plusieurs rapports. Des expériences nombreuses effec* tuées sur des hommes et sur des anittmtix ont mis à peu près hors de doute les relations suivantes : Après l'ingestion de viande ou d'autres aliments azotés, tout l'azote de ces matières n'est pas sécrété entièrement sous la forme d'urée. Si les aliments azotés suffisent tout juste à la réparatioîi des parties désorganisées des tissus, il arrive souvent que le tiers de l'azote ingéré se trouve sécrété sous une autre forme que sous celle d'urée ; les | de cet azote seulement apparaissent dans l'urine à l'état d'urée. Si l'alimentation est plus abondante, on i*emarque datts l'urine une augmentation notable d'urée; la quantité absolue d'azote non transformé en urée demeure constante, mais l'urée qu'elle représente n'est plus que J, I, ou môme ^ de la quantité d'urée sécrétée. Du reste, il arrive souvent alors qu'une portion des principes azoté» des aliments reste dans le corps et concourt à la formation de cellule^ et de tissus \ en pareil cas, l'urine renfermé encore moins d'urée qu'on n'aurait pu le penser d'après la quantité des aSments azotés.

Il est parfaitement établi que, même péîldrint l'inanition, l'urine renferttie de Y^tée * mars il est remarquable que la sécrétion de l'ûrée, qtri se toit alors évidemment au détrimeut des tissus, deviei^ beaucotÉp ihoindre lors^^ qu'on introduit dans récoriotniedes aliments non azotés, par exeniple des graisses ou des matières amylacées.

228 LIQUIDES BT TISSUS DE LORGAMSME.

La quantité d'urée augmente rapidement après Tingestion de maliens gélatineuses, aussi bien qu'après celle de composés albuminoïdes ; l'augmentation est directement proportioimelle à la quantité de gélatine ingérée, c'est-à-dire qu'aucune portion de celle-ci n'est retenue dans le corps ; la gélatine ne sert point au renouvellement des organes ; elle est intégralement décomposée dans le sang , et l'urée qui passe dans l'urine est un des produits de son dédoublement.

D'après quelques observations, une ingestion abondante de chlorure de sodium déterminerait aussi un accroissement dans la sécrétion de l'urée.

Suivant quelques observateurs, tout ce qui accélère le mouvement du sang , toute excitation fiévreuse produite soit par certains médicaments , soit par l'ablation des nerfs pneumogastriques , entraine une abondante production d'urée; inversement, tout ce qui ralentit la circulation diminue la sécrétion de cette substance.

Uîkcide uriqucy généralement uni à la soude, ainsi que nous l'avons dit plus haut, est un principe peu abondant dans l'urine d'homme normale; moyennement il n'y figure que pour 0,1 pour 100. Dans les vingt-quatre heures, un adulte évacue de 0,5 à 0,9 grammes d'acide urique. L'abondance de ce produit dépend bien moins de la nature de l'alimentation que des conditions intérieures de l'organisme. Elle augmente dans tous les cas où la nutrition est entravée , lorsque la digestion est troublée , dans les maladies des organes respiratoires • dans toutes les excitations fiévreuses. L'acide urique est peu abondant dans l'urine des mammifères; celle des

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herbivores n'en contient point du tout ; les urines des sei'peuts, des oiseaux et des insectes en renferment de très grandes quantités. L'urine des veaux qui tettent encore contient de l*acide urique et de Tallantoïne à !a place de Tacide hippurique.

Vsicide hippurique (qu'on est parvenu récemment à préparer artificiellement au moyen du chlorure de bénzoïle et de la combinaison de l'oxyde de zinc et du sucre de gélatine) existe principalement dans l'urine des mammifères herbivores ; il est constant dans l'urine humaine après une alimentation végétale ou mixte ; toutefois il s'y trouve en quantité à peine supérieure à celle de l'acide urique. On ignore à peu près entièrement la manière dont varient ses proportions dans les affections pathologiques ; il est aussi constant dans l'urine des diabétiques que dans l'urine normale. L'ingestion de l'acide benzoïque augmente beaucoup la sécrétion de l'acide hippurique.

L'acide cynurénique^ dont on ne connaît pas encore la composition chimique , n'a été trouvé jusqu'ici en très faibles proportions que dans l'urine du chien.

La créatine et la créatinine sont des principes essentiels de l'urine; on n'a pas encore exactement déterminé leurs proportions.

iJ acide formique s'observe quelquefois dans l'urine de personnes bien portantes, cependant toujours en quantités très faibles.

Il n'existe pas à' acide lactique dans Turine humaine à l'état normal ; cependant cet acide apparaît dès que l'oxydation du sang se trouve entravée ; ainsi on l'ob-

3^0 LIQUIDES ET TISSUS DE l'oRGâNISME.

serve quand il suirient un trouble dans la digestion , la respiration , la nutrition , et pendant la fièvre. Il ne faut d'ailleurs pas oublier qu'il se produit de Vacide lactique pendant la fermentation acide de Turine. On le trouve surtout dans l'urine des herbivores , qui scmt nourris à rétable.

L'urine contient des proportions très variables de matières extractives, c'est-à-dire de substances dont la composition chimique est encore inconnue ; elles augmentent surtout pendant les maladies. Il est à remarquer que les enfants, eu égard au poids de leur corps, rendent dans les vingt-quatre heures bien plus de matières ektraotives que les adtdtes; un eniant en rend environ 0^)35 pour chaque kilogramme qu'il pèse, tandis qu'un adulte n'en produit que 0^*^,15. Pendant l'inanition, ces matières sont si abondantes, que leur proportion surpasse celle de l'urée.

Les matihes colorantes de l'urine normale ou malade ne sont pas mieux connues; bien qu'on s'en soit beaucoup occupé , elles ne présentent encore aucun intérêt particulier, sous le rapport des réactions chimiques ou du diagnostic. L'urine normale renferme au moins deux matières colorantes particulières.

Le chlorure de sodium et le chlonire de poftmium sont très abondants ; un adulte éva<me par les tirines environ IC^jS de chlore dans les vingt-quatre heures. C'est principalement après dîner (non pas immédiatement après le repas) qu'on trouve dans l'urine la plus grande quantité de chlorure; cette quantité diminue considérablement pendant la nuit, et s'accroît un peu vere le matin.

L'exercice augmente la sécrétion des chlorures ; la plupart des maladies, même les plus légères indispositions, la diminuent. Lors même qu'il n'y a pas eu de chlorure ingéré, la sécrétion urinaire renferme toujours de pe* tites quantités de chlorures alcalins. D'autre part , si l'on ingère beaucoup de chlorure, celui-ci apparaît bientôt en plus grande abondance dans les urines; il ne s'y retrouve cependant pas en totalité; une partie en est rejetée de l'organisme par d'autres voies.

La diminution ou la disparition totale des chlor.ures dans l'urine s'observe principalement dans les maladies accompagnées d'abondantes exsudations , par exemple dans l'hydropisie aiguë, la maladie de Bright aigué, la tuberculisation aiguë, les diarrhées violentes, le choléra, le typhus, et particulièrement la pneumonie.

Il existe toujours dans l'urine des sulfates^ bien qu'en proportions très variables. Un adulte rend en moyenne, dans les vingt-quatre heures, 2,1 grammes d'acide sulfurique, c'est-à-dire 0,032 grammes de cet acide pour chaque kilogramme du poids de son corps. La proportion de l'acide sulfurique sécrété va en croissant pendant la digestion ; elle diminue pendant la nuit, et atteint son minimum le lendemain matin, La sécrétion des àulfates n'augmente que par suite de l'exercice corporel ou d'une excitation physique. La diète ne la diminue pas pendant les premières vingt-quatre heures. Les sulfates alcalins ingérés sont rendus intégralement dans l'espace de dix-huit à vingt-quatre heures. On manque encore de données certaines sur les variations qu'éprouve la sécrétion de l'acide sulfurique pendant les maladies.

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332 LlQUlbES ET TISSL'S DK l'ORGANISME.

L'urine nonnale contient également du biphosphate de soude: elle lui doit sa réaction acide. Ce sel est d'ailleurs toujours accompagné de petites quantités de phosphate de chaux et de phosphate de magnésie.

Dans les vingt-quatre heures, uiï adulte évacue par les urines , en moyenne , de 3»%2 à 5»',2 d*acide phosphorique (0s%64 par chaque kilogramme du poids du corps) Après le repas, la quantité des phosphates rejetés augmente considérablement; pendant la nuit , elle est bien.plus grande que le matin , mais elle augmente surtout après Vingestion de phosphates, et diminue pendant la diète. Les résultats relatifs aux variations de Tacide phosphorique dans Turine pendant les maladies ne sont point concordants; seulement il paraît certain que, dans les affections aiguës de la matière nerveuse, les phosphates apparaissent en proportions plus considérables. Quant aux phosphates terreux, Turine évacuée par un adulte, dans les vingt-quatre heures , eu renferme environ i*^0; ce nombre, toutefois, varie beaucoup, notamment avec la nature de ralimentation. L'urine des enfants très jeunes et des femmes enceintes contient souvent fort peu de phosphate de chaux ; chez ces dernières (notamment du sixième au huitième mois), elle en renferme parfois si peu, qu'il devient impossible d'y constater la présence de la chaux. Dans l'urine d'homme normale , le rapport entre les quantités de phosphate de chaux et de phosphate de nagnésie est également assez variable ; H est en moyenne comme 15 à 17.

D'ordinaire l'urine ne renferme que des traces de fer et de silice.

URINK. 233

Elle tient aussi des gaz en dissolution, notamment de Y acide carbonique et un peu A' azote.

La quantité d'acide libre renfermée dans Turine doit évidemment subir aussi de nombreuses variations. Celle que rejette un adulte, dans les vingt- quatre heures, correspond à environ 2»% 3 d'acide oxalique. Elle a son maximum pendant la nuit, son minimum le matin, et prend une valeur moyenne pendant que la digestion s*opère.

Les proposions de ïeau^ même dans Tétat de santé, sont extrêmement variables. Nous manquons malheureusement d'expériences exactes qui permettent d'apprécier rinfluence dé chaque condition physiologique sur la quantité d'eau sécrétée par les reins. Il parait résulter de la plupart des observations qu'après une abondante ingestion d'eau , on rend aussi une plus grande quantité de matières solides par les urines. Après six heures environ, l'excès d'eau introduit dans l'économie se trouve évacué.

Lorsqu'on introduit dans le sang une notable quantité d'e^u, par exemple en l'injectant dans une veine, la sécrétion urinaire n'augmente pas en proportion de l'eau injectée. C'est après un bain froid quç les reins sécrètent le plus d'eau. Peu après un repas, il y a absolument et relativement moins d'eau et plus de principes solides rejetés par les urines.

La nature des selles, la transpiration plus ou moins abondante (cette dernière dépendant à son tour de la température, de 1 état hygrométrique de l'atmosphère, du plus ou moins d'exercice, etc.), influent puissam-

ment sur Tabondance de Veau évacuée, cela va sans dire. Toutefois rinfluence individuelle de diacune de ces con» ditions n*a pas encore été exactement déterminée,

86. Un grand nombre de substances introduites accidentellement ou volontairement dans l'économie passent sans altération dans les urines; d'autres éprouvent des transformations; d'autres enfin n*y arrivent jamais. En général on peut admettre que les seules substances (non alimentaires) qui passent dans les urines sont celles qui se dissolvent aisément dans Teau, ne forment avec aucun des principes immédiats du corps des composés insolubles, et ne sont ni facilement oxydables, ni aisé» ment décomposables. De là résulte que les nitrates, chlorates, carbonates et silicates alcalins, les chlorures, bromures et iodures de potassium et de sodium passent sans altération dans les urines, tandis que le sulfure de potassium, par exemple, éprouve une oxydation et reparait alors dans Turine sous la forme de sulfate de po* tasse. Beaucoup de matières, susceptibles de former des composés insolubles avec certaines substances animales, notamment avec les albuminates, ne se retrouvent dans Turine qu'après avoir été ingérées en très grande abondance; à cette catégorie appartiennent, par exemple, tous les sels métalliques.

Bien des composés organiques éprouvent dans Torga* nisme la même oxydation qu'ils subissent quand on les soumet à certains agents chimiques : telle est, par exemple, la salicine. Plusieurs d'entre ces composés sont entièrement transformés en eau et en acide carbonique, en sorte que leur présence dans les excrétions ne

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peut plus même être constatée à Taide des produits de leur décomposition : tel est le cas de la mannite, de la quinone, etc. Quoique Toxydation soit le phénomène générai, on trouve aussi des exemples de désoxydation lorsqu'il s*agit de composés fort oxygénés; le ferricya^ nure de potassium rouge, par exemple, se retrouve dana l'urine sous la forme de ferrocyanure jaune.

Le sulfocyanure et le ferrocyanure de potassium jaune, les sels de baryte et d'ammoniaque , passent dans les urines sans éprouver d'altération ; il en est de même de la plupart des acides organiques Toutefois l'acide tannique se transforme en acide gallique ; les acides benzoïque et cinnamique, en acide hippurique; l'acide urique, en urée, acide oxalique, acide carbonique et eau. I^s sels alcalins végétaux neutres se retrouvent à l'état de carbonates, en sorte que, presque aussitôt après leur mç^es-^ tion, l'urine présente une réaction alcaline.

La quinine et l'urée passent sans altération dans l'urine; au contraire, l'aniline, la théine, la théobro* mine, l'allantoïne, l'alloxantine, l'amygdaline, l'asparagine, la phlorhizine, ne s'y retrouvent plus. La salicine se transforme dans l'organisme en saligénine, hydrure de salicyle et acide salicylique, qui apparaissent dans l'urine. La plupart des matières colorantes et odorantes passent inaltérées ou peu modifiées. On ne retrouve jamais dans l'urine le camphre, les résines, les huiles empyreumatiques, le musc, l'alcool, l'éther, la coche* nille, le tournesol, la chlorophylle, la matière colorante de l'orcanette.

La rapidité avec laquelle les diverses substances tra-

236 LIQUIDES ET TlSbOS 0£ L*ORGANISME.

versent l'organisme et se mêlent aux urines est très variable; cependant elle est en général d'autant plus grande que ces substances sont plus solubles et plus indifférentes vis-à-vis des principes de nature animale. L'iodure de potassium apparaît quelquefois quatre à six minutes après l'ingestion. Le temps pendant lequel les substances séjournent dans l'organisme varie aussi beaucoup ; il est en moyenne d'autant moindre que la substance est plus soluble et plus indifférente; par conséquent, il est à peu près en raison directe du temps qui s'écoule avant le passage de la substance dans les urines.

87. Pendant les maladies, on trouve parfois dans l'urine plusieurs principes anormaux.

Ualàumine passe dans l'urine lorsque la circulation du sang se trouve entravée dans les capillaires des reins, par exemple durant les affections du cœur, des poumons, ou à la suite de tumeurs dans le bas-ventre; l'albumine arrive aussi dans l'urine lorsque le sang est très aqueux, comme dans l'hydropisie; enfin elle s'observe dans le catarrbe des reins et dans la dégénérescence de Brigbt , accompagnée ou non d'urémie.

La caséine qu'on a signalée dans l'urine chyleuse n'a pas encore été constatée d'une manière bien certaine.

Les matières grasses ne se trouvent dans l'urine qu'en fort petites quantités; souvent elles y manquent entièrement; ordinairement on les observe après l'ingestion d'aliments très gras. 11 n'est pas rare d'apercevoir des gouttelettes de graisse isolées dans l'urine des maladies accompagnées d'un amaigrissement rapide, notanunent dans Vurine chyleuse. Pendant la maladie de Bright, et

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principalement dans la période où la transformation de la matière grasse des reins commence à s'opérer, on trouve fréquemment beaucoup de gouttelettes de graisse ; on en voit aussi qui sont librement suspendues dans l'urine.

Dans l'état de santé, il est très rare qu'il passe dans les urines des quantités de glucose assez notables pour pouvoir être mises en évidence; on n'a observé la présence de ce corps qu'après l'ingestion d'aliments très sucrés; toutefois, comme le sucre se décompose très promptement dans l'urine , il se détruit probablement dans la vessie, ou pendant les opérations qui ont pour but de l'isoler.

11 est donc fort possible que les reins sécrètent fréquemment du sucre sans qu'on le puisse constater chimiquement dans l'urine. D'après des expériences faites sur des animaux, les conditions étant normales, le sucre ne parait passer dans l'urine que dans les cas où le sang en contient déjà de 0,4 à 0,5 pour 400. Dans le diabète sucré, les urines renferment du sucre, bien que cette matière soit bien moins abondante dans le sang que dans les conditions normales. On la retrouve encore dans d'autres maladies, par exemple, lorsque la sécrélion du lait est entravée ou brusquement interrompue, qu'il y a dégénérescence des reins (maladie de Brighl) , ou que le cours du sang dans les capillaires rénaux se trouve ralenti.

La matière colorante et les acides de la bile apparaissent dans l'urine dans presque tous les genres d'ictères ; dans les pneumonies , les acides de la bile s'observent

quelquefois sans être accompagnés de matière colo* rante.

Ce n'est que rarement, et en petites quantités, qu'on trouve Y acide butyrique dans Turine.

Jamais l'urine normale récente ne renferme des 9ek ammoniacaux; en général, ceux-ci ne prennent naissance que par suite de la fermentation acide ou alcaline de l'urine; il n'est pas rare de trouver de l'ammoniaque dans Turine acide de quelques maladies, par exemple du typhus, de la petite vérole, de la scarlatine. Les urines alcalines en renferment presque constamment : tantôt, comme dans le catarrhe de la vessie, elles doivent leur réaction alcaline à l'ammoniaque qui s'est formée par la décomposition de l'urée; tantôt cette réaction provient des carbonates alcalins passés dans l'urine, oii ils ne tardent pas à opérer la même décomposition de l'urée. Aussi on trouve toujours un peu d'ammoniaque dans l'urine des herbivores, naturellement alcaline, et dans l'urine de l'homme devenue alcaline après l'ingestion de carbonates ou de sels organiques à base d'alcali. (Voy. page 224, Urate d'ammoniaque et P/iosphote arnmo^ niaco-magnésien.)

On ne sait pas d'une manière certaine si Vacide niirique peut se présenter dans l'urine sans avoir été préa* lablement ingéré; on a prétendu, mais à tort, qu'il s'y trouve après Tingestion de sels ammoniacaux.

88. L'abondance de la sécrétion urinaire dépend d'un si grand nombre de circonstanciés internes et extenies , qu'il est impossible de les préciser toutes. On peut, jusqu'à un certain point, se rendre compte des influences

les plus éloignées; mais on manque des données nécessaires pour apprécier les causes les plus prochaines qui agissent sur cette sécrétion.

Parmi ces dernières^ il en est principalement deux à considérer : les conditions mécaniques du passage de Turine par les reins, et la constitution du sang. Comme nous Tavons déjà dit, lorsque la circulation du sang se trouve ralentie dans les capillaires, on voit apparaître de Talbumine dans Turine; c'est donc de la vitesse de cette circulation que dépend évidemment la quantité plus ou moins grande de principes solides qui passent des corpuscules de Malpighi dans les canalicules con«tournés. Comme les canaux excréteure partant des corpuscules de Malpighi ont un diamètre moindre que ceux qui constituent ces corpuscules, il faut bien qu'il en résulte une pression sur les parois des premiers, près* ^ou d'où dépendra tout d'abord la sécrétion urinaire ; les vaisseaux enroulés autour des canaux contournés enlèveront de l'eau à l'urine renfermée dans ces canaux ; cette urine en deviendra plus concentrée. Or, l'expé* rience a démontré que la pression latérale dans le sys* tème artériel des reins exerce une grande influence sur la sécrétion urinaire; si la pression du sang dans ces vaisseaux vient à augmenter» la sécrétion augmentera aussi; elle diminuera dans le cas contraire.

Gomme le liquide sécrété dans les canaux contournés abandcmne de nouveau au sang une certaine quantité d'eau, on peut s'expliquer pourquoi l'urine rapidement sécrétée est aqueuse, tandis que l'urine sécrétée lente^ ment ^t concentrée; pourquoi enfin le degré de conccn-

tration de l'urine ne dépasse jamais une certaine limite. Il est à peine besoin de dire que la tension dans le système vasculaire dépend de Faction nerveuse, de la quantfté de sang renfermée dans ce système , etc. Des expériences directes ont appris que Texcitation des nerfs pneumogastriques diminue la tension dans le système artériel, et par suite aussi la sécrétion urinaire.

On a étudié avec moins de soin les rapports qui existent entre la nature et la composition du sang, et la sécrétion urinaire; il est d'ailleurs évident que plus le sang renferme de principes susceptibles d!étre sécrétés par les reins, plus il est aqueux, plus aussi la sécrétion doit être abondante.

La quantité d'urine sécrétée journellement par un adulte |)eut varier entre 550 et 3,500 grammes; la moyenne est de 1,200 à 1,500 grammes. Pour chaque kilogramme de son poids , un adulte évacue environ 26 grammes d'urine; un enfant, Ul grammes. C'est après le principal repas que la sécrétion urinaire est d'ordinaire le plus abondante; elle diminue la nuit et augmente de nouveau le matin. Bien que ces variations portent principalement sur l'eau , les proportions des principes solides de l'urine changent notablement aussi. Un.aduite, selon la quantité et la nature des aUments qu'il apris, peut rejeter par les urines, dans les vingt-quatre heures, de AO à 80 grammes de matières solides. Ces matières consistant surtout en produits azotés et en sels alcalins, il est facile de voir qu'une nourriture azotée, par consé- (|uent une nourriture animale, en augmentera les proportions, et qu'en général tout travail plus actif de lor-

URINE. 2th\

gaiiisiiie, bien que s'eifectuant sur des matières non azo tées, devra produire un résultat analogue. Quand ce travail s'accomplit avec moins d'activité, ainsi qu'il arrive dans la plupart des maladies, les reins sécrètent aussi bien moins de principes solides. Quand, de plus, le sang s'appauvrit en album inates et devient plus riche en sels, ainsi qu'on l'observe dans la maladie de Bright et après l'injection de sels dans le sang, la proportion des principes solides de l'urine diminue considérablement.

La quantité des principes minéraux rejetés par les urines varie beaucoup aussi; elle peut s'élever de 7 à 2/i grammes dans les vingt -quatre heures; en moyenne cependant elle atteint i5 grammes environ.

89. Quant à l'influence des conditions physiologiques sur la constitution de l'urine, voici les résultats de l'expérience :

L'urine des femmes contient plus d'eau, moins de sels et moins d'urée que celle des hommes; ces différences sont surtout marquées pendant la grossesse. Comme l'urine aqueuse devient bien plus aisément alcaline que l'urine concentrée, l'urine des femmes acquiert plus facilement cette réaction que celle des hommes; elle doit au mucus qu'elle renferme de mousser parfois et de se recouvrir d'une pellicule (kyestéine) consistant en phosphate ammoniaco-magnésien et en cryptogames , et qu'on a autrefois regardée comme exclusivement propre à l'urine des femmes enceintes.

Vâge influe sur la sécrétion urinaire comme sur toutes les métamorphoses de l'organisme en général. Chez les hommes dans la force de Vâge, alors que le travail orga-

2k2 LIQUlDfcS BT TISSUS DB L OHGANISME.

nique s'effectue avec le plus d'activité, la sécrétion des principes de l'urine se fait le plus abondamment. Cepen* dant si l'on compare les quantités d'urine sécrétées avec le poids du corps, on trouve chez les enfants un rapport presque double de celui qu'on observe chez les adultes. Quant à la nature chimique des principes de l'urine, l'âge des individus n'y parait avoir aucune influence particulière.

Nous avons déjà indiqué suffisamment l'influence de la digeition et de la nature deê alimenis.

00. Quant à la constitution de l'urine pendant' les maladies^ il faut, vu l'état imparfait de nos connaissances, nous borner à ce que nous avons dit à propos des principes anormaux de cette sécrétion. Comme les conditions où s opère la nutrition se reflètent en général dans l'urine, il est à prévoir qu'à tout état maladif correspondent des changements déterminés dans la constitution de l'urine. Nous ne parlerons ici que de Tinfluence des fièvres et de ces états d*extrême tiaiblesse qui accompagnent certaines maladies, telles que l'anémie, par exemple.

Pendant la fièvre, l'urine est en général plus colorée ; elle est jaune foncé, rougeàtre ou rouge brun; sa densité augmente un peu, son odeur est plus forte, sa réaction est très acide. A temps égaux, la sécrétion est bien moins abondante dans la fièvre que dans l'état de santé; seulement l'urine paraît plus concentrée, parce que la sécrétion de l'eau par les reins est , en proportion , bien plus diminuée que la sécrétion des principes solides. La modification la plus constante que présente l'urine des

fiévreux consiste dans la diminution relative et absolue des sels minéraux et dans Taccroissement de Tacide urique. La diminution des matières salines porte princi^ paiement sur le chlorure de sodium, qui disparaît sou« vent entièrement dans les inflammations avec exsudation. La proportion relative de Turée diminue, tandis que celle des matières extractives augmente un peu ; souvent on constate la présence de Tacide lactique.

Dans Tanémie, Turine est pâle, d'une réaction légèrement acide, mais qui se change aisément en une réaction alcaline; les principes organiques diminuent beaucoup; les sels deviennent plus abondants, du moins d'une manière relative.

Nous avons déjà parlé de la constitution de Turine dans le dial)ète, la maladie de Bright, etc.

91 . Quant à l'urine des différents animaux , voici ce qu'on peut dire :

Vurine du porc, le seul des omnivores sur lequel des observations aient pu être faites (l'animal étante l'engrais et soumis à un régime végétal), est ordinairement transparente , presque sans odeur , d'une réaction franchement alcaline; elle fait effervescence avec les acides, se trouble par l'ébullition , par suite de la transformation des bicarbonates alcalins en carbonates neutres; elle ne renferme ni acide hippurique, ni acide urique, ni sels ammoniacaux ; on n'y trouve que des traces de phosphates. Outre de l'urée (environ 0,4 pour 100), des sulfates et des chlorures alcalins , elle contient encore des lactates à base d'alcali.

L'urine des carnivoreti est transparente, d'une couleur

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jaune clair, d*uiie odeur désagréable, d'une saveur repoussante et amère ; sa réaction est acide et devient aisément alcaline. Fréquemment Tacide urique manque, ou du moins on n*en peut constater que des traces. Si Ton nourrit les carnivores d*aliments végétaux , leur urine se trouble, devient alcaline et en général semblable à celle des herbivores.

- Uurine des herbivores est jaunâtre, trouble , d'une odeur désagréable, d'une réaction alcaline ; elle contient de l'urée, de Tacide hippurique, des lactates et des carbonates alcalins et terreux , de l'oxalate de chaux , fort peu de phosphates , mais point d'acide urique. Si l'on soumet un herbivore à une alimentation purement animale, son urine acquiert toutes les propriétés de celle des carnivores. De là vient que l'urine des veaux qui teltent encore présente une constitution tout à fait difTé-. rente de celle des veaux sevrés ; elle ressemble à la liqueur allantoïque du fœtus ; elle est transparente, presque incolore, sans odeur, d'une réaction fortement acide, et renferme de l'urée, de l'acide urique et principalement de l'allantoïne; il n'y a pas d'acide hippurique ; elle contient beaucoup de phosphate de magnésie et de sels de (notasse , mais très peu d'autres phosphates, de sulfates et de sels de soude.

Uurine des oiseaux , de même que celle des serpents , se compose presque exclusivement d urates acides, d'un peu d'urée et de phosphates terreux.

Vurine des grenouilles est limpide, contient de l'urée, du chlorure de sodium et un peu de phosphate de chaux .

Les tortues évacuent une urine transparente, tantôt

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légèrement acide, tantôt un peu alcaline ; elle contient de l'urée, des urates acides, de l'acide hippurique, constamment un peu de graisse, des phosphates, des sulfates, des chlorures de potassium et de sodium.

Les excréments rouges des papillons se composent presque uniquement d'urates acides; ceux de la plupart des coléoptères et des chenilles contiennent aussi de l'acide urique.

On rencontre la guanine dans les excréments d'un certain nombre d'animaux inférieurs.

92. La constitution des calculs urinatres est assez variable; toutefois ils renferment en général les mêmes principes que les sédiments de l'urine, et leur origine est probablement la même. La plupart des calculs urinaires prennent naissance quand les fermentations dont nous avons parlé ont déjà lieu dans la vessie; les premiers éléments ou noyaux en sont fournis par une espèce de conglomérat de mucus, à la suite du catarrhe de la vessie, qui détermine ou accompagne si souvent ces phénomènes. C'est à la propriété que possède l'acide urique hbre de cristalliser facilement , qu'il faut attribuer la fréquence des calculs, produits par la fermentation acide de l'urine ; aussi on observe plus fréquemment des calculs dont le noyau seulement est formé d'acide urique, que des calculs entièrement constitués par cet acide. Les premiers dépôts solides , les graviers, produisent une irritation de la muqueuse qui tapisse la vessie, et déterminent un catarrhe plus aigu ; peu à peu une production anormale de mucusr provoque dans la vessie une fermentation alcaline ; de là un dépôt cristallin de phos-

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phat6 ammoniaco-magnésien et d'urate (rammoniaque qui vient se former sur les graviers ou sur les flocons de mucus; à ce dépôt viennent se mêler des quantités plus ou moins grandes de phosphate de chaux. Le mélange de ces divers sels peut évidemment s'effectuer en proportions très diverses; en effet, dans le cas, par exemple, où Turine devient neutre, il ne se dépose que du phosphate ammoniaco-magnésien sans urate d'ammoniaque. Les calculs urinaires fusibles sont formés de mélanges de phosphate de chaux et de phosphate ammoniacomagnésien.

On rencontre ordinairement de Toxalate de chaux dans les calculs composés d'ailleurs principalement d'acide urique libre. Il existe aussi des calculs , notamment les calculs muraux, dans lesquels l'oxalate do chaux est l'élément essentiel.

I^s calculs formés de cystine ou de xanthine sont très rares ; on ne saurait en aucune façon se rendre compte de leur origine.

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